Intervention des militants FRONT UNIQUE dans les instances de la FSU

Compte-rendu de mandat

Intervention Front Unique au BDFN de la FSU du 26 juin 2017

Motion du conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réunit le 13 juin 2017

Motions présentées à la CA du SNES Clermont le 19 juin 2017 

Compte rendu de la CAN de mai 2017 par les représentants front Unique

 



Archives de nos interventions


Intervention Front Unique au BDFN de la FSU du 26 juin 2017

Bernadette Groison (secrétaire Générale de la FSU, ndlr) vient de nous dépeindre la situation politique issue des dernières élections sous un jour particulier, puisqu’il s’agirait de se féliciter des résultats limités du FN. Je ne partagerai pas son enthousiasme: le premier bilan que l’on peut et doit tirer des élections législatives, c’est celui d’une défaite électorale majeure, une nette aggravation de la défaite constituée par le résultat du premier tour des élections présidentielles.

Les listes et partis représentant la bourgeoisie française – LREM, LR, MODEM, UDI, divers droite et FN -  qui ont tous en commun la volonté acharnée de faire payer la crise aux travailleurs, cumulent plus de 76% des suffrages exprimés. Ils disposent d’une majorité écrasante à l’Assemblée Nationale et entendent bien, pour la grande majorité d’entre eux, appuyer le gouvernement Macron-Philippe qu’on ne peut qualifier autrement que comme le gouvernement du CAC 40 et de la marche à l’Etat policier.

Les partis issus du mouvement ouvrier, PS et PCF, cumulent à peine 10% des exprimés.

Ce qui explique cette défaite aggravée, c’est précisément le fait que, sous prétexte de “faire barrage au FN”, ces partis, mais aussi la totalité des dirigeants des organisations syndicales, dont la FSU, ont en réalité apporté leur soutien à Macron. Ils ont en quelque sorte annoncé par avance qu’ils ne sauraient être considérés comme une opposition face à Macron et à sa politique. Voilà les racines de l’abstention massive dans les quartiers populaires: par millions, travailleurs et jeunes ont été exclus de ces élections.

Macron, de son côté, a immédiatement pris appui sur le “front républicain” pour engager une offensive d’une extrême brutalité contre les travailleurs et la jeunesse, de la destruction du droit du travail et des protections associées pour les travailleurs jusqu’au droit aux études supérieures pour les bacheliers. Il faut le dire: les conséquences de ce “front républicain” perdurent aujourd’hui, à travers la participation zélée des dirigeants syndicaux au “dialogue social” sur tous ces projets ultra-réactionnaires.

Au coeur de cette offensive, il y a les projets d’ordonnances prévus pour décupler les conséquences de la loi El Khomri. Rappelons-le: les dirigeants de la CGT, de FO, de la FSU se sont prononcées un temps pour le retrait de ce qui était le projet de loi El Khomri. Pourtant, la “loi El Khomri puissance 10” qui a été promise en ces termes par Macron ne soulève pas aujourd’hui les mêmes réactions, loin s’en faut: tous s’inscrivent dans le cadre des “concertations” programmées pour permettre à Macron d’agir dès septembre!

Qu’on m’explique pourtant ce qui est “négociable” du point de vue d’une organisation syndicale: est-ce le “contrat de projet” incluant dès sa signature tous les motifs de licenciement que le patron pourra invoquer, autrement dit la négation du CDI? Est-ce la possibilité d’accroître les possibilités de recours au travail précaire? Est-ce le plafonnement a minima des indemnités de licenciement? Est-ce la possibilité de faire primer l’accord d’entreprise même minoritaire sur l’accord de branche?

Rien de tout cela ne devrait être négociable pour une organisation syndicale! Le simple fait de participer aux concertations, c’est déjà donner à Macron un soutien essentiel dans son offensive au pas de charge!

La même situation existe dans l’enseignement public. Le nouveau ministre Blanquer vient de présenter deux projets de décrets au Conseil Supérieur de l’Education: sous couvert de “revenir” sur la “réforme” dite des “rythmes scolaires” et sur la “réforme” des collèges, ces projets en confirment le coeur et en aggravent même sensiblement les conséquences désastreuses.

Dans le premier degré, sous couvert de “débat” sur la semaine de 4 jours ou 4,5 jours, en réalité l’organisation de la semaine d’enseignement est totalement placée sous la coupe des maires, communes par commune. Cela conduit à la pulvérisation de tous les cadrages nationaux, des obligations de service des enseignants, des horaires nationaux pour les enfants. Comment expliquer que la direction du SNUipp soit allée jusqu’à voter pour ce texte?

Au collège, sous couvert d’assouplir les contraintes en matières d’”enseignements pédagogiques interdisciplinaires”, en réalité l’autonomie des établissements sous la tutelle des chefs d’établissements sortirait encore renforcée de la publication du décret Blanquer. Dès cette année, en l’absence de position claire du SNES au niveau national, dans de très nombreux établissements, la question de la répartition des maigrelettes “heures de marge” réparties au gré du chef d’établissement ont conduit les équipes disciplinaires à s’affronter pour récupérer un peu de ce qu’elles ont perdu avec la réforme Vallaud-Belkacem. Blanquer entend aller encore plus loin en laissant entendre que les classes bi-langues supprimées par Vallaud-Belkacem “pourraient” être restaurées… en prenant sur ces mêmes marges! Le rôle du syndicat, c’est d’organiser le combat uni et national de tous les enseignants pour obtenir les postes et les moyens nécessaires: le projet de décret Blanquer, c’est l’exact contraire! Comment la direction du SNES a-t-elle pu s’abstenir sur ce projet?

Plus encore, Blanquer a annoncé une contre-réforme du baccalauréat dont les objectifs sont cousus de fil blanc – à tel point que même une publication proche du SGEN-CFDT, le Café pédagogique, l’a souligné: il s’agit de liquider le statut du baccalauréat comme premier grade universitaire, ouvrant aux bacheliers le droit de poursuivre leurs études dans la filière de leur choix. C’est l’objectif sur lequel Devaquet s’est cases les dents en 1986, celui que Fillon a dû abandonner en 2005. Dans la presse du SNES: pas un mot pour dénoncer cette offensive!

Ainsi, à tous les niveaux, le “dialogue social” sur les projets du gouvernement Macron-Philippe aide ce dernier à avancer à grande vitesse. Mais le gouvernement avance sur deux jambes: en parallèle au “dialogue social”, il y a la matraque, la répression, l’offensive frontale contre les libertés démocratiques et la marche accélérée à l’Etat policier.

Le gouvernement vient ainsi de prolonger une fois de plus l’”état d’urgence”. Mais à vrai dire, son projet de “loi anti-terroriste” pourrait rendre d’autres prolongations à l’avenir. En effet: ce projet ferait passer dans le droit commun la plupart des mesures dites d’”exception” et les pouvoirs extraordinaires attribués à la police. Ainsi, les policiers pourraient perquisitionner ou assigner à résidence n’importe qui sans même avoir à passer par un juge pour ce faire – c’est-à-dire de manière immédiate. On n’est vraiment pas très loin des mesures employées par Mohammed VI pour incarcérer les dirigeants des manifestations populaires qui secouent actuellement le Rif marocain! Et précisément: même des organisations telles que la LDH ou Amnesty International soulignent que l’immense majorité des mesures prises l’ont été contre des militants syndicaux ou politiques.

Ce qui est menacé, c’est le droit de manifester, c’est le droit de grève, c’est le droit de se réunir et de s’organiser pour les travailleurs et la jeunesse. Pour le gouvernement Macron-Philippe, il s’agit d’interdire par avance que les travailleurs et la jeunesse ne s’engagent pour défendre leurs acquis et leurs droits élémentaires face à l’offensive qui se prépare. Le vote du projet de loi « anti-terroriste » signifierait le passage immédiat à l’Etat policier en France.

La direction de la FSU doit cesser de soutenir ce gouvernement en participant aux « concertations » sur sa politique ultra-réactionnaire. La première responsabilité de la FSU, c’est aujourd’hui de se prononcer clairement pour le retrait du projet de loi « anti-terroriste », et d’appeler à l’unité la plus large avec les autres organisations syndicales pour ce faire.


Motion du conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réunit le 13 juin 2017

Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réunit le 13 juin 2017 se prononce :

- pour une véritable définition nationale des obligations de service des enseignants et des horaires des élèves.

- pour la fin des APC et la fin de la mise sous la tutelle des collectivités territoriales des enseignants du primaire,

- pour que le SNUipp-FSU retire son soutien au projet de décret Blanquer et en exige le retrait.

Adopté à l'unanimité des 9 présents.


 

 

Motions présentées à la CA du SNES Clermont le 19 juin 2017 

Motion FU loi de sécurité publique

 

La CA du Snes de Clermont, réunie le 19 juin, considérant que la nouvelle prolongation de l’état d’urgence constitue une atteinte aux libertés fondamentales) qui n’a que trop duré, renouvelle sa position : levée immédiate de l’état d’urgence.

La CA du snes de Clermont, considère que le projet de loi de sécurité publique, annoncé par le gouvernement Macron-Philippe, qui consiste à faire passer les mesures d’exception de l’état d’urgence dans le droit courant, à ce titre, la condamne et la rejette.

La Ca du Snes, se prononce pour que le syndicat reprenne mène une campagne publique à ce sujet

Adoptée à l’unanimité

 

 

Motion  FU Maroc

La Ca du Snes de Clermont condamne les arrestations des dirigeants et militants du mouvement du Rif au Maroc, et se prononce pour leur mise en liberté immédiate, en particulier Nasser Zefzafi. La Ca du snes de Clermont se prononce pour que le demande qu’un rassemblement soit organisé l’unité à l’ambassade du Maroc, pour la libération immédiate des militants arrêtés.

Adoptée à l’unanimité

 

 

Motion Collège

La CA du Snes de Clermont, considère que les annonces faites par le ministre Blanquer sur la réforme des collèges sont en réalité l’approfondissement de la logique même de la réforme des collèges, qui casse le cadre national des horaires et des programmes.

Pour toutes ces raisons, la CA du Snes de Clermont, en défense du caractère national des horaires et des programmes, rappelle que sa position reste l’abrogation de la réforme des collèges et se prononce pour contre « l’aménagement de la réforme » annoncé par le gouvernement.

Pour 2, contre 10, NPPV 2


 

 

 

Compte rendu de la CAN de mai 2017 par les représentants front Unique

 

Cette CAN se tenait au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence. Il faut d’abord noter que ces élections marquent une profonde défaite pour les travailleurs, le deuxième tour opposant l'extrême droite à Macron. Jamais les voix des organisations d'origine ouvrière n'ont été aussi basse depuis plus d'un siècle. On peut noter en particulier que Hamon, le candidat du PS, perd 8 millions de voix par rapport à Hollande en 2012. Et c’est bien la politique au service des intérêts du patronat mené par les gouvernements Hollande qui peut l’expliquer.

De la même manière la progression du Front National de plus d’un million de voix s’explique par l’approfondissement de la misère, du chômage, de l’absence totale de perspective politique face à la crise systémique que traverse le capitalisme. Mais ce désarroi politique s’exprime aussi par une forte abstention dans les secteurs où le FN fait un bon score.

Devant la défaite du représentant de Les Républicains, l’essentiel de l’électorat « de droite » s’est regroupé derrière le vote pour Macron, celui-ci étant qualifié comme le candidat par défaut du grand patronat. Par ailleurs la crise ouverte au sein du PS a vu confirmer un nombre significatif de soutien à sa candidature.

La question qui est posée est, comment défendre nos revendications dans ce contexte de grand désarroi politique soldé par une défaite ?

La 1ere chose qu’ont exprimé les représentants Front Unique c’est la qualification de ce que représente le président Macron et son programme. Celui-ci, profitant au 2nd tour, de ce qu’il est convenu d’appeler un « front républicain » en faveur de son élection, a obtenu une grande latitude pour engager une offensive d’importance contre les conquêtes sociales. Macron se sent libre pour développer un programme qui entend prolonger et intensifier les contre-réformes engagées par Hollande. Comme un symbole, c’est le code du travail qui revient sur la sellette avec le plafonnement des indemnités prud’homales, avec davantage de dérogations aux accords de branches pour les entreprises, et la possibilité au patronat d’organiser des référendums pour contourner l’avis des syndicats majoritaires. Le chantage à l’emploi a de beaux jours devant lui !

Mais son programme pour l’Education nationale inquiète tout autant :

Programmation de 120 000 nouvelles suppressions de postes ; après le RIFSEEP, une nouvelle étape vers la généralisation du salaire au mérite ; l'autonomie accrue des chefs d'établissements, du primaire au supérieur, pour recruter et gérer la carrière des personnels ; l’explosion des droits d'inscription à l’université et le renforcement de la sélection ; la priorité à la recherche appliquée en lien avec les industries locales au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines, etc.

 

La ligne de conduite de Macron est la même que celle de Sarkozy ou Hollande. Il s’agit de répondre aux besoins du patronat français confronté à sa perte de puissance face aux autres pays. Le journal patronal Les Echos, du 7 mai, précise notamment : « sa réforme de l'assurance-chômage - conduisant à sa généralisation à toutes les catégories de travailleurs - est aussi une façon de mettre fin aux statuts qui entraveraient l'adaptation à ce monde changeant. Emmanuel Macron veut une société française plus mobile et plus fluide, plus flexible aussi, pour répondre à la mondialisation »

Défendre demain nos revendications impose d’ores et déjà une délimitation claire des organisations syndicales vis-à-vis du futur gouvernement. Or Macron, à plusieurs reprises, a déclaré vouloir s’appuyer sur les syndicats. Les Echos du 9 mai rapporte : « En rencontrant aussi vite patronat et syndicats, le nouveau président veut montrer qu'être déterminé n'est pas être fermé au dialogue. » Et Jean Pisani-Ferry, responsable du projet du candidat, conseillait  que la réforme du droit du travail s'appuie sur une « phase de concertation suffisante  avec les partenaires sociaux ».

Effectivement Macron, comme Hollande hier, sait qu’il ne peut s’en prendre frontalement aux travailleurs, sans au préalable s’assurer du concours des directions syndicales. Vous lirez ci-dessous la motion que nous avons présentée qui visait à offrir une ligne à même de combattre demain les contre-réformes.

Les commentaires apportés durant cette CAN, notre motion, ne peuvent qu'être confortés par la nomination du gouvernement et du pedigré dont peuvent se prévaloir certains ministres, à commencer par celui de l’Éducation nationale ou la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur.

Voci quelques extraits d'une interview de Blanquer, le nouveau ministre, donnée à l'Express en janvier 2017 :

autonomie accrue des établissements, nouvelle déconcentration de la gestion des carrières, liquidation du Bac, renforcement de la sélection en fac, hausse des droits d'inscriptions... une vaste contre-réforme de l'éducation et du Supérieur est à l’œuvre.

 

 

« Vous prônez davantage d'autonomie pour les établissements. N'est-ce pas la porte ouverte à encore plus d'inégalités entre les écoles?  

« Cette grande liberté peut aller jusqu'au recrutement des professeurs. L'idéal à terme est que le chef d'établissement recrute lui-même ses professeurs certifiés sur la base du projet qu'il souhaite mener. Cela signifie aussi que les ressources humaines doivent être gérées à l'échelle locale, aux antipodes de la gestion "par ordinateur" d'aujourd'hui. »

Pour inverser les choses, l'idée est d'avoir un volume horaire garanti à l'échelle nationale en français et en mathématiques et fonctionner ensuite en laissant une autonomie accrue aux équipes pédagogiques pour fixer elles-mêmes la dotation horaire pour les autres matières et mettre en place un vrai projet d'établissement.

Faites-vous partie de ceux qui défendent la suppression du bac, un rite initiatique extrêmement coûteux?

il faut le faire évoluer pour qu'il soit à la fois plus fin et plus musclé. L'épreuve finale pourrait ne concerner que quatre matières, dont le français et les mathématiques. Toutes les autres feraient l'objet d'un contrôle continu.  

La loi sur l'autonomie des universités va bientôt fêter ses dix ans, avec des résultats contrastés: certaines se portent bien, d'autres sont proches de la faillite. Quel bilan en dressez-vous?  

Un pas a été fait dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire. Il faut distinguer les deux missions de l'université. D'une part, l'accueil d'un nombre croissant de jeunes étudiants après le bac. De l'autre, le développement de l'excellence académique, qui passe par la recherche et des diplômes sélectifs. Quand on les confond, ces deux objectifs peuvent s'annihiler. Il faut donc distinguer ce qui se passe jusqu'à la licence de ce qui se passe après. Il est normal qu'il existe un enseignement supérieur gratuit ou très peu cher après le bac.  

Mais il est scandaleux que, au nom de la non-sélection à l'entrée, on aboutisse à la fin de la première année à une sélection par l'échec. L'université doit donc se focaliser sur la réussite en première année en s'inspirant de ce qui fait le succès des classes préparatoires. Par la suite, l'entrée sélective dans les masters est une bonne chose. Mais il faudrait aller plus loin, en augmentant les droits d'inscription en master tout en développant en parallèle un vrai système de bourse. Une telle politique bénéficierait aux plus défavorisés et irait dans le sens de la qualité de l'enseignement supérieur. »

 

On comprend derrière le langage politicien qu’il s’agit d’instaurer un enseignement supérieur à deux niveaux avec une sélection à l’entrée du master réservé à l’élite de « l’excellence académique ». Cela s’oppose radicalement au droit aux études pour tous.

Il faut revenir à la question qui se pose toujours : comment réussir à gagner pour nos revendications ? Or force est de constater que la motion d’actualité que la direction du snasub a fait adopter (nous avons voté contre) est un copié-collé de celle proposée depuis des années par cette direction, comme un hochet qu'on agite, sans aucunement tenir compte de la situation, des rapports de force en présence. Il est rappelé que le Snasub défendra les revendications. Mais comment est caractérisée la situation politique ouverte par l’élection de Macron ? Comment peut-on combattre dans cette nouvelle situation ? pas de réponse ! On voit le résultat de cette orientation depuis des années, avec autant de reculs !

Mais quoi d’étonnant à cela puisque cette motion passe sous silence le fait majeur de ces élections, à savoir la défaite majeure subie par les travailleurs  Cette atténuation de la portée de la défaite électorale répond à un objectif précis : elle a pour but de camoufler la responsabilité des directions syndicales, dont celles de la FSU et du SNASUB dans cette défaite. Leur intense collaboration  avec les différents gouvernements dirigés par Hollande a bouché toute perspective d’affrontement contre une politique de défense des capitalistes français , contribuant ainsi à leur niveau à démoraliser et à déboussoler de larges fractions des travailleurs et de la jeunesse, ce dont témoigne l’importante abstention ouvrière au premier tour, désarroi dont a profité Marine Le Pen. Les dirigeants syndicaux ont également contribué à aggraver la défaite du 1er tour, en prenant une place centrale dans le Front républicain en faveur de l’appel direct ou indirect à voter Macron,  reproduisant ainsi l’orientation qui a conduit aux résultats du premier tour, à savoir une soumission aux intérêts du capital financier.

La motion soumise par la direction disait ainsi que la défense vitale de nos acquis sociaux, des droits démocratiques exigeait de faire barrage contre Le Pen au 2éme tour, ce qui revient implicitement à dire que le vote Macron constituait un point d'appui pour défendre ces droits ! Quelques voix, à côté de la nôtre, ce sont élevés avec force contre une telle position.

Pour aider les travailleurs à trouver la voie du combat contre le gouvernement Philippe-Macron, il est essentiel de ne pas masquer la portée de la défaite afin de pouvoir en tirer les leçons en rompant avec l’orientation qui a conduit au désastre électoral des présidentielles.  C’est pourquoi, il est nécessaire de réaffirmer que l’essentiel des contre-réformes de ces dernières années sont passées après l’utilisation de la méthode du « dialogue social », suivant un « agenda social ». Macron malgré sa volonté d’aller vite, d’utiliser le recours aux ordonnances ne compte pas faire autrement de s’assurer de la bienveillance des directions syndicales.

Avec un certain succès pour l’instant.  Jean-Claude Mailly de la CGT-FO ne vient-il pas de déclarer le 18 mai sur Europe 1 : « "Il faut qu'on rencontre assez rapidement et le président de la République et le Premier ministre et la ministre du Travail" Muriel Pénicaud, (…) il ne faut pas que ça traîne trop, il faudrait qu'on le voit rapidement parce qu'il y a un cap à définir." Martinez, pour la CGT, a lui aussi déclaré sa totale disponibilité pour discuter avec Macron, bien que celui-ci venait d'annoncer sa volonté de passer par ordonnance une série de mesures allant beaucoup plus loin que la loi Travail, une loi que la direction de la CGT dit vouloir rejeter !

Rappelons le, l’objectif de Macron, ce n’est pas l’ouverture de négociations sur nos revendications, c’est la mise en place d’une concertation à même de faire avancer ses contre-réformes, à commencer par celle engagée pour liquider le code du travail : toute avancée du gouvernement sur ce plan lui servira de point d’appui pour s’attaquer aux fonctionnaires et à leurs statuts

Dans ces conditions, une première condition s’impose pour défendre nos acquis et engager le combat contre ces contre-réformes : c’est le rejet de ces projets et la discussion à leur propos a par les directions syndicales, en premier lieu sur la « réforme » du code du travail. Dans nos secteurs, cette orientation implique   le refus de toute discussion visant à avancée encore plus loin vers l'autonomie des établissements, la généralisation du travail au mérite ou la casse programmée des statuts.

C’est le sens de la motion que nous avons présentée et défendue.

 

Motion Front Unique

Combattre pour nos revendications implique de combattre le programme de Macron

Le programme d'Emmanuel Macron, nouvellement élu Président de la République, c'est la poursuite et l'aggravation de la politique menée depuis des années au service des intérêts du patronat et des banques et de l'Union européenne !

C'est en particulier le recours aux ordonnances et une nouvelle loi Travail qui entend réaliser ce qui n'avait pu l'être avec la loi El Khomri : plafonnement des indemnités prud’homales, libérant ainsi les possibilités de licenciements, généralisation du référendum d'entreprise qui revient à nier l'existence des organisations syndicales, possibilité nouvelles de dérogations aux accords de branches, etc.

Macron, c'est aussi la remise en cause des droits des chômeurs, etc.

Ce à quoi doivent se préparer les fonctionnaires c'est à une nouvelle offensive contre leurs statuts et leurs conditions de travail, en particulier :

La programmation de 120 000 nouvelles suppressions de postes ;

après le RIFSEEP, une nouvelle étape vers la généralisation du salaire au mérite ;

l'autonomie accrue des chefs d'établissements, du primaire au supérieur, pour recruter et gérer la carrière des personnels ;

l’explosion des droits d'inscription à l’université et le renforcement de la sélection ;

la priorité à la recherche appliquée en lien avec les industries locales au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines, etc.

Et Macron entend moderniser le statut et « mettre fin aux rentes », comprendre mettre fin aux droits s'attachant aux statuts et vider ceux-ci de leur contenu.

Ce programme tourne le dos à nos revendications, en particulier :

Le dégel du point d'indice et rattrapage du pouvoir d'achat ;

un plan de vaste requalification des emplois dans nos filières ;

le rétablissement des postes supprimés et créations en fonction des besoins, en particulier pour résorber la précarité ;

le refus de la mise en place du Rifseep pour les filières ITRF et Bibliothèques, retour sur celle-ci dans la filière Aenes, etc.

La 1ere condition pour nous préparer à combattre la politique annoncée par Macron, c’est de refuser l’offre qu’il défend : « Le modèle auquel je crois, d'un dialogue social extrêmement vivace, qui va jusqu'à la cogestion et c'est ce que je souhaite dans les prochaines années développer» (4 mai à Albi).

La CAN du SNASUB-FSU réunie le 11 mai 2017 s'oppose aux projets de Macron, en particulier ceux concernant les fonctionnaires et la fonction publique. Elle refuse d'en discuter le contenu et leur mise en œuvre et en demande le retrait. Elle rejette les propositions de cogestion faites par Macron.

Elle s'adresse en ce sens à la FSU pour que l'ensemble des syndicats reprennent cette position.

 

Vote : 2 Pour, 16 contre, 2 abstentions

 


 

 

 

 

 

 

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