Intervention des militants FRONT UNIQUE dans les instances de la FSU

Compte-rendu de mandat

 

Conseil national de la FSU – 22 et 23 janvier 2019
 



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Conseil national de la FSU – 22 et 23 janvier 2019

Le courant Front Unique est intervenu pour que la direction de la FSU se prononce :

- Pour le retrait du projet de loi de démolition de la fonction publique et cesse la concertation permettant son avancée

- Pour le retrait du projet de loi « anti-casseurs » et appelle à manifester à l’Assemblée nationale pour empêcher son adoption

- Pour qu’avec la direction du Snes, elle convoque la Conférence des délégués élus des lycées et collèges pour centraliser le combat contre le gouvernement

Intervention FU dans le débat général (22 janvier)

Macron et son gouvernement ont bien l’intention d’appliquer, au compte de la bourgeoisie, la totalité de leur programme.

Macron a rappelé, lors de ses vœux, son 1er bilan : « nombre de transformations qu’on pensait impossibles comme celle du travail ou des chemins de fer, ont été menées à bien. »

Et son objectif pour 2019 : « changer en profondeur les règles de l’indemnisation du chômage (…), l’organisation du secteur public (…) et notre système de retraite (…). »

Le porte-parole du gouvernement a déclaré : il faut « aller plus, vite, plus fort, plus radicalement dans les changements ». Et le 1er ministre a complété : il faut « frapper vite, fort, agir de manière profonde ».

Mais qu’est-ce qui permet au gouvernement de mettre en œuvre ses contre-réformes et d’envisager de poursuivre dans la même voie ? La réponse est évidente : quoiqu’il ait fait, les dirigeants syndicaux ont refusé de rompre avec lui et d’engager le combat pour le défaire. Au contraire, ils l’ont conforté en participant à toutes les concertations qu’il avait convoquées. Et fondamentalement, c’est cela qui a donné au mouvement hétéroclite des gilets jaunes la possibilité de surgir.

La participation à cette concertation mortifère, c’est ce qu’ont fait les responsables du SNESUP et du SNES avec loi de sélection à l’Université, la contre-réforme du bac et du lycée. Et c’est après avoir contribué à leur adoption, qu’ils en demandent le retrait.

Et que dire de la signature du protocole fonction publique ? Quand le gouvernement bloque le point d’indice, augmente la CSG, instaure la journée de carence et prépare une loi de démolition de la fonction publique.

Et quand la violence d’Etat se déchaîne contre les manifestants et les lycéens, comment ne pas être révulsés à la lecture du communiqué intersyndical du 6 décembre, qui à la demande expresse de Macron, condamne les violences des manifestants. Honte à ceux qui ont engagé le nom des organisations qu’ils représentent sur ce texte scélérat qui a permis au gouvernement d’accentuer encore sa répression la portant à un degré inédit.

Et le 10 décembre, tous les responsables syndicaux sont allés à l’Elysée aux côtés de Macron pour lui prouver leur soutien alors que monte le rejet de toute sa politique.

Le gouvernement veut utiliser son « grand débat » comme un bélier pour pulvériser les services publics en expliquant que la baisse des impôts nécessite celle de la dépense publique. Il veut instaurer des quotas pour les migrants pour préparer des expulsions massives.

A l’Université, le gouvernement a décidé d’augmenter, de manière exponentielle, les frais de scolarité d’abord pour les étudiants étrangers hors UE. Cette mesure scandaleuse fait partie d’un plan cyniquement appelé « Bienvenue en France ». La ministre de l’Enseignement supérieur organise une concertation sur ce plan pour faire entériner cette hausse. Cette concertation n’étant pas évoquée dans l’appel unitaire pour l’annulation de cette mesure, j’espère qu’un représentant du SNESUP nous annoncera que son syndicat boycottera cette concertation et s’adressera aux autres organisations pour qu’elles fassent de même.

Pour la contre-réforme de la fonction publique, on apprend que les organisations syndicales de fonctionnaires se contentent de demander sa suspension pendant le « grand débat ». Mais la défense réelle des fonctionnaires exige de se prononcer pour le retrait pur et simple de ce projet et implique le refus de toute concertation qui ne vise qu’à faire aboutir cette contre-réforme dévastatrice. De plus, comment les dirigeants syndicaux pourraient-ils envisager de poursuivre des concertations avec un gouvernement dont les flics utilisent des armes de guerre contre les manifestants ?

Dans le 2nd degré, des mobilisations désordonnées ont lieu face aux assauts du gouvernement contre les enseignants et contre les lycéens : réforme du bac et du lycée, parcoursup, suppression de postes, de classes, 2ème heure sup imposée etc. Chacun sait que face à un gouvernement centralisé qui impose ses réformes, il faut un combat centralisé. Il faut en finir avec toutes ces journées d’action qui sont la négation d’un réel combat. Les enseignants aspirent à affronter Blanquer et son gouvernement. Des AG ont lieu dans de nombreux établissements. Le SNES est un syndicat national, le plus important du 2nd degré. Alors sa responsabilité est de convoquer une conférence nationale des délégués élus par les établissements qui avec les représentants syndicaux décidera de son combat.

Enfin pour conclure, Macron attaque en règle le droit de manifester avec son projet de loi qu’il veut faire adopter en urgence à l’Assemblée nationale. Tous ceux qui participeraient à une manifestation non déclarée deviendraient des délinquants et ce serait bien sûr le cas pour les lycéens. Un certain nombre d’organisations exigent le retrait de ce projet de loi et appellent dans ce but à une manifestation vers l’Assemblée le 29 janvier. C’est la responsabilité de notre fédération – et de l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier – d’être aux avant-postes de ce combat en exigeant le retrait du projet de loi et en appelant à la manifestation dans cet objectif.

Intervention pour le retrait du projet de loi de réforme de l’État

(23 janvier, présentation de motion)

Camarades, il faut le répéter, le gouvernement est bien déterminé à faire passer sa loi de destruction de la fonction publique. Notre secrétaire générale nous a dit hier qu'elle avait été reçue par Olivier Dussopt, le 21 décembre, pour entendre que le projet de loi ne changerait pas d'une virgule.

Les concertations avec les fédérations de fonctionnaires n'ont jamais cessé depuis un an. Pour quel résultat ?

Le gouvernement veut toujours supprimer 120 000 postes, mettre en place un plan de départs volontaires, la mobilité des agents, le développement du salaire au mérite, substituer les recrutements sous contrat à ceux sous statut, accroître le pouvoir des supérieurs hiérarchiques directs sur les agents et liquider le rôle des Commissions Paritaires.

La semaine dernière les organisations syndicales ont demandé la suspension du projet de loi sur la réforme de l’État pendant le temps du grand débat national voulu par Macron. Et pourtant, l'objectif annoncé de ce débat, c'est la baisse de la dépense publique et donc d'accentuer les attaques contre les fonctionnaires.

La réponse du gouvernement a été on ne peut plus claire.

Dussopt déclarait dès le lendemain que rien n'arrêterait le calendrier des réformes.

Darmanin poussait encore plus loin la provocation il y a trois jours : « c'est une belle réforme », « ce n'est pas une réforme contre les fonctionnaires ». Dans la foulée les fédérations étaient à nouveau invitées à venir se concerter en réunions bilatérales avec Dussopt toute cette semaine.

Mais de qui se moquent-t-ils ? Et que dire des responsables syndicaux qui participeraient à ces bilatérales ? Le gouvernement veut nous écraser et il faudrait collaborer ?

Camarades, c'est en février que cette loi doit être présentée à l'Assemblée. Ce combat est encore devant nous mais plus pour longtemps. Et il est certain qu'exiger le retrait d'un projet de loi est plus simple que d'obtenir l'abrogation d'une loi déjà votée.

Combattre cette réforme implique de formuler l'exigence du retrait pur et simple du projet et pas seulement sa suspension.

Combattre ce projet de destruction implique de rompre la politique de concertation avec ce gouvernement qui veut détruire nos statuts et nos conditions de travail.

Combattre ce gouvernement implique de l'affronter en portant nos revendications lors d'une manifestation centrale au moment du vote de cette loi à l'Assemblée.

Motion : Pour le retrait pur et simple du projet de loi de démolition de la fonction publique,

Manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour imposer ce retrait

Le gouvernement est bien déterminé à faire aboutir sa contre-réforme de la Fonction publique.

Il veut :

- Attaquer le statut de la fonction publique dans toutes ses dimensions.

- Liquider le rôle des délégués du personnel dans les Commissions Paritaires pour les nominations et les promotions.

- Accroître le pouvoir des supérieurs hiérarchiques pour les promotions et la mise en œuvre du salaire au mérite.

- Substituer les recrutements sous contrat à ceux sous statut.

- Pousser les agents à quitter la fonction publique à travers des réorganisations et des suppressions de services avec un objectif de 120 000 suppressions de postes.

C’est donc une attaque historique que le gouvernement veut porter contre le statut des fonctionnaires mais aussi contre les organisations syndicales.

Le CDFN de la FSU réuni les 22 et 23 janvier 2019 :

- exige le retrait pur et simple de ce projet de loi.

- décide que la FSU cesse immédiatement toute participation aux concertations qui préparent son adoption.

- mandate le secrétariat de la FSU pour qu’il s’adresse aux autres fédérations syndicales de fonctionnaires pour l’organisation commune d’une puissante manifestation des fonctionnaires à l’Assemblée nationale, au moment de l’examen de la loi, pour son retrait.

(5 pour ; 65 contre ; 4 abstentions ; 39 refus de vote)

Intervention pour en finir avec l’offensive contre l’enseignement public

(23 janvier, présentation de motion)

Le gouvernement maintient son offensive généralisée contre l’enseignement public : projet de loi Blanquer, réformes du Bac et du Lycée, mise en place de Parcoursup, développement de l’apprentissage au détriment des lycées professionnels, et ventilation des 2650 suppressions de postes dans chaque académie.

Ces suppressions vont se traduire par la fin des dédoublements et l’augmentation du nombre d’élèves dans les classes…

Par le biais de la suppression des filières, la réforme du lycée vise dans toutes les spécialités, à des effectifs avoisinant, voire dépassant, les 35 élèves.

Il s'agit donc d'une dégradation brutale des conditions d'enseignement pour tous.

Les enseignants et les lycéens sont clairement pour aucune suppression de postes.

Les enseignants veulent le retrait du projet des 2 heures supplémentaires obligatoires et l'augmentation de leur salaire par l'augmentation du point d'indice.

Mais comment affronter le gouvernement et stopper son offensive généralisée ?

Certes, les enseignants se félicitent du fait que l’intersyndicale du 2nd degré pour le 24 janvier se prononce pour le retrait des réformes des lycées et l'arrêt des suppressions de poste, mais :

- Peut-on demander le retrait de la réforme et continuer à discuter des modalités de sa mise en œuvre à tous les niveaux en particulier dans les Conseils d'administration et les Conseils pédagogiques ?

- Peut-on demander l'arrêt des suppressions de postes et siéger dans les Comités techniques, académie par académie, où se décident ces suppressions ?

Au contraire, la responsabilité de notre fédération et de ses syndicats concernés est d’appeler au boycott de la mise en œuvre des contre-réformes !

Dans de nombreux établissements, les collègues tentent par divers moyens de se mobiliser. Ils savent que ce n’est ni par des actions locales laissant les collègues seuls dans leur établissement, ni par la multiplication des journées d’actions que l’on peut mettre un coup d’arrêt à la politique du gouvernement !

Il y a urgence à offrir une perspective de combat centralisé. Il revient à la FSU et à ses syndicats nationaux d’organiser et de centraliser ce combat  en appelant à une conférence nationale des délégués élus des établissements décidant des moyens efficaces pour défaire le gouvernement.

Motion : Pour en finir avec l’offensive du gouvernement contre l’enseignement public,

La responsabilité de notre fédération et de ses syndicats :

- appeler au boycott de la mise en œuvre des contre-réformes

- convoquer la Conférence nationale des délégués élus dans les établissements

Les enseignants souhaitent en découdre avec le gouvernement qui n’a de cesse de dégrader leurs conditions de travail.

Les revendications qui unissent les collègues sont simples et claires :

- Aucune suppression de postes et d'heures d'enseignement, ni en collège, ni en lycée.

- Abrogation des réformes du bac et du lycée, et du lycée professionnel.

- Refus des 2 heures supplémentaires obligatoires.

- Augmentation du salaire de tous par l’augmentation du point d’indice.

Le CDFN de la FSU reprend à son compte ces revendications. Et comme la mise en œuvre des attaques gouvernementales concerne plusieurs syndicats de notre fédération (SNES, SNEP, SNUEP…), il les invite à :

- Rompre toute participation à la mise en œuvre des réformes à tous les niveaux par l’appel au boycott des comités techniques, des conseils d'administration, des conseils pédagogiques.

- Convoquer une assemblée nationale des délégués élus des établissements décidant des moyens efficaces pour défaire le gouvernement.

(7 pour ; 62 contre ; 5 abstentions ; 43 refus de vote)

Intervention pour le retrait du projet de loi contre le droit de manifestation

(23 janvier, présentation de motion)

Les dernières manifestations, tant des lycéens que des "gilets jaunes", ont donné lieu à une répression inégalée de la part du gouvernement Macron-Philippe : utilisation de véritables armes de guerre (LBD40, grenades de désencerclement, etc.), des centaines de blessés, certains très gravement mutilés, plus de 5 000 gardes à vue, des jugements en comparution immédiate qui ont donné lieu à des peines d'une extrême gravité, allant jusqu'à la prison ferme...

La défense des libertés démocratiques, du droit de manifester sans se faire matraquer ou éborgner, nécessitait une réponse ferme et déterminée de la part des organisations syndicales.

Au lieu de ça, nous avons eu droit à la plus inique des réponses : le communiqué intersyndical du 6 décembre qui, en condamnant les seules violences des manifestants, donnait le feu vert au déchaînement de la répression policière. Cela restera longtemps en travers de la gorge de tous ceux qui aspirent à combattre la politique du gouvernement.

Une telle réponse permet à Castaner de jouer les provocateurs en annonçant qu'il "ne connaît aucun policier qui ait attaqué des gilets jaunes".

Le CDFN de la FSU a le devoir de condamner sans équivoque la répression d'État ordonnée par le gouvernement.

Le gouvernement entend profiter de la situation pour soumettre à l'Assemblée nationale dans les jours qui viennent une loi dite "anti-casseurs", adoptée le 23 octobre au Sénat. Celle-ci consiste à considérer comme un délit toute participation à une manifestation "non déclarée". Elle prétend supprimer sur la base d'une simple décision de police le droit de manifester à des milliers d'entre nous. Elle veut organiser le fichage des manifestants.

Le gouvernement a annoncé que le projet de loi serait soumis à l'Assemblée nationale à partir du 29 janvier.

Le communiqué du SNUTER du 15 janvier donne la dimension de l'attaque...

A juste titre, il qualifie ce projet de "liberticide". Mais le problème : il n'en demande pas le retrait !

Comment peut-on combattre un projet de loi sans réclamer son retrait ?

Il est plus facile d’empêcher le vote d’une loi que d’obtenir son abrogation, une fois qu’elle a été votée.

Que faire ?

Un certain nombre d’organisations exigent le retrait de ce projet de loi et appellent dans ce but à une manifestation vers l’Assemblée le 29 janvier. C’est la responsabilité de notre fédération – et de l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier – d’être aux avant-postes de ce combat en exigeant le retrait du projet de loi et en appelant à la manifestation dans cet objectif.

C'est le sens de la motion Front Unique.

Motion : Pour le retrait du projet de loi contre le droit de manifester, contre la répression policière, Manifestation à l’Assemblée nationale pour empêcher le vote du projet de loi

Le CDFN de la FSU se prononce pour l'arrêt immédiat de la répression policière et des poursuites engagées contre les manifestants.

Le gouvernement entend profiter de la situation pour soumettre à l'Assemblée nationale, le 29 janvier, un projet de loi dite "anti casseurs", attaque en règle contre le droit de manifestation. 

Le CDFN de la FSU se prononce pour le retrait pur et simple de ce projet de loi.

Il appelle l'ensemble des organisations du mouvement ouvrier et celles attachées à la défense des libertés démocratiques, à la manifestation à l'Assemblée nationale, le 29 janvier, pour le retrait de ce projet de loi.

(19 pour ; 54 contre ; 0 abstention ; 40 refus de vote)

 

 

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