FRONT UNIQUE

Bienvenue sur le site des militants combattant pour le FRONT UNIQUE
des syndicats de l'enseignement public



Appel à soutien, appel à candidatures pour la liste Front Unique

(Vote d’orientation dans la FSU – 2024)

 

Le gouvernement Macron-Attal redouble ses coups contre l’enseignement public et le droit aux études avec le plan dit « Choc des savoirs ». Il réduit les budgets de l’EN et de l’ESR. Et il veut s’en prendre à nouveau aux chômeurs et aux fonctionnaires.
Notre courant syndical Front Unique, représenté dans les instances de la FSU, combat pour que les dirigeants syndicaux rompent leur collaboration avec le gouvernement et constituent un front uni contre lui. Au cours de l’année 2024, un vote d’orientation sera organisé dans la FSU. Pour pouvoir soumettre nos positions au vote, nous devons présenter une liste de 160 syndiqués.
Aidez nous à atteindre notre objectif : il ne nous manque plus que 20 noms !
Nous appelons donc toutes celles et ceux qui sont en accord avec nos positions, ou qui estiment qu’elles doivent pouvoir être défendues dans la FSU, à accepter de figurer sur notre liste. Il suffit d’être adhérent de l’un des syndicats de la FSU. Et cela n’engage à rien d’autre que de nous permettre de présenter notre orientation aux suffrages des syndiqués.

Pour cela, complétez et envoyez le formulaire ci-dessous

Formulaire de candidature

[Version pdf]

 


 

Motion adoptée unanimement par le Conseil syndical du SNUipp34 le 2 mai 2024

Après sa loi d'août 2019, le gouvernement, avec le projet de loi Guerini, lance son 2ème acte contre le statut de fonctionnaire.

C'est à juste titre que la FSU qualifie ce projet de saccage du statut.

Aussi le CS du SNUipp34 s'adresse à la direction de notre fédération pour qu'elle refuse de discuter du projet de saccage de Guerini et qu'elle en exige le retrait pur et simple.

 

 


 

Lettre de Liaison N° 353 - 30 avril 2024 :

[Version pdf]

 

Nous publions ci-dessous une tribune du courant Front Unique 
pour la préparation du Congrès national du SNASUB-FSU qui se tiendra du 13 au 17 mai

 

Halte à la criminalisation du soutien au peuple palestinien !

Le gouvernement Macron-Attal-Darmanin a engagé une campagne d’une ampleur inégalée dans la criminalisation du mouvement en soutien au peuple palestinien. Les plaintes, convocations policières ou menaces de sanctions administratives se multiplient contre tous ceux qui dénoncent l'entreprise génocidaire d'Israël. Mais aussi contre ceux qui comme un syndicaliste enseignant de Brest critiquent la présence des flics et militaires dans les établissements scolaires.

Le secrétaire de l'UD CGT du Nord a été condamné la semaine dernière à un an de prison avec sursis « pour apologie du terrorisme ». Et nombreux sont ceux qui comme la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale ont été convoqués par la police judiciaire pour le même motif.

Cette chasse aux sorcières est particulièrement forte dans l’Enseignement supérieur. Elle constitue une attaque en règle contre le droit d'expression et les libertés académiques. Expulsion par les CRS la nuit du 24 avril des étudiants de Science-Po Paris occupant leur campus, interdictions de réunions dans les universités de Marseille, Lille, Montpellier, Bordeaux, Lyon 2, etc., convocations de militants Solidaires étudiants à l’EHESS par les services de lutte contre le terrorisme, menaces de sanctions contre des étudiants de Sciences-Po pour avoir occupé un amphi pour dénoncer le génocide en Palestine, etc.

Les personnels enseignants et chercheurs subissent également pressions et censures. En février, une anthropologue spécialiste de la Palestine a écopé d’un avertissement de la direction du CNRS, pour « apologie du terrorisme » pour avoir relayé un communiqué de Solidaire étudiant-e-s.

A Clermont-Ferrand, c’est le site Internet de géopolitique visionscarto qui est bloqué sur les postes de l’Université, blocage dû sans doute à la présence d’un texte de l’anthropologue Ruba Salih intitulé « Gaza entre traumatisme colonial et génocide ».

Attal l’a proclamé haut et fort le mardi 19 mars devant l’Assemblée nationale : « l’autonomie de l’enseignement supérieur, ce n’est pas et ce ne sera jamais une autonomie des valeurs républicaines ». Il veut faire de « la lutte contre ceux qui en veulent à nos principes républicains, le cœur des contrats que nous signons avec les universités, avec les écoles. »

C’est au nom de ces « valeurs républicaines » que dès le 9 octobre, la Ministre Retailleau a envoyé une lettre circulaire aux chefs des établissements de l’ESR leur donnant la consigne de réduire au silence toute opposition à la « solidarité » totale du gouvernement français à l’État d’Israël. Une remise en cause historique des libertés académiques et d’expression à l’université, socle indispensable à tout développement du savoir. 

Sous le prétexte d’une prétendue lutte contre l’antisémitisme et contre « l’apologie du terrorisme », il s’agit de réduire au silence tous ceux qui s’élèvent contre l’État colonial d’Israël qui se livre à l’extermination par les bombes et la famine des Palestiniens de Gaza ou à des exactions en Cisjordanie. Cette circulaire a instauré une véritable police de la pensée à l’université, dans la recherche, avec intimidations, diffamations et restrictions de la parole scientifique, interdiction de la moindre manifestation pro-palestinienne et des poursuites contre les défenseurs de la cause palestinienne.

Mi-novembre, un appel pour défendre la liberté d’expression sur la Palestine et dénonçant cette circulaire recueillait près de 1 500 signatures. Et malgré ce climat de chasse aux sorcières, plus de 2 000 universitaires ont signé en janvier 2024 un appel « pour l’arrêt immédiat de la guerre génocidaire » d’Israël contre le peuple palestinien et pour « le boycott académique visant les institutions académiques israéliennes complices de la violation des droits des Palestiniens »

Face à l’offensive de Macron-Attal-Darmanin-Retailleau, la responsabilité du SNASUB et de la FSU est de s’opposer à toute remise en cause des libertés académiques et de la liberté d'expression, de se prononcer pour le retrait de la lettre-circulaire du 9 octobre, de se prononcer pour l'arrêt des poursuites contre tous les militants de la cause palestinienne, en particulier à ceux de Sciences Po. (25 avril 2024)

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 352 - 4 avril 2024 :

[Version pdf]

 

Pour le retrait du « choc des savoirs » 
- Assez des journées de grève à répétition et des actions locales et diversifiées !
- Assez de renvoyer la responsabilité aux enseignants collège par collège !
Que la direction nationale du SNES et l’Intersyndicale convoquent sans délai
une immense manifestation nationale au ministère de l’Éducation, à la mi-mai !

Intervention du courant Front Unique, au Conseil National de la FSU, le 4 avril

« Depuis l’annonce le 5 décembre du « choc des savoirs » par Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, quatre mois se sont écoulés. Quatre mois durant lesquels le gouvernement a pu mener à bien son calendrier. Preuve en est la publication des textes d’application au Journal Officiel à la mi-mars.

Le 1er février, les enseignants, particulièrement dans les collèges, ont manifesté clairement leur volonté d’obtenir le retrait pur et simple du choc des savoirs. Or, la direction du SNES et celle de la FSU, ne se sont toujours pas prononcées pour le retrait pur et simple du choc des savoirs.

Elles se sont inscrites dans le calendrier gouvernemental, avec AOC puis avec Belloubet, en particulier en participant aux différents Conseils supérieurs de l’Éducation.

Et aujourd’hui, comme pour le PACTE, elles rejettent la responsabilité sur les équipes dans les établissements pour qu’elles n’appliquent pas le « choc des savoirs ».

Elles ont aussi multiplié les journées d’actions locales, parfaitement stériles (6 février, 19 mars, 2 avril).

Les collègues n’ont pas répondu à ces journées. Ils ne répondront pas davantage aux autres comme on a pu le constater hier encore. Et pour cause, ils ont parfaitement conscience de l’inefficacité des journées d’actions, ils les rejettent. Ils savent avec leur expérience des défaites passées qu’ils ne peuvent obtenir la moindre victoire dans le cadre de ces dispositifs éculés.

A l’inverse, les enseignants de Seine-St-Denis ont su montrer la voie en allant manifester là où se prennent les décisions. Les 5 000 manifestants du 93 ne peuvent-ils pas faire 150 000 à l’échelle nationale, devant le ministère, pour contraindre le gouvernement à retirer sa contre-réforme mortifère ?

La direction de la FSU affirme que le plan à l’œuvre « participe à rehausser le rapport de force ». La secrétaire générale du SNES a même indiqué hier à la tribune sa volonté de poursuivre dans la même voie. Cela n’a que trop duré au contraire. Beaucoup trop de temps a été perdu.

Il y a urgence à convoquer dès maintenant une manifestation massive de toute la profession, au ministère, pas dans 2 mois, quand plus rien ne sera possible, pour arracher le retrait du choc des savoirs. C’est ce que propose notre motion. »

 

Motion Pour le retrait du « choc des savoirs »
Avec la publication des textes d’application du « choc des savoirs », le gouvernement a marqué une avancée majeure contre le droit aux études des collégiens et contre le statut des enseignants.
Le CDFN se prononce pour le retrait pur et simple du « choc des savoirs » et l’abrogation de tous ses textes d’application.
Ce n’est certainement pas en multipliant les journées de grève, les actions locales et diversifiées qui font porter la responsabilité sur les enseignants, que le retrait du « choc des savoirs » sera imposé. 
Seule une réponse massive et centrale pourrait venir à bout de la détermination du gouvernement.
Le CDFN de la FSU se prononce pour la convocation immédiate d’une manifestation centrale, à Paris, au ministère de l’Éducation Nationale, pour la mi-mai.
(Pour : 5 / Contre : 90 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 7)

 

 


 

Au Conseil national de la FSU des 2 et 3 avril 2024

Les représentants du courant Front Unique sont intervenus

- Pour que la FSU se prononce enfin pour le retrait du « choc des savoirs »

- Contre le plan de bouzille de la direction du Snes (journées de grève à répétitions, actions locales et « diversifiées », et responsabilité renvoyée aux enseignants)

- Pour la convocation immédiate d’une manifestation nationale au ministère pour imposer le retrait du « choc des savoirs »

- en défense du peuple palestinien soumis à une entreprise génocidaire

- pour la préservation des libertés académiques dans l’enseignement supérieur

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Intervention le 2 avril, dans le débat général

Les textes d’application du choc des savoirs ont été publiés à la veille du congrès national du Snes.

Contre le choc gouvernemental, un contre-choc de la profession était indispensable.

Mais l’appel du congrès national du Snes, au lieu de proposer l’affrontement centralisé contre le gouvernement, a dressé toute une panoplie d’actions diversifiées, décentralisées, établissement par établissement. Et à nouveau, comme pour le Pacte, la responsabilité est renvoyée aux équipes de chaque collège. Pourtant le 7 mars, les enseignants de Seine-St-Denis avaient montré la voie en se rendant à 5 000 manifestants au ministère.

Une intersyndicale du 2nd degré appelle à une nouvelle journée de grève, aujourd’hui, ce 2 avril. La grève du 1er février avait établi un véritable rejet du gouvernement et de sa ministre Oudéa-Castéra.

Au contraire les suivantes, de moins en moins suivies, n’ont fait que conforter le gouvernement. On constate que dans l’appel du congrès, le retrait des textes du choc des savoirs n’est même pas exigé. Pourtant celui-ci est une véritable bombe à fragmentation qui permet au gouvernement de s’en prendre au statut des PE et à celui des enseignants de collège.

Une chose est certaine : toute la stratégie de pseudo combats, combinée à la participation aux instances de concertation a toujours conduit aux défaites.

Alors, assez des journées de grève à répétition rejetées par les collègues.

Assez des concertations, du dialogue social et de tous les autres stratagèmes qui permettent au gouvernement d’aller toujours plus loin contre les personnels.

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La situation du capitalisme français et le financement sans limite de l’industrie d’armement, amènent le gouvernement à engager un plan drastique d’économies.

Ses cibles : les malades, les chômeurs, les jeunes, les fonctionnaires et les retraités.

Pour la santé, après l’augmentation du reste à charge, sont préparées de nouvelles attaques (affections longue durée et jours de carence).

Le gouvernement veut imposer une 3ème réforme de l’assurance chômage pour imposer une réduction massive de la durée d’indemnisation.

Il veut en finir avec l’indexation des pensions sur l’inflation. Et il veut maintenir le blocage du point d’indice en 2024 et 2025.

Pour s’en prendre aux chômeurs et aux fonctionnaires, Attal, Vautrin et Guerini veulent demander aux représentants syndicaux de s’impliquer dans leurs projets.

Notre fédération doit clairement indiquer qu’elle n’apportera aucun concours au gouvernement, et en particulier, qu’elle refusera toute concertation sur le projet de loi Guerini contre les fonctionnaires. Et qu’elle en exigera le retrait pur et simple.

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La poursuite et l’amplification de la politique criminelle d’Israël à Gaza et en Cisjordanie confirment les termes de notre motion présentée au Cdfn de janvier. Les voici :

« La FSU condamne l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël mène contre le peuple palestinien à Gaza, et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine.

Elle se prononce :

- Inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé.

- Contre l’État d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier.

- Contre ses principaux soutiens : Biden, Sunak et Macron.

Elle considère que, pour venir en aide au peuple palestinien, il est de la responsabilité du mouvement ouvrier d’organiser le boycott effectif de l’État d’Israël. »

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Au prétexte d’une prétendue lutte contre l’antisémitisme, le gouvernement Macron-Attal veut réduire au silence tous ceux qui dénoncent l’État criminel d’Israël. Les procès se multiplient pour « apologie du terrorisme ».

Jeudi dernier, un an de prison a été requis contre le secrétaire de l’UD CGT du Nord.

Depuis la lettre-circulaire de Retailleau du 9 octobre, le gouvernement a instauré une véritable police de la pensée dans l’enseignement supérieur.

A Science Po Paris, le gouvernement s’est appuyé sur les bobards de l’organisation sioniste UEJF, pour tenter de mettre au pas le monde universitaire et les étudiants actifs dans le soutien aux Palestiniens. Il piétine les libertés académiques, s’ingère dans le fonctionnement des établissements supérieurs et veut faire dépendre leur financement de leur soumission aux desiderata gouvernementaux.

C’est ce qu’il prépare dans son acte II du plan d’autonomie.

Le refus de la direction de notre fédération d’exiger le retrait de la lettre de Retailleau a permis au gouvernement de marquer des points et plusieurs présidents d’université ont répondu à ses attentes.

C’est la responsabilité de notre fédération de mettre enfin ce retrait au centre du combat pour la préservation des libertés académiques et pour le maintien du droit d’expression des étudiants dans les établissements de l’enseignement supérieur.

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Toutes les motions Front Unique et leur présentation (3 avril 2024)

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Présentation de la motion Pour le retrait du « choc des savoirs »

Depuis l’annonce le 5 décembre du « choc des savoirs » par Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, quatre mois se sont écoulés.

Quatre mois durant lesquels le gouvernement a pu mener à bien son calendrier.

Preuve en est la publication des textes d’application au Journal Officiel à la mi-mars.

Le 1er février, les enseignants, particulièrement dans les collèges, ont manifesté clairement leur volonté d’obtenir le retrait pur et simple du choc des savoirs.

Or, la direction du SNES et celle de la FSU, ne se sont toujours pas prononcées pour le retrait pur et simple du choc des savoirs, même si le secrétaire général de la FSU vient de l’évoquer.

Elles se sont inscrites dans le calendrier gouvernemental, avec AOC puis avec Belloubet, en particulier en participant aux différents CSE.

Et aujourd’hui, comme pour le PACTE, elles rejettent la responsabilité sur les équipes dans les établissements pour qu’elles n’appliquent pas le « choc des savoirs ».

Elles ont aussi multiplié les journées d’actions locales, parfaitement stériles (6 février, 19 mars, 2 avril).

Les collègues n’ont pas répondu à ces journées. Ils ne répondront pas davantage aux autres comme on a pu le constater hier encore.

Et pour cause, ils ont parfaitement conscience de l’inefficacité des journées d’actions, ils les rejettent. Ils savent avec leur expérience des défaites passées qu’ils ne peuvent obtenir la moindre victoire dans le cadre de ces dispositifs éculés.

A l’inverse, les enseignants de Seine-St-Denis ont su montrer la voie en allant manifester là où se prennent les décisions. Les 5 000 manifestants du 93 ne peuvent-ils pas faire 150 000 à l’échelle nationale, devant le ministère, pour contraindre le gouvernement à retirer sa contre-réforme mortifère ?

La direction de la FSU affirme que le plan à l’œuvre « participe à rehausser le rapport de force ». La secrétaire générale du SNES a même indiqué hier à la tribune sa volonté de poursuivre dans la même voie.

Cela n’a que trop duré au contraire. Beaucoup trop de temps a été perdu.

Il y a urgence à convoquer dès maintenant une manifestation massive de toute la profession, au ministère, pas dans 2 mois, quand plus rien ne sera possible, pour arracher le retrait du choc des savoirs.

C’est la responsabilité de notre CDFN que de se prononcer dans ce sens.

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Motion Pour le retrait du « choc des savoirs »

Avec la publication des textes d’application du « choc des savoirs », le gouvernement a marqué une avancée majeure contre le droit aux études des collégiens et contre le statut des enseignants.

Le CDFN se prononce pour le retrait pur et simple du « choc des savoirs » et l’abrogation de tous ses textes d’application.

Ce n’est certainement pas en multipliant les journées de grève, les actions locales et diversifiées qui font porter la responsabilité sur les enseignants, que le retrait du « choc des savoirs » sera imposé.

Seule une réponse massive et centrale pourrait venir à bout de la détermination du gouvernement.

Le CDFN de la FSU se prononce pour la convocation immédiate d’une manifestation centrale, à Paris, au ministère de l’Education Nationale, pour la mi-mai.

(Pour : 5 / Contre : 90 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 7)

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Présentation de la motion Pour le boycott des concertations Guerini

Les 10 milliards d’économie décrétés sur le budget 2024 ne sont qu’une première étape. Pour 2025, ce sont 20 milliards d’euros d’économies à répartir entre l’État et la Sécurité sociale.

« Est-ce que nous pouvons encore nous permettre de rembourser l'intégralité des transports médicaux pour 5,7 milliards d'euros par an ? Est-ce qu'on peut encore se permettre le nombre de jours d'absence soit de 17 par an dans les personnels des collectivités locales, 12 dans le privé et dix dans les services de l'État ? »

Pour le ministre des comptes publics, à toutes ces questions qu’il pose, la réponse est : non !

En revanche, les budgets de la sécurité et la défense qui ont connu une énorme progression, eux, sont sanctuarisés !

Pour le gouvernement, c’est une nécessité d’achever la casse de la fonction publique, de remettre en cause les grilles de carrière, les statuts et le point d’indice.

C’est pour conduire cette entreprise que Guerini a été maintenu à son poste. En effet, il n’a jamais caché sa feuille de route fixée par Macron : généraliser le « mérite » au niveau des primes individuelles et collectives, comme des promotions, et recruter hors statut via les contractuels et la voie d’apprentissage.

Les discussions du 14 mars ont porté sur la méthode de négociation annuelle et obligatoire des salaires (NAO) et sur la structure des grilles indiciaires et des déroulements de carrière. Par contre, rien sur l’augmentation du point d’indice.

Avec ces NAO, calquées sur le privé, la volonté est clairement de remettre en cause le point d’indice et les grilles de carrières.

Guerini espère bien, par les concertations sur ses projets, obtenir la caution des représentants syndicaux.

La FSU doit refuser ces concertations qui ne peuvent qu’aboutir à un projet de loi destructeur, projet en préparation dont la FSU exigera le retrait pur et simple.

La FSU doit exiger l’augmentation immédiate du point d’indice de 10 % et son indexation sur l’inflation.

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Motion Pour le boycott des concertations Guerini

Le Gouvernement Macron-Attal-Guerini lance de nouvelles offensives contre les fonctionnaires.

Avec les négociations annuelles obligatoires (NAO), calquées sur le privé, la volonté est de remettre en cause l’augmentation du point d’indice et de s’en prendre aux grilles de carrières.

Avec son projet de loi, Guerini veut généraliser le « mérite » au niveau des primes et des promotions ainsi que le recrutement hors statut.

Guerini espère associer les représentants syndicaux à l’adoption de ses projets par le biais de la concertation.

Le CDFN refusera les concertations sur les projets du gouvernement et en exigera le retrait.

Le CDFN exige l’augmentation immédiate du point d’indice de 10 % et son indexation sur l’inflation.

(Pour : 10 / Contre : 75 / Abstentions : 15 / Refus de vote : 6)

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Présentation des motions Préservation des libertés académiques et Palestine

Lors du CDFN de janvier 2024, notre courant dénonçait l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël menait contre le peuple palestinien à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine. Aujourd’hui, 3 avril, la situation empire encore.

Du 18 mars au 1er avril les forces israéliennes ont assiégé l’hôpital Al-Shifa. Après le retrait des troupes le constat est glaçant : « Tout a été détruit ou brûlé. L’hôpital a été transformé en cimetière. Il faut tout simplement en construire un nouveau » dit un résident qui poursuit en précisant : « quelque 300 corps ont été retrouvés, dans l’établissement et aux alentours.

Ce même jour, l’ONG américaine World Central Kitchen a annoncé que sept de ses travailleurs humanitaires ont été tués par une frappe de l’armée israélienne.

Notre fédération doit clairement condamner l’État d’Israël et son entreprise génocidaire. C’est pour ces raisons que nous soumettons à nouveau au vote notre motion de janvier.

Cette tragédie a aussi des conséquences en France.

Le gouvernement multiplie les poursuites pour « apologie du terrorisme » ou pour « antisémitisme ».

Il s’agit pour lui de tenter de bâillonner ceux qui dénoncent l’État d’Israël et son entreprise génocidaire.

Le gouvernement cible en particulier les établissements de l’enseignement supérieur. C’est ce qui s’est passé à Sciences PO Paris avec la mobilisation de tout l’appareil d’état.

Pour assurer sa politique de mise au pas, le gouvernement s’appuie sur la lettre-circulaire de Retailleau du 9 octobre 2023 qui vise à imposer une véritable police de la pensée.

Et c’est de la responsabilité particulière de notre fédération de préserver les libertés académiques à l’Université.

C’est le sens de la motion que nous présentons.

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Motion Pour la préservation des libertés académiques à l’Université

Depuis la lettre circulaire de Retailleau du 9 octobre 2023 qui vise à interdire, dans l’enseignement supérieur, toute manifestation de soutien au peuple palestinien ainsi que toute critique de la politique de l’État d’Israël, le gouvernement veut imposer une véritable police de la pensée.

Pour preuve, à Science Po Paris, sa volonté de mettre au pas le monde universitaire et les étudiants actifs dans le soutien aux Palestiniens.

Notre fédération défend la liberté d’expression et la liberté de s’organiser et de manifester.

Aussi, le CDFN de la FSU se prononce :

- pour la levée des poursuites contre les défenseurs de la cause palestinienne et en particulier ceux de Science Po Paris ;

- pour l’arrêt de toutes les intimidations, diffamations et restrictions de la parole scientifique ;

- pour le retrait immédiat de la circulaire Retailleau ;

- pour la préservation des libertés académiques et le maintien du droit d’expression des étudiants.

(Pour : 7 / Contre : 63 / Abstentions : 12 / Refus de vote : 24)

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Motion Palestine (déjà présentée le 24 janvier)

La FSU condamne l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël mène contre le peuple palestinien à Gaza, et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine.

Elle se prononce :

- Inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé.

- Contre l’État d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier.

- Contre ses principaux soutiens : Biden, Sunak et Macron.

Elle considère que, pour venir en aide au peuple palestinien, il est de la responsabilité du mouvement ouvrier d’organiser le boycott effectif de l’État d’Israël. 

(Pour : 7 / Contre : 63 / Abstentions : 11 / Refus de vote : 22 )

 

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 351 - 28 mars 2024 :

[Version pdf]

 

À la CA du SNCS-FSU, le vendredi 22 mars, la représentante du courant Front Unique est intervenue en défense du peuple palestinien
et pour le droit d’exprimer cette défense dans l’Enseignement supérieur

 

Cela fait plus de cinq mois que l'état colonial d'Israël poursuit sa guerre génocidaire contre le peuple palestinien, massacrant indistinctement toute une population. Jour après jour, une horreur interminable se poursuit et ce avec le soutien indéfectible des puissances impérialistes.

Sous le prétexte de lutte contre l’« antisémitisme », le gouvernement tente de bâillonner toute manifestation de soutien au peuple palestinien particulièrement à l’université. C’est sous cette accusation que le gouvernement appelle à des sanctions exemplaires contre les étudiants de Sciences Po Paris, mobilisés le 12 mars, à l’appel national de la coordination universitaire contre la colonisation en Palestine.

Ces menaces, la saisine et l’enquête administrative à leur encontre sont la mise en œuvre de la lettre-circulaire Retailleau du 9 octobre 2023. Partant de l’affirmation de la « pleine solidarité [de la France] envers Israël », celle-ci sommait les chefs d’établissements de faire respecter ce « cadre républicain ».

Face à la répression qui en a découlé, mi-novembre, un appel pour défendre la liberté d’expression sur la Palestine recueillait près de 1 350 signatures. Or, jusqu’à ce jour, il n’y a pas un mot sur le site du SNCS pour les défendre, pour condamner ces atteintes aux libertés académiques, pas un mot de soutien au peuple palestinien.

Pourquoi ce refus d’exiger le retrait de la circulaire Retailleau et ses déclinaisons qui sont clairement des remises en cause des libertés académiques ? A-t-on oublié qu’il y a 3 ans notre congrès dénonçait l’amendement du Sénat à la LPR qui voulait « assujettir les libertés universitaires au “respect des valeurs de la République” ». Il les qualifiait d’ « atteinte pure et simple à notre liberté d’expression, liberté indispensable à l’exercice de nos missions. »

Avec Sciences Po, il s’agit pour le gouvernement de faire un exemple. Mardi 19, Attal a déclaré devant l’Assemblée nationale : « l’autonomie de l’enseignement supérieur, ce n’est pas et ce ne sera jamais une autonomie des valeurs républicaines ». Et de brandir la menace financière : il veut faire de « la lutte contre ceux qui en veulent à nos principes républicains, le cœur des contrats que nous signons avec les universités, avec les écoles. »

Face aux interdictions de se regrouper et de s’exprimer en défense du peuple palestinien massacré, face à la chasse aux sorcières qui sévit dans les universités et dans la recherche, c’est aux directions de nos organisations syndicales qu’il revient d’assumer pratiquement le combat contre la répression !

Ce qui signifie exiger la levée de toutes les sanctions et poursuites prises contre les étudiants de Sciences Po et l'abrogation de la circulaire Retailleau.

Malgré ce climat de répression et de restriction des libertés académiques autour de la Palestine, plus de 2 000 universitaires ont signé à ce jour un appel « pour l’arrêt immédiat de la guerre génocidaire » d’Israël contre le peuple palestinien et pour « le boycott académique visant les institutions académiques israéliennes complices de la violation des droits des Palestiniens ». C’est aux directions syndicales de l’ESR d’appeler et d’organiser le boycott académique de l’État d’Israël.

Les dirigeants du mouvement ouvrier ont aussi la responsabilité d’organiser une manifestation de masse à l’ambassade d'Israël, là où sont les représentants des massacreurs.

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Le courant Front Unique a soumis deux motions au vote de la CA du SNCS.

Motion 1 :

Pour le droit de s’exprimer et de s’organiser en défense du peuple palestinien

Face aux menaces d'Attal la semaine dernière et celles de Retailleau via sa lettre-circulaire du 9 octobre 2023 voulant interdire toute manifestation de soutien au Peuple Palestinien et critique de la politique de l'Etat d'Israël, la CA du SNCS s'oppose à toute remise en cause des libertés académiques et de la liberté d'expression.

Elle se prononce :

- pour l'arrêt des poursuites contre tous les militants de la cause palestinienne, en particulier des militants à Sciences Po Paris ;

- pour l’arrêt de toutes les intimidations, diffamations et restrictions de la parole scientifique ;

- pour le retrait de la circulaire Retailleau.

Elle mandate le bureau Nationale pour prendre contact avec notre fédération, la FSU, et les directions des autres syndicats de l’ESR (SNESUP-FSU, SNASUB-FSU, CGT, FO, UNEF, Union des Étudiants, Solidaires … ) pour réaliser l’unité sur ces exigences.

Pour : 3 / Contre : 16 / Abstention : 1 / Refus de vote : 3

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Motion 2 :

En défense du peuple Palestinien

Face au génocide en cours à Gaza perpétré par l’État d'Israël à Gaza et ses exactions criminelles en Cisjordanie, la CA du SNCS-FSU réunie le 22 mars 2024 considère que c’est au mouvement ouvrier qu’il revient d’organiser le boycott de toute production et livraison d'armes destinées à l'État colonial d’Israël,  comme l’ont appelé de leur vœu, le 16 octobre, des dizaines de syndicats palestiniens, notamment la Federation of Unions of Palestinian Universities Professors & Employees.

La CA du SNCS décide de répondre positivement à l'appel des syndicats palestiniens.

Pour ce qui concerne particulièrement nos secteurs professionnels, la CA du SNCS se prononce pour l’arrêt de toute collaboration dans le domaine scientifique des établissements du Supérieur et de la Recherche en France avec les universités et les sociétés de l’État d’Israël, ainsi qu'avec toutes les entreprises françaises qui participent au développement technologique militaire d'Israël.

Elle mandate le Bureau National pour prendre contact avec les autres syndicats de l'ESR, SNESUP, FO, CGT,...  pour appeler et organiser avec les universitaires ce boycott académique.

Elle se prononce également pour le retrait des troupes françaises de la région.

Pour : 3 / Contre : 16 / Abstention : 1 / Refus de vote : 2

 

 


 

Lettre de Liaison N° 350 - 17 mars 2024 :

[Version pdf]

 

Attal et Belloubet ont publié les textes d’application du « choc des savoirs » !
Alors les dirigeants des syndicats enseignants doivent : 
refuser toute concertation sur son application, exiger son abrogation
et organiser la montée en masse au ministère pour l’imposer

La publication au Journal officiel, ce 17 mars, des textes d’application du « choc des savoirs » (décret et arrêtés) marque un tournant dans le combat engagé par les enseignants. Personne ne pouvait douter de la détermination du gouvernement.

Le 8 mars, sur France 5, Attal a indiqué : « Les groupes de niveau seront appliqués à la rentrée. »

Le 12 mars, Belloubet a publié sur X : « Je ne compte absolument pas renoncer au choc des savoirs, qui s'appliquera dès la rentrée prochaine, dans tous nos territoires. »

L’une et l’autre sont bien au diapason pour appliquer les mesures du « choc des savoirs » et en particulier sa mesure phare, celle instaurant des « groupes de niveau » nommés par Belloubet « groupes de besoin ».

Dans l’interview donnée le 13 mars à l’AFP, Attal a confirmé que « besoin » et « niveau », c’était la même chose en indiquant « qu’importe le nom, pourvu qu’il y ait la mesure ».

Il a ajouté : « que sur les trois quarts de l’année au moins, il faut que les élèves suivent leurs enseignements en français et en mathématiques dans les groupes de niveau » et, pour enfoncer le clou, il conclut : « Donc la règle, c’est le groupe, et l’exception, très encadrée, c’est la classe ».

Pour le gouvernement Macron-Attal-Belloubet, son « choc des savoirs », est partie intégrante de sa remise en cause du droit aux études en particulier pour les jeunes des classes populaires. Pour eux, à l’issue du collège, le seul avenir serait d’être livrés au patronat comme apprenti.

La clarté de l’objectif gouvernemental, la volonté des enseignants de s’y opposer et la réalisation de l’unité des syndicats enseignants avaient conduit à une mobilisation importante lors de la journée de grève du 1er février.

Mais les dirigeants syndicaux ont constamment refusé d’exiger le retrait intégral et immédiat du « choc des savoirs » et d’organiser une manifestation nationale au Ministère pour l’imposer.

Ils ont refusé de boycotter les séances du Conseil supérieur de l’éducation (CSE), dont la seule fonction est de permettre au gouvernement la publication de ses textes.

Ainsi le CSE, réuni le 14 mars, en l’absence de la ministre mais en présence des représentants syndicaux, a ouvert la voie à la publication des textes d’application du « choc des savoirs ».

Ce 14 mars au matin, la secrétaire du SNES a déclaré sur France Info à propos des groupes de niveau, « les professeurs sont contre, les parents sont contre, les chefs d'établissement sont contre, les inspecteurs sont contre ». Comment la direction du SNES ose-t-elle revendiquer ensuite d’avoir obtenu au cours du CSE « le principe d’une concertation une fois publié l’arrêté » ?

Si on est contre le « choc des savoirs », on ne revendique pas une concertation sur son application, on combat pour imposer son retrait pur et simple. Alors, assez de duplicité !

 

La responsabilité des directions syndicales, en particulier celle du SNES, c’est de

se prononcer clairement pour le retrait intégral du « choc des savoirs »

refuser toute concertation sur les textes d’application, et d’en exiger l’abrogation.

 

On n’imposera pas ce retrait avec des journées d’action à répétition qui dilapident les énergies au lieu de les concentrer. Cette stratégie a toujours conduit aux défaites, comme sur les retraites.

Pour arracher le retrait du choc des savoirs, la responsabilité des dirigeants syndicaux est d’organiser la montée massive des enseignants au ministère de l’Éducation nationale.

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 349 - 29 janvier 2024 :

[Version pdf]

 

Retrait intégral et immédiat du plan Attal « Chocs des savoirs » !

Dirigeants syndicaux, prononcez-vous clairement en ce sens !

Rompez immédiatement toute concertation avec le gouvernement et Oudéa-Castéra !

Macron a détruit le bac comme diplôme national et anonyme, 1er grade de l’enseignement supérieur, et généralisé la sélection à l’université avec Parcoursup.

Avec le « Choc des savoirs », formulé le 5 décembre par Attal, l’objectif est de remettre en cause le droit aux études des collégiens.

Pour cela, le gouvernement veut instaurer des groupes de niveau de ségrégation sociale dès la 6ème et faire du brevet un obstacle insurmontable pour beaucoup, en particulier pour ceux des classes populaires, qui se verraient interdire l’accès en lycée, même au lycée professionnel.

Pour eux, ce serait l’apprentissage, sinon rien !

De plus, la mise en œuvre de ces mesures entraînerait la suppression d’options et perturberait gravement le fonctionnement des collèges en y créant d’innombrables tensions entre enseignants.

Dans les établissements scolaires, en particulier dans les collèges, les enseignants, et même des chefs d’établissements et leurs syndicats, rejettent les mesures du « Choc des savoirs ». Des motions en ce sens sont adoptées (lire au verso). Des syndicats locaux, comme ceux de Marseille, se prononcent pour le retrait de ce plan et refusent même de participer aux instances de concertation qui ont pour rôle de mettre en œuvre les mesures du « Choc des savoirs ». Mais c’est bel et bien au niveau national que les directions syndicales doivent rompre toute concertation.

Le rejet général contre le « Choc des savoirs » se conjugue avec la prise de fonction de la nouvelle ministre, Oudéa-Castéra. Celle-ci avec ses mensonges, ses dénigrements contre l’enseignement public et sa promotion obscène de l’enseignement privé confessionnel, est l’incarnation de la haine du gouvernement pour l’école publique et ses personnels.

Cette ministre est clairement dénoncée par tous les personnels et les parents d’élèves de l’enseignement public comme la ministre de la promotion du privé confessionnel.

Or, c’est elle qui est chargée de mettre en œuvre cette contre-réforme du collège, au pas de charge. Un calendrier a été établi avec d’abord des bilatérales où les textes sur le Choc des savoirs ont été présentés. Un Comité social d’administration du MEN s’est tenu ce 23 janvier. Et un Conseil supérieur de l’Éducation est convoqué le 31 janvier avec le Choc des savoirs à l’ordre du jour.

Alors tant à cause de la portée destructrice du Choc des savoirs que de la ministre chargée de le mettre en œuvre, une conclusion s’impose.

Les dirigeants des syndicats enseignants, et en particulier ceux de la FSU et de ses syndicats nationaux, doivent se prononcer clairement, et sans délai, pour le retrait intégral et immédiat du « Choc des savoirs ».

Ils doivent décider qu’il est hors de question de participer aux concertations et aux instances comme le Conseil supérieur de l’Éducation qui ont pour seule fonction de faire aboutir le « Choc des savoirs ».

Les dirigeants syndicaux doivent constituer un front uni des syndicats enseignants pour imposer le retrait intégral et immédiat du Plan Macron/Attal/Oudéa-Castéra.

* * * * * *

Multiplions les prises de position pour que les dirigeants syndicaux exigent le retrait du plan « Choc des savoirs » et refusent toutes les concertations visant à le faire passer.

Le 23 janvier, 13 enseignants d’un collège d’Avignon, réunis en heure syndicale, se sont adressés aux directions des syndicats enseignants :

« Les professeurs du collège Alphonse Tavan [Avignon], réunis en HIS [heure d’information syndicale] le 23 janvier 2024 à l’initiative de la section SNES, s’adressent aux directions des syndicats d’enseignants :

Pour contrer les attaques d’une rare violence contre notre métier et nos élèves, contenues dans les mesures du « Choc des savoirs », un front unitaire des organisations syndicales s’impose, sur un mot d’ordre clair : Retrait pur et simple des mesures annoncées concernant le collège.

En conséquence, aucune discussion au sujet de la mise en place de ces mesures ne saurait avoir lieu entre nos syndicats et l’Institution, à quelque niveau que ce soit. »

Adopté à l’unanimité des 13 présents

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Le 29 janvier, 15 enseignants de la cité scolaire Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, réunis en heure syndicale, ont repris à leur compte l’adresse de leurs collègues du collège de Tavan :

« Les personnels de la cité scolaire Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, réunis en HIS [heure d’information syndicale] le 29 janvier 2024, à l’initiative de la section SNES, s’adressent aux directions des syndicats d’enseignants :

Pour contrer les attaques d’une rare violence contre notre métier et nos élèves, contenues dans les mesures du « Choc des savoirs », un front unitaire des organisations syndicales s’impose, sur un mot d’ordre clair : Retrait pur et simple des mesures annoncées concernant le collège.

En conséquence, aucune discussion au sujet de la mise en place de ces mesures ne saurait avoir lieu entre nos syndicats et l’Institution, à quelque niveau que ce soit, à commencer par le CSE [Conseil supérieur de l’Éducation] prévu le 31 janvier prochain. »

Adopté à l’unanimité des 15 présents

* * * * * *

 

Motion soumise au Conseil départemental de la FSU 34 (le 25 janvier 2024)

Le « Choc des savoirs » du gouvernement Macron-Attal est une offensive brutale contre le droit aux études des collégiens, en particulier pour ceux des classes populaires.

Le Conseil départemental de la FSU34, réuni le 25 janvier 2024 à Montpellier, exige le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le Plan Attal.

Le Conseil départemental s’adresse à notre direction fédérale pour :

- qu’elle reprenne à son compte cette exigence ;

- qu’elle refuse toute concertation sur les mesures du Plan Attal ;

- qu’elle œuvre à constituer un front uni des syndicats de l’enseignement pour imposer le retrait du Plan « Choc des savoirs »

(Pour : 5 / Contre : 9 / Abstention : 1)

 

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 348 - 25 janvier 2024 :

[Version pdf]

 

Au conseil national de la FSU, les 23 et 24 janvier,

Le courant Front Unique est intervenu pour que la FSU :

- se prononce pour le retrait intégral et immédiat du plan Attal (« Chocs des savoirs »)

- et refuse toute concertation sur ce plan de guerre contre le droit aux études

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Intervention le 23 janvier 2024, dans le débat général (extraits)

Le gouvernement Macron-Borne a donc fait voter, le 19 décembre, une loi scélérate, la loi la plus raciste et xénophobe depuis Pétain. Une loi qui reprend en même temps le programme de LR et celui du RN.

Une loi qui remet en cause le droit du sol et qui, en excluant les étrangers des allocations sociales, consacre avec éclat l’ignominieuse « préférence nationale ».

Comment Marine Le Pen pourrait-elle ne pas exulter en constatant que cette « préférence nationale », revendication historique du Front National, est désormais reprise à son compte par Macron lui-même ?

Honte à ceux qui, au 2ème tour des présidentielles de 2017 et de 2022, ont appelé à voter Macron en prétendant que c’était faire ainsi barrage au RN. Or, même pour le pire des aveugles, le constat est sans appel : L’appel à voter Macron n’a nullement fait barrage au RN, au contraire, il lui ouvre un boulevard.

Tant en 2017 qu’en 2022, le courant Front Unique a combattu vigoureusement pour que notre fédération se prononce pour : « Pas une voix pour Macron ! Pas une voix pour Le Pen ! ». Hélas en vain !

Certes Macron a atteint le comble de l’ignoble avec sa loi immigration mais toute son action est marquée par une rage destructrice contre toutes les conquêtes ouvrières.

Contre le droit du travail, le statut des cheminots, celui des fonctionnaires, les multiples attaques contre les chômeurs, contre la santé et la sécurité sociale, la sélection à l’Université avec Parcoursup, la destruction du bac, la contre-réforme de l’enseignement professionnel.

Il est impossible d’être exhaustif.

Après les attaques contre le droit aux études pour les lycéens et les étudiants, l’objectif est désormais de s’en prendre à celui des collégiens. C’est l’objectif du « Choc des savoirs » formulé le 5 décembre par l’ancien ministre de l’Éducation nationale.

Pour lui, il faut instaurer des groupes de niveau de ségrégation sociale dès la 6ème et faire du brevet un obstacle insurmontable pour beaucoup qui se verraient interdire l’accès en lycée, même au lycée professionnel.

Pour eux, ce serait l’apprentissage, sinon rien !

C’est la nouvelle ministre Oudéa-Castéra qui est chargée de mettre en œuvre cette contre-réforme du collège, au pas de charge. Un calendrier était établi avec d’abord des bilatérales où les textes ont été présentés, il y a quelques jours, une commission spécialisée cette semaine et un Conseil supérieur de l’Education, qui était prévu le 31 janvier.

Mais cette nouvelle ministre a été clairement identifiée par tous les personnels et les parents d’élèves de l’enseignement public comme la ministre de promotion du privé confessionnel. En plus avec ses mensonges à répétitions, elle est aujourd’hui totalement discréditée.

Notre fédération, ses syndicats concernés doivent se prononcer clairement pour le retrait intégral et immédiat du « Choc des savoirs ».

Les dirigeants de la FSU, ceux du Snes et du Snep en particulier, doivent décider qu’il est hors de question de participer aux concertations et aux instances comme le Conseil supérieur de l’Éducation qui ont pour seule fonction de faire aboutir le « Choc des savoirs ».

Nos dirigeants doivent demander aux autres directions syndicales d’adopter la même position et doivent œuvrer à la constitution d’un front uni des syndicats enseignants pour imposer le retrait intégral et immédiat du Plan Macron-Attal. (…)

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Motion Front Unique soumise au vote du Conseil national de la FSU, le 24 janvier :

Pour le retrait du « choc des savoirs »

Le « choc des savoirs » du gouvernement Macron-Attal constitue une offensive brutale contre le droit aux études des collégiens, en particulier pour ceux des classes populaires.

Le CDFN de la F.S.U. exige le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le « choc des savoirs ».

Il décide en conséquence :

- que la FSU ne participera à aucune concertation visant à le mettre en œuvre.

- qu’elle s’adressera aux autres syndicats de l’enseignement pour qu’ils reprennent à leur compte cette position.

- qu’elle leur proposera de constituer un front uni pour imposer le retrait du plan Macron-Attal.

(Pour : 6 / Contre : 66 / Abstentions :  7 / Refus de vote : 22)

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Nous avons été informés de cette adresse aux directions des syndicats enseignants. Nous la publions.

« Les professeurs du collège Alphonse Tavan [Avignon],

réunis en HIS [heure d’information syndicale] le 23 janvier 2024 à l’initiative de la section SNES, s’adressent aux directions des syndicats d’enseignants :

Pour contrer les attaques d’une rare violence contre notre métier et nos élèves, contenues dans les mesures du « Choc des savoirs », un front unitaire des organisations syndicales s’impose, sur un mot d’ordre clair : Retrait pur et simple des mesures annoncées concernant le collège.

En conséquence, aucune discussion au sujet de la mise en place de ces mesures ne saurait avoir lieu entre nos syndicats et l’Institution, à quelque niveau que ce soit. »

Adopté à l’unanimité des 13 présents

 


 

Toutes les motions Front Unique et leur présentation

au CDFN de la FSU des 23 et 24 janvier 2024

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Présentation de la motion Pour le retrait du « Choc des savoirs » 

Le 5 décembre dernier, G.Attal, alors ministre de l’Éducation Nationale a annoncé son « choc des savoirs ».

Par la mise en place de groupes de niveau, il compte amplifier la ségrégation scolaire des élèves au collège.

En diminuant les enseignements de sciences, d’histoire, de géographie pour les élèves les plus en difficulté, il compte les priver de l’accès aux bases de la culture.

En exigeant la réussite au DNB pour accéder au lycée y compris le lycée professionnel, il compte barrer la route du lycée à des milliers de collégiens.

Ce sont principalement les enfants des classes populaires qui subiraient les conséquences de ses mesures. Et il ne faut rien attendre des classes dite « prépa-lycée », une par département, une supercherie qui ne vise qu’à leurrer ceux qui tenteraient de persévérer dans la poursuite de leurs ambitions.

G.Attal a déclaré « j’assume que les taux de réussite au brevet, au bac diminuent dans les prochaines années. » Ce sont donc des centaines de milliers d’élèves qui se verraient interdire le droit à la poursuite de leurs études.

C’est par le moyen du « choc des savoirs » que Macron peut annoncer qu’il maintient son ambition du « million d’apprentis » d’ici la fin de son quinquennat, livrant une main d’œuvre juvénile et bon marché au patronat.

Et pour s’assurer d’une main d’œuvre docile, il a complété l’offensive : uniforme, doublement des horaires d’E.M.C et S.N.U. Il s’agit de remplacer l’enseignement par l’embrigadement.

La nomination par Macron de la ministre de l’Éducation Nationale Amélie Oudéa-Castéra qui s’est illustrée comme militante de la ségrégation scolaire et de l’enseignement privé confessionnel, n’est pas une erreur. C’est la manifestation de sa volonté politique.

La F.S.U. porte une responsabilité particulière pour faire pièce à cette offensive, pour défendre le droit des enfants des classes populaires à l’émancipation, pour garantir leur droit aux études.

Elle doit se prononcer clairement pour le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le « choc de savoirs ».

Elle doit donc décider de rompre toute concertation sur « le choc des savoirs », quel que soit le ministre qui la porte, et s’adresser aux autres organisations syndicales de l’enseignement pour qu’elles fassent de même.

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Motion Pour le retrait du « choc des savoirs »

Le « choc des savoirs » du gouvernement Macron-Attal constitue une offensive brutale contre le droit aux études des collégiens, en particulier pour ceux des classes populaires.

Le CDFN de la F.S.U. exige le retrait intégral et immédiat des mesures contenues dans le « choc des savoirs ».

Il décide en conséquence :

- que la FSU ne participera à aucune concertation visant à le mettre en œuvre.

- qu’elle s’adressera aux autres syndicats de l’enseignement pour qu’ils reprennent à leur compte cette position.

- qu’elle leur proposera de constituer un front uni pour imposer le retrait du plan Macron-Attal.

(Pour : 6 / Contre : 66 / Abstentions :  7 / Refus de vote : 22)

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Présentation de la motion Aucune concertation sur le projet de loi FP

Macron a annoncé une réforme historique de la Fonction Publique.

Il s’agit d’achever le dynamitage du statut, déjà sérieusement entamé par la loi dite « de transformation de la fonction publique » de 2019 qui produit actuellement ses effets désastreux sur les agents publics.

Macron et Guérini ont été clairs : rémunérations et carrières au mérite c’est-à-dire destruction de ce qui reste des statuts.

Il est évident que le gouvernement tente d’associer les organisations syndicales à cette nouvelle offensive généralisée contre les fonctionnaires avec les concertations planifiées.

La F.S.U. doit donc refuser toute concertation qui permettrait de faire aboutir ce projet et en exiger le retrait pur et simple.

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Motion : Aucune concertation sur le projet de loi fonction publique

Macron a confirmé le caractère « historique » de la contre-réforme en préparation contre le statut de la fonction publique, en particulier par la généralisation de la rémunération et de l’avancement au mérite.

En conséquence, le CDFN de la F.S.U décide :

- que la FSU ne participera à aucune concertation préparatoire à ce projet et qu’elle en exigera le retrait pur et simple.

- et qu’elle s’adressera aux autres organisations syndicales de la fonction publique pour qu’elles reprennent cette position à leur compte.

(Pour : 7 / Contre : 62 / Abstention :  15 / Refus de vote : 18)

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Présentation de la motion Contre la signature d’un nouveau projet d’accord PSC

Ce 26 janvier, un nouveau projet d’accord P.S.C. devrait être soumis à signature dans le périmètre des ministères de l’E.N., de l’E.S.R. et des sports. Ce 26 janvier, soit tout juste 2 ans après celui signé avec de Montchalin, l’accord de la honte.

Benoît Teste nous a ressorti ce matin la fable de la mauvaise ordonnance et du bon accord. Un accord qui décline une scandaleuse ordonnance l’est forcément tout autant.

Prétendre que l’accord de 2022 atténuerait la portée de l’ordonnance de 2021 est un mensonge grossier.

L’ordonnance de 2021 n’imposait pas que les actifs soient obligés de souscrire le contrat collectif proposé par le ministère. Les actifs seraient restés libres de conserver leur propre mutuelle voire de ne pas souscrire à une complémentaire.

C’est la signature de l’accord du 26 janvier 2022 – et elle seule – qui a rendu obligatoire pour les actifs la souscription du contrat collectif choisi par le ministère. Et c’est ce caractère obligatoire qui permet de dresser les assurances privées en concurrence de la Sécu et à son détriment.

Si vraiment notre objectif est d’aller vers le 100% Sécu alors il faut dénoncer l’accord du 26 janvier 2022 qui indiscutablement nous en éloigne. Telle a toujours été la position du courant Front Unique.

Mais aujourd’hui, ce qui est à l’ordre du jour, c’est l’éventualité de la signature d’un nouvel accord sur la P.S.C.

Alors que le gouvernement avec sa loi immigration entend priver les étrangers de soins et de prestations sociales ; alors que le nouveau gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales ;alors que la Ministre qui est censée signer l’accord est celle qui provoque un rejet unanime des personnels ; comment la FSU pourrait-elle apporter son soutien au gouvernement en cautionnant la signature envisagée ?

Le CDFN de la FSU exhorte les syndicats concernés à refuser de signer ce projet d’accord.

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Motion : Contre la signature du nouveau projet d’accord sur la PSC

Au moment,

- où la Loi Immigration entend priver les étrangers de soins et de prestations sociales,

- où le nouveau gouvernement, dont ce projet de loi est l’acte de naissance, est constitué,

- où Macron a annoncé le doublement des franchises médicales (médicaments, soins, consultations,…),

Le CDFN de la F.S.U. exclut d’apporter son soutien au gouvernement en cautionnant la signature par ses syndicats du projet d’accord sur la protection sociale complémentaire dans les ministères de l’EN, de l’ESR et de la jeunesse et des sports.

Le CDFN exhorte ses syndicats nationaux concernés à refuser de signer ce projet d’accord.

(Pour : 7 / Contre : 65 / Abstention :  19 / Refus de vote : 11)

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Présentation de la motion Palestine

Cela fait désormais plus de trois mois que l’État d’Israël poursuit son entreprise génocidaire, sans rencontrer de réel obstacle, à l’encontre du peuple palestinien à Gaza. Dans tout le reste de la Palestine, c’est le nettoyage ethnique qui est à l’œuvre. Inutile d’évoquer le moindre bilan officiel : la réalité, c’est que personne n’est capable de donner le bilan réel de cette boucherie. Nous le savons : personne n’est épargné, ni les hôpitaux, ni les écoles, ni les enfants majoritaires à Gaza.

En plus de trois mois, les dirigeants des organisations issues du mouvement ouvrier n’ont pas eu une seule parole claire en défense du peuple palestinien, pas une condamnation claire des crimes de l’État sioniste. Les manifestations qui ont été appelées se sont tenues sur d’autres bases et ne se situent pas en réalité sur le terrain du soutien au peuple palestinien.

La ligne, c’est celle de la « paix juste et durable » entre Israël et les palestiniens, qui plus est dans le cadre de la prétendue « solution à deux États ».

Que les Algériens n’y ont-ils pensé quand ils ont combattu pour leur libération et leur indépendance ! Ils auraient dû réclamer une « paix juste et durable » avec la France coloniale, dans le cadre de deux États : un État colonial pour l’OAS et une réserve pour les « indigènes » !

Les masses noires d’Afrique du sud, elles, ont bien connu la « paix juste et durable » avec le régime de Pretoria, dans le cadre d’une « solution à plusieurs États » : là-bas, on appelait ça « apartheid » et « bantoustans » .

La « paix juste et durable » est un mot d’ordre profondément ridicule face à la lutte entre l’opprimé et l’oppresseur. Dans le contexte actuel, il se teinte d’obscénité et d’abjection.

La « paix juste et durable » entre le peuple palestinien et l’État raciste, colonial, meurtrier d’Israël, personne n’y croit, à commencer par ceux qui la brandissent.

Biden parle de « paix » ces jours-ci : mais l’État sioniste n’aurait pu mener son offensive un seul jour sans l’aide multiforme de l’impérialisme américain.

Tout en parlant de « paix » à long terme, les impérialismes anglais et américain déploient leurs forces navales et aériennes. Ils bombardent aujourd’hui le Yémen, déjà meurtri par des années d’offensive saoudienne et de famine organisée avec des armes françaises, anglaises et américaines.

Les opérations de la résistance houthie qui servent de prétexte, en défense des eaux territoriales yéménites, en soutien au peuple palestinien, contre le soutien des puissances impérialistes à l’État d’Israël sont justes et légitimes. Faut-il leur proposer une « paix juste et durable » avec leur agresseur ? Ou faut-il considérer qu’entre l’opprimé et l’oppresseur, le mouvement ouvrier a un camp ?

Cette « paix juste et durable », la paix impérialiste, c’est la paix des cimetières, la paix du génocide.

De leur côté, faute de perspective, les manifestations massives de soutien au peuple palestinien ont aujourd’hui largement reflué. En France, la fraction immigrée ou issue de l’immigration qui on le sait se trouve au premier rang de ces manifestations sait qu’elle est isolée face à l’État policier, qui plus est dans la ligne de mire du gouvernement.

Il revient au mouvement ouvrier de leur offrir la perspective et la protection qui leur manquent, de rompre avec une orientation qui sous couvert de « paix » a pour seule fonction de maintenir un lien avec Macron au lieu de le combattre. C’est le sens de la motion que nous soumettons au vote du CDFN.

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Motion : Boycott effectif d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier

La FSU condamne l’entreprise génocidaire que l’État d’Israël mène contre le peuple palestinien à Gaza, et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et dans toute la Palestine.

Elle se prononce :

- Inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé.

- Contre l’État d’Israël, État raciste, colonial et meurtrier.

- Contre ses principaux soutiens : Biden, Sunak et Macron.

Elle considère que, pour venir en aide au peuple palestinien, il est de la responsabilité du mouvement ouvrier d’organiser le boycott effectif de l’État d’Israël.

(Pour : 7 / Contre : 58 / Abstention :  8 / Refus de vote : 26)

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Lettre de Liaison N° 347 - 9 janvier 2024 :

[Version pdf]

 

Le « choc des savoirs » annoncé par G. Attal : une offensive brutale contre le droit aux études des élèves des classes populaires !

Les dirigeants des syndicats enseignants, à commencer par ceux de la FSU, doivent exiger le retrait pur et simple et immédiat des mesures Attal !

 

Le collège dans le collimateur du gouvernement Macron-Attal

Le 5 décembre, G. Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, a annoncé son « Choc des savoirs », soit toute une série de mesures applicables à partir de la rentrée 2024.

Devenu 1er ministre, Attal déclare qu’il « emmène avec lui la cause de l’école » celle-ci « étant la mère des batailles ». Il est donc plus que déterminé dans sa nouvelle fonction à tenter d’imposer ses mesures annoncées le mois dernier.

Parmi elles, les principales ciblent le collège et en particulier les élèves des classes populaires.

Dès la prochaine rentrée, il s’agirait de répartir les élèves de 6ème et 5ème en 3 groupes de niveaux pour les deux disciplines principales (maths et français).

Les élèves les « plus en difficulté » (niveau 1) seraient regroupés en effectif réduit de 15 maximum. Les autres niveaux (2 ou 3), seraient dans des groupes à effectif plus élevé (30).

Ainsi, donc dès leur entrée au sein du collège, les élèves en difficulté se retrouveraient entre eux, censés combler leurs lacunes, mais surtout affublés d’une étiquette infamante pendant 1/3 de leur temps scolaire. Les unités pédagogiques que sont les classes, avec toutes les interactions qui s’y produisent, seraient terriblement étiolées.

Et quand le ministre affirme que c’est pour mieux aider les élèves en difficulté à progresser, toutes les études scientifiques sont là pour le démentir. Avec ce genre d’organisation, les inégalités scolaires ne feraient que croître encore davantage.

Ces groupes de niveau seraient également introduits en 4ème et en 3ème à la rentrée 2025.

La fin du cursus en collège se conclurait par un examen-guillotine (le DNB – diplôme national du brevet). Les élèves qui échoueraient à cette épreuve n’auraient pas le droit de poursuivre leurs études au lycée. Ceux qui ne se résigneraient pas à devenir apprenti, pourraient se porter candidat à une « prépa-lycée » (rien à voir avec les classes prépas post-bac). Ce serait un dispositif cosmétique (une seule par département) de sas pour, après une année supplémentaire de scolarité, accéder éventuellement au lycée. Quelle course d’obstacles !

Le SNES résume assez bien le projet gouvernemental en quelques formules : « vaste réforme contre le collège », « projet d’École de l’assignation sociale », « les groupes de niveau : la machine à trier », « vers l’éclatement du groupe classe », « vers un DNB érigé en barrage ».

Avec cette contre-réforme du collège, Macron poursuit avec détermination sa volonté de remettre en cause le droit aux études. Sa ministre F. Vidal s’en est pris d’abord à l’enseignement supérieur en y généralisant la sélection avec sa loi et le dispositif Parcoursup. Son ministre J.-M. Blanquer a liquidé le bac comme diplôme national et anonyme, 1er grade de l’enseignement supérieur. Puis le gouvernement a lancé une nouvelle contre-réforme de l’enseignement professionnel dont l’application a commencé à la rentrée de septembre 2023.

La contre-réforme du collège Macron-Attal ne se discute pas, elle se combat !

Dirigeants syndicaux de l’enseignement exigez son retrait pur et simple et immédiat !

Pour mettre en œuvre sa contre-réforme, Attal a prétendu qu’il aurait obtenu des moyens nouveaux qui ne figurent pas dans la loi de Finance 2024. En réalité, comme dans l’arnaque du bonneteau, il déplace des postes virtuels au gré de ses besoins politiques

Un exemple : il y a tout juste un an son prédécesseur, P. Ndiaye, avait annoncé l’instauration d’une heure de soutien en français ou en maths pour les élèves de 6ème pour la rentrée dernière. Pour « financer » cette heure de soutien, l’heure de technologie en 6ème avait été supprimée. Cette fois-ci, Attal a décidé de supprimer à la rentrée 2024, l’heure de soutien pour « financer » la mise en place des groupes de niveaux.

Mais le fond des choses concernant cette réforme n’est pas l’existence ou pas de moyens pour l’appliquer. C’est que cette contre-réforme est une attaque majeure contre le droit des collégiens à poursuivre leurs études en lycée, c’est l’instauration de groupes de relégation sociale, c’est l’explosion des groupes-classes.

Une intersyndicale (FSU, FO, CGT, Sud) appelle à une nouvelle « journée d’action » des enseignants le 1er février.

Or dès la 1ère phrase de son appel, tout combat pour le retrait pur et simple de la contre-réforme Macron-Attal est évacué. On y lit en effet « contre la mise en place des réformes à marche forcée ». Donc, ce ne seraient pas les contre-réformes et leur contenu qui poseraient problème à ces dirigeants mais le rythme et la manière dont elles seraient mises en œuvre. Est-ce que les mêmes contre-réformes mises en place à marche lente et concertée leur deviendraient acceptables ?

Et plus loin, à propos de la contre-réforme de l’enseignement professionnel, il est écrit : « Nos organisations en exigent le retrait ! ». Mais aussitôt, on lit qu’elles « demandent au ministre de renoncer à présenter ce projet et à engager de véritables concertations (…) avant toute réforme. »

Alors que cette contre-réforme avait déjà été précédée de « concertations », l’intersyndicale laisse entendre qu’avec de « véritables concertations » (les précédentes étaient-elles « fausses »?), la réforme de l’enseignement professionnel deviendrait légitime...

Vers la fin, il est écrit que « les mesures "Choc des savoirs" (…) dessinent un projet d’école qui (…) aggrave les inégalités. ». Et pourtant aucune conclusion ! Pas de retrait exigé !

Face au gouvernement Macron-Attal déterminé à poursuivre ses assauts contre l’enseignement public, ses personnels et ses élèves, la responsabilité des directions syndicales n’est pas de lui apporter caution au travers de concertations sur ses projets délétères.

Non leur responsabilité, c’est de rompre le « dialogue social » avec lui et de forger un front uni pour arracher le retrait pur et simple, et immédiat de la contre-réforme du collège Macron-Attal !

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Appel à soutien, appel à candidatures

Les gouvernements dirigés par Macron mènent sans répit de terribles attaques contre les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les retraité, les étrangers…

Ils s’en prennent aux libertés démocratiques en restreignant les possibilités de s’exprimer, de se réunir, de manifester, et en réprimant toujours davantage les manifestants. Notre courant syndical, représenté dans les instances de la FSU, dénonce haut et fort ces attaques et combat pour que les dirigeants syndicaux rompent leur collaboration avec le gouvernement et constituent un front uni contre lui.

Au cours de l’année 2024, un vote d’orientation sera organisé dans la FSU. Pour pouvoir soumettre nos positions, nous devons présenter une liste de 160 syndiqués (soit 10 de plus qu’en 2021). A notre échelle, c’est un effort très important !

Nous appelons donc tous celles et ceux qui sont en accord avec nos positions, ou qui estiment qu’elles doivent pouvoir être défendues dans la FSU, à accepter de figurer sur notre liste.

Il suffit d’être adhérent de l’un des syndicats de la FSU. Et cela n’engage à rien d’autre que de nous permettre de présenter notre orientation aux suffrages des syndiqués.

 

(voir le formulaire ci dessus)

 


 

Lettre de Liaison N° 346 - 24 novembre 2023 :

[Version pdf]

 

Au Conseil national de la FSU des 21 et 22 novembre,

Les représentants du courant Front Unique sont intervenus

- en défense du peuple palestinien soumis à un massacre de masse à Gaza

- pour le retrait du nouveau projet de loi Guerini contre le statut des fonctionnaires

Intervention du représentant du courant Front unique le 21 novembre

Depuis 40 jours, l’État d’Israël mène une campagne de dévastation à Gaza qui n’épargne rien ni personne. Ni la population civile, ni les habitations, ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les ambulances. 

Selon un bilan récent, on compterait déjà plus de 13 000 morts dont plus d’un tiers d’enfants. Privés d’eau potable, de nourriture, d’électricité, de médicaments et de soins, les rescapés sont plongés dans une situation inhumaine. 

Les centaines de milliers de déplacés vers le sud de Gaza n’ont trouvé aucun répit et sont toujours soumis aux bombardements. 

Dans sa volonté pleinement assumée de semer mort et désolation, Israël a un objectif de plus en plus évident : Celui d’offrir aux Palestiniens de Gaza une seule alternative : la mort ou l’exode. 

C’est ce que vient de signifier, Avi Dichter, ministre de Netanyahu, en déclarant : « Une Nakba à Gaza en 2023. C’est ainsi que cela se terminera ». 

Achever le nettoyage ethnique engagé en 1948 à Gaza et en Cisjordanie, aboutir au « Grand Israël », tel est l’objectif historique de l’État sioniste. 

Tous les impérialismes occidentaux et le Japon ont donné leur aval à Israël dans son offensive dévastatrice contre Gaza. L’impérialisme américain, en première ligne, fournit à Israël tous les moyens politiques, financiers et militaires qui lui sont nécessaires.

Quant à Macron, après son soutien inconditionnel à Israël dès le départ, il dit, à présent, interpeller Netanyahu sur les « trop nombreuses pertes civiles » et lui rappelle «  la nécessité absolue de distinguer les terroristes de la population ».

Et il remet en avant l’illusion d’une « solution à deux États ».

Il faut d’abord rejeter la fiction selon laquelle il y aurait en Palestine deux peuples pour une même terre. Il n’en est rien. Israël est un État colonial qui, avant même sa constitution officielle en 1948, poursuivait un unique but : s’emparer de la Palestine et en chasser ses habitants – les Palestiniens – par tous les moyens.

Il faut noter que l’ultra-raciste Zemmour – qui dénonce en France un « grand remplacement » fictif – est allé en Israël applaudir avec enthousiasme le véritable « grand-remplacement » mis en œuvre par l’État sioniste.

La question essentielle pour les travailleurs et la jeunesse et pour les organisations qui sont censées les représenter c’est :

Comment venir en aide au peuple palestinien ? 

Le mouvement ouvrier et la jeunesse doivent se placer inconditionnellement aux côtés et en soutien du peuple palestinien, peuple opprimé, colonisé et massacré. 

C’est ce qu’ont fait des millions de manifestants dans le monde entier. Y compris en France où le slogan « Israël assassin, Macron complice » a été scandé largement et à juste titre. 

Mais le combat en défense du peuple palestinien contre l’État d’Israël doit être organisé. 

En France, la jeunesse étudiante a toujours joué un rôle primordial en défense des peuples opprimés. Le gouvernement Macron-Borne en est pleinement conscient.

C’est pourquoi il exerce une véritable chasse aux sorcières dans l’enseignement supérieur et la recherche pour empêcher les personnels et les étudiants d’exprimer librement leurs positions et en particulier leur soutien aux Palestiniens.

La responsabilité de notre fédération est d’exiger le retrait immédiat du courrier de Retailleau aux Présidents d’Université, le plein respect des libertés académiques et l’arrêt des répressions en cours. 

Pour répondre aux appels pressants des syndicats palestiniens, à l’instar d’actions syndicales en Belgique, au Royaume-Uni et aux États-Unis, c’est au mouvement syndical d’organiser le boycott effectif du soutien militaire et logistique à l’État d’Israël. 

Pour conclure, notre fédération doit cesser d’établir une symétrie entre l’État d’Israël, État colonial et oppresseur et le peuple palestinien, peuple opprimé, spolié et massacré. Elle doit exprimer son soutien inconditionnel au peuple palestinien.

Notre fédération doit cesser de mettre en avant les notions de « paix juste et durable » ou de « solution à deux États ».

Non seulement, il s’agit de pures fictions d’autant plus au moment où la colonisation avance à grands pas en Cisjordanie, et où Gaza est écrasé.

En plus, ces chimères ont pour fonction d’exiger des Palestiniens qu’ils renoncent à leur droit imprescriptible à résister et à combattre pour leur indépendance nationale contre l’État colonial d’Israël. 

En défense des Palestiniens de Gaza, en lien avec les organisations syndicales et de la jeunesse, la FSU doit convoquer une manifestation massive à l’ambassade d’Israël pour exiger : L’arrêt immédiat des bombardements, le retrait des troupes israéliennes et la levée du siège de Gaza.

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Présentation de la motion En défense du peuple palestinien ! (22 novembre 2023)

L’intervention du courant Front unique dans le débat général d’hier a porté exclusivement sur la situation palestinienne. Et pour cause. Au moment où les Palestiniens de Gaza se trouvent sous le feu roulant de l’État d’Israël, peut-on mettre sur un même plan l’État d’Israël, État oppresseur, et le peuple palestinien, peuple opprimé depuis 1948 ?

Mi-octobre, les syndicats palestiniens ont lancé un appel à la solidarité internationale, adressé précisément aux organisations syndicales. Ils demandent notamment de :

« Refuser de fabriquer des armes destinées à Israël.

Refuser de transporter des armes vers Israël.

Adopter des motions dans leur syndicat à cet effet ».

Si la FSU n’est pas concernée directement, elle se doit de soutenir et de populariser cet appel au boycott d’Israël.

Dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, la ministre Retailleau a sommé les personnels de ne pas dévier du discours gouvernemental. La FSU doit clairement dénoncer ce courrier aux présidents d’Université, et exiger son retrait pur et simple.

Face à la nouvelle offensive dévastatrice de l’État sioniste, expulsant encore un peu plus les Palestiniens de leur terre, le mouvement ouvrier doit se tenir clairement au côté du peuple palestinien.

Se tenir à ses côtés, ce n’est pas demander au gouvernement Macron, soutien affiché et complice d’Israël, d’œuvrer à une « paix juste et durable » comme ne cessent de le répéter les directions syndicales.

Ce n’est pas une fois encore, d’adresser de veines suppliques pour un « cessez le feu » aux puissances impérialistes, au nom d’une paix qui entérinerait la colonisation quasi-totale de la Palestine.

C’est au contraire, œuvrer dès la sortie de ce CDFN, dans l’unité des organisations syndicales et de jeunesse, à la convocation d’une manifestation massive devant l’ambassade de l’État d’Israël sur les mots d’ordre :

- Arrêt immédiat des bombardements.

- Retrait des troupes israéliennes.

- Levée du siège de Gaza.

C’est le sens de la motion que le courant FU soumet au vote.

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Motion : En défense du peuple palestinien !

Informé de l’Appel pressant des syndicats palestiniens du 15 octobre, le CDFN de la FSU, réuni les 21 et 22 novembre 2023, soutient et diffusera leur demande de boycott de l’État d’Israël.

Dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, le gouvernement veut empêcher les personnels d’exprimer leur position en se livrant à une véritable chasse aux sorcières.

Le CDFN de la FSU exige le retrait pur et simple de la lettre de Retailleau aux présidents d’université, le respect des libertés académiques et l’arrêt des répressions en cours.

Il est urgent que soit organisée une manifestation massive à l’ambassade d’Israël sur les mots d’ordre :

En conséquence, le CDFN de la FSU demande au secrétariat général d’œuvrer dans l’urgence, avec les autres organisations syndicales, à la convocation d’une telle manifestation.

(Pour : 5 / Contre : 62 / Abstentions : 27 / Refus de vote : 13)

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Présentation de la motion Pour le retrait pur et simple du projet de loi Guerini !

Après la loi de transformation de la Fonction publique, les accords sur la PSC, la réforme des retraites, la perte de pouvoir d’achat, les gouvernements Macron ont fait des fonctionnaires une cible majeure. Et Guerini a bien l’intention de poursuivre dans cette voie.

Comme l’indique la note d’actualité fonction publique distribuée à l’entrée du CDFN « Nul doute (…) que l’intention gouvernementale est, à nouveau, d’affaiblir le statut et les garanties, notamment en matière de conception et de déroulement de carrière. »

Lorsque Guerini s’exprime devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, le 2 novembre, on n’est plus dans une intention mais dans un début de concrétisation.

Il a annoncé que son projet de loi doit faire l'objet de concertations avec les syndicats « dans les prochaines semaines ». L'objectif du gouvernement étant que le texte soit finalisé « d'ici la fin de l'année ».

Guerini a encore répété vouloir « mieux rémunérer ceux qui se décarcassent pour assurer nos services publics ».

Son but, c’est :

Il veut aussi commencer à supprimer les concours de recrutements de la Fonction publique.

Ainsi, il a annoncé vouloir recruter des apprentis, à l’issue de leur contrat de 18 mois, sans concours. Alors qu’au mois de septembre, il annonçait lors d’une bilatérale avec notre fédération vouloir les recruter par « concours réservé ».

Pour résumer, le gouvernement a bien l’intention de faire passer une nouvelle loi contre les fonctionnaires, contre leurs statuts, contre leurs carrières.

La FSU ne peut pas être, comme l’indique la note, seulement dans « une attitude de vigilance », même « absolue ». Elle doit caractériser ce projet de loi en préparation comme une nouvelle attaque majeure contre les fonctionnaires et leur statut.

Elle doit donc exiger son retrait pur et simple.

Et puisque Guerini a annoncé vouloir entamer des concertations avec les syndicats pour l’aider à avancer dans son projet, notre fédération doit refuser de participer à de telles concertations.

Et bien sûr a fortiori, elle refusera de signer tout accord de méthode.

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Motion : Pour le retrait pur et simple du projet de loi Guerini !

Par son projet de loi Fonction publique, Guerini entend avancer vers le démantèlement du statut des fonctionnaires par :

C’est le passage d’une fonction publique de carrière à une fonction publique d’emplois liquidant par là-même les garanties statutaires attachées aux recrutements, rémunérations et promotions, fondant notre droit à la carrière.

La CDFN de la FSU réuni les 21 et 22 novembre 2023 rejette le projet de loi Fonction publique en préparation.

Il refuse de participer à toutes les concertations avec Guerini qui lui permettent d’avancer vers son objectif. Tout comme il refusera de signer un éventuel accord dit de méthode.

Le CDFN de la FSU s’adressera à l’ensemble des fédérations de fonctionnaires pour qu’elles reprennent à leur compte ces positions.

(Pour : 5 / Contre : 65 / Abstentions : 23 / Refus de vote : 15)

 

 

 


 

Communiqué du courant Front Unique du 8 novembre 2023

L’appel de Braun-Pivet et de Larcher à une « marche » ce dimanche :

un rassemblement de soutien aux massacres de Gaza,

sous couvert de lutte contre l’ « antisémitisme »


Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée Nationale et Larcher, président LR du Sénat, appellent à une « marche en défense de la République » et « contre l’antisémitisme ».

La « lutte contre l’antisémitisme » est le faux nez d’une opération politique qui cherche à réaliser l’union nationale sur le terrain de la défense du génocide perpétré par Israël à Gaza.

Braun-Pivet s’est illustrée par ses déclarations en Israël même « en défense inconditionnelle d’Israël »,

Larcher a déclaré : « Israël est en état de légitime défense » et « Israël doit protéger les siens et doit faire tomber ce mouvement terroriste islamiste criminel qu'est le Hamas ». Ils ont ainsi, tous deux, clairement soutenu et cautionné l’écrasement de Gaza et de sa population par l’État d’Israël.

L’appel à la marche de dimanche s’adressant à tous les parlementaires, s’adresse également et très explicitement au Rassemblement National dont les origines antisémites ne sont plus à démontrer. Zemmour, supporter assumé du régime de Vichy a répondu à l’appel avec enthousiasme. L’antisémitisme le plus répugnant n’est en réalité nullement incompatible avec le soutien au génocide en cours à Gaza.

Honte aux dirigeants du PS et du PCF qui, moyennant quelques précautions purement oratoires, appellent à cette manipulation politique !

La responsabilité de la direction de la FSU est à l’inverse de la dénoncer comme telle. Ce n’est visiblement pas sur cette voie que s’engage Benoît Teste dans le message envoyé aux membres du Conseil National et aux secrétaires départementaux de la FSU :

« Nous suggérons d'être très prudents dans les expressions autour de cette manifestation de dimanche, il n'y aura pas d'expression FSU.
Le piège serait de la dénigrer en donnant ainsi l'impression que l'antisémitisme n'est pas dans nos préoccupations.
 »

A l’inverse de la position de Benoît Teste qui invite à ne pas « dénigrer » cette « manifestation », il faut faire en sorte que la FSU dénonce clairement cette opération politique qu’un camarade, dans les échanges du CDFN, a justement caractérisée ainsi : « une obscénité et une profanation de notre mémoire de l'antisémitisme et du génocide nazi. »

 

 

 


Communiqué du courant « Front Unique » de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)

En défense de la liberté de manifester

Ce jeudi 26 octobre, sur France Info, le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, annonce qu’il entend « interdire » la manifestation du samedi 28 octobre à Paris pour l’arrêt immédiat des bombardements israéliens sur la Bande de Gaza, au motif que « les organisateurs » de cette manifestation auraient « tenu des propos » qui « pouvaient laisser à penser qu’ils étaient en soutien du Hamas ». Il en déduit un risque « immatériel » de « trouble à l’ordre public » qui serait constitué par de potentiels « propos antisémites » !

Derrière le procès politique discrétionnaire et les arguties pseudo-juridiques grossières se dissimule la volonté d’interdire toute mobilisation en soutien au peuple palestinien, pour l’arrêt immédiat des bombardements sur Gaza, telle que l’a exprimée le ministre Darmanin au compte de Macron et du gouvernement. Depuis le 7 octobre, à l’exception du rassemblement du 22 octobre « pour la paix », toutes les manifestations de soutien au peuple palestinien font l’objet d’arrêtés d’interdiction émanant des préfectures.

C’est une offensive sans précédent contre la liberté de manifester en France depuis la guerre d’Algérie.

Cette décision d’ « interdire » la manifestation de soutien au peuple palestinien intervient alors que Macron vient de franchir un cran supplémentaire dans sa volonté affichée d’apporter un « soutien inconditionnel » à l’Etat d’Israël, en proposant le concours direct de l’impérialisme français aux opérations militaires de cet Etat.

Au début des années 1960, successivement l’UNEF, le Parti Socialiste Unifié (PSU), puis la CGT et le PCF ont décidé de braver les interdictions de manifester émises par le préfet Papon contre la guerre d’Algérie. La Fédération de l’Education Nationale (FEN) avait de son côté condamné la répression des masses algériennes par l’Etat colonial français dès 1954. La réaction massive des travailleurs et de la jeunesse à la répression de la manifestation dite « du métro Charonne », en février 1962, a pour des décennies donné un coup d’arrêt aux prétentions de l’Etat français d’ « interdire » toute manifestation syndicale ou internationaliste.

Alors, il revient aux dirigeants de la FSU de riposter publiquement aux menaces de Nunez et du gouvernement : elle doit reprendre à son compte l’appel à manifester du 28 octobre et annoncer qu’elle s’y rendra, que le gouvernement le veuille ou non.

Elle doit s’adresser aux dirigeants des autres organisations ouvrières (CGT, FO…), étudiantes, de jeunesse et démocratiques, pour qu’elles en fassent de même.

Au nom de la défense de la liberté de manifester, la responsabilité des dirigeants syndicaux est de prendre la tête de cette manifestation.

Le 26 octobre 2023 


Lettre de Liaison N° 345 - 23 octobre 2023 :

[Version pdf]

La responsabilité des organisations syndicales et de la jeunesse :

appeler de toute urgence à une manifestation massive à l’ambassade d’Israël sur le mot d’ordre : Halte au massacre du peuple palestinien !

Intervention du représentant du courant Front unique au Bureau national de la FSU (23/10)

Depuis le bombardement d’un hôpital de la Bande de Gaza le 17 octobre, entre autres frappes délibérées sur des bâtiments servant de refuges aux habitants, des manifestations massives se déploient dans le monde entier contre la guerre coloniale meurtrière engagée par l’État d’Israël contre le peuple palestinien.

D’emblée, ces manifestations se heurtent aux pouvoirs en place, complices de l’État sioniste : remise en cause de la « normalisation » des relations avec Israël au Maroc ; marches ou rassemblements devant les ambassades d’Israël en Jordanie et en Espagne, contre l’ambassade américaine à Beyrouth, contre l’ambassade française à Tunis…

Aux États-Unis, des manifestants occupent ou bloquent les lieux de pouvoir jusqu’à la Maison-Blanche, tandis que plusieurs organisations pro-palestiniennes appellent à une marche sur Washington.

En France, le rassemblement déterminé du jeudi 19 octobre à Paris, défiant l’État policier de Macron et Darmanin, s’est tenu au cri de « Israël assassin, Macron complice ! ».

Ces mobilisations expriment une claire conscience, pour des millions de manifestants, du caractère colonial, tendant vers la guerre d’extermination, de la guerre engagée par l’État sioniste contre le peuple palestinien. Cette guerre n’a pas commencé le 7 octobre avec les opérations armées du Hamas et prolonge 75 ans de colonisation et de nettoyage ethnique de la Palestine sous l’égide d’un État colonial, raciste et artificiel. Une guerre qu’Israël entend mener à son terme sanglant.

Alors que toutes les puissances impérialistes d’Europe, le Japon ont rejoint les États-Unis dans l’affirmation d’un « soutien inconditionnel » à l’État d’Israël, ces mobilisations montrent d’où peut venir l’aide au peuple palestinien massacré : les travailleurs et la jeunesse de tous les pays.

Et le rôle des organisations syndicales est de reprendre ces mobilisations à leur compte, de les défendre et de les organiser.

Le 16 octobre, l’ensemble des organisations syndicales palestiniennes ont lancé un « appel à l’action » en direction de leurs « homologues internationaux » : « Alors qu’Israël intensifie sa campagne militaire, les syndicats palestiniens appellent leurs homologues internationaux et toutes les personnes de conscience à mettre fin à toute forme de complicité avec les crimes israéliens – à mettre de toute urgence un terme au commerce des armes avec Israël, ainsi qu’à tout financement et recherche militaire. Le moment est venu d’agir : les vies des palestiniens et palestiniennes sont en jeu. »

En France, Macron a beau avoir ajouté récemment des verbiages sur la « paix » à son discours : il ne s’agit que de mystifications et de manœuvres dilatoires. Demain, il sera en Israël pour assurer Netanyahu de son soutien. En France, la répression se poursuit : volonté maintenue d’interdire l’expression d’un réel soutien au peuple palestinien, poursuites maintenues contre toute voix dissidente sous l’accusation frauduleuse d’« apologie du terrorisme », chasse aux sorcières dans les universités, mise en garde à vue du secrétaire départemental CGT 59 et d’une salariée de ce syndicat. En Palestine, la perspective d'une offensive terrestre qui décuplerait le nombre de victimes reste à l'ordre du jour.

Soutenir le peuple palestinien, ce n’est pas formuler des suppliques à Macron ou se suspendre au "bon vouloir" des alliés revendiqués de l’État sioniste, c’est rompre avec Macron et le combattre.

Soutenir le peuple palestinien, ce n’est pas mettre sur le même plan colonisateurs et colonisés, c’est se situer inconditionnellement du côté du peuple palestinien.

Pour commencer, la responsabilité de la FSU, c’est d’appeler dans l'urgence à une manifestation massive à l’ambassade d’Israël sur le mot d’ordre : Halte au massacre du peuple palestinien ! Arrêt immédiat des bombardements sur Gaza, du nettoyage ethnique en Cisjordanie. C’est d’inviter les dirigeants des autres organisations ouvrières, étudiantes et de jeunesse à constituer un front uni sur ce terrain.

C’est enfin de garantir la liberté de manifester et la protection des manifestants, que le gouvernement l’autorise ou pas.


Lettre de Liaison N° 344 - 11 octobre 2023 :

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Intervention du représentant du courant Front unique au Bureau national de la FSU le 9 octobre 2023

 

Les uns après les autres, les représentants de l’impérialisme américain, ceux des puissances impérialistes d’Europe, du Japon, de l’Union européenne et de l’ONU se sont succédé pour exprimer leur « condamnation » des opérations armées engagées ce week-end par le Hamas à l’encontre de l’État d’Israël, opérations qu’ils qualifient de « terroristes ».

 

Dans une rare démonstration de racisme, ces représentants, les médias aux ordres, la cohorte des partis bourgeois versent en chœur des larmes de crocodiles sur les seules victimes israéliennes. En France, Macron flanqué de LR, du RN, de Reconquête a même pu bénéficier du soutien des représentants du PS et du PCF dans une sorte de « front républicain » sans rivage à droite qui voudrait prendre des airs d’union nationale, sur l’axe du prétendu « droit d’Israël à se défendre ».

Oubliée, la population de Gaza que depuis seize ans, Israël prive à l’envi d’eau, d’électricité, de soins, de nourriture, de liberté, comme l'État sioniste l'a décidé ce matin même.

Oubliés, les habitants de Cisjordanie harcelés et meurtris par la colonisation galopante.

Oubliés, les millions de réfugiés palestiniens entassés dans des camps dans les pays voisins.

Oubliées, les opérations pogromistes contre des Palestiniens à Jérusalem-Est et ailleurs, les raids aériens réguliers de Tsahal, les dizaines de milliers d’hommes, femmes et enfants incarcérés et torturés de manière discrétionnaire, etc. Un trait est tiré sur l’existence même du peuple palestinien.

Il faut donc le rappeler : depuis la création de l’État colonial d’Israël sur le sol de Palestine sous l’égide de l’ONU en 1948, il n’y a qu’un seul « agresseur » : c’est l’État sioniste.

Biden proclame que « les États-Unis » – l’impérialisme américain – « sont du côté d’Israël ». Il organise concrètement un renforcement des aides militaire et stratégique à l’État d’Israël. Macron lui a immédiatement emboîté le pas. Ce soutien est apporté aux centaines de frappes déjà effectuées à Gaza et à la « guerre » annoncée par Netanyahu, guerre contre le peuple palestinien, une guerre coloniale qui s’apparente toujours plus à une guerre d’extermination.

Depuis 2018, l’ambassade américaine se situe à Jérusalem. C’est le prolongement des déclarations effectuées par Trump, reprises de facto par Biden, en faveur de l’instauration d’« un seul État », l’État sioniste, sur tout le territoire de la Palestine. 

Le prétendu « processus de paix », découlant des défunts accords d’Oslo/Washington, a de facto pris fin. Il a parfaitement rempli son rôle : anéantir les organisations nationalistes palestiniennes, transformées en police et en administration des ghettos, avant qu’Israël ne juge plus utile de s’appuyer sur les restes de l’Autorité palestinienne et décide de la jeter aux orties.

Ce que signifie l’alignement de Macron sur cette politique, aux côtés des autres puissances impérialistes d’Europe, c’est un blanc-seing accordé à Israël pour atteindre ses objectifs.

Et les attaques de Borne à l’encontre de LFI ou du NPA, accompagnées de l’accusation odieuse d’antisémitisme, sont lourdes de menaces à l’encontre des libertés démocratiques : « On ne peut pas renvoyer dos-à-dos le Hamas, une organisation reconnue comme terroriste, et un État démocratique victime d’une attaque terroriste. », dit-elle. C’est la reprise par le gouvernement de l’offensive initiée du temps de Sarkozy, visant à faire condamner toute prise de position en faveur du peuple palestinien et à interdire les manifestations sur ce terrain, comme cela est déjà le cas dans plusieurs villes, alors même que les manifestations pro-israéliennes sont partout autorisées.

Alors, il incombe aux dirigeants de la FSU de condamner publiquement les déclarations de soutien de Macron à l’État d’Israël et les menaces de Borne à l’encontre des libertés démocratiques. Il lui incombe d’indiquer qu’entre un peuple opprimé et un État colonial, la place du mouvement ouvrier est du côté des opprimés : inconditionnellement du côté du peuple palestinien, contre l’État d’Israël. C’est le droit élémentaire du peuple palestinien de résister et de combattre le massacre permanent et la colonisation : à bas la guerre coloniale de Netanyahu.

La FSU doit décider de s’adresser aux organisations syndicales issues du mouvement ouvrier (CGT, FO), aux organisations étudiantes et de jeunesse, afin d’organiser et d’assurer pratiquement la protection de toutes les initiatives sur ce terrain : manifestations, meetings unitaires, organisation du boycott d’Israël.


Lettre de Liaison N° 343 - 28 septembre 2023 :

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Alors que le gouvernement prépare de nouvelles attaques contre les enseignants et l’ensemble des fonctionnaires, les représentants du courant Front Unique sont intervenus au Conseil National de la FSU, les 26 et 27 septembre 2023 :

- Pour le boycott des concertations avec le ministre Guerini qui prépare une nouvelle loi contre le statut des fonctionnaires

- Pour le boycott des concertations avec le ministre Attal qui en s’appuyant sur le Pacte prépare de nouvelles attaques contre les statuts enseignants

- Pour que la FSU refuse de signer un accord avec Guerini sur la prévoyance (PSC)

Intervention du courant FU dans le débat général (26 septembre 2023)

Rarement la répression gouvernementale aura pris un caractère aussi violent et systématique : meurtre de Nahel, mort de Mohamed à Marseille, et des dizaines de jeunes grièvement blessés à Sainte-Soline ou ailleurs.

Le gouvernement conjugue la répression des militants, à la dissolution d’associations, à la restriction ou l’interdiction de manifester. Et maintenant le préfet Nunez veut contrôler les slogans des manifestants. Même la liberté d’informer est réprimée avec l’arrestation de journalistes.

Darmanin trouvait Marine Le Pen trop « molle ». Aujourd’hui, c’est Meloni qu’il trouve trop accueillante aux migrants.

Dès à présent, le gouvernent prépare une nouvelle offensive contre tous les acquis du mouvement ouvrier et de la jeunesse. En point d’orgue, ses projets de loi budgétaires, avec à la clef, la réduction drastique des budgets sociaux.

Si Macron peut mener une telle politique ultra-réactionnaire, c’est qu’il s’appuie sur la victoire qu’il a remportée sur les retraites. Et ce sont les dirigeants syndicaux qui portent l’entière responsabilité de la défaite majeure subie par les travailleurs. Comme en 2003, 2010 et 2019, l’Intersyndicale a appelé à d’innombrables manifestations décentralisées et impuissantes. Elle a délibérément refusé de convoquer une immense manifestation centrale à l’Assemblée pour empêcher l’adoption de la loi. Et c’est ce refus d’organiser l’affrontement contre le gouvernement qui a conduit à la défaite.

Macron s’appuie également sur la docilité des dirigeants syndicaux qui répondent toujours présents à la moindre sollicitation gouvernementale. Aucune défection aux invitations de Borne à Matignon d’avril à juillet. Tous seront présents à la conférence dite sociale du mois d’octobre ayant pour objectif que les minima des branches professionnelles soient au niveau du SMIC. Quelle ambition !

Et cela alors que l’inflation continue d’exploser conduisant à une paupérisation de plus en plus large.

Et à nouveau les fonctionnaires sont dans le collimateur. Après la loi dite de transformation de la FP, Guerini veut reprendre le chantier de démolition de ce qui subsiste.

Pour lui le statut, ça ne peut être le statu quo. Sa volonté c’est de dynamiter les grilles de rémunération, de généraliser les promotions et indemnités au mérite attribuées par les hiérarchies.

Alors que les ambitions et les propos de Guerini sont sans ambiguïté, accepter de participer à ses concertations signifierait l’aider à préparer son projet de loi contre les fonctionnaires.

La responsabilité de notre fédération, c’est de rompre sans délai ces concertations et de préparer la mobilisation des fonctionnaires pour la défense inconditionnelle de leur statut.

Dans l’enseignement, le nouveau ministre Attal pour complaire à LR et au RN, a lancé une opération de police vestimentaire à l’encontre de jeunes filles. Cela au nom des valeurs dites républicaines ou de laïcité que Macron a célébré avec éclat avec le roi d’Angleterre à Versailles et à la messe du pape à Marseille.

La contre-réforme de l’enseignement professionnel a commencé à s’appliquer. Il s’agit en particulier de livrer aux patrons toujours plus de jeunes, et leur donner la mainmise sur les LP.

Les enseignants ont subi des pressions pour signer le Pacte et on peut se réjouir que l’immense majorité ait refusé. Mais indépendamment du nombre de pactes signés, son mécanisme de dislocation des statuts est bien à l’œuvre. Notre fédération et ses syndicats nationaux concernés sont opposés au Pacte.

Ils doivent donc exiger l’abrogation du décret du 19 juillet qui l’instaure.

Ils doivent refuser les concertations dites « attractivité » avec Attal qui entérinent à la fois le Pacte et la non-revalorisation des enseignants.

D’autant plus que les concertations Attal s’inscrivent dans une grande offensive contre les statuts enseignants. Les propos publics ou officieux de Macron ou de membres du gouvernement, l’offensive de Pécresse, le projet de loi Brisson déjà adopté au Sénat, les rapports pressants de la Cour des Comptes, les préconisations de l’Institut Montaigne, tous œuvrent à la destruction de l’Éducation nationale et à la liquidation des statuts enseignants.

Pour conclure, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, les représentants des syndicats enseignants ont été fustigés par des députés. Ils et elles ont eu raison de quitter la salle.

Et bien sûr, nous les soutenons.

Mais le syndicalisme n’a pas comme principale ambition que ses représentants soient traités respectueusement. Pour être fidèle à ses principes, le syndicalisme doit défendre avec intransigeance les acquis existants et tenter d’en arracher de nouveaux.

Accepter de discuter de la liquidation des acquis sous couvert de « dialogue social », de concertation et d’échanges policés, ce serait se rendre complices de nos ennemis acharnés.

Plus que jamais, la rupture de la concertation avec Guerini et Attal, c’est le premier acte de respect que nous devons aux personnels, pour assurer la défense de leurs intérêts.

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Présentation de la motion pour le boycott des concertations avec Guerini 

 

Après la défaite sur les retraites, Macron et son gouvernement comptent poursuivre la démolition du statut de la Fonction publique.

Dans un entretien aux échos lundi, Guerini détaille l’esprit du projet de loi qu’il prépare. Il souhaite moderniser la fonction publique pour lever les blocages de l’attractivité. Comment ?

En modifiant les modalités de recrutement qui permettra pour certains emplois de privilégier le recrutement sur titre, avec entretiens et plus forcément un concours.

En rendant possible la titularisation des apprentis à la fin de leur contrat sans passer par le concours.

Il ambitionne de doubler leur nombre d’ici 2025 et se targue de rappeler qu’il a déjà opéré une véritable révolution culturelle dans la fonction publique : quasiment aucun apprenti au début du premier quinquennat d’E. Macron, 30 000 aujourd’hui.

En remettant au centre la question du mérite et de la valorisation des résultats, aussi bien individuellement que collectivement.

Il déplore que ces outils soient insuffisamment inscrits dans la culture managériale de la fonction publique.

Quant aux modalités pratiques, le détail des plans d’intéressement à déployer par les administrations relèvera du dialogue social.

Il confirme les annonces faites à l’IRA de Lyon : l’avancement comme les salaires seront essentiellement valorisés en fonction du mérite personnel et des primes d’intéressement distribuées par la hiérarchie locale.

Ces projets sont d’une extrême gravité car ils visent clairement à liquider le statut de la Fonction publique.

Notre secrétaire général, rendant compte de l’audience auprès du ministre le 20 septembre, rappelle à juste titre les conséquences désastreuses des politiques antérieures menées dans cet esprit.

Mais s’il affirme ensuite que « la bataille contre un projet de loi qui essorerait le cadre statutaire des rémunérations est à l’ordre du jour des prochaines mois », il ne ferme pas pour autant la porte à la concertation annoncée qui permettra à Guerini de préparer son projet de loi.

La FSU doit décider de ne pas participer à ces concertations et de défendre inconditionnellement le statut de la Fonction Publique et les garanties qui y sont liées.

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Motion : Pour la défense inconditionnelle du statut de la Fonction publique.

Pour le boycott des concertations Guerini.

Guerini a annoncé l’objectif de son projet de loi sur la Fonction publique :

C’est clairement la volonté d’en finir avec le statut de la Fonction publique.

Les concertations ouvertes par Guerini doivent l’aider à préparer son projet de loi.

En conséquence, la FSU décide qu’elle ne participera pas à ces concertations et qu’elle défendra inconditionnellement le statut de la Fonction Publique et les garanties qui y sont liées.

(Pour : 7 / Contre : 78 / Abstentions : 5 / Refus de vote : 18)

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Présentation de la motion pour le boycott des concertations avec Attal

Le pacte est massivement rejeté par les enseignants qui en ont bien compris les enjeux :

- aucune revalorisation des salaires

- augmentation du temps de travail pour une indemnité non comptabilisée pour les retraites

- Contractualisation et individualisation des revenus

Il y a peu de chance que le gouvernement atteigne son objectif de 30 % pour les remplacements de courte durée cette année. Mais l’important pour le gouvernement n’est pas que le pacte soit un succès dès cette année, c’est qu’il se mette en place.

D’ailleurs, dès l’an prochain il est prévu qu’il soit généralisé à toutes les missions.

La FSU doit exiger l’abrogation du décret du 19 juillet 2023 instaurant le pacte.

En lançant sa concertation sur l’« attractivité des métiers », Attal a clairement annoncé que le dossier de la revalorisation était clos c’est-à-dire qu’il n’était pas question d’augmentation de salaires, l’objectif est d’approfondir l’offensive contre les statuts dont le pacte est un premier élément.

Et dès cette rentrée il impose déjà la formation continue en dehors du temps scolaire.

Le gouvernement ne fait pas mystère de ses projets :

- C’est le salaire au mérite, les rémunérations définies individuellement en fonction des compétences acquises.

- C’est l’augmentation du temps de travail, son annualisation, la formation pendant les vacances.

La FSU doit boycotter cette concertation, appeler les autres organisations syndicales à faire de même.

C’est la condition nécessaire pour arrêter l’offensive du gouvernement et combattre pour l’abrogation du décret sur le pacte.

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Motion : Pour l’abrogation du décret sur le pacte.

Pour le boycott des concertations sur « l’attractivité ».

Le pacte instaure l’individualisation du temps de travail et des salaires.

La concertation sur l’attractivité du ministre Attal entérine le pacte et la non revalorisation des enseignants. Elle a pour objectif d’approfondir l’offensive contre les statuts, les salaires, la formation et le recrutement des enseignants.

En conséquence, la FSU exige l’abrogation du décret du 19 juillet instaurant le pacte.

Elle décide de rompre la discussion sur « l’attractivité ».

(Pour : 7 / Contre : 78 / Abstentions : 5 / Refus de vote : 15)

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Présentation de la motion contre la signature de l’accord sur la prévoyance (PSC)

Le 26 janvier 2022, la direction de la FSU avec l’ensemble des autres organisations syndicales signait avec le gouvernement l’accord sur la protection sociale complémentaire.

Le gouvernement jubilait. Dès le 1er janvier 2025, il pourra livrer les millions de fonctionnaires aux appétits financiers des grands groupes de l’assurance. C’est une attaque directe contre la sécurité sociale avec la privatisation d’une part sans cesse croissante de l’offre de soin, avec la rupture de la solidarité intergénérationnelle actifs-retraités. En contradiction totale, avec les mandats que la FSU s’était donné pendant des années sur cette question.

Une signature de combat nous avait-on dit alors… Quel bilan de ce combat ?

Aujourd’hui le gouvernement se trouve en position de livrer des parts de marché encore plus grandes aux grands groupes assurantiels avec l’accord sur la prévoyance. L’État financera ces groupes avec sa participation à la cotisation pour les actifs. En même temps, le gouvernement s’apprête à utiliser la loi de financement de la sécurité sociale pour mettre le budget de la sécu en coupe réglée… pour pouvoir payer la dette… qu’il a probablement contractée pour une bonne part auprès des mêmes groupes assurantiels.

Même avec la prise en charge à 50% par l’État, il est inévitable que la cotisation santé augmente chaque année avec le tarissement programmé des remboursements de sécurité sociale.

Et pour les retraités, des tarifs exorbitants, sans aucune aide de l’État, alors que l’inflation ravage leur budget. En vérité, beaucoup d’entre eux devront renoncer à la complémentaire et donc aux soins.

Voilà le bilan de cette signature.

Alors que le gouvernement s’apprête à dynamiter le statut de la fonction publique, la FSU ne peut pas lui apporter son soutien en signant l’accord sur la prévoyance.

Il faut même dénoncer l’accord du 26 janvier 2022 sur la PSC et s’adresser aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.

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Motion : Pour le refus de la signature de l’accord prévoyance.

Constatant que le projet gouvernemental maintient la dissociation entre la prévoyance et la santé, et que les personnels risqueront de se retrouver, au 1er janvier 2025, dans une situation pire que celle qui prévaut aujourd’hui, la FSU refusera la signature de l’accord sur la prévoyance proposé prochainement par le gouvernement.

Avec le recul, il est de plus en plus net que l’accord du 26 janvier 2022 signifiera une terrible régression particulièrement pour les retraités, mais également pour l’ensemble des personnels.

Dans ces conditions, la FSU décide de dénoncer cet accord et de retirer sa signature.

Elle appelle les dirigeants des autres organisations syndicales à faire de même.

(Pour : 7 / Contre : 86 / Abstentions : 3 / Refus de vote : 11)


Lettre de Liaison N° 343 bis (spéciale ESR)- 28 septembre 2023 :

[Version pdf]

Soumission aux intérêts économiques, casse de la recherche publique, attaque tous azimuts contre les statuts, mutualisation, évaluation-sanction par le HCERES, etc. :

Le rapport Gillet planifie une attaque majeure contre l’ESR et ses personnels

Mettre la recherche au service des intérêts de la bourgeoisie française

Cette rentrée se fait sous le feu des discours incendiaires contre l’ESR et des coupes budgétaires, alors que les conditions d’étude et de travail ne cessent de se dégrader et les salaires de se dévaloriser.

Macron intime l’ordre de faire « mieux » avec moins. Le 8/09, la Ministre explique qu’il s’agit de « faire le ménage dans les formations » et ne garder que celles qui mènent à un emploi. Il faut «  intégrer le monde professionnel », « adapter les formations aux besoins de la société », traduire « du capitalisme français ».

C’est exactement l’objectif qu’affiche le rapport Gillet pour la recherche qui doit être pilotée au plus près de l’exécutif pour en faire un instrument de sa politique dite de « réindustrialisation ». Ce rapport, vise à une redéfinition totale de la recherche, du rôle des organismes nationaux de recherche (ONR) et des universités ainsi que des statuts des personnels. Il s’appuie sur les outils existants ou en train de se mettre en place, tous aussi néfastes pour l’ESR, ses règles et ses garanties collectives : appels à projet, ANR, PEPR, COMP, HCERES , … .

Le gouvernement entend avancer au pas de charge , une dépêche de l’AEF du 1er septembre  annonce «  Suites du rapport Gillet : 17 universités pilotes vont expérimenter des mesures de simplification avec les organismes ».

Casse des organismes de recherche sous couvert de mission d’« agence de programmes »

Une nouvelle mission serait dévolue aux ONR1, celle d’« agence de programme », en s’appuyant sur l’expérience des PEPR (Programme et équipements Prioritaires). Concrètement, l’État définirait les programmes nationaux de recherche (PNR) que les ONR seraient chargés de piloter et coordonner, à raison d’une agence par thématique (santé, numérique, etc.). L’ANR déciderait de l’attribution des budgets sur la base d’appels à projet et les évaluations serait aux mains du HCERES. Bref ce nouveau rôle d’« agence de programmes » se réduirait à … celui d’une gestion inter-organismes des équipes lauréates !

Les organismes publics devront se plier aux priorités de l’État et perdront de leur autonomie. Cela entraînera l’accélération de la paupérisation de nombreuses équipes, l’abandon de pans entiers de la recherche et le décrochage de nombre de chercheurs et EC qui n’auront plus les moyens de remplir leur mission de recherche.

L’objectif est d’en finir avec « la superposition d’organismes et agences dont les périmètres d’intervention se chevauchent ». Le rapport l’illustre avec la santé où l’INSERM devrait devenir le coordinateur des PNR. Une façon de dépouiller le CNRS de l’INSB, son institut de biologie, tel que le préconisait un rapport de la Cour des Comptes ? D’autres instituts du CNRS pourraient être pilotés via les PNR par d’autres ONR ou inversement. C’est une profonde évolution qui se dessine dont l’aboutissement est la casse des organismes de recherche.

Pour compléter ce dispositif, le rapport jette les bases concrètes du transfert de la gestion des personnels des EPST vers les universités, objectif affiché par Macron lors de sa campagne présidentielle en janvier 2022.

 

Les « mesures de simplification », une stratégie de site sous la tutelle des universités :

UMR et services administratifs en première ligne, les personnels modulables à merci

En effet, le rapport ne laisse aucun doute : « Les universités ont vocation à être les pilotes de la stratégie du site, à coordonner les outils et les moyens de cette stratégie dans les domaines de la formation, de la recherche, de la science pour et avec la société, de l’innovation et de l’interaction avec le monde socio-économique. »

Le but est de mutualiser, avec à la clé des économies d’échelle, à commencer par la mise en commun des services de gestion sur plusieurs UMR (unités de recherche), des délégations régionales avec les universités.

Le rapport préconise de généraliser la délégation de gestion des UMR à l’hébergeur, ce qui revient à dire principalement aux universités. Le CNRS, dont plus de 90 % des agents sont affectés dans les UMR et qui héberge seul 10 % d’entre elles, ne serait plus qu’une agence de moyens. Le directeur des UMR deviendrait un véritable manager avec des pouvoirs élargis sur la gestion des personnels et des finances.

Les ONR seront impliqués dans les COMP (Contrat d’objectifs, de moyens et de performances) des universités qui les engageront dans « une planification commune des moyens RH et budgétaires » et dans la chasse aux financements (appel à projet, collaborations avec les entreprises, …). L’évaluation du HCERES devra être suivie d’effets : en cas de succès l’État devra apporter des moyens supplémentaires, sinon ce sera l’inverse.

Voilà comment se dessine le « nouveau modèle économique » prôné par Retailleau : ne plus attribuer aux établissements  du supérieur les moyens de l’État en fonction des besoins en enseignement et en recherche mais selon leur zèle à appliquer les « priorités stratégiques du Ministère », autrement dit sa politique de casse !

« Attaque tous azimuts des statuts : modulation de service pour tout le monde (E, EC C) »  

titre fort à propos un tract du SNESUP. Le rapport préconise que les chercheurs des EPST assurent un enseignement de 32h ou 64h pour pallier le manque d’enseignants sans embaucher de jeunes docteurs. C’est la remise en cause du statut de chercheur à temps plein. A l’autre bout du spectre, il y a les enseignants détachés de l’Éducation Nationale, qui assurent un double service d’enseignement et à qui une mission de recherche serait confiée. Quant aux enseignants-chercheurs, il faut modifier la réglementation pour que les universités puissent réellement appliquer la modulation de service.

C’est d’ailleurs en application de cette modulation que les nouveaux recrutés devrait avoir pendant 3 ans un allègement du service d’enseignement (64 HETD) ainsi qu’une « dotation d’amorçage » les alignant sur les chaires de professeur junior ; préfigurant leur généralisation à terme au détriment du recrutement sur concours.

Pour le retrait intégral du rapport Gillet et de ses conclusions

Dans leur 4 pages commun de juillet, les dirigeants du SNCS-FSU et du SNESUP-FSU condamnaient ce rapport comme une attaque violente. Alors pourquoi n’ont-ils pas affiché leur opposition résolue à ce rapport devant la Ministre dans la déclaration de la FSU au CNESER du 12/09 ? Pourquoi lui demander des « détails sur les orientations [qu’elle pense] suivre suite à ce rapport. » ? Pourquoi donner son avis sur ce qu’il contient (l’évaluation et la simplification) et sur ce qui n’y serait pas (emplois et conditions d’exercice de la recherche) ?

Dans les faits, les dirigeants syndicaux demandent à discuter avec le gouvernement de ce rapport. Mais qu’y a-t-il à discuter ? Ses objectifs sont parfaitement clairs ! Il s’agit du rapport commandé par le gouvernement, sa feuille de route dans l’ESR qu’il se presse de réaliser, avec une stratégie bien rodée. Il demande aux ONR, aux universités de mettre en place des expérimentations. Ces projets sont discutés dans les instances de participation de ces établissements où siègent les représentants syndicaux qui y sont ainsi associés.

Après la LPR, c’est une nouvelle offensive de grande ampleur à laquelle les personnels de l’ESR sont confrontés. Pour leur défense, la priorité des directions syndicales est d’exiger le retrait intégral de ce rapport et de ses conclusions, pour l’arrêt immédiat des expérimentations. Et qu’en conséquence, elles annoncent leur refus de toute participation aux discussions et aux instances qui auraient à l’ordre du jour sa mise en place. Leur responsabilité c’est la réalisation d’un front uni de tous les syndicats de l’ESR (SNCS, SNESUP, SNTRS-CGT, FO-ESR, etc.) sur cette orientation. Il faut combattre en ce sens.

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Le projet de loi Guérini pour parachever la liquidation de la Fonction Publique

Il est clair que les préconisations du rapport Gillet ne peuvent se réaliser qu’avec la remise en cause des garanties du statut de fonctionnaire des personnels. C’est l’objectif de Guerini qui a annoncé préparer un projet de loi pour début 2024 : une nouvelle étape dans le démantèlement du statut de la Fonction publique !

La loi d’août 2019 avait déjà porté un coup sévère au statut. Elle a été appliquée par la LPR avec notamment la multiplication des contrats précaires. Mais subsistent les grilles indiciaires, les promotions et les recrutements par concours donnant un cadre national au statut et nous préservant relativement contre l’arbitraire. Ce sont des obstacles de taille à l’autonomie totale des universités qui implique la gestion locale des personnels.

Ce sont « les blocages et les archaïsmes » de la Fonction publique, que dénonce Guerini qui veut donner « plus de marges de manœuvre » aux employeurs et aux chefs d'équipe, leur permettre de « rémunérer davantage l'agent qui aura fait plus, qui aura fait mieux ». Il veut « dynamiser les parcours et les mobilités » ;en finir avec le droit à l’avancement dans les grilles et aux promotions selon son ancienneté au profit de la performance; faire de l’apprentissage une voie normale de recrutement, cassant le cadre national des grilles et des catégories.

Il a annoncé que son projet de loi serait concerté avec les organisations syndicales et il est à l’ordre du jour de l’agenda social qui vient de débuter. Tous les dirigeants syndicaux y participent. Ceux de la FSU et de la CGT se justifient en prétendant défendre les revendications des personnels. Mais comment serait-ce possible quand le cadre de la discussion est la liquidation des principales garanties statutaires qui nous restent ?

Pour défendre inconditionnellement ce qui subsiste du statut de la FP, les dirigeants des fédérations syndicales de la Fonction Publique, FSU, CGT , FO, doivent dès à présent se prononcer pour le retrait d’un tel projet de loi et refuser de participer aux concertations avec Guerini. C’est seulement ainsi que peut être marqué le point de départ d’une mobilisation pour briser l’offensive gouvernementale contre les fonctionnaires.

 

1- Les ONR regroupent indistinctement les EPST dont les personnels sont sous statut de la fonction publique (CNRS, INSERM, INRIA, IRD, INRAE, INED) et les EPIC où ils sont sous statut de droit privé (CEA, CNES, ONERA, IFPEN -Institut Français du Pétrole,...)


Lettre de Liaison N° 342 - 21 septembre 2023 :

[Version pdf]

À la CAN du SNASUB-FSU, le 20/09, le courant Front unique est intervenu

pour que la direction de la FSU refuse de participer aux concertations avec Guérini dont l’objet est la préparation d’une nouvelle loi de liquidation des garanties statutaires

 

Présentation de motion :

Propulsé par son succès avec sa contre-réforme sur les retraites, Macron et son gouvernement ont annoncé une nouvelle étape dans la liquidation des acquis des travailleurs et de la jeunesse : Loi dite “plein emploi”, projet de casse de la Recherche publique avec le rapport Gillet, poursuite de la mise en place du Pacte dans le Secondaire, et, pour nos secteurs, projet de loi Fonction publique. Quant à la méthode sans cesse réaffirmée : le dialogue social.

Après la loi de transformation de la fonction publique, c’est une nouvelle étape du démantèlement du statut que le gouvernement veut engager avec l’objectif affiché par Stanislas Guérini de présenter au Conseil des Ministres pour la fin de l’année un projet de loi reprenant en priorité la principale préconisation du rapport Peny/Simonpoli de mars 2022 sur les « perspectives salariales de la Fonction Publique » pour « un régime indemnitaire recentré sur la seule dimension liée à la performance ». A noter que depuis, le directeur de cabinet de S. Guérini est … Paul Peny !

Les grands axes de réforme qui avaient été présentés en début d’année sont confirmés (Quotidien en ligne Locatis, 1er septembre 2023). Dénonçant “les blocages et les archaïsmes” de la Fonction publique, Guérini est revenu à la charge le 1er septembre à l’IRA de Lyon pour donner "plus de marges de manœuvre" aux employeurs et aux chefs d'équipe pour "mieux récompenser le mérite des agents" en élargissant les dispositifs d'intéressement individuel et collectif dans la fonction publique et en dérogeant pour les promotions “au quota de promotions”.

Derrière l’objectif affiché de "dynamisation des parcours et mobilités", il s’agit d’en finir avec le droit à la promotion selon son ancienneté pour ne retenir que les critères de “compétences par la prise de responsabilité, par son travail ou par la formation” (Acteurs publics, 3 mars 2023). Avec le projet d’instauration de “rendez-vous de carrière” où interviendraient le N+1 mais aussi un responsable RH (annonce DGAP à la FSU le 23 août), il s’agirait de renforcer un peu plus le poids des entretiens annuels et de la hiérarchie sur l’évolution de carrière.

Macron candidat avait déclaré vouloir faire “une réforme complète des grilles et de l’organisation de la fonction publique », affirmant que « Le système en catégories C, B et A était à “bout de souffle” et avait “beaucoup de rigidité ». Guérini entend aboutir à la "refonte des conditions d'accès dans les corps et cadres d'emploi" en voulant faire de l’apprentissage un mode de recrutement de droit commun et en développant les concours sur titre ou ceux avec épreuve professionnalisantes  (interview Guérini à Public Sénat, 14 juin 2023).

C’est la liquidation du principe de la séparation du grade et de l’emploi qui serait actée avec des promotions accélérées et la généralisation de primes d’investissement (individuelles ou collectives) à côté des primes fonctionnelles (IFSE), la part de la rémunération selon son grade (grilles indiciaires) étant vouée à décroître au sein de ce salaire trinôme. En outre, la DGAFP a confirmé fin août à la FSU le souhait du gouvernement d'accélérer l’avancement à l’intérieur des grilles en fonction de l’engagement ou des postes occupés (CR échanges avec la DGAFP, mail du 23 août).

Ces projets sont d’une extrême gravité car ils visent à nous faire passer d’une fonction publique de carrière à une fonction publique d’emploi liquidant par là-même les garanties statutaires attachées aux recrutements, rémunérations et promotions, fondant notre droit à la carrière.

Cette offensive s’appuie sur une méthode. L’un des objectifs des “100 jours” de Macron était l’acceptation d’un agenda social, c’est-à-dire la mise en place de concertations visant à associer les directions syndicales à ses contre-réformes.

Et justement, Guérini a dit que ce projet de loi serait concerté avec les organisations syndicales. Mais qu’y a-t-il à discuter sur la liquidation des principales garanties statutaires qui nous restent ? Ne doit-on pas au contraire empêcher le gouvernement d’avancer en rejetant son invitation ?

La première étape pour que les organisations, à commencer par la nôtre, puissent être utilisées par les travailleurs pour leur défense c’est que les directions syndicales se prononcent pour le retrait de ces projets et refusent donc de concerter sur leur élaboration et mise en place.

Motion soumise au vote :

Avec l’objectif affiché par Guérini de la présentation avant Noël d’un projet de loi Fonction publique sur la question des carrières, des parcours et des rémunérations, c’est à une nouvelle étape du démantèlement du statut que le gouvernement entend s’attaquer. 

Guérini entend à la fois généraliser les primes individuelles et collectives au mérite, accélérer les promotions des agents dits performants, modifier les modalités de recrutement en instaurant une voie réservée à l’apprentissage.

Ces projets sont d’une extrême gravité car ils visent à nous faire passer d’une fonction publique de carrière à une fonction publique d’emplois liquidant par là-même les garanties statutaires attachées aux recrutements, rémunérations et promotions, fondant notre droit à la carrière.

La CAN du SNASUB-FSU réunie le 20 septembre 2023 rejette les projets Guérini dits "Accès, Parcours, Rémunérations" devant déboucher sur un projet de loi. Elle se prononce donc pour que la FSU refuse de s’associer à ce chantier de démolition, pour qu’elle s’adresse à l’ensemble des fédérations de fonctionnaires pour qu’elles fassent de même.

C’est d’abord en augmentant le point d’indice, à minima de 10 %, et en indexant celui-ci sur l’inflation que la question du pouvoir d’achat doit être résolue.

Pour :  6 ; Contre : 14 ; Abstentions : 4

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A la CA du SNES-FSU de Clermont-Ferrand,

le courant Front Unique est intervenu pour que la direction du SNES se prononce

pour l’abrogation du décret instaurant le Pacte et pour qu’elle rompe les discussions avec Attal (dites « attractivité »)

Motion présentée par le courant Front Unique :

La CA du SNES de Clermont-Ferrand, réunie le 14/09/font>

Constate que les enseignants, dans le second degré, rejettent massivement le pacte en ne s’engageant pas ou très peu, ce qui manifeste une résistance à cette politique de dérégulation et d’individualisation du temps de travail comme du salaire. Cela manifeste aussi le rejet de l’augmentation continue du temps de travail, qui est présentée cyniquement comme la « revalorisation » de la profession, ou des contre-réformes dont la mise en œuvre passe par le pacte.

Pour autant, cela n’a pas empêché le gouvernement de mettre en œuvre son décret, et d’essayer coûte que coûte de recruter des enseignants pour le pacte.

Afin d’obtenir l’abrogation du décret sur le pacte, il ne peut être suffisant d’appeler les enseignants à refuser le pacte, ce que très majoritairement ils font déjà.

La CA s’adresse à la direction du Snes qui doit se prononcer pour l’abrogation du décret sur le pacte et doit mener une campagne à l’échelle nationale pour l’obtenir, en relation avec les autres syndicats de la FSU, et en cherchant l’unité syndicale.

Dans ces conditions, il est nécessaire de rompre la discussion sur « l’attractivité » de la profession, qui est en réalité le nom sous lequel le gouvernement Macron-Borne-Attal, poursuit son offensive contre le statut, le salaire, la formation et le recrutement des enseignants.

Cela ouvrirait la voie d’une mobilisation centralisée des enseignants pour l’abrogation du pacte, seule à même d’obtenir des résultats.

Pour : 2 ; Contre : 21

 

 


 

Communiqué du courant Front Unique (7 juillet 2023)

 

La préfecture du Val-d’Oise vient d’interdire la manifestation appelée par le comité Adama, ce samedi 8 juillet 2023.

Justifiée officiellement pour de possibles « troubles graves à l’ordre public », cette interdiction est évidemment une décision politique pour empêcher l’expression de l’exigence que justice soit rendue aux victimes de violences, exactions et meurtres perpétrés par des policiers.

Rappelons qu‘Adama Traoré avait été tué en 2016 par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise.

En 2020, au motif de la crise sanitaire, la préfecture de Paris avait interdit la manifestation Adama convoquée devant le Palais de Justice.

Le comité Adama avait alors maintenu son appel et ce sont plus de 20 000 manifestants qui s’étaient rassemblés sur le parvis du Tribunal de justice de Paris, une semaine après le meurtre de George Floyd à Minneapolis.

La responsabilité de la FSU est de condamner l’interdiction de manifester édictée par la préfecture du Val-d’Oise.

Sans prendre nécessairement à leur compte les objectifs du comité Adama, la responsabilité des dirigeants des organisations syndicales est de se placer en tête de la manifestation à l’appel du comité Adama pour affirmer ostensiblement la défense intransigeante du droit de manifester.

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 341 - 3 juillet 2023 :

[Version pdf]

 

Après le meurtre de Nahel, les organisations ouvrières
ont le devoir de tout faire pour que justice lui soit rendue. Pour commencer,
qu'elles organisent un meeting unitaire de masse à Nanterre sur les mots d'ordre:
Justice pour Nahel ! Contre l'état policier ! Abrogation de la loi Cazeneuve !

Intervention du courant Front Unique au Bureau national de la FSU, le 3 juillet

Le 27 juin, Nahel, adolescent de Nanterre, a été assassiné par un policier – qui avait annoncé qu’il allait le tuer, et exhorté par un autre policier – au motif apparent qu’il roulait sans permis, mais au fond parce que Nahel était un adolescent d’origine immigrée.

Seules les vidéos mettant en évidence le faux témoignage des agents ont permis que pour une fois, le tireur soit mis en examen.

Ce dernier entendait, pour rester impuni, invoquer les dispositions en vigueur depuis l’adoption de la loi Cazeneuve de 2017, loi qui institue notamment un véritable « droit de tuer » sous prétexte de « délit de fuite » ou de « refus d’obtempérer » potentiellement dangereux. Depuis 2017, le nombre de tirs effectués par des policiers selon des mises en scène similaires progresse de façon géométrique. Les victimes sont presque toujours issues de l’immigration.

Il est de la responsabilité de la FSU d’exiger l’abrogation de cette loi.

L’assassinat de Nahel a servi très vite de tremplin à un nouveau durcissement de l’État policier : 45 000 policiers et gendarmes, y compris le RAID, le GIGN, la BRI mobilisés la nuit, des blindés, des hélicoptères survolant les quartiers populaires. Macron envisage « sans tabou » l’instauration de l’état d’urgence ; le ministre de la Justice menace les parents…

Et les organisations de policiers entendent pousser l’avantage, banaliser le meurtre de Nahel : un communiqué d’Alliance et de l’UNSA Police, organisations majoritaires, daté du 30 juin, appelle ainsi, entre autres, au « combat » contre les « nuisibles », à « mettre les interpellés hors d’état de nuire » par « tous les moyens », car, disent-ils, « nous sommes en guerre ».

Macron et son gouvernement se délectent des émeutes dont ils sont les premiers responsables, et qui nourrissent le désarroi au sein de la population laborieuse, pourtant révoltée par le meurtre de Nahel.

Ces émeutes se développent d’autant plus que le gouvernement poursuit ses attaques contre la liberté de manifester des travailleurs et de la jeunesse : c’est la police qui a sciemment attaqué la « marche blanche » du 29 juin à Nanterre, interdisant à la mère du jeune homme et aux organisateurs de prendre la parole ; et depuis, les interdictions de manifester s’enchaînent, comme à Angers où les jeunes manifestants ont été livrés  en pâture à une agression armée de militants dits d’« extrême-droite ».

Il est de la responsabilité des organisations issues du mouvement ouvrier, dont la FSU, d’assurer la protection des manifestations et de garantir la liberté de manifester.

C’est le devoir des Confédérations ouvrières CGT et FO, ainsi que de la FSU et de toutes les organisations se réclamant de la classe ouvrière, de faire tout ce qu’il est possible pour que justice soit rendue à Nahel. 

Pour commencer, elle doit organiser un meeting unitaire de masse à Nanterre : pour que justice soit rendue à Nahel ! Contre l’État policier ! Pour l’abrogation de la loi Cazeneuve !

Une telle initiative permettrait de créer un pont entre la population des quartiers populaires et l’ensemble des travailleurs. Elle permettrait de dégager une perspective pour la population laborieuse et pour la jeunesse qui reconnaît en Nahel un des siens, victime du racisme d’État et de sa police. 


Motion adoptée à l’unanimité des enseignants présents le 20 juin 2023 en réunion d’information syndicale au collège Françoise Giroud de Vendres (Hérault)


Les enseignants du Collège Françoise Giroud de Vendres, ayant pris connaissance du projet de « pacte » :

Constatent :

Que sous couvert d’une prétendue revalorisation, il s’agit :

- de faire porter aux enseignants en poste les remplacements dits de courte durée,

- d’une attaque contre le statut, par une relation contractuelle avec le chef d’établissement, avec la possibilité de pression de la hiérarchie sur les collègues,

- d’une nouvelle part d’annualisation du temps de service, contre la définition de notre temps de travail, et de nos salaires (grille indiciaire).

Que des pans entiers des réformes du gouvernement Macron-Borne passent par le « pacte » (soutien en 6ème, découverte des métiers, attaque contre les LP).

Pour toutes ces raisons nous nous prononçons pour le retrait du « pacte », et revendiquons

- une augmentation du point d’indice pour tous d’un niveau suffisant pour rattraper les pertes du pouvoir d’achat

- l’indexation du point d’indice sur l’inflation.

Nous nous adressons aux directions des organisations syndicales de l’Éducation Nationale pour qu’elles reprennent nos revendications.

Les conséquences de la mise en place du pacte sont les prémisses d’une remise en cause plus globale des statuts que le gouvernement entend réformer à travers ce qu’il appelle le chantier « accès, carrières, rémunérations ».

Les fédérations de fonctionnaires doivent refuser de s’engager dans un tel « chantier ».

 


 

Motion adoptée par les personnels du Lycée Virlogeux de Riom (63),

réunis en heure mensuelle d’information syndicale le 8 juin 2023

Les enseignants réunis au lycée Virlogeux de Riom en HMI, le 8 juin ayant pris connaissance du projet de « pacte » :

Constatent :

Qu’il s’agit, sous couvert d’une prétendue revalorisation et de faire porter aux enseignants en poste les remplacements dits de courte durée, d’une attaque contre le statut, par une relation contractuelle avec le chef d’établissement, avec la possibilité de pression de la hiérarchie sur les collègues, et d’une nouvelle part d’annualisation du temps de service, contre la définition de notre temps de travail, et de nos salaires (grille indiciaire).

Que des pans entiers des réformes du gouvernement Macron-Borne passe par le « pacte » (soutien en 6ème, découverte des métiers, attaque contre les LP).

Pour toutes ces raisons nous nous prononçons pour le retrait du « pacte », et nous adressons aux directions syndicales de l’enseignement, (fédérations et syndicats) pour qu’elles reprennent cette exigence. Dans l’immédiat, un CSA est prévu le 13 juin, après celui que les organisations ont quitté : exiger le retrait du « pacte » est totalement incompatible avec le fait d’y participer, il faut donc refuser de s’y rendre.

La responsabilité des organisations syndicales est de défendre des intérêts collectifs et non pas de lancer un appel à un acte individuel.

(Motion adoptée à l’unanimité des 10 présents)

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Motion adoptée par les personnels du Lycée Jean-Baptiste Dumas d’Alès (30),

réunis en heure mensuelle d’information syndicale le 25 mai 2023


Les personnels du lycée J-B D. réunis en HMI le 25 mai 2023 considèrent que les mesures gouvernementales prétendument de revalorisation des salaires enseignants sont en réalité un pas important vers la liquidation de nos statuts en introduisant une contractualisation individuelle d’une part des services contre un alourdissement des charges de travail.

Aucune augmentation de salaire n’est prévue puisque toutes les mesures sont indemnitaires (et donc ne comptent pas pour les retraites) :

Le « socle » inconditionnel conduirait à une augmentation moyenne de 5 % du revenu des personnels loin du rattrapage de perte de pouvoir d’achat et en dessous du taux d’inflation.

Le « pacte » n’est pas une « revalorisation » puisqu’il est conditionné à un contrat engageant à des missions supplémentaires.

Les personnels réunis se prononcent pour le retrait du « pacte » et revendiquent

- une augmentation du point d’indice pour tous d’un niveau suffisant pour rattraper les pertes du pouvoir d’achat

- l’indexation du point d’indice sur l’inflation.

Cette motion sera transmise aux directions de organisations syndicales pour qu’elles reprennent ces revendications.

Pour nous aucune discussion ne peut avoir lieu avec le gouvernement sur ces bases en particulier celles en cours avec Guérini, ministre de la fonction publique.

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 340 - 24 mai 2023 :

[Version pdf]

 

Intervention du courant Front Unique au Conseil national de la FSU (23/05/2023)

Le 14 avril, Macron a promulgué sa loi contre les retraites quelques instants après sa validation par le conseil constitutionnel. Pour les travailleurs qui ont manifesté pendant 3 mois par centaines de milliers, c’est une dure défaite. Dès le 1er septembre, la contre-réforme imposera ses premiers terribles effets.

Avec la fermeture des régimes spéciaux, le gouvernement sort vainqueur d’une confrontation qui a débuté en 1995 face aux corporations les plus combatives du prolétariat comme les cheminots, la RATP.

Fort de cette victoire, Macron est reparti à l’offensive pour continuer à laminer nos acquis sociaux.

Alors il faut tirer les leçons de cette défaite, faire le bilan de la stratégie de l’intersyndicale. Pour défaire le gouvernement, il fallait aller là où cela se décide. C’est pourquoi dès le début, Front Unique a expliqué que la responsabilité des organisations syndicales était d'organiser la manifestation centrale devant l'Assemblée Nationale pour empêcher le vote de la loi.

L'intersyndicale s'y est constamment opposée en proposant une succession de journées d'action, de grèves reconductibles, de blocages, un scénario qui a toujours conduit à la défaite comme en 2003, 2010 et 2019. Elle a tourné le dos à l’affrontement réel avec le gouvernement.

Ainsi, le 16 février, alors que l’Assemblée nationale était en pleine discussion sur cette réforme, les dirigeants syndicaux sont allés manifester … à Albi, à 700 km du Palais Bourbon. Après le coup de force du 49 ter, ils ont refusé d’appeler à toute « GROSSE manifestation à Paris » le lundi 20 mars, comme l’a expliqué le secrétaire général de la FSU dans un mail au CDFN. Or c’était le jour où par le jeu des motions de censure, la loi devait être définitivement adoptée.

L’intersyndicale a laissé la rue à un déploiement inédit de la police pour protéger les centres du pouvoir. Elle s’est tue face à la répression des manifestants, comme elle s’est tue face au déchaînement de la violence policière à Sainte-Soline, le 25 mars.

Les directions syndicales nient cette défaite et appellent à de nouvelles actions comme le 6 juin. Mais en même temps, elles confortent la 1ère ministre Borne en acceptant son invitation des 16 et 17 mai.

Pour le gouvernement Macron-Borne, ce qui est à l'ordre du jour, c'est d’obtenir des directions syndicales une caution à la mise en œuvre de sa politique ultra-réactionnaire contre les travailleurs et la jeunesse ; à commencer par la promulgation des 31 décrets de sa loi retraites pour qu’elle s’applique au plus vite.

Ce gouvernement déploie une politique de plus en plus raciste, xénophobe et répressive : l’opération « Wuambushu » à Mayotte, le recensement du taux "d'absentéisme" le jour de l'Aïd et de plus en plus de collègues sont en butte à la répression syndicale.

Il mène une attaque en règle contre l'enseignement professionnel pour livrer les jeunes des milieux populaires à l’exploitation dès leur plus jeune âge. 80 filières seront fermées dès la rentrée et les professeurs concernés doivent se trouver un point de chute.

Comme l’ensemble des travailleurs, les fonctionnaires connaissent une énorme perte de pouvoir d'achat. L'indexation du point d'indice sur l’inflation est une revendication évidente et d'une actualité brûlante.

Mais les discussions avec le ministre de la fonction publique ont un tout autre objectif : « valoriser  le mérite », recruter localement les agents publics, par la voie de l’apprentissage, la validation des acquis. Bref en finir avec le statut de fonctionnaire. La déclinaison du plan Guérini dans l’enseignement c’est le « pacte », qui met en concurrence les personnels. Travailler plus pour ne pas voir son niveau de vie s’effondrer.

Le gouvernement veut aussi lancer une concertation avec les syndicats pour imposer le SNU (Service national universel) en classe de seconde et de Première CAP, à travers des projets d’établissements et intégrés dans les nouvelles missions du « pacte enseignant ».

Tirer le bilan des retraites signifie qu'il n'est pas possible de pactiser avec ce gouvernement.

Cela signifie pour la FSU et ses syndicats :

- exiger l’abrogation de la loi retraites,

- et donc refuser toute concertation sur ses décrets d’application,

- refuser de participer à la concertation Guérini sur la liquidation du statut des fonctionnaires,

- exiger le retrait pur et simple de la réforme liquidation des LP,

- exiger le retrait pur et simple du « pacte » enseignant et bien sûr également celui du SNU.

 

 


 

Motions présentées par le courant Front Unique au Conseil national de la FSU le 24 mai 2023

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Présentation de la motion pour l’abrogation de la loi retraites

Maintenant que la loi Macron-Borne contre les retraites est promulguée, le gouvernement s’attelle à l’écriture des 31 décrets d’application pour permettre son entrée en vigueur au 1er septembre.

Dès la promulgation de la loi, Borne a fait savoir aux représentants syndicaux qu’elle était prête à discuter de leur contenu.

Les décrets concernant les carrières longues, le report de l’âge légal et les dérogations sont actuellement soumis pour avis à la Caisse Nationale de l’Assurance Vieillesse où les représentants des syndicats ouvriers constituent encore le tiers des membres du CA.

Or les représentants des salariés à la CNAV sont là pour défendre les travailleurs et leurs acquis sociaux, non pour contribuer à mettre en application la politique de destruction de ces acquis par le gouvernement.

Par ailleurs, à la CA du SNCS, nous avons appris que serait discuté à un prochain Comité technique paritaire le recul de l’âge limite de départ de 67 à 70 ans dans la fonction publique.

Dans son rapport introductif hier matin, Benoît Teste a insisté sur la nécessité de ne pas donner à penser que l’intersyndicale passait à autre chose et qu’elle revendiquait toujours le retrait de la réforme des retraites.

Si les mots ont un sens, alors la FSU doit se prononcer pour l’abrogation de la loi Macron-Borne contre les retraites, refuser de participer à toute discussion sur ses décrets d’application. Elle doit œuvrer pour le front uni des syndicats sur cette orientation. C’est le sens de la motion Front Unique.

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Motion pour l’abrogation de la loi sur les retraites

Contre la participation à ses décrets d’application

Le CDFN de la FSU, réuni les 23 et 24 mai 2023 se prononce :

- pour l’abrogation de la loi de réforme des retraites,

- contre la participation à toutes discussions sur les décrets d’application de cette loi.

Elle appelle les autres fédérations et confédérations syndicales à faire de même.

(Pour : 7 / Contre : 56 / Abstention :  0 / Refus de vote : 33)

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Présentation de la motion « Retrait de la contre-réforme des lycées professionnels »

La réforme des lycées professionnels signe la destruction de l’enseignement public professionnel. Elle met la jeunesse au service des entreprises et s’attaque frontalement au statut des enseignants.

Une attaque en règle contre les élèves avec :

Une externalisation de l’accompagnement des élèves en signe de décrochage vers des structures d’insertion professionnelle privées. 

Une attaque frontale contre le métier et le statut d’enseignant avec :

Exiger le retrait de cette réforme et du « pacte » est le seul mot d’ordre qui puisse unifier le combat des personnels. Renvoyer la responsabilité sur chaque enseignant de contrecarrer cette réforme par la non signature du « pacte » est la négation du combat collectif.

C’est au contraire au syndicat d’exiger le retrait de la réforme pour contrecarrer de fait le « pacte » !

En conséquence, le CDFN de la FSU réuni le 23 et 24 mai 2023 exige le retrait pur et simple de cette réforme, s’engage à ne participer à aucune concertation avec le ministre à son sujet et à boycotter toute instance, qu’elle soit nationale et régionale, dont l’objet vise à entériner sa mise en œuvre, notamment les suppressions de filières et de lycées. C’est la seule base qui permettrait d’engager un véritable combat unitaire pour faire reculer le gouvernement.

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Motion pour le retrait de la contre-réforme des lycées professionnels

La réforme des lycées professionnels signe la destruction de l’enseignement public professionnel

Le CDFN de la FSU réuni le 23 et 24 mai 2023 exige le retrait pur et simple de ce projet de réforme.

Il décide que la FSU ne participera à aucune concertation avec le ministre à son sujet et boycottera les instances nationales et régionales chargées d’entériner sa mise en œuvre, notamment les suppressions de filières et de lycées.

Le CDFN de la FSU mandate le secrétariat pour impulser, avec les syndicats de la FSU, un front uni des organisations pour imposer ce retrait.

(Pour : 7 / Contre : 58 / Abstention :  0 / Refus de vote : 31)

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Présentation de la motion pour le retrait du « « pacte » enseignant »

Après sa victoire sur le dossier brûlant des retraites, le gouvernement Macron-Borne poursuit ses attaques contre la jeunesse et les travailleurs.

Je m’arrêterai en particulier sur le « pacte », véritable machine de guerre contre nos statuts.

Le café pédagogique d’hier publie une interview de la secrétaire générale du SNES qui détaille fort justement la signification du « pacte » comme attaque majeure contre les statuts enseignants. Le titre choisi « Le pacte signe l’arrêt de mort du statut des professeurs » résume bien l’objectif visé par le gouvernement.

En premier lieu, avec le « pacte » le gouvernement veut soumettre une éventuelle hausse de rémunération à de nouvelles tâches à accomplir. Ces tâches sont définies annuellement, un moyen d’avancer vers l’annualisation du temps de service.

Ensuite, le « pacte » place de fait les enseignants du second degré sous la coupe des chefs d’établissements qui distribueront les missions. Quant aux enseignants du premier degré ils seront placés sous la coupe des IEN et des directrices et directeurs qui devront identifier les besoins au sein des écoles et distribuer les moyens alloués. Le directeur, pair parmi les pairs, serait placé dans la position d’un supérieur hiérarchique telle que le prévoit la loi Rilhac. C’est la mise en place du New Management Public.

Le « pacte » permettra à terme de réduire la part de rémunération liée à la grille indiciaire au profit des primes et indemnités afin de récompenser l’engagement et les performances des agents. Le but poursuivi est de détacher chaque enseignant de son statut et des droits collectifs qui s’y rattachent, de le placer progressivement dans une situation individuelle et contractuelle vis-à-vis de sa hiérarchie. Ce serait la voie ouverte à la division des enseignants. Les antagonismes individuels se substitueraient aux intérêts et aux solidarités collectifs concrétisés par les statuts.

Appeler les enseignants individuellement à ne pas signer le « pacte » est la négation du syndicat en tant qu’outil collectif de résistance et de combat.

La première responsabilité de notre fédération et de nos syndicats est d’exiger le retrait pur et simple du « pacte », machine de guerre contre les statuts enseignants.

Notre fédération et ses syndicats doivent impulser le front uni des organisations syndicales de l’enseignement pour imposer ce retrait. C’est le sens de la motion que nous présentons.

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Motion en défense des statuts enseignants, imposer le retrait du « pacte »

Considérant que le « pacte » signe l’arrêt de mort du statut des professeurs dans le primaire, le secondaire et l’enseignement professionnel, le CDFN de la FSU réuni les 23 et 24 mai 2023 exige le retrait pur et simple du « pacte » enseignant.

Le CDFN de la FSU mandate le secrétariat pour impulser, avec les syndicats de la FSU, un front uni des organisations pour imposer ce retrait.

(Pour : 4 / Contre : 63 / Abstention :  0 / Refus de vote : 29)

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Présentation de la motion contre la répression en Iran

La mort de Mahsa Amini en septembre sous les coups de la police de Téhéran a provoqué un immense soulèvement de la jeunesse et de minorités opprimées.

La répression a été féroce : des centaines de morts, des milliers d’arrestations et des exécutions barbares ont entraîné un reflux des manifestations.

Mais la dégradation de la situation économique a déclenché, fin avril, une flambée de grèves dans le secteur du pétrole, de la métallurgie ou encore des transports, accentuant également les tensions dans les universités et les lycées.

L’État iranien accentue sa répression : 3 nouvelles exécutions de manifestants, 4 000 grévistes du pétrole licenciés, de nouvelles arrestations de dirigeants syndicaux, les persécutions qui continuent de frapper les femmes qui dérogent au code vestimentaire…

Malgré la férocité du régime des mollahs, la classe ouvrière et la jeunesse ne se résignent pas. A la veille de leur exécution les 3 jeunes condamnés ont lancé un appel et dans la soirée du 17 mai des centaines de personnes se sont rassemblées devant la prison où ils étaient emprisonnés et ont affronté les groupes armés bassidji. 

Les masses iraniennes cherchent à s’organiser, en particulier au niveau syndical, avec des mots d’ordres mettant en cause le pouvoir.

La presse française est très discrète sur ce qui se joue en Iran. Forcément ! Mieux vaut cacher un mouvement qui remet en cause les privatisations, l’exploitation capitaliste, qui revendique l'échelle mobile des salaires ou le contrôle ouvrier sur la production !

De notre côté, en tant qu’organisation syndicale, on ne peut se satisfaire d’une simple condamnation comme le fait le message du Collectif syndical français du 1er mai ou d’une pétition qui ne fait pas l’objet d’une vraie campagne de masse auprès de la classe ouvrière française.

La solidarité internationale de tous les travailleurs exige que tout soit mis en œuvre pour briser le mur du silence derrière lequel se trouvent les travailleurs et la jeunesse d’Iran, et matérialiser par des actes cette solidarité.

C’est pourquoi le courant Front Unique propose que le CDFN se prononce pour que la FSU contacte l’ensemble des organisations syndicales afin d’organiser, dans les plus brefs délais un rassemblement devant l’ambassade d’Iran, en portant les exigences suivantes :

- Arrêt immédiat de toutes les exécutions,

- Libération immédiate de tous les emprisonné(e)s pour fait de grève ou de manifestation.

- Reconnaissance du droit des travailleurs et des travailleuses du public comme du privé et des étudiant(e)s de former leurs organisations syndicales indépendantes du gouvernement,

- Fin des discriminations concernant les femmes et les minorités nationales.

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Motion en soutien à la classe ouvrière et la jeunesse d’Iran

Le CDFN de la FSU réaffirme son plein soutien à la classe ouvrière et à la jeunesse d’Iran qui, malgré une sanglante répression, poursuivent leur combat contre la dictature de la République Islamique.

Il se prononce pour :

- l'arrêt immédiat de toutes les exécutions,

- la libération immédiate de tous les emprisonné(e)s pour fait de grève ou de manifestation.

- la reconnaissance du droit des travailleurs et des travailleuses du public comme du privé et des étudiant(e)s de former leurs organisations syndicales indépendantes du gouvernement,

- la fin des discriminations concernant les femmes comme les minorités nationales.

Le CDFN mandate le secrétariat pour qu’il contacte l’ensemble des organisations syndicales pour organiser un rassemblement devant l’ambassade d’Iran sur ces exigences.

(Pour : 7 / Contre : 85 / Abstention :  0 / Refus de vote : 4)

 

 

 


 

 

Intervention du courant Front Unique à la CA du SNCS-FSU, le 12 mai 2023

 

Le 14 avril, dès que le constitutionnel l’a eu validée, Macron a promulgué sa loi contre les retraites. Pour les travailleurs qui ont manifesté par centaines de milliers c’est une dure défaite. Dès le 1er septembre ils devront travailler plus longtemps sous peine de voir leur retraite encore réduite.

Avec la fermeture des régimes spéciaux, le gouvernement sort vainqueur d’une confrontation qui dure depuis 1995 face aux corporations les plus combatives du prolétariat, les cheminots, la RATP etc.

Fort de cette victoire, dès le 17 avril, Macron est reparti à l’offensive pour continuer à laminer nos acquis sociaux.

Alors il faut tirer les leçons de cette défaite, faire le bilan de la stratégie de l’intersyndicale.

Pour défaire le gouvernement, il fallait l’affronter, aller là où cela se décide. C’est pourquoi dès le début, Front Unique a expliqué que la responsabilité des organisations syndicales était d'organiser la manifestation centrale devant l'Assemblée Nationale.

L'intersyndicale s'y est constamment opposée en proposant une succession de journées d'action, de grèves reconductibles, de blocages, un scénario qui a toujours conduit à la défaite comme en 2003, 2010 et 2019. Elle a tourné le dos à l’affrontement avec le gouvernement.

Ainsi le 16 février, alors que l’Assemblée nationale était en pleine discussion sur cette réforme, les dirigeants syndicaux sont allés manifesterà Albi à 700 km du Palais Bourbon.

Le 16 mars au soir après le coup de force du 49 ter, ils ont refusé d’appeler à toute « GROSSE manifestation à Paris », le lundi 20 mars, comme l’a expliqué le secrétaire général de la FSU dans une note interne. C’était le jour où par le jeu des motions de censure la loi devait être définitivement adoptée.

L’intersyndicale a laissé la rue à un déploiement des forces de l’ordre inédit pour protéger les centres du pouvoir, elle s’est tue face à la répression des manifestants, elle s’est tue face au déchaînement de la violence policière à Sainte Soline le 25 mars.

Les directions syndicales, nient cette défaite, appellent à de nouvelles actions comme le 6 juin. Mais en même temps, elles acceptent de conforter la 1ère ministre Borne en acceptant son invitation des 16 et 17 mai. Ce qui est à l'ordre du jour, c'est l'accompagnement et la caution à la mise en œuvre de sa feuille de route définie par Macron pour les jours à venir.

Tout d’abord, il veut promulguer les 31 décrets de sa loi retraite pour qu’elle s’applique le 1er septembre 2023. Il a annoncé de nouvelles dispositions contre les immigrés, contre les chômeurs contre les bénéficiaires du RSA.

Il déploie une attaque en règle contre l'enseignement professionnel qu’il veut sortir de l’éducation nationale pour livrer la jeunesse des milieux populaires à l’exploitation dès leur plus jeune âge. 80 filières seront fermées dès la rentrée et les professeurs concernés doivent trouver un point de chute.

Borne a sommé ses ministres de réduire de 5 %, les budgets dans tous les ministères.

Comme l’ensemble des travailleurs, les fonctionnaires connaissent une énorme perte de pouvoir d'achat que seule l'indexation des salaires, donc du point d’indice, par rapport à l'inflation pourrait interrompre.

Le gouvernement a de tout autres projets pour les fonctionnaires. Son ministre Guérini a annoncé des « discussions » avec pour but toujours plus de primes pour « valoriser le mérite, les résultats de la performance etc » ; le recrutement par la voie de l’apprentissage, la validation des acquis, les voies de recrutement local. Bref en finir avec le statut de fonctionnaire.

Alors que signifie la lettre que les directions syndicales de la fonction publique viennent d’envoyer à Guérini qui épouse ses vœux de concertation et où il n’est même plus question de retrait de la réforme des retraites ?

Dans l’ESR se prépare une offensive d’ampleur avec le rapport Gillet qui vise à lever le dernier verrou vers sa dislocation et sa privatisation avec la transformation du CNRS en agence de programme, en faisant passer les opérateurs de recherche sous la coupe des universités ce qui signifie la mutualisation des personnels, la fin des statuts nationaux.

Tirer le bilan des retraites signifie qu'il n'est pas possible de pactiser avec ce gouvernement. Notre syndicat et notre fédération doivent affirmer qu'ils exigent l'abrogation de la loi retraites, qu'ils refuseront donc de collaborer NI à sa mise en œuvre, ni à la destruction des statuts de la fonction publique, ni à la destruction du CNRS en s’impliquant dans le jeu de la préparation du rapport Gillet, qu’il faut dénoncer dès maintenant.

 

 

 

 


 

Motion adoptée par le conseil syndical du SNUipp du Puy-de-Dôme, le 2/05/2023

Le conseil syndical de la FSU-SNUipp 63, réuni le 2 mai 2023 à Clermont-Ferrand se prononce :

- pour l’abrogation de la loi de réforme des retraites,

- contre la participation à toutes discussions sur les décrets d’application de cette loi.

Il appelle le conseil national et le secrétariat national de la FSU-SNUipp à reprendre cette position et à œuvrer au sein de la FSU pour qu’elle en fasse de même.

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 339 - 3 avril 2023 :

[Version pdf]

 

La FSU doit refuser de participer à la réunion à Matignon le 5 avril,
et s’adresser aux autres directions syndicales pour qu’elles fassent de même

Déclaration du courant Front Unique, le 3 avril 2022

Depuis 2 mois et demi des millions de travailleurs et de jeunes combattent pour le retrait de la contre-réforme des retraites du gouvernement Macron-Borne.

Mais malgré des manifestations massives convoquées dans le cadre de dix journées d’actions, le gouvernement est parvenu à son objectif, l’adoption le 20 mars de sa réforme par le recours au 49.3.

En complément, le gouvernement a multiplié des violences policières inouïes, particulièrement contre les jeunes, dans les manifestations contre la réforme des retraites.

A Sainte-Soline, les policiers et les gendarmes se sont déchaînés avec la volonté de terroriser et de blesser grièvement les manifestants.

Pourtant, l’Intersyndicale n’a pas réagi à ce déferlement de violences policières alors que la Ligue des droits de l’homme et même le Conseil de l’Europe les ont dénoncées.

Le gouvernement tout en assumant pleinement cette terrible répression généralisée veut également prouver qu’il est capable d’obtenir des dirigeants syndicaux qu’ils reprennent la concertation après l’adoption de la réforme des retraites.

Tant Macron que la 1ère ministre ont répété qu’il n’y aurait ni pause, ni suspension de la réforme.

Dans une interview au quotidien La Montagne le 1/04, Borne indique que l’objet de la réunion de mercredi, c’est en fait la discussion sur la mise en œuvre de sa réforme, la discussion sur ses décrets d’application : « Cette loi est adoptée… ça n’existe pas de faire une pause… il y a toute une discussion qu’il faut qu’on ait pour être bien d’accord sur qui cela concerne par des décrets »

Le cadre de la réunion de mercredi à Matignon est donc on ne peut plus clair.

Si clair que PS, PCF, LFI ont déclaré qu’ils boycotteraient cette invitation.

Or à la suite de Berger de la CFDT et de certaines autres organisations syndicales, Sophie Binet, nouvelle secrétaire générale de la CGT a annoncé que l’Intersyndicale unie se rendrait à la réunion du mercredi 5 avril, convoquée par Borne. Aussitôt la 1ère ministre s’est réjouie de cette participation annoncée.

La FSU n’a pas à être embarquée par cette annonce faite en clôture du congrès de la CGT.

On ne peut pas être pour le retrait de la réforme et simultanément apporter un soutien au gouvernement que l’on combat par la participation à sa réunion du 5 avril. Qui plus est, la veille d’une nouvelle journée d’action.

Nous réitérons la conclusion de notre intervention au Bdfn du 27 mars :

« Alors que, depuis plus de deux mois, les travailleurs et la jeunesse se mobilisent pour le retrait de la contre-réforme des retraites, alors que la répression atteint son paroxysme, accepter de discuter avec le gouvernement constituerait un acte de trahison pur et simple.

La responsabilité du BDFN de la FSU est claire : c’est d’affirmer que le préalable à toute discussion avec le gouvernement, c’est le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites. Et les représentants de la FSU doivent porter ce mandat au sein de l’intersyndicale.

Tout autre positionnement fournirait à Macron un soutien précieux, voire décisif. »

Le courant Front Unique demande instamment au secrétariat général de la FSU qu’il décide de boycotter la réunion du mercredi 5 avril à Matignon et qu’il s’adresse aux directions des autres organisations de l’Intersyndicale pour qu’elles fassent de même. Il ne peut y avoir de discussions avec le gouvernement sans le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites.

 


 

Intervention du courant Front Unique au Conseil national de la FSU, le 14 mars 2023

Ce CDFN de la FSU se tient alors que Macron et son gouvernement semblent en mesure de faire adopter définitivement leur projet de contre-réforme des retraites dans les jours qui viennent.

S’ils y parvenaient, cela constituerait non seulement un coup majeur porté aux travailleurs, mais aussi un point d’appui pour décupler l’offensive tous azimuts contre les autres acquis ouvriers, contre les services publics et les statuts des fonctionnaires, contre les travailleurs immigrés, contre les libertés démocratiques et droits ouvriers à commencer par le droit de grève.

Des dizaines de mesures et de projets réactionnaires sont actuellement suspendus au-dessus de la tête des travailleurs et des jeunes comme autant d’épées de Damoclès. Les conditions dans lesquelles les travailleurs et la jeunesse pourraient s’efforcer d’en parer les coups dépendent totalement de la victoire ou de la défaite sur la question des retraites en ce moment crucial. Inutile, donc, de parler d’autre chose.

Depuis janvier, par centaines de milliers, les travailleurs ont démontré à de nombreuses reprises leur disponibilité pour le combat, par des manifestations massives. Ils ont dans le même temps clairement rejeté les propositions de « grève reconductible » et autres opérations de dispersion, convaincus par l’expérience que ces dispositifs ne menaient qu’à la défaite.

L’évidence aurait dû conduire depuis longtemps les dirigeants syndicaux à œuvrer au rassemblement de cette force là où les choses se décident : à l’Assemblée Nationale. Il serait encore possible, dans l’urgence absolue, qu’une manifestation aussi massive que possible y soit convoquée, dans le but d’interdire l’adoption du projet. Ce devrait être la seule responsabilité de ce CDFN que d’y appeler.

Ce n’est pas le dispositif retenu à ce jour par l’intersyndicale, au contraire : Benoît Teste nous apprend que le 16, date potentielle d’adoption définitive de la loi, les dirigeants de l’intersyndicale prévoient d’aller se pavaner, seuls, devant l’Assemblée, pour une conférence de presse. Les travailleurs seraient, eux, invités à se rassembler sur les « places publiques »… à l’exception d’une seule : le parvis de l’Assemblée !

Ce n’est pas le dispositif retenu par le projet de texte « Action », qui semble tenir l’adoption définitive du projet de loi comme une certitude et agite pour une date ultérieure la perspective d’une « manifestation nationale à Paris » une fois que les carottes seraient cuites !

Si une défaite devait être infligée aux travailleurs, faute de réel appel au combat, les dirigeants syndicaux en porteraient l’entière responsabilité.

 

 

 



 

Lettre de Liaison N° 338 - 27 mars 2023 :

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Dirigeants syndicaux, aucune discussion avec le gouvernement 
sans le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites !

Intervention du courant Front Unique au Bureau National de la FSU, le 27 mars 2023

En recourant au 49.3, Borne a démontré que la contre-réforme des retraites, rejetée par l’immense majorité des travailleurs et des jeunes, ne disposait pas de majorité à l’Assemblée.

Les manifestations massives du 23 mars, nourries par un afflux d’étudiants et de jeunes travailleurs, ont exprimé partout avec vigueur, le rejet du gouvernement, de son 49.3 et celui de Macron lui-même.

Pris en tenaille entre une crise politique au sein des partis de la bourgeoisie et la persistance des mobilisations, Macron se retrouve en difficulté et son gouvernement en sursis.

Les dirigeants de l’intersyndicale ont toutes les cartes en mains pour pousser l’avantage et répondre à l’aspiration exprimée par la manifestation semi-spontanée de la place de la Concorde, le 16 mars. Pour cela, ils devraient appeler, enfin, à une manifestation massive à Paris, au siège du pouvoir, pour le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites.

Mais dans son communiqué du 23 mars, l’Intersyndicale, outre la convocation d’une énième « journée d’actions » le 28, met le sort de la mobilisation entre les mains du Conseil Constitutionnel, comme le souhaite Macron. Or ce Conseil constitutionnel est le garant de la constitution anti-démocratique de la Vème république avec son 49.3 rejeté avec éclat par les travailleurs et les jeunes.

Et il faudrait s’en remettre à cette instance et à cette constitution plutôt qu’aux moyens de la lutte des classes !

Et comment admettre le total mutisme de l’Intersyndicale le 23 mars à propos des violences policières. Et ce alors que le gouvernement recourt à la répression généralisée contre les manifestants.

Un militant de SUD Rail éborgné, un pouce arraché pour une collègue AESH, des centaines de travailleurs et jeunes molestés, la multiplication des arrestations arbitraires et des gardes à vue, des dizaines de manifestants déférés devant les tribunaux, la liberté de manifester piétinée notamment à Paris, des entraves aux mobilisations étudiantes avec des fermetures administratives de facs, les cours en distanciel et des interventions policières sur les campus.

Et ce samedi 25 dans les Deux-Sèvres, flics et gendarmes se sont déchaînés contre les manifestants en en blessant 200 dont un entre la vie et la mort.

Tout cela impose aux dirigeants syndicaux de condamner vigoureusement et solennellement cette répression, d’exiger le respect du droit de manifester et la levée de toutes les poursuites .

Enfin, parce qu’il est en difficulté, Macron cherche un point d’appui du côté des directions syndicales. Il leur a fait savoir sa disponibilité et celle du gouvernement pour reprendre le « dialogue » sur tous les sujets… à l’exception de la contre-réforme des retraites !

Berger de la CFDT a fait savoir sur BFM qu’il y était disposé… après un « délai de décence », façon de dire qu’il faut d’abord enterrer la mobilisation. Et la potentielle future secrétaire générale de la CGT, Marie Buisson, est allée dans le même sens sur France Info. Au lieu de l’exigence de retrait, Berger propose une pause ou une suspension et notre secrétaire général vient d’avancer une proposition de moratoire.

Alors que, depuis plus de deux mois, les travailleurs et la jeunesse se mobilisent pour le retrait de la contre-réforme des retraites, alors que la répression atteint son paroxysme, accepter de discuter avec le gouvernement constituerait un acte de trahison pur et simple.

La responsabilité du BDFN de la FSU est claire : c’est d’affirmer que le préalable à toute discussion avec le gouvernement, c’est le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites. Et les représentants de la FSU doivent porter ce mandat au sein de l’intersyndicale.

Tout autre positionnement fournirait à Macron un soutien précieux, voire décisif.

 


Motion adoptée par le Conseil syndical du SNUipp63, le 28 mars

Le conseil syndical de la FSU-SNUipp 63 réuni le 28 mars 2023 constate que :

Macron a décidé de s’en prendre frontalement aux travailleurs et à la jeunesse :

Le conseil syndical de la FSU-SNUipp 63 réuni le 28 mars 2023 à Clermont-Ferrand exprime sa colère face aux violences policières et s’adresse au secrétariat général du FSU-SNUipp pour qu’il condamne sans la moindre ambiguïté la violence d’état perpétrée par ce régime, et qu’il s’adresse à l’ensemble des directions des organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.

(Résultat du vote de la partie ci-avant : Pour : 12 / Contre : 0 / Abstention : 0 / Refus de vote : 0)

Par ailleurs, le gouvernement Macron Borne persiste et signe dans ses dernières déclarations sur sa volonté de maintenir cette contre-réforme des retraites.

Aussi, le Conseil syndical de la FSU-SNUipp 63 s’adresse au secrétariat national de la FSU-SNUipp ainsi qu’au secrétariat national de la fédération pour qu’aucune discussion ne s’engage sur quelque sujet que ce soit avec le gouvernement tant que la réforme des retraites n’a pas entièrement été retirée.

(Résultat du vote de la partie ci-avant : Pour : 8 / Contre : 0 / Abstentions : 4 / Refus de vote : 0)

Enfin le caractère particulièrement massif des manifestations des 23 et 28 mars montre qu’il est encore possible de défaire le gouvernement. Mais pour cela il faut se rendre en masse là où cela se décide aujourd’hui, c’est à dire au siège du pouvoir.

C’est la raison pour laquelle le Conseil Syndical du FSU-SNUipp 63 s’adresse au secrétariat national du FSU-SNUipp pour qu’il se prononce pour l’organisation d’une manifestation centrale à plusieurs centaines de milliers au siège du pouvoir et qu’il agisse auprès des directions de la FSU, de la CGT, de FO, de SUD, de l’UNEF, des organisations lycéennes, et de l’ensemble des organisations syndicales pour qu’ensemble, elles appellent et organisent cette manifestation centrale en vue d’imposer :

(Résultat du vote de la partie ci-avant : Pour : 3 / Contre : 2 / Abstentions : 7 / Refus de vote : 0)

 

 


Lettre de Liaison N° 337 - 17 mars 2023 :

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A bas le putsch 49-ter contre nos retraites ! Retrait de la réforme Macron-Borne !
C’est sur ces mots d'ordre que les directions syndicales doivent appeler
à manifester en masse à l’Assemblée nationale, ce lundi 20 mars.

Intervention du courant Front Unique à la CA du SNCS-FSU, le 17 mars 2023

Plus que jamais la réforme des retraites fait l’objet d’un rejet massif et général dans tout le pays. Mais hier, Borne a annoncé le recours au 49 ter pour faire passer sa loi.

Elle a avoué cyniquement qu'elle y recourait car si sa loi avait été soumise au vote des députés, elle aurait été minoritaire. Cela signifie que Macron et Borne ont décidé d’imposer la réforme, non seulement contre l'immense majorité de la population laborieuse, mais même contre la majorité des députés.

 

La chose doit donc être qualifiée : Macron et Borne entendent se livrer à un véritable putsch, un véritable coup d'état contre nos retraites.

La réaction contre ce putsch a immédiatement démarré à travers le rassemblement Place de la Concorde, à deux pas de l'Assemblée protégée par les flics de Darmanin. Ce rassemblement a été alimenté par un flot de milliers d’étudiants, notamment en provenance de la Sorbonne.

Dans la soirée, la répression s’est abattue sur ce rassemblement et les flics ont procédé à plus de 200 interpellations.

Le matin même, les forces de l’ordre étaient déjà violemment intervenus contre le piquet de grève des éboueurs qui bloquaient leur dépôt à Vitry-sur-Seine. Aujourd’hui, commence la réquisition des éboueurs parisiens, comme l’a décidé Darmanin.

 

Pour des milliers de travailleurs, de jeunes, qui ont vu ces rassemblements à la télé, sur les réseaux sociaux, c’est l’évidence, c’est à l’Assemblée Nationale qu’il faut aller. C’est là que se joue l’avenir de nos retraites, c’est là qu’il faut aller pour faire plier le gouvernement !

Lundi, aura lieu le vote des "motions de censure", émanant de tous les horizons. La responsabilité des organisations syndicales n'est pas de se déterminer par rapport aux dites "motions de censure".

 

Mais lundi, le rejet probable de ces motions achèvera la mise en œuvre du 49-ter afin que la loi soit définitivement adoptée.

C’est le moment où va s’accomplir le putsch contre nos retraites. Et là, la responsabilité des organisations syndicales est totalement engagée.

Comment comprendre l’appel des directions syndicales pour jeudi, une fois que le gouvernement aura parachevé son forfait ?

 

C'est lundi, qu’elles doivent appeler, travailleurs et jeunes, à manifester en masse devant l'Assemblée Nationale sur les mots d'ordre :

A bas le putsch contre nos retraites ! Retrait de la contre-réforme Macron-Borne !




Lettre de Liaison N° 336 - 8 mars 2023 :

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Depuis janvier, nous combattons pour imposer aux dirigeants syndicaux qu’ils convoquent une manifestation massive à l’Assemblée pour empêcher l’adoption du projet de loi retraites. Nous sommes encore intervenus en ce sens ce 8 mars au Bureau national de la FSU, alors que l’échéance du vote de la loi à l’Assemblée est toute proche.

Intervention du courant Front Unique au BN de la FSU, le 8 mars 2023

Le rejet de la contre-réforme des retraites est massif et général. Mais si le gouvernement est bien obligé de l’admettre, il reste pleinement déterminé à obtenir la transformation de son projet en loi.

Dans notre pays, c’est en premier lieu l’Assemblée nationale qui assure cette transformation. Au sein de cette assemblée, siège une majorité de députés qui ont en commun la volonté de réduire en miettes l’ensemble des acquis sociaux.

Qui peut admettre que cette majorité, totalement au service des capitalistes, puisse saccager le sort de tous ceux qui ont trimé tout au long de leur vie ?

Alors pour les responsables des organisations syndicales, il ne devrait y avoir qu’un seul problème à résoudre : « Comment empêcher que le projet scélérat du gouvernement acquière force de loi ? »

Pour les militants du courant Front Unique, la réponse est assez évidente :

« Il faut empêcher, il faut interdire à l’Assemblée nationale la possibilité de voter ce projet. Et pour ce faire, il faut que des centaines de milliers de manifestants soient rassemblés devant et contre l’Assemblée. »

Prétendre vouloir bloquer l’économie en laissant à chacun, ici et là, le choix de ses initiatives, c’est la négation du combat du tous ensemble, au même moment, au bon endroit. Et c’est faire porter aux travailleurs la responsabilité de la défaite.

Prétendre vouloir bloquer le pays à l’exclusion de l’Assemblée où se joue pourtant l’adoption de la loi, c’est se moquer cyniquement du monde.

Depuis des semaines, travailleurs, retraités et jeunes ont répondu aux appels à manifester. Nettement moins aux appels à la grève parce que l’expérience leur a prouvé que les journées d’actions à répétition ont toujours conduit à la défaite.

Le calendrier parlementaire offre au gouvernement la possibilité de faire adopter son projet à l’Assemblée dès le 16 mars, en cas d’accord au sein de la commission mixte paritaire. En cas de désaccord, le sursis ne serait que de quelques jours et le processus s’achèverait le 26 mars au plus tard.

Il existe donc encore une ultime possibilité de vaincre le gouvernement. Elle est entre les mains des dirigeants syndicaux, certainement pas en quémandant de Macron un rendez-vous.

Pas plus qu’en essayant de convaincre les députés ennemis acharnés des travailleurs de changer de camp.

Non, la seule possibilité qui demeure pour très peu de temps encore, c’est que les dirigeants syndicaux convoquent immédiatement une immense manifestation centrale à l’Assemblée nationale.

Le Bureau national doit se prononcer en ce sens dès maintenant et soumettre sans délai cette proposition aux directions des autres organisations syndicales.

 

Motion soumise au vote du BN de la FSU

Le BDFN de la FSU, réuni le 8 mars 2023, se prononce pour l’organisation, dans les plus brefs délais, d’une manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour empêcher le vote du projet de loi retraites.

(Pour : 2 / Contre : 21 / Abstention : 1 / Refus de vote : 9)







Texte d’orientation Front Unique (Consultation interne du SNUipp-FSU du 13 mars au 3 avril)

Pour empêcher l’adoption de la contre-réforme des retraites,

les directions des organisations syndicales doivent appeler,

de tout urgence et avant la fin du processus parlementaire,

à une immense manifestation nationale à l’Assemblée

 

Suppression de 1 100 postes, fermeture de milliers de classes, loi Rilhac , « Pacte » anti-statut du « travailler plus pour perdre moins », nouvelles évaluations… : un vrai programme de guerre contre l’école et ses enseignants ! Dans ce contexte, l’issue de l’affrontement sur la réforme des retraites sera déterminant.

Les 19 et 31 janvier, les 7 et 11 février, travailleurs et jeunes ont massivement exigé le retrait pur et simple et en totalité de la contre-réforme des retraites Macron-Borne.

Malgré ce rejet général, le gouvernement reste pleinement déterminé à faire passer sa réforme. Avec en particulier : le recul à 64 ans de l’âge de départ, l’accélération de l’allongement à 43 ans de la durée de cotisation et la disparition des régimes spéciaux pour les nouveaux recrutés.

Le gouvernement a minutieusement élaboré son plan de bataille.

Il a d’abord obtenu que les représentants syndicaux acceptent une concertation de 3 mois à l’automne alors que les objectifs de la contre-réforme avaient clairement été présentés par Macron.

Le courant Front Unique avait dénoncé alors la participation des représentants syndicaux à cette concertation.

Maintenant le gouvernement Macron-Borne se concentre sur son unique objectif : transformer son projet en loi.

Pour cela, il maîtrise complètement le processus parlementaire en utilisant toutes les ressources anti-démocratiques de la Vème République. La première étape consistait à présenter en séance à l’Assemblée nationale, le projet de réforme, du 6 au 17 février inclus.

C’était donc, particulièrement durant cette période, que les directions syndicales avaient la responsabilité d’organiser une immense manifestation nationale à l’Assemblée pour interdire l’adoption de la réforme des retraites.

Seuls, les militants du courant Front Unique ont combattu pour qu’un tel appel ait lieu.

Ils l’ont fait au Conseil national de la FSU, les 24 et 25 janvier. Puis encore au Bureau national de la FSU le 6 février. Mais les dirigeants de notre fédération ont rejeté cette perspective.

Les militants de notre courant sont aussi intervenus, partout où ils le pouvaient, pour obtenir des prises de positions analogues. Ainsi des assemblées de personnels dans des établissement du secondaire ou dans des universités se sont prononcées en ce sens, tout comme le conseil syndical du SNUipp-FSU de l’Hérault.

Mais au lieu de se focaliser sur l’Assemblée et bloquer le processus qui s’y déroule, les dirigeants syndicaux ont multiplié les appels à manifester ailleurs. Ainsi, le 16 février, veille de la fin de l’examen à l’Assemblée, ils ont annoncé qu’ils ne manifesteraient même pas à Paris, mais à Albi !

Les travailleurs ont l’expérience de ces mouvements qui égrènent des journées d’action et de grèves hachées. Ils ont l’habitude de ces appels à manifester partout, sauf là où ça se décide, quand ça se décide.

Ils ont éprouvé en 2003, en 2010 et en 2019, la stratégie des grèves à répétition, dites reconductibles, ou chacun décide de faire grève, s’il le veut, quand il le veut, dans des assemblées de moins en moins nombreuses. Et ils ont constaté que cette stratégie conduisait immanquablement à la défaite.

Pour rendre possible la victoire, c’est une toute autre stratégie qui est nécessaire.

Celle du tous ensemble, au même endroit, au bon moment.

Puisque le processus parlementaire devrait s’achever vers le 20 mars, il est encore temps d’appeler à une manifestation nationale à l’Assemblée, avant cette date, pour empêcher l’adoption de la contre-réforme des retraites.

C’est la responsabilité des dirigeants syndicaux de lancer un tel appel.

Nous appelons les travailleurs à exiger d’eux qu’ils convoquent cette manifestation nationale à l’Assemblée, avant qu’il ne soit trop tard.

Soutenez cette orientation en votant Front Unique !






Lettre de Liaison N° 335 - 8 février 2023 :

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Alors que la contre-réforme des retraites est en discussion à l’Assemblée nationale,

la responsabilité des dirigeants syndicaux (CGT, FO, FSU…) est d’appeler,

de toute urgence, à une immense manifestation nationale devant l’Assemblée,

pour empêcher l’adoption de la contre-réforme des retraites.

Jusqu’à présent, ils s’y refusent : continuons le combat pour leur imposer !


Intervention du représentant du courant Front Unique

au Bureau National de la FSU, le 6 février

L’examen de la contre-réforme des retraites à l’Assemblée va commencer dans moins de deux heures. Chacun sait que c’est à l’Assemblée que le gouvernement espère obtenir une avancée déterminante pour son projet scélérat. C’est donc dès maintenant que les dirigeants des organisations syndicales doivent convoquer une immense manifestation nationale devant l’Assemblée, pendant le débat parlementaire, pour empêcher l’adoption de la réforme des retraites.

Cette perspective se retrouve dans des prises de position d’assemblées de personnels dont j’ai pris connaissance, comme au lycée Dumas d’Alès, au lycée Virlojeux de Riom, au lycée Mermoz de Montpellier, et au lycée de Chamalières. On la trouve également dans une motion adoptée par le conseil syndical du SNUipp34. Ainsi que dans des motions de personnels de l’ESR et d’étudiants comme à Saclay, Montpellier ou Lyon.

Parmi ces prises de position, je retiens particulièrement une motion provenant de l’assemblée générale de l’Université de Toulon où elle a été adoptée à l’unanimité moins 3 abstentions. L’AG avait été convoquée le 25 janvier par le Snesup-FSU, FO ESR, CGT Ferc-Sup et Sud Éducation.

La motion est titrée : « Retrait pur et simple du projet de « réforme » Macron-Borne contre les retraites ». Voici son contenu :

« Avec son projet de « réforme », le gouvernement Macron-Borne veut porter un violent coup contre nos retraites et veut aller très vite.

L’Assemblée Générale de l’Université de Toulon, réunie le 25 Janvier 2023, se prononce pour : le retrait pur et simple du projet de « réforme » des retraites ;

Cet objectif est celui de deux millions de salariés réunis le 19 Janvier, puis repris le soir même par l’Intersyndicale nationale.

Pour obtenir satisfaction, nous souhaitons que nos organisations syndicales nationales donnent une perspective nationale, centrale contre ce gouvernement qui reste déterminé.

A partir du 6 Février, le texte du projet de réforme sera discuté à l’Assemblée Nationale. C’est donc à l’Assemblée, là où cela se décide, qu’il faut réunir les salariés pendant le débat parlementaire.

Ainsi, nous nous adressons à l’ensemble des directions de nos organisations syndicales (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, etc.) :

Le mot d’ordre, c’est retrait du projet de « réforme » des retraites et donc vous ne devez accepter aucune discussion avec le gouvernement sur sa réforme qui n’est ni amendable, ni négociable ;

Urgemment, convoquez une immense manifestation nationale de centaines de milliers de personnes devant l’Assemblée Nationale pour imposer au gouvernement le retrait de son projet de « réforme ».

Mettez tout en œuvre et prenez toute initiative, dès maintenant, pour sa réussite.

Communiquez autour de cette perspective nationale en utilisant tous les moyens de communication possibles, notamment les réseaux sociaux. »

A ce jour, cette motion a été contresignée par 100 personnels de l’Université de Toulon. J’appelle le Bdfn à répondre à cette motion, en reprenant à son compte, par un vote, les demandes qui y sont formulées.

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Motion présentée au Bdfn de la FSU le 6 février 2023 (rejetée)

Le Bdfn de la FSU, réuni le 6 février 2023, a pris connaissance de la motion adoptée par l’AG des personnels de l’Université de Toulon le 25 janvier.

Le Bdfn reprend à son compte les demandes qui y sont formulées et en particulier la nécessité de convoquer de toute urgence « une immense manifestation nationale (…) devant l’Assemblée nationale pour imposer au gouvernement le retrait de son projet de "réforme" ».

Le Bdfn mandate le secrétariat général pour impulser ces positions à tous les niveaux.

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A ce stade, les dirigeants syndicaux refusent de convoquer la manifestation nationale à l’Assemblée qui permettrait d’empêcher l’adoption de la contre-réforme des retraites.

Le combat pour le leur imposer doit se poursuivre. Les prises de positions doivent se multiplier (dans les instances syndicales dans les assemblées de personnels, dans les manifestations, ...).

Ces prises de position doivent être systématiquement communiquées aux responsables syndicaux et si possible, des délégations doivent être organisées auprès d’eux pour les inciter à les adopter. Nous publierons sur notre site toutes les positions dont nous serons informés. Après celle du lycée d’Alès déjà publiée, en voici d’autres.

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Motion adoptée le 2 février par le conseil syndical du SNUipp-FSU de l’Hérault

A partir du 6 février, la contre-réforme des retraites va être examinée en séance à l'Assemblée nationale.

Pour empêcher son adoption, le conseil syndical du SNUipp-FSU34 s'adresse aux responsables syndicaux nationaux pour qu'ils organisent, de toute urgence, une immense manifestation nationale à l'Assemblée, pendant le débat parlementaire.

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Motion adoptée le 31 janvier par l’AG des personnels du Lycée Mermoz de Montpellier

Les personnels du lycée Mermoz réunis en assemblée générale ce mardi 31/01/23, ainsi que 14 AEDs du lycée, se prononcent pour le retrait pur et simple de la contre-réforme des retraites. En conséquence, ils s’adressent aux directions des organisations syndicales pour qu’elles reprennent le mot d’ordre de retrait dans l’unité, cela signifie aucune concertation avec le gouvernement !

Le gouvernement compte aller vite, comment arracher le retrait.Le texte vient d’être présenté en conseil des ministres. Dès le 6 février débutera l’examen du texte de la contre-réforme à l’Assemblée Nationale pour une présentation fin février au Sénat et une application dès septembre 2023.

Les travailleurs ont manifesté massivement le 19 janvier pour s’opposer à la contre-réforme,les directions nationales des organisations et confédérations syndicales doivent organiser de toute urgence une manifestation nationale massive à l’Assemblée Nationale, au moment où est discuté le projet,pour qu’il soit retiré.

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Motion adoptée le 30 janvier par les enseignants réunis au Lycée de Chamalières

Les enseignants du lycée polyvalent de Chamalières réunis en heure d'information syndicale s'adressent aux directions syndicales :

Appelez et organisez dès maintenant une manifestation centralisée à Paris en direction de l'Assemblée Nationale au moment de la discussion parlementaire pour exiger le retrait du projet de réforme des retraites.

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Motion adoptée le 24 janvier par l’AG de personnels et d’étudiants de l’Université Paris-Saclay

L'assemblée générale du plateau du Moulon (Gif/Yvette) réunissant étudiants et personnels ce 24 janvier 2023, se prononce pour le retrait de la contre-réforme des retraites. Il n'y a rien à discuter. 

Nous nous adressons aux directions des organisations syndicales pour qu'elles organisent une manifestation nationale à l'Assemblée nationale lors de la discussion parlementaire de cette contre-réforme.

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Motion adoptée le 16 janvier par les enseignants réunis au Lycée Virlogeux de Riom

Les enseignants réunis sur l’heure d’information syndicale au lycée Virlogeux le lundi 16 janvier se prononcent pour le retrait du projet de « réforme » des retraites Macron-Borne.

En conséquence, ils s’adressent aux directions des organisations syndicales :

- Pour qu’elles reprennent le mot d’ordre de retrait dans l’unité.

- Il ne peut être donc question de négocier sur un tel projet.

Le gouvernement compte aller vite, le projet doit être présenté à l’Assemblée fin-janvier, début-février. Les directions des organisations syndicales doivent donc préparer, organiser une manifestation centrale à Paris pour exiger le retrait du projet au moment de la discussion au Parlement.

 






Lettre de Liaison N° 334 - ESR - 26 janvier 2023 :

[Version pdf]

 


 

Pour le retrait pur et simple de la contre réforme  Macron-Borne des retraites,
dirigeants CGT, FO, FSU, UNEF, appelez à manifester par centaines de milliers
à l'Assemblée Nationale, au moment de la discussion parlementaire !

 

Intervention du représentant du courant Front Unique

au Conseil National de la FSU, le 24 janvier

Notre Conseil National se tient à un moment crucial. Chacun sait que la bataille des retraites sera décisive, autant pour le gouvernement que pour les travailleurs.

Si Macron parvient à faire passer sa réforme, il remportera une victoire politique considérable.

Et la voie lui sera ouverte pour lancer toutes ses autres contre-réformes.

Les travailleurs ont manifesté massivement le 19 contre le recul de l’âge de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisations. Le soir-même, l’Intersyndicale s’est prononcée, à juste titre, pour le retrait de la réforme des retraites. Le retrait pur et simple de la contre-réforme Macron-Borne, c’est bel et bien ce que veulent arracher travailleurs, grévistes et manifestants.

Mais le gouvernement reste déterminé et a soigneusement peaufiné son plan pour parvenir à ses fins.

Une étape essentielle en est l’adoption de sa réforme par l’Assemblée nationale.

Le débat en séance est prévu à partir du 6 février. Soit au début de la succession des périodes de vacances d’hiver pour les enseignants et les élèves. Un calendrier mûrement planifié.

Cyniquement, les ministres présentent la réforme comme « juste » et gage de « progrès social ».

Ils répètent qu’elle a fait l’objet de nombreuses concertations avec les représentants syndicaux. Concertations qu’ils proposent de poursuivre.

Notre Cdfn doit refuser clairement toute concertation sur cette réforme qui n’est ni amendable, ni négociable.

Une question s’impose : comment vaincre le gouvernement Macron-Borne et le contraindre à retirer sa réforme ?

Avant de répondre, il faut d’abord rappeler la stratégie qui – elle – conduit assurément à la défaite.

En 2019/2020, la volonté de combat était immense. Mais les responsables syndicaux ont déployé une succession de temps « forts » et de temps « morts », d’« actions diverses et variées », de « grèves reconductibles » etc. Au lieu du « tous ensemble » au même endroit, au même moment, c’était la promotion d’un combat désordonné. A la place d’un combat dur et centralisé, c’était l’appel à une mobilisation inscrite « dans la durée », éparpillant les forces et dilapidant les énergies, au lieu de les concentrer.

A cause de cette stratégie délétère, fin février 2020 avec le 49.ter, le gouvernement Macron-Philippe avait pu faire passer sa réforme à l’Assemblée. Et c’est l’irruption de la pandémie qui avait conduit Macron à modifier la hiérarchie de ses priorités.

A ce moment-là, il avait absolument besoin d’une unité nationale pour faire accepter de nombreuses mesures contre les travailleurs.

Et c’est pourquoi, il avait alors suspendu sa réforme.

La stratégie de 2019/2020 a conduit à la défaite. Comme déjà en 2010, avec pas moins de 11 manifestations décentralisées. Il faut absolument changer de stratégie tant qu’il est encore temps.

Alors comment vaincre le gouvernement Macron-Borne ?

La masse des travailleurs n’est pas disposée à se lancer dans un combat coûteux s’il est conduit sans aucune perspective de victoire. L’inflation pèse durement et le pouvoir d’achat s’effondre.

Pour le retrait de la réforme, si les travailleurs sont prêts à des sacrifices, c’est uniquement si la victoire est possible, pas si la défaite est certaine.

Puisque les députés vont examiner la réforme à partir du 6 février, c’est à l’Assemblée, pendant le débat – et pas un week-end –, que les travailleurs doivent se rassembler pour imposer son retrait.

De toute urgence, une immense manifestation nationale de centaines de milliers de travailleurs, doit être convoquée devant l’Assemblée Nationale, pour lui interdire de voter cette loi scélérate.

C’est la responsabilité de notre Conseil national de se prononcer pour cela.

Et nous devons mandater notre direction pour qu’elle s’adresse, sans délai, aux responsables des autres organisations syndicales pour qu’ils reprennent à leur compte cette proposition.

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Nous publions une motion des personnels d’un lycée du Gard :

 
Motion unanime des personnels du Lycée J-B Dumas d’Alès réunis en AG le 19/01

Les enseignants réunis  au lycée J-B Dumas le jeudi 19 janvier, se prononcent pour le retrait pur et simple du projet de « réforme » des retraites Macron-Borne.
En conséquence, ils s’adressent aux directions des organisations syndicales :

 - Pour qu’elles reprennent le mot d’ordre de retrait dans l’unité.
- Il ne peut être donc question de concertation avec le gouvernement sur un tel projet.

Le gouvernement compte aller vite, le projet doit être présenté à l’assemblée fin janvier, début février. br>LLes directions des organisations syndicales doivent donc préparer, organiser dès maintenant une manifestation centrale, rassemblant tous les secteurs de travail, à Paris devant l’Assemblée nationale pour exiger le retrait du projet au moment où elle y sera discutée.

(adoptée par la trentaine de personnels grévistes réunis en AG)

 

Nous invitons partout les collègues à reprendre à leur compte cette motion ou à adopter une prise de position similaire par tous les moyens appropriés (pétition aux dirigeants syndicaux, motion d'heures syndicales etc.).

Nous encourageons à transmettre ces prises de positions aux syndicats (au niveau local et national) et à nous les communiquer. Nous assurerons leur diffusion.

 

 


 

Au Conseil National de la FSU, les 8 et 9 novembre 2022,/b>

les délégués du courant Front Unique ont combattu pour que la FSU :

- œuvre à l’organisation une manifestation nationale unitaire au ministère pour imposer le retrait pur et simple de la contre-réforme des LP,

- refuse toute concertation sur la contre-réforme des retraites et en exige le retrait,

- impulse une manifestation de front uni à l’ambassade d’Iran contre la répression

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Intervention de la représentante du courant Front Unique dans le débat général (8 novembre)

En une semaine, Macron a fait adopter son budget 2023 et celui de la Sécu à coup de 49-3. Il l’a fait après la défaite des travailleurs de Total contre lesquels il a utilisé l’arme anti-grève de la réquisition. Ils n’ont pas même obtenu dans leur salaire le rattrapage du pouvoir d’achat perdu en 2022 et ce dans une entreprise aux profits insolents grâce à l’envolée des prix de l’énergie. C’est un signal donné à tous les travailleurs !

Le budget adopté signifie : pas d’augmentation du point d’indice des fonctionnaires en 2023. L’augmentation de 3,5 % de juillet dernier n’est même pas financée dans des secteurs entiers comme les universités. Cela représente pour elles une baisse brute de leur budget alors qu’elles sont déjà à l’os et confrontées à l’inflation de tous les coûts de fonctionnement. Les conseils de gestion des universités, avec la participation des représentants syndicaux, auront à gérer cette pénurie contre les étudiants et les personnels. Idem avec le budget de la Sécu : le gouvernement continue implacablement la démolition de l’hôpital public.

Le 26 octobre, Macron a expliqué qu’il allait continuer plus vite et plus fort, nous faire « travailler davantage », du plus jeune au plus vieux, en liquidant les acquis collectifs. Il a énuméré : après « la réforme de l’apprentissage, on doit aller au bout, [avec] la réforme du lycée professionnel et la réforme de l’assurance-chômage, puis [celle] des retraites. »

A ce sujet, son but est clair : reculer le départ à 65 ans , un recul de 4 mois par an, qui s’appliquera à tous, carrières longues etc... Macron s’est rangé à l’avis de Bayrou qui lui a dit : « la réforme est vitale mais pour qu'elle soit acceptée,  il faut la concertation avec toutes les forces économiques et sociales”. » Alors pourquoi la FSU prétend qu’elle pourrait améliorer les retraites, nos pensions en allant à ces concertations ?

La réponse de notre fédération n’est-elle pas évidente ? Retrait pur et simple de la réforme- destruction des retraites, refus de participer à toute concertation à ce sujet et appel au front uni avec la CGT et FO !

C’est encore avec la concertation, le dialogue social, que le gouvernement entend faire passer sa réforme-liquidation de l’enseignement professionnel.

Les personnels des lycées professionnels veulent combattre cette réforme car ils savent qu’elle signe l’arrêt de mort de l’enseignement professionnel. Le 18 octobre, ils ont fait grève à plus de 60 % et ils étaient des milliers à manifester contre cette « réforme ».

La CGT et le SNUEP-FSU ont quitté la première séance de concertations avec la ministre. Fort bien, ils déclarent avec raison : « Nous exigeons du ministère de l’Éducation nationale le retrait de son projet de réforme »

Alors pourquoi rajouter « et qu’il organise au plus vite de véritables groupes de travail en présence des syndicats » ? Comment les syndicats peuvent envisager de travailler sur l’avenir de l’enseignement professionnel avec ses liquidateurs ?

Alors comment gagner ?

Les personnels sont appelés à une journée de grève le 17 novembre, une redite de celle du 18 octobre, sans manifestation nationale ; puis à une manifestation nationale le 19, sans grève, à l'appel du seul SNETAA, un samedi quand tous les ministères sont fermés.

Ce qu’il faut c’est : un front uni pour le retrait intégral de ce projet. Aucune concertation, ni groupes de travail ! La responsabilité de la FSU est de centraliser et unir le combat de toute la profession dans une manifestation centrale au ministère pour exiger ce retrait.

Le gouvernement a engagé la plus violente offensive contre l’ensemble des droits du prolétariat. Il renforce les mesures de police anti-ouvrière et l’État policier lui-même et cible particulièrement la jeunesse.

Nanterre, Saint-Nazaire, Lyon…, la moindre mobilisation de lycéens est brutalement dispersée, chargée par la police armée de Flash-Ball, des adolescents sont arrêtés, placés en garde à vue, plus de 20 sont poursuivis judiciairement à Nanterre.

Au lendemain de la mobilisation écologiste à Sainte-Soline, sauvagement réprimée, Darmanin parle d’« écoterrorisme ». Cela signifie qu’il donne ordre à ses flics de traiter les manifestants comme des « terroristes » , soit une carte blanche à la violence policière !

Rien n’est possible sans la rupture avec ce gouvernement pour préparer l’affrontement contre lui, pour lui infliger une défaite. C’est le sens des motions de Front Unique à ce CDFN.

Une motion portera sur l’Iran. Le pouvoir théocratique y déchaîne une violente répression pour écraser le soulèvement populaire contre lui. Les lycéens, les étudiants, les enseignants sont en première ligne et paie le prix fort de cette répression.

Notre fédération ne peut se contenter de déclarations de principe. Elle se doit d’être à l’initiative d’un front uni des organisations du mouvement ouvrier et démocratique pour appeler à une manifestation de masse devant l’ambassade d’Iran pour exiger l’arrêt immédiat de cette sanglante répression.

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Présentation de la motion Front Unique sur la contre -réforme des LP (9 novembre)

Par leur mobilisation majoritaire, les professeurs des lycées professionnels ont montré qu’ils l’avaient parfaitement compris : la « réforme »-destruction des lycées professionnels, confie tous les leviers de la formation professionnelle des lycéens au patronat. Elle vise à porter l’estocade finale à l’objectif historique de l’enseignement professionnel public : une formation nationale et émancipatrice, sanctionnée par des diplômes nationaux, dégagée de la tutelle et des pressions patronales.

Annoncée par Macron en personne dès les premiers jours de la rentrée 2022, cette contre-réforme constitue aussi la pointe avancée de son offensive générale contre tout l’enseignement public et contre les statuts enseignants sous couvert de « refondation ». Ainsi, selon le Café pédagogique, 10000 PLP, un sur cinq, auraient vocation à être redéployés vers l’enseignement général. De même, l’annonce par Macron d’une demi-journée complète consacrée à l’ « orientation professionnelle » dès la 5è, sans doute largement ouverte aux « partenaires extérieurs », au détriment des enseignements disciplinaires.

Il faut se féliciter que le SNUEP-FSU dénonce aujourd’hui de « pseudo-concertations » autour des groupes de travail de Grandjean, en vue de mettre en œuvre la contre-réforme. La réalité est d’ailleurs que cette contre-réforme s’applique déjà en parallèle de ces pseudo-concertations : les nombreuses fermetures de lycées professionnels d’ores et déjà annoncées, les « expérimentations » sous tutelle hiérarchique qui doivent se mettre en place dès l’année prochaine en témoignent.

Il faut se féliciter que les principales organisations syndicales de l’enseignement professionnel public – SNETAA-FO, CGT Educ’action, SNUEP-FSU – ont toutes soit refusé de jouer le jeu du gouvernement, soit ont très vite quitté les négociations, ce qui crée les conditions d’un véritable front uni pour le retrait pur et simple de la contre-réforme.

Mais parce que Macron l’a annoncée en personne, jamais son gouvernement ne retirera son projet par le seul fait des habituelles « journées d’action ». L’affrontement est aussi nécessaire qu’inévitable. Il faut permettre que les forces dispersées constituées par les PLP soient regroupées, concentrées, et qu’elles offrent par la-même un point d’appui aux enseignants et aux personnels de l’enseignement public dans leur ensemble.

Cela ne sera pas possible par le biais des « journées d’action » à répétition ou les « grèves reconductibles » établissement par établissement. Cela ne sera pas davantage possible à travers la manifestation nationale appelée par le seul SNETAA, un samedi après-midi, loin de tous les lieux de décision qui seront fermés par ailleurs !

Ce qui est aussi nécessaire qu’indispensable, c’est l’organisation dans l’unité d’une manifestation nationale au ministère, là où Grandjean décide, et pour ce faire l’appel national à la grève. C’est ce que ce CDFN doit décider.

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Motion pour le retrait de la "réforme"-destruction des LP :

manifestation nationale au ministère

Le CDFN de la FSU considère à l'image du SNUEP-FSU que la "réforme"-destruction des lycées professionnels vise à porter un coup fatal à l'enseignement professionnel public. Il s'agit également de la pointe avancée d'une offensive générale contre tout l'enseignement public. En conséquence, la FSU exige le retrait pur et simple de ce projet.

Après la grève du 18 octobre qui a vu s'exprimer la volonté d'une large majorité des PLP dans le sens de ce retrait, les organisations syndicales les plus représentatives (SNETAA-FO, CGT Educ'action, SNUEP-FSU) ont soit refusé de participer aux "concertations" du 21 octobre, soit les ont quittées très vite.

Ni les "journées d'action" à répétition, ni les initiatives isolées ne permettront d'obtenir le retrait du projet Macron-Borne-Grandjean. Ce qui est à l'ordre du jour, c'est l'organisation dans les meilleurs délais de la centralisation du combat : par la grève et la manifestation nationale au ministère de Grandjean, dans l'unité des organisations syndicales (FO, CGT, FSU), pour le retrait du projet de "réforme". Le CDFN se prononce en ce sens.

(Pour : 3 / Contre : 79 / Abstentions : 2 / Refus de vote : 11)

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Présentation de la motion Front Unique pour le retrait de la contre-réforme des retraites

Macron a déclaré le 26 octobre, lors de son interview télévisé :

« A partir de 2023, nous décalerons de 4 mois par an l’âge de départ à la retraite... On passera en 2025 à 63 ans en 2028 à 64 ans en 2031 à 65 ans. »

Question : « Est ce que vous souhaitez un compromis avec les partenaires sociaux ? »

Réponse : « La concertation a commencé. Elle va se prolonger jusqu’à la fin de l’année. Si certains sont prêts à s’engager et dire : « on n’est pas prêt à aller à 65 ans, mais on veut bien aller à 64 ans et si vous faites ce geste (sic) on veut bien travailler un peu plus de trimestres. »

Macron est clair sur l’objectif de la réforme : reculer le départ en retraite à 65 ans et/ou allonger la durée de cotisation. Pourquoi ? parce que c’est le moyen le plus efficace de faire entrer de l’argent dans les caisses de l’état.

Macron est tout aussi clair sur le contenu de la « concertation ». Il ne peut s’agir d’autre chose que d’une concertation sur la façon de mettre en œuvre la contre-réforme.

C’est la même méthode à laquelle sont confrontés les personnels des LP. Et la réaction du SNUEP est tout à fait juste. Voilà comment il qualifie la concertation, je cite: « Pour la ministre, se concerter c’est s’accorder pour valider sa réforme », ou encore «  ces concertations portent en leur sein tous les dangers de la réforme ». C’est pourquoi le SNUEP en conclut qu’il ne peut participer à cette concertation.

La FSU ne peut pas faire moins sur le sujet des retraites. Elle doit quitter immédiatement la concertation sur les retraites et en exiger le retrait pur simple.

De plus, le secrétaire général a dit hier qu’il y a « 99% de chance pour que le gouvernement présente sa contre-réforme devant l’Assemblée Nationale en janvier sous forme d’amendement à la LFSS (loi de financement de la Sécurité sociale). »

C’est donc pour cette échéance que La FSU doit préparer l’affrontement contre le gouvernement pour obtenir le retrait de sa contre-réforme.

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Motion : Ni 65 ans, ni 64 ! Retrait pur et simple du projet de « réforme » des retraites Macron

Macron a déclaré vouloir décaler de 4 mois chaque année à partir de 2023 l’âge de départ à la retraite jusqu’à le porter à 65 ans en 2031. Il a indiqué que l’allongement de la durée de cotisation était aussi dans ses intentions.

Tels sont les objectifs de la concertation en cours qu’il a initiée.

Combattre le recul de l’âge de départ et l’allongement de la durée de cotisation implique de refuser la concertation dont l’objet est justement de préparer leur mise en œuvre.

En conséquence le Cdfn se prononce pour que la FSU rompe immédiatement la concertation initiée par le gouvernement Macron-Borne-Dussopt contre les retraites, et s’adresse aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.

Le Cdfn se prononce pour que dès à présent la FSU œuvre à la réalisation du front uni des organisations syndicales pour préparer l’affrontement avec le gouvernement pour imposer le retrait de sa contre-réforme des retraites.

(Pour : 5 / Contre : 59 / Abstention : 0 / Refus de vote : 31)

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Présentation de la motion Front Unique contre la répression en Iran

Le pouvoir iranien utilise tous les moyens barbares pour noyer dans le sang un soulèvement populaire d’une ampleur et d’une durée inédites depuis la révolution de 1979, confisquée par le clergé. 
Au premier rang des manifestations : des étudiantes, des lycéennes et même des collégiennes.

Contre le sort réservé aux femmes, c’est toute la jeunesse, privée d’avenir, qui s’est levée en masse.


La paupérisation s’accélère touchant la plupart des couches sociales, conduisant les plus pauvres vers la famine.

Des soulèvements populaires ont déjà éclaté en 2017 et 2019, ils furent réprimés dans le sang (1500 morts et 7000 emprisonnés en 2019).

Les mots d’ordre politiques « A mort la dictature », « Mort à Khamenei » expriment une rupture profonde avec le régime théocratique.

Dès le 25 septembre, à Paris, des milliers d’Iraniens se sont dirigés vers l’ambassade d’Iran. La police de Macron les a brutalement dispersés. Dans son communiqué du 26 septembre, la FSU fait porter la responsabilité de cette répression au préfet et demande à Macron de rectifier ce message.

Mais Macron a clairement manifesté son soutien au gouvernement assassin d'Iran en rencontrant le dirigeant ultraconservateur Raïssi, ce qui choqua de nombreux Iraniens comme le rapporte le journal Le Point.

Le peuple iranien n’a rien à attendre ni de l’État français, ni de la « communauté internationale » des États capitalistes. Le vrai soutien à la lutte du peuple iranien contre le régime théocratique ne peut venir que de la mobilisation internationale du mouvement ouvrier.

Le communiqué intersyndical du 4 octobre, dont la FSU est signataire, fait appel au gouvernement iranien pour qu’il arrête sa répression. Qui peut croire qu’il va être entendu ?

C’est en masse qu’il faut aller devant l’ambassade d’Iran pour exiger :

- l’arrêt immédiat de cette sanglante répression,

- la libération de tous les emprisonnés politiques,

- le droit de manifestation et d’organisation.

Et la FSU se doit d’être à l’initiative d’un front uni des organisations du mouvement ouvrier et démocratiques pour organiser une telle manifestation.

C’est par là que passe aujourd’hui la solidarité avec les femmes qui combattent en Iran pour leur émancipation. Il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard. La répression est féroce, le gouvernement traque, kidnappe, assassine, entasse dans des prisons surpeuplées, le moindre opposant, il déchaîne les forces de sécurité contre toute manifestation, encerclant et tirant à balles réelles, faisant des dizaines de morts.

C’est pourquoi je vous appelle à voter notre motion.

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Motion : A bas la répression en Iran

Le gouvernement iranien tente d'écraser dans le sang le soulèvement populaire déclenché par la mort de la jeune Mahsa Amini dans les mains de la police des mœurs, au motif d’un hidjab « mal porté ».

Les lycéennes, les étudiantes, les enseignantes sont en première ligne et paient le prix fort de cette répression ; notre fédération a une responsabilité particulière.

Le CDFN se prononce pour que la FSU soit à l’initiative d’un front uni des organisations du mouvement ouvrier et démocratiques pour appeler à une manifestation de masse devant l’ambassade d’Iran pour exiger :

  • l’arrêt immédiat de cette répression barbare,

  • la libération de tous les emprisonnés politiques,

  • le droit de manifester,

  • le respect des libertés ouvrières et démocratiques, en particulier la suppression de toutes les discriminations à l’égard des femmes.

    (Pour : 6 / Contre : 66 / Abstention : 0 / Refus de vote : 23)

 

 


 

 

Motions adoptées par le conseil syndical du SNUipp-FSU34, le 7 novembre 2022


Motion Iran

Le régime iranien réprime chaque jour dans le sang la jeunesse qui manifeste.

Les organisation syndicales doivent de toute urgence organiser à l’ambassade d’Iran à Paris une manifestation pour exiger :

- la libération immédiate de tous les emprisonnés politiques

- le droit de manifester

- les libertés démocratiques et en particulier la suppression de toutes les discriminations à l’égard des femmes.

Le conseil syndical du SNUipp-FSU34 demande au secrétariat général d’intervenir au sein des instances de la FSU en ce sens.

Adoptée à l’unanimité des 12 présents



Motion Retraites

 

Macron a clairement annoncé son projet de recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans conjugué possiblement à l’allongement de la durée de cotisation.
Ces objectifs caractérisent le cadre de la concertation que Macron a mis en place.

Combattre les attaques préparées par le gouvernement implique de quitter sans délai cette concertation.

Le conseil syndical du SNUipp-FSU34 demande au conseil national d’intervenir au sein des instances de la FSU pour que cette position soit adoptée.

Adoptée par 11 pour (1 abstention)

 

 


 

Lettre de Liaison N° 333 - 13 octobre 2022 :

[Version pdf]

 

Les syndicats l’enseignement professionnel se prononcent unanimement pour le retrait de la réforme-liquidation des lycées professionnels.

Alors, pour arracher ce retrait :

- que les directions syndicales appellent dans l’unité à la manifestation de toute la profession là où ça se décide : au ministère !

- qu’elles décident de boycotter la concertation visant à la mettre en place !


Le gouvernement Macron-Borne a décidé de mettre le coup de hache final contre les lycées professionnels.

Après la politique de financement à caisse ouverte de l’apprentissage alors que les LP étaient réduits à la portion congrue (financement jusqu’à 8 000 euros par an et par apprenti !), la réforme Macron-Borne n’est pas une « réforme de plus », c’est une mise à mort.

Le tract intersyndical du 11 octobre dit justement ce que signifie la « réforme » :

- augmentation de 50 % des stages en entreprise et diminution en conséquence des heures d’enseignement : donc, des centaines et des centaines de suppressions de postes, des mutations forcées en collège, en lycée notamment, sans compter l’appauvrissement de la formation des élèves ;

- les heures d’enseignement général en particulier seront placées au gré des disponibilités laissées par les stages, avec des horaires variables localement : donc dislocation des programmes nationaux, liquidation des diplômes nationaux, dont l’existence est décisive pour les conventions collectives nationales. En lieu et place des qualifications nationalement reconnues, l’adaptation étroite des jeunes aux besoins du patronat local à travers des « compétences » étroitement adaptées à un poste de travail ;

- détermination des sections en fonction des besoins du patronat local à travers l’élaboration des « cartes des formations » régionales. Le patronat étant invité à prospecter dès le collège à travers la « demi journée » hebdomadaire qui lui sera offerte en lieu et place de l’enseignement des disciplines ;

- substitution de moniteurs délégués par les patrons aux professeurs de lycées professionnels, fonctionnaires d’État protégés par un statut national.

C’est dans cette logique que Macron et Borne ont décidé de placer les Lycées professionnels sous la double tutelle du ministère du Travail et de l’Éducation nationale. D’ores et déjà tout se décide au ministère du Travail. C’est une régression de plus d’un siècle, le contrôle direct du patronat sur toute la formation professionnelle.

Pour les professeurs de lycée professionnel, l’accord qui s’est fait sur l’exigence du retrait de la réforme – qui est la conclusion du tract du 11 octobre – ne peut qu’être acté positivement.

Mais dès lors, une question se pose : comment arracher effectivement le retrait pur et simple de la contre-réforme ?

Chacun comprend qu’il serait parfaitement incompatible d’exiger d’un côté le retrait de la contre-réforme et de répondre positivement à l’invitation du gouvernement d’une « concertation » sur les modalités de sa mise en place.

Or c’est bien ce que propose le gouvernement . Voici un court extrait de la circulaire de la FSU rendant compte le 22 septembre de la rencontre avec Carole Grandjean, ministre  déléguée, chargée de l’enseignement et de la formation professionnels :

« Ancrage dans le dialogue social avec l’ensemble des partenaires de la VP (voie professionnelle). Se baser sur les initiatives territoriales. Timing : GT (groupes de travail) entre début octobre et début janvier pour mettre en œuvre les 3 gros chantiers annoncés ci-dessus (Stages, CDF (carte des formations), Grilles horaires)… Puis sûrement des GT à la suite mais le gros sera acté. »

Il n’y a donc pas la moindre ambiguïté sur cette concertation : il s’agit bien d’une concertation sur la mise en œuvre.

Il est donc nécessaire que les directions syndicales indiquent clairement, publiquement aux collègues : « Nous sommes pour le retrait donc nous ne nous rendrons pas à cette concertation ! »

C’est d’autant plus nécessaire que la lettre ouverte des directions syndicales à Carole Grandjean est loin de faire la clarté à ce sujet par exemple lorsqu’elles écrivent  dans leur lettre ouverte du 10 octobre :

« Les personnels des lycées professionnels découvrent au fil des interventions présidentielles les mesures phares d’une réforme qui s’impose sans concertation ».

Et lorsqu’ils rajoutent dans la même lettre :

« La diminution du temps scolaire et la disparition de certaines formations avec la restructuration des cartes de formation percuteront les enseignant·es de matières professionnelles pour qui le président a déjà annoncé un vaste plan de reconversion. L’expérience vécue dans ce domaine par nos collègues de Gestion-Administration nécessite des engagements fermes du ministère pour permettre de vraies reconversions et se donner les moyens d’une vraie politique RH. »

S’agit il de combattre pour le retrait de la réforme ou de réclamer une concertation « pour permettre de vraies reconversions »… dans la cadre de sa mise en œuvre ?

Une autre question se pose nécessairement s’il s’agit d’obtenir le retrait de la réforme.

Peut-on l’obtenir en appelant périodiquement à une grève de 24 heures … jusqu’à épuisement des collègues ? Peut-on l’obtenir par une poussière d’actions locales (grèves reconduites établissement par établissement) ou faut-il concentrer toute la force de la profession au plan national contre le ministère, contre le gouvernement pour le faire reculer ?

Toute l’expérience passée montre que les journées d’action « saute-mouton », les grèves locales constituent une voie sans issue. Il faut donc imposer aux directions syndicales l’organisation dans l’unité d’une manifestation au ministère rassemblant nationalement toute la profession.

 
Pour le front uni des syndicats pour le retrait de la réforme-liquidation des lycées professionnels !
Pour que les directions syndicales rompent avec le gouvernement, boycottent toute concertation sur la mise en œuvre d’une telle réforme !
Pour que les directions syndicales organisent la manifestation centrale au ministère pour ce retrait et y appellent toute la profession (en appelant évidemment à la grève ce jour-là pour permettre la montée en masse à Paris).

 


 

Motion Iran adoptée par le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 (13/10/2022)

Le peuple iranien, et en premier lieu les femmes iraniennes, a engagé le combat contre le régime des Mollahs.

Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 13 octobre 2022 :

- apporte son soutien plein et entier au peuple iranien dans sa quête de liberté ;

- se prononce pour l’organisation d’une manifestation de soutien au peuple iranien, dans les plus brefs délais, en direction de l’ambassade d’Iran ;

- s’adresse au Conseil national pour qu’il reprenne cette position et qu’il mandate le secrétariat général du SNUipp-FSU pour porter cette position au sein de la FSU.

(Pour : 5 / Contre : 0 / Abstentions : 3)



Motion Salaire présentée au conseil syndical du SNUipp-FSU 63 (13/10/2022)

Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 13 octobre 2022 :

- se prononce pour la revalorisation immédiate qui ne peut être inférieure à 20 %, pour toutes et tous, en point d’indice ;

- se prononce pour que la valeur du point d’indice soit indexée à l’inflation réelle ;

Il ne peut y avoir de contrepartie à cette augmentation, ce qui signifie que le SNUipp-FSU et la FSU doivent sortir des discussions ouvertes le 3 octobre, qui cherchent à mettre en œuvre à travers le pacte la pulvérisation du statut en généralisant l’individualisation des salaires.

- appelle le conseil national à reprendre ces positions et à œuvrer au sein du SNUipp-FSU et au sein de la FSU pour la non-participation aux réunions de concertations à ce sujet.

(Pour : 1 / Contre : 4 / Abstentions : 3 / Refus de vote : 1)

 

 


 

Au Conseil National de la FSU, les 20 et 21 septembre 2022,

les délégués du courant Front Unique ont combattu pour que la FSU :

- refuse toute discussion sur les pseudo-revalorisations des enseignants et exige l’augmentation du point d’indice et son indexation sur l’inflation et la hausse massive des salaires des enseignants. Ce qui implique un combat centralisé contre le projet de budget soumis en octobre à l’Assemblée nationale.

- refuse toute concertation sur les contre-réformes des retraites et de l’enseignement professionnel et en exige le retrait pur et simple.

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Intervention du courant Front Unique dans le débat général (20 septembre)

Accentuée par le Covid et la guerre en Ukraine, la crise économique se propage. Les peuples des pays dominés subissent une inflation hors de contrôle et de multiples pénuries. Les populations laborieuses des pays avancés sont confrontées à l’envolée des prix de l’énergie. Pour alimenter une guerre par procuration et sans fin, les gouvernements des pays capitalistes occidentaux recourent toujours plus à l’industrie d’armement.

Et alors que les capitalistes profiteurs de guerre se gavent, les exploités sont appelés à se sacrifier encore davantage. Et Macron ose réclamer la fin de l’abondance à ceux qui ne l’ont jamais connue.

Pour lui, la liquidation des acquis du mouvement ouvrier est sa boussole permanente avec une place de choix contre l’enseignement public et ses personnels.

L’enseignement professionnel public est pour lui une cible prioritaire.

Après le développement à outrance de l’apprentissage, le gouvernement lance une offensive en règle contre les LP et les statuts des PLP :

- double tutelle Éducation Nationale/ministère du travail qui vaut retour un siècle en arrière, quand la formation professionnelle était sous la coupe du patronat

- recrutement accru de personnels venant des entreprises

- allongement de la durée de stage en entreprise au détriment des enseignements en lycée.

- carte des formations co-élaborée par les patrons au niveau des régions

- diplômes nationaux menacés avec le projet d’horaires variables


Pour le reste de l’enseignement, sans entrer dans le détail, il ressort de toutes les propositions de Macron, la volonté de démanteler totalement le caractère national de l’enseignement public.

Avec la multiplication de contrats locaux, les établissements seraient concurrents pour l’attribution de moyens, la division entre enseignants seraient encouragée et les chefs d’établissement verraient leur pouvoirs accrus, y compris pour le recrutement des enseignants.

Derrière les pseudo-revalorisations de Macron, ce sont les statuts qui sont visés.

La « revalorisation » présentée comme sans contreparties ne concernerait qu’une petite partie des enseignants (les débutants jusqu’à 10 ans d’ancienneté).

La grille des rémunérations serait écrasée et le droit à l’avancement à l’ancienneté serait remis en cause.

Quant à la « revalorisation » du « nouveau pacte » poussant à travailler davantage, c’est une attaque extraordinaire contre les statuts existants. Il y aurait de fait deux statuts concurrents, celui existant et celui du « pacte » avec à terme la disparition du plus favorable et l’alignement de tous sur celui du « pacte » qui deviendrait alors obligatoire.

On est donc bien face à une entreprise élaborée et systématique de démantèlement de l’enseignement public et de liquidation des statuts enseignants.

Face à cette offensive généralisée, les dirigeants des syndicats d’enseignants, à commencer par ceux de notre fédération :

- doivent se prononcer clairement pour le retrait du plan Macron de démantèlement de l’Éducation Nationale, de liquidation de l’enseignement professionnel public, de destruction des statuts

- ils doivent refuser toutes les concertations sur tous ces projets.

- ils doivent forger un front uni des syndicats pour l’augmentation du point d’indice et sa garantie par son indexation par rapport à l’inflation mais aussi pour des augmentations massives des salaires enseignants, ce qui ne peut être obtenu que par un combat centralisé contre le budget soumis en octobre à l’Assemblée nationale.

En cette rentrée, Macron et le gouvernement ont fait de la concertation la pierre angulaire de la réussite de leur entreprise de démolition.

Il est positif que CGT, FO et FSU, organisations syndicales liées au mouvement ouvrier, aient refusé de participer à la première session du CNR. Mais Macron n’a nullement renoncé.

Il est donc nécessaire que ce refus d’un jour devienne un boycott permanent.

Contre les retraites, les objectifs du gouvernement sont clairs et précis, avec en particulier, le recul de l’âge de départ. Dussopt qui avait fait passer la loi de destruction de la fonction publique est en charge de la réforme des retraites (et aussi de celle de l’assurance chômage).

Lors de la réunion qu’il a organisée hier avec les représentants syndicaux, c’est surtout Berger pour la CFDT qui a donné le la. Pour lui, ce n’est pas la réforme de Macron qui est inacceptable mais le fait qu’elle puisse passer en force.

Benoît Teste [secrétaire général de la FSU] nous informe que les organisations syndicales sont unanimes pour demander « a minima (…) que l’ensemble des sujets soient sur la table avant toute décision ». C’est là accepter clairement le cadre des concertations.

Au contraire, pour les travailleurs, cette contre-réforme ne doit passer ni en force, ni par la concertation.

Les dirigeants de notre fédération doivent clairement se prononcer pour son retrait pur et simple et pour le refus de toute concertation avec le gouvernement sur son projet contre les retraites.

Et ils doivent s’adresser aux dirigeants de la CGT et de FO pour qu’ils adoptent la même position et qu’ils réalisent un front uni pour empêcher le gouvernement de parvenir à ses fins.

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Présentation de la motion Front Unique sur les salaires (21 septembre)

Il me semble que nous sommes d’accord sur la caractérisation des mesures annoncées par Macron contre l’enseignement public. Dans le communiqué FSU du 19 septembre, suite à la lettre de Macron, les termes sont suffisamment évocateurs : « politique éducative dévastatrice », « visée utilitariste et libérale qui justifie les projets de réformes » …

On ne pourrait pas dire moins lorsqu’il s’agit d’attributions de moyens en fonction de contrats locaux, d’autonomie entre établissements mis en concurrence…

Le communiqué considère à juste titre la lettre de Macron comme une « provocation pour tous les enseignants » et pose la question : « Le pacte serait-il envisagé comme une nouvelle possibilité de toucher au statut ? ».

Pour nous, l’attaque contre le statut, ce n’est pas une interrogation mais une certitude !

Nous sommes d’accord sur le constat, mais quelles conclusions en tirer ?

Pour avancer sur ces objectifs, Macron prévoit des débats et des concertations.

C’est justement parce que nous sommes d’accord que nous ne pouvons qu’en conclure qu’il faut refuser ces concertations et appeler nationalement à leur boycott. Et exiger le retrait pur et simple de ces projets.

En ce qui concerne les rémunérations, déjà, en tant que fonctionnaires, les enseignants subissent depuis 2010 une perte considérable de pouvoir d’achat.

Il faut donc exiger a minima 10% d’augmentation du point d’indice et son indexation sur l’inflation.

Quand on voit que malgré la masterisation, les professeurs stagiaires sont rémunérés à 1,12 % du Smic, on constate un déclassement vertigineux des enseignants.

Les prétendues "revalorisations" de Macron ne visent pas à améliorer le sort des enseignants, mais au contraire à liquider les grilles de carrière, les avancements à l'ancienneté et à instaurer un double statut. Ces pseudos « revalorisations » doivent être dénoncées et combattues.

Pour que les enseignants débutants commencent réellement avec 2 000 € nets et que les grilles salariales soient respectées, la FSU doit exiger une augmentation de 20% de chaque échelon, en points d’indice.

Elle œuvrera au combat centralisé pour la satisfaction de ces revendications au moment de la présentation du budget à l'Assemblée Nationale. Peut-être par une manifestation centrale et nationale.

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Motion Front Unique sur les salaires

En premier lieu, la FSU exige l'augmentation immédiate de 10% du point d'indice de tous les fonctionnaires et son indexation sur l'inflation réelle.

Par ailleurs, la FSU s’oppose aux prétendues "revalorisations" des enseignants par le gouvernement qui visent à liquider la progression à l'ancienneté et à instaurer un double statut.

La FSU refusera toute concertation sur ces projets.

Les enseignants connaissent un véritable déclassement salarial, que même le gouvernement est obligé d’admettre.

Pour que les enseignants débutants commencent réellement avec 2 000 € nets et que les grilles salariales soient respectées, la FSU exige une augmentation de 20% de chaque échelon, en points d’indice.

Elle œuvrera au combat centralisé pour la satisfaction de ces revendications au moment de la présentation du budget à l'Assemblée Nationale.

(Pour : 6 / Contre : 88 / Abstentions : 5 / Refus de vote : 21)

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Présentation de la motion Front Unique sur l’enseignement professionnel public

La ministre Carole Grandjean, dont on connaît la haine de l’enseignement professionnel public, a annoncé lancer, dès l’automne 2022, « des échanges sur cette réforme de la voie professionnelle avec l’ensemble des acteurs, notamment les personnels éducatifs, élus locaux, et acteurs de l’emploi et de la formation », c’est-à-dire les patrons.

A plusieurs reprises, Macron a annoncé ses objectifs. Je cite : « mettre les débouchés professionnels, les entreprises au cœur du projet » et pour cela je cite « on va changer la logique des formations … on va planifier les besoins de compétences en les territorialisant et faire évoluer l’offre de formation ».

Il s’agit de détruire l’enseignement professionnel public, pour, à terme, transformer les lycées professionnels en centres patronaux d’apprentissage :

Les cartes de formations seraient définies localement en fonction du besoin des entreprises. Macron l’a exprimé de la façon la plus nette, je cite : « Il faudra assumer ensemble de fermer [les formations] qui ne fonctionnent pas et développer celles qui marchent »

Dès l’an prochain, le temps de stage en entreprise augmenterait de 50 %.

L’organisation des temps de stages et d’enseignements généraux serait définie localement, au niveau des établissements.

Cela implique à terme d’en finir avec les statuts des personnel et met en cause l’existence même d’un enseignement professionnel public.

La portée d’une telle offensive dépasse de loin le cadre de l’enseignement. L’objectif c’est la liquidation des qualifications et des diplômes professionnels.

Les organisations syndicales doivent refuser de participer aux « échanges » de Grandjean qui visent à un retour 100 ans en arrière, avant que la formation professionnelle passe sous statut scolaire.

Les organisations syndicales ont exprimé leur volonté de « stopper » la réforme de Macron. Pour la « stopper », il faut en exiger le retrait pur et simple et refuser les concertations visant à la légitimer.

La FSU doit se prononcer en ce sens et œuvrer à la réalisation d’un front uni des organisations syndicales pour imposer le retrait définitif du projet de contre-réforme de l’enseignement professionnel public.

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Motion Front Unique sur l’enseignement professionnel public

Les objectifs immédiats des projets de réforme de l’enseignement professionnel sont clairs :

- Augmentation de 50 % de la durée de stage en entreprise et baisse du volume d’enseignement en lycée

- Développement de l’apprentissage en lycée professionnel

- Définition locale des cartes de formations en fonction des besoins du patronat

- Suppression massive de postes, annualisation du temps de travail et liquidation des statuts des PLP

- Définition locale des horaires

La FSU refuse toute concertation sur les projets gouvernementaux de destruction de l’enseignement professionnel qui préparent la déqualification et la liquidation des diplômes professionnels pour des centaines de milliers de jeunes.

La FSU se prononce pour le retrait pur et simple de ces projets.

Elle s’adressera aux autres organisations syndicales pour que se réalise un front uni sur cette base.

(Pour : 8 / Contre : 93 / Abstention : 0 / Refus de vote : 19)

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Présentation de la motion Front Unique sur les retraites

Le gouvernement accélère le calendrier de la réforme des retraites. Mais quelle que soit la procédure choisie son application est prévue pour septembre 2023.

Comme il est dit dans le document du CDFN [projet de texte Action] : « Le président de la République annonce le pire scénario en menaçant les travailleurs de toutes les régressions : report de l’âge de départ à 64 ans, allongement de la durée de cotisation, renforcement du système de décote-surcote, et donc au final baisses de pension drastiques. »

Et le document déclare que « la FSU s’opposera à ces velléités mortifères et construira les mobilisations pour les contrer. » Mais prétendre qu’il faudrait absolument participer aux concertations convoquées par le gouvernement pour y porter les revendications de la fédération ou celles des personnels, c’est se moquer du monde. Car les concertations remplissent pour le gouvernement un rôle essentiel.

C’est ce qu’a rappelé Dussopt, ministre du Travail, à France Info, le 7/09 : « Dans une concertation, c’est un échange, une discussion, des propositions, des contre-propositions… et à la fin le gouvernement prend les décisions qu’il doit prendre. » Bref tout le processus n’a qu’un objectif : utiliser la participation des représentants syndicaux pour conduire aux décisions gouvernementales déjà décidées.

Lequel Dussopt a pu mener à son terme la Loi de Transformation de la Fonction Publique adoptée en juin 2019 après 1 an de concertations ininterrompues. Cette loi de destruction de la fonction publique facilite, entre autres, les mutations « dans l’intérêt du service », dont est victime aujourd’hui notre collègue Kai Terada.

Aucune concertation sur le projet de contre-réforme des retraites n’est donc possible. La FSU doit exiger son retrait pur et simple et œuvrer à la réalisation du front uni des organisations syndicales pour imposer ce retrait.

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Motion Front Unique sur les retraites

Le gouvernement accélère son calendrier de la réforme des retraites.

Ses objectifs essentiels : report de l’âge de départ à 65 ans, allongement de la durée de cotisation, renforcement du système de décote et donc la baisse drastique des pensions.

Pour s’opposer à cette offensive brutale contre les retraites, la FSU refuse toute concertation sur ce projet de contre-réforme des retraites et en exige le retrait pur et simple.

La FSU œuvrera à la réalisation du front uni des organisations syndicales pour imposer ce retrait.

(Pour : 9 / Contre : 89 / Abstentions : 6 / Refus de vote : 16)

 

 

 


 

Lettre de Liaison N° 332 - 12 septembre 2022 :

[Version pdf]

 
Macron présente un projet de démantèlement de l’enseignement public et des statuts enseignants
Les dirigeants CGT, FO, FSU ont dû renoncer à participer au Conseil National de la Refondation
Il faut leur imposer de rompre la concertation avec le gouvernement sur ses projets destructeurs

 

Le 25 août, Macron indiquait : « Nous avons trop d'élèves malheureux, trop de parents anxieux, de professeurs désabusés ou qui ont le sentiment de ne pas être reconnus (...) ». Quel aveu sur son bilan ! et il veut encore amplifier ses assauts contre l’enseignement public, ses personnels et leurs statuts.

La grave pénurie d’enseignants qui menace l’enseignement public n’est pas fortuite. Depuis des années, le gouvernement a supprimé des milliers de postes dans le second degré, et diminué le nombre de postes aux concours. En plus, ceux-ci sont placés en deuxième année de master alors qu’ils se situaient jusqu’alors, en première année. Et beaucoup des reçus doivent désormais assurer un service à temps complet en tant que stagiaires alors qu’il étaient à mi-temps les années précédentes. Conditions d’exercice dégradées, salaires très faibles et inflation galopante, voilà les causes de la désaffection aux concours. Pour pallier cette pénurie aiguë d’enseignants : le recrutement par petites annonces et « job dating » de contractuels formés en 4 jours !

« Nouvelle méthode », « nouveau contrat », « école du futur », « révolution culturelle » :

Macron veut amplifier le démantèlement de l’enseignement public

Avec son « expérimentation marseillaise », Macron promettait des moyens à certains établissements, et l’octroi aux directeurs du choix de « leurs » enseignants. Une résistance importante s’est alors manifestée. Mais les incitations financières, les pressions hiérarchiques et l’acceptation par les dirigeants syndicaux de discuter de la mise en place de cette « expérimentation », ont permis de « trouver » des écoles « volontaires ». Macron veut partout en finir avec l’attribution régulée des moyens en lui substituant une attribution en fonction de projets concoctés par les établissements, mis en concurrence pour se partager une enveloppe de 500 millions d’euros.

Dérégulation dans l’attribution des moyens, accentuation de l’autonomie des établissements avec des chefs ayant la mainmise sur le recrutement des enseignants, l’objectif est bien le démantèlement complet de l’Éducation nationale, c’est bien cela l’« école du futur » souhaitée par Macron.

Livrer l’enseignement professionnel au patronat :

Macron veut des apprentis partout et la liquidation des lycées professionnels

Liquider l’enseignement professionnel public et livrer les jeunes aux patrons comme main d’œuvre gratuite, tel est l’objectif constant de la bourgeoisie française. En 2021, le gouvernement a fourni plus de 700 000 apprentis aux patrons !

Macron lance une nouvelle contre-réforme de destruction de l’enseignement professionnel. En plaçant les LP sous la double tutelle des ministères de l’Éducation et du travail, il veut revenir un siècle en arrière, lorsque la formation professionnelle était totalement sous la coupe patronale. Avec le recrutement de personnels venant des entreprises, c’est le retour aux moniteurs patronaux en lieu et place d’enseignants fonctionnaires. Il veut augmenter la durée des stages en entreprise de 50 %, au détriment de l’enseignement général. Cela augmenterait pour les patrons le temps de mise à disposition d’une main d’œuvre gratuite, et justifierait une baisse drastique du nombre de PLP.

Par ailleurs le gouvernement veut donner aux patrons la main sur la carte des formations proposés en LP. Ils obtiendraient que les métiers proposés relèvent de leurs besoins étroits et immédiats. Les diplômes professionnels nationaux (CAP, BEP, Bac Pro) seraient menacés.

La seule réponse, c’est le front uni des syndicats pour le retrait pur et simple de ce projet liquidateur. Et bien sûr, le refus de toute discussion à son sujet, et de toute participation à l’élaboration des « cartes de formation ».

Le seul objectif de Macron avec ses pseudo-revalorisations :

achever la liquidation des statuts enseignants

Comme tous les fonctionnaires, les personnels de l’enseignement public connaissent en 2022, malgré le « dégel » du point d’indice (+ 3,5%, le 1/07), une forte perte de pouvoir d’achat avec une inflation de plus de 6 %. La revendication salariale, pour les personnels, comme pour tous les fonctionnaires, c’est d’abord l’exigence d’indexation du point d’indice par rapport à l’inflation mesurée par les organisations syndicales. Se pose également la question du rattrapage des pertes de pouvoir d’achat accumulées au fil des ans.

Le ministre Ndaye annonce une augmentation du traitement des professeurs débutants porté à 2 000 euros à la rentrée 2023. Il évoque, sans indication de calendrier, des augmentations qui « concerneront également les enseignants en milieu de carrière » (France Info, le 12/09). En excluant les autres enseignants, il promeut la remise en cause du principe même de progression de carrière.

Pour le gouvernement, c’est clair : Pas d’augmentation des salaires dans les 12 prochains mois !

Une autre « revalorisation » est évoquée, celle réservée aux enseignants qui s’engageraient dans  le « nouveau pacte » présenté par Macron en mars dernier. L’acceptation par les enseignants « volontaires » de « nouvelles missions » (accompagnement des élèves en difficulté, animation de projets extrascolaires, remplacement de leurs collègues absents,…) pourrait se traduire, selon un calendrier inconnu, à une augmentation de leur rémunération. Bref, travailler beaucoup plus, pour gagner un peu plus ! Avec ce « nouveau pacte », c’est la liquidation des statuts qui est visée avec des enseignants qui conserveraient – pour un temps – leur statut actuel et les « volontaires » et les nouveaux recrutés dotés du « nouveau contrat ».

La seule réponse, c’est le rejet pur et simple du projet de « nouveau contrat » et la défense inconditionnelle des statuts enseignants.

Selon Le Monde du 3/09, le salaire d’un enseignant débutant serait passé 2,3 % du Smig, au début des années 1980, à 1,2 % aujourd’hui. Ainsi, en 40 ans, le salaire des enseignants a quasiment été divisé par deux.

En affirmant vouloir porter à 2 000 euros net le salaire d’un enseignant débutant (certifié PLP ou PE) qui avoisine les 1 700 euros au bout d’un an, le gouvernement admet l’effondrement du pouvoir d’achat des enseignants. Pour commencer à rattraper le pouvoir d’achat perdu des enseignants, le minimum est donc que l’augmentation annoncée pour les débuts de carrière – de l’ordre de 20 % – soit appliquée à tous les échelons, sous la forme d’une majoration du nombre de points d’indice équivalente à cette augmentation de 20 %.

Voilà la revendication que les dirigeants syndicaux doivent avancer pour défendre les garanties statutaires des enseignants. Formuler cette exigence au niveau du corps enseignant constituerait un point d’appui pour exiger le rattrapage du pouvoir d’achat de tous les fonctionnaires

Engager le combat contre Macron et son gouvernement, rompre avec eux,

et refuser leur « nouvelle méthode » : la concertation

Macron et son gouvernement espèrent s’appuyer sur la « concertation » pour associer les directions syndicales à leurs attaques tout azimuts. Le ministre Dussopt a indiqué à France Info, le 7/09 : « « Dans une concertation, c’est un échange, une discussion, des propositions, des contre-propositions… et à la fin le gouvernement prend les décisions qu’il doit prendre. » Bref tout le processus n’a qu’un objectif : utiliser la participation des représentants syndicaux pour conduire aux décisions gouvernementales déjà décidées.

Ainsi le gouvernement entend, sous couvert de « revalorisation », associer les dirigeants syndicaux à la destruction du principe fondamental de la grille de la Fonction Publique (la progression à l’ancienneté) et celui du statut des enseignants par la définition de « tâches nouvelles » imposées.

Ainsi le gouvernement entend faire participer les dirigeants syndicaux à la destruction de l’enseignement professionnel public et aux diplômes nationaux en les conviant à la définition des « cartes de formation » dans les « territoires » et à des groupes de travail sur sa contre-réforme.

Il faut noter un événement important : les dirigeants CGT et FO et de la FSU ont dû refuser de participer le 8/09 au « CNR » convoqué par Macron, sans cependant prendre l’engagement d’une non-participation définitive. Le communiqué de FO dit, avec justesse, que Macron entendait, avec son CNR, faire des syndicats des « colégislateurs » de ses propres réformes.

Il faut exiger des dirigeants syndicaux, à commencer par ceux de la FSU, qu’ils décident de boycotter définitivement ce « CNR ».

Il faut exiger qu’ils se prononcent clairement pour le retrait du plan Macron de démantèlement de l’Éducation Nationale, de liquidation de l’enseignement professionnel public, de destruction du statut, et qu’ils œuvrent à réaliser les conditions du combat centralisé pour le mettre en échec.

Il faut exiger qu’ils refusent de participer à toute discussion qui au nom de la « revalorisation » vise à la destruction du statut de la fonction publique, de la grille salariale , et du statut particulier des enseignants.

Il faut que les directions des organisations syndicales de l’enseignement public forgent un front uni des syndicats pour l’augmentation du point d’indice, pour sa garantie par l’indexation par rapport à l’inflation, pour des augmentations massives des salaires enseignants, ce qui ne peut être obtenu que par un combat centralisé contre le budget soumis à l’Assemblée Nationale en octobre.

 

 


 

Bureau National de la FSU du 20juin 2022

Intervention du représentant du courant Front Unique



Les élections législatives ont été marquées par une forte abstention et par l’élection d’un très fort contingent de députés du Rassemblement National. La coalition Nupes obtient presque un quart des députés. La coalition macroniste, à défaut de majorité absolue aura, et de loin, le premier groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale.

Pour mener sa politique de dévastation des conquêtes sociales, Macron doit chercher les appuis qui lui sont nécessaires, en particulier au sein du groupe LR, parti qui partage en grande partie son programme.

Il y a deux domaines pour lesquels Macron a été d’une clarté absolue et d’une détermination sans réserve :

- D’abord sur les retraites, l’objectif principal de son projet de contre-réforme, c’est le recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite. Et le ministre Attal a déclaré : « C’est sur cette base que vont s’entamer les discussions avec les partenaires sociaux. »

Du point de vue des travailleurs, ce projet de contre-réforme ne doit pas être discuté, il doit être combattu. La responsabilité des organisations syndicales est de réaliser un front uni pour imposer son retrait pur et simple.

- Ensuite pour l’école, les déclarations de Macron à Marseille, début juin, sont limpides. Il a indiqué sa volonté de généraliser l’expérimentation de Marseille à tout le pays. Avec son « école du futur », ce serait la fin du cadre national de l’enseignement public pour l’attribution des moyens et des personnels. Les chefs d’établissement choisiraient « leurs » enseignants avant de décider de leurs rémunérations. Toutes les garanties en matière de recrutement, de formation, de nomination et de rémunération seraient anéanties et les statuts seraient pulvérisés.

Le rapport Longuet prouve que le Sénat partage les objectifs de Macron – ceux de la bourgeoisie – : en finir avec les statuts, diviser les personnels et privatiser le système.

La responsabilité de notre fédération, c’est d’exiger le retrait pur et simple de l’expérimentation de Marseille, d’en refuser toute généralisation et donc d’exiger le retrait du projet d’« école du futur ».

En plus des retraites et de l’enseignement public, la coalition macroniste et le parti LR ont pour cible la santé et la sécurité sociale.

Macron sait que de ses objectifs à leur réalisation, il va devoir ruser et trouver des alliés. Il a avancé une méthode : la concertation. Cette méthode n’a rien de nouveau et lui a déjà permis de faire passer sa loi de destruction de la fonction publique, dite loi de transformation de la FP.

Il lui faut donc faire mieux encore. C’est l’objet de son Conseil National de la Refondation. Refonder, c’est établir à la place de ce qui existe et qui doit donc disparaître, c’est-à-dire les systèmes des retraites, de l’assurance maladie, de l’assurance chômage et bien sûr l’enseignement public. Et sur les ruines de ces acquis sociaux, Macron veut fonder des systèmes privatisés, conformes aux intérêts et aux appétits des grands groupes capitalistes.

Le CNR n’est en rien un « machin » mais bel et bien une « machine », une véritable machine de guerre pour associer, instrumentaliser les représentants syndicaux à l’entreprise de démolition des acquis sociaux.

Les syndicats ont été édifiés pour arracher des revendications, pour conquérir des droits, pas pour cautionner ceux dont le seul objectif est de les anéantir.

Au moment où Macron et sa coalition ont subi un revers, la responsabilité des dirigeants syndicaux n’est pas de les soutenir.

Leur responsabilité, c’est de défendre bec et ongles les acquis sociaux.

Leur responsabilité, c’est de préparer les combats indispensables.

Leur responsabilité, c’est de refuser de se rendre à l’Élysée le 22 juin [réunion dont on vient d’apprendre qu’elle était reportée sine die] pour cautionner le CNR de Macron.

C’est ce refus que notre BN doit entériner. C’est ce refus qui doit être communiqué aux autres organisations syndicales, en particulier CGT, FO et Solidaires, pour que ces organisations fassent de même.



Motion du courant Front Unique au Bureau national de la FSU (20 juin 2022)

Le Bureau National de la FSU, réuni le 20 juin 2022, n’est pas dupe de l’objectif poursuivi par Macron avec son Conseil National de la Refondation.

Pour lui, le CNR vise à tenter d’instrumentaliser les syndicats alors que son programme destructeur contre les retraites et l’école est clairement affiché.

Le Bureau National décide de refuser de participer au CNR.

La FSU s’adressera aux directions de organisations syndicales, en particulier de la CGT, de FO et de Solidaires, pour qu’elles fassent de même.

Résultat du vote : 1 pour ; 25 contre ; 2 abstentions ; 2 refus de vote

 

 

 

 


 

Lettre de Liaison N° 331 - 14 juin 2022 :

[Version pdf]

 

Intervention du délégué du courant Front Unique

au 12ème Congrès national du SNUipp-FSU (Mulhouse, le 14 juin 2022)

 

Malgré son échec au 1er tour des législatives, Macron devrait obtenir les moyens politiques pour engager son programme de guerre contre l’enseignement public et les retraites. Il veut amplifier sa destruction méthodique et brutale de tous les acquis sociaux. D’autant plus que le capitalisme français connaît une grave crise que le gouvernement veut faire payer aux travailleurs, aux jeunes et aux retraités.

D’abord avec sa nouvelle contre-réforme, Macron veut porter à 65 ans l’âge de départ à la retraite. Le ministre Attal a indiqué dans le journal Le Monde : « Il y aura un recul progressif de l'âge légal du départ à la retraite. C'est sur cette base que vont s'entamer les discussions avec les partenaires sociaux. Un texte de loi sera préparé dans les prochains mois. » C’est clair : le gouvernement veut que les représentants syndicaux acceptent de discuter de son projet contre les retraites.

Notre congrès doit condamner clairement ce projet et en exiger le retrait pur et simple.

Notre congrès doit se prononcer pour le refus de toute discussion sur ce projet et préparer le combat uni pour l’empêcher d’aboutir.

Contre l’enseignement public, Macron a avancé son projet de « L’école du futur ». Pour lui, le futur, c’est un retour de 150 ans en arrière. Ses objectifs : briser le cadre national de l’enseignement public ; en finir avec l’attribution des moyens et des personnels selon des normes égalitaires ; cesser le recrutement d’enseignants en fonction de diplômes et par des concours anonymes ; liquider ce qui reste de formation ; détruire les statuts qui préservent de l’arbitraire en matière de rémunération, de déroulement de carrière et de nominations ; généraliser le recours à des contractuels sans formation, taillables et corvéables à merci.

Macron a déjà bien avancé dans cette voie avec la loi de transformation de la FP. Et l’adoption de la loi Rilhac, sans combat sérieux de notre syndicat pour dresser la profession contre cette attaque historique, a envoyé un message de résignation.

Macron s’est appuyé sur cette victoire sans combat pour lancer l’expérimentation de Marseille qu’il veut aujourd’hui généraliser. Expérimentation pour détruire l’attribution égalitaire des moyens aux écoles et pour donner aux directeurs le recrutement des adjoints. Bref, créer la division au sein des équipes et la concurrence entre les écoles. Avec cette école « du futur », ce serait la privatisation de l’école publique et la destruction complète du statut de l’école et de celui des enseignants.

Le SNUipp-FSU est le 1er syndicat des écoles. Notre congrès a donc une responsabilité particulière dans la défense de l’enseignement public, gravement menacé par les projets de Macron.

Notre congrès doit exiger :

- l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille et le refus de sa généralisation.

- le retrait pur et simple du projet dit de « l’école du futur », arme de destruction massive de l’école publique.

Notre congrès doit refuser toute discussion sur ce projet et appeler à la réalisation du front uni des syndicats du 1er degré pour imposer son retrait.

Avec le blocage du point d’indice depuis 10 ans et l’envolée de l’inflation, notre pouvoir d’achat s’est effondré. Si le SMIC a été revalorisé de presque 6 % depuis un an, les enseignants, eux, n’ont rien obtenu.

Notre congrès doit exiger l’augmentation immédiate et sans conditions de 10 % du point d’indice. Et simultanément, pour que notre pouvoir d’achat ne soit plus rogné, nous devons exiger l’indexation du point d’indice sur l’évolution de l’inflation mesurée par les organisations syndicales.

Je conclurai par la guerre en Europe. Poutine a engagé la Russie dans une guerre contre l’Ukraine. Nous condamnons vigoureusement cette intervention et exigeons le retrait sans délai des troupes russes d’Ukraine. Et nous apportons notre soutien au mouvement anti-guerre durement réprimé, en Biélorussie et en Russie.

Mais nous ne sommes pas dupes des responsabilités des pays de l’Otan, à l’est de l’Europe. Nous devons exiger le retrait des troupes françaises de Roumanie et d’Estonie, et l’arrêt de la livraison d’armes à l’Ukraine. Dans ce domaine comme dans les autres, aucun soutien à Macron !

 

 

 


 

Congrès départementaux du Snuipp (mai 2022)

Congrès départemental du Puy-de-Dôme (17 et 18 mai 2022)

Intervention du représentant du courant Front Unique

Dans un contexte où la pandémie et la guerre en Ukraine accentuent la crise économique mondiale avec des effets dévastateurs sur les populations mondiales, Macron vient d’être réélu président.

Après 5 ans d’attaques ininterrompues contre les travailleurs, les fonctionnaires, les chômeurs, les retraités, les étudiants et les migrants, il prépare ses nouvelles offensives avec en particulier: le recul à 65 ans de l’âge de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisations, la liquidation des statuts des enseignants, la liquidation des grilles de carrière des fonctionnaires vers une rémunération « au mérite ».

Avec son ministre Blanquer, Macron s’est acharné contre le premier degré : expérimentation de Marseille, loi Rilhac sur la direction d’école, développement du caporalisme et multiplication d’injonctions incessantes. Avec la loi de transformation de la fonction publique, les enseignants sont privés de l’intervention des organisations syndicales dans la défense de leurs intérêts. Ainsi le déplacement d’office l’an dernier en cours d’année scolaire de notre collègue de Bobigny, Hélène Careil et celui le 9 mai des 6 collègues de l’école Pasteur de Saint-Denis ont été exécutés sans examen en commission paritaire.

Ces mesures de répressions réalisées en tout début du nouveau quinquennat de Macron sont plus que symboliques d’une volonté de poursuivre les restrictions drastiques des droits syndicaux et des libertés démocratiques. Et quand Macron indique vouloir utiliser une nouvelle méthode pour atteindre ses objectifs, celle de la concertation, il faut bien sûr comprendre qu’il veut pouvoir compter sur la caution que lui apporteraient les responsables syndicaux en acceptant de discuter de ses projets destructeurs.

Même si les élections législatives sont encore à venir, le plus probable est que Macron y obtiendra une majorité lui permettant d’avancer vers la réalisation de ses objectifs. C’est donc en fonction de cette situation à venir, la plus vraisemblable, que nous devons fonder notre orientation. Nous devons dès à présent nous opposer clairement inconditionnellement aux projets de Macron contre les retraites, contre les fonctionnaires et contre les statuts des enseignants et nous devons exiger l’abrogation de la loi Rilhac.

Quelle que soit l’appréciation que l’on peut avoir sur la « Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale », ce serait une terrible erreur de nous lier les mains dans l’attente de son hypothétique victoire aux prochaines élections législatives !

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Motion retraites

Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans, et pour arriver à ses fins il compte s’appuyer sur la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand

- se prononce dès à présent contre le projet de réforme des retraites porté par E. Macron,

- refuse toutes discussions à ce sujet avec le gouvernement,

- appelle le congrès national à reprendre à son compte cette position.

(résultat du vote : 1 Pour ; 9 Contre ; 1 abstention)

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Motion Ukraine

La décision prise sous la houlette de Biden auquel se sont associés les représentants de toutes les puissances impérialistes occidentales dont Macron de livrer des armes lourdes à l'Ukraine constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont Ferrand

- rappelle son attachement au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,

- condamne l’offensive mené par Poutine en Ukraine,

- se prononce pour le rappel des soldats français déployés dans la région et pour l’arrêt immédiat des livraisons d’armes à l’Ukraine.

Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces positions.

(résultat du vote : 1 Pour ; 4 Contre ; 6 abstentions)

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Motion Défense de nos statuts

Les cinq années de politique en matière d’éducation menée par JM Blanquer, dans le strict respect des choix d’E. Macron, se soldent par une accélération sans précédent dans la voie de la destruction des statuts des enseignants. Les lois Blanquer, Rilhac, la mascarade du Grenelle de l’éducation, la baisse des dotations aux concours de recrutement, les évaluations d’école, l’expérimentation de Marseille, le choix fait de privilégier les primes plutôt que le dégel et la revalorisation du point d’indice notamment n’ont pour but que de fragiliser jusqu’à destruction les statuts des enseignants du premier degré.

Aussi, le Congrès départemental du SNUipp-FSU 63 réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand exige :

- l’abrogation de la loi Rilhac,

- l’abandon de l’expérimentation de Marseille et des évaluations d’écoles.

Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces exigences.

(résultat du vote : 3 Pour ; 6 Contre ; 3 abstentions)

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Motion salaires

Depuis 2010, en tant que fonctionnaires, nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

Le congrès départemental du SNUipp 63, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Clermont-Ferrand exige :

- l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.

- la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires implique l’indexation des traitements sur la hausse des prix calculée par les syndicats.Le congrès départemental demande au congrès national de reprendre à son compte ces exigences.

(résultat du vote : 5 Pour ; 4 Contre ; 3 abstentions)

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Congrès départemental des Hauts-de-Seine (16 et 17 mai 2022)

 

Motion Front Unique sur la contre-réforme des retraites

Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans, et pour arriver à ses fins il compte s’appuyer sur la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 92 réuni les 16 et 17 mai 2022 à Malakoff :

- se prononce dès à présent contre le projet de réforme des retraites porté par E. Macron,

- refuse toutes discussions à ce sujet avec le gouvernement,

- appelle le congrès national à reprendre à son compte cette position.

(résultat du vote : 7 Pour ; 14 Contre ; 4 abstentions ; 1 refus de vote)

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Motion Front Unique sur les salaires

Depuis 2010, en tant que fonctionnaires nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 92 réuni les 16 et 17 mai 2022 à Malakoff exige :

- l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.

- la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires implique l’indexation des traitements sur la hausse des prix calculée par les syndicats.

(résultat du vote : 7 Pour ; 10 Contre ; 7 abstentions ; 1 refus de vote)

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Modification statutaire visant à restreindre l’intervention de FU au congrès national

(résultat du vote : 17 Contre ; 11 abstentions)

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Congrès départemental de l’Hérault (17 et 18 mai 2022)

Motion salaires

Depuis 2010, les fonctionnaires subissent le blocage du point d’indice.

Avec l’envolée de l’inflation (près de 6 % en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

Le congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier exige :

- l’augmentation immédiate de 10 % de la valeur du point d’indice permettant d’aller vers le rattrapage des pertes de traitements depuis 2010.

- la garantie du pouvoir d’achat des fonctionnaires par l’indexation des traitements sur la hausse des prix mesurée par les syndicats.

(résultat du vote : adoptée à l’unanimité des 21 présents)

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Motion retraites

Macron a annoncé vouloir imposer une contre-réforme des retraites visant notamment à repousser l’âge légal de départ à 65 ans.

Pour parvenir à ses fins, il espère obtenir la participation des représentants des organisations syndicales aux concertations sur son projet.

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier, se prononce dès à présent :

- contre le projet de réforme des retraites porté par Macron,

- pour que les représentants syndicaux refusent toute discussion avec le gouvernement sur ce projet.

Le Congrès départemental appelle le congrès national du SNUipp-FSU de Mulhouse à reprendre à son compte ces positions.

(résultat du vote : adoptée, 16 Pour ; 4 abstentions)

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Motion contre la guerre

Le Congrès départemental du SNUipp-FSU 34, réuni les 17 et 18 mai 2022 à Montpellier, condamne la guerre déclenchée par Poutine contre l’Ukraine.

Depuis plusieurs semaines, sous la houlette de Biden, les représentants des puissances occidentales, dont Macron, ont commencé à livrer des armes lourdes à l'Ukraine. Cela constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.

Le congrès départemental se prononce contre la livraison d'armes lourdes à l'Ukraine et pour l'arrêt immédiat de ces livraisons par la France. Il dénonce également le déploiement des troupes de l’OTAN à l’est de l’Europe et exige le retrait des soldats français d’Estonie et de Roumanie.

Le soutien au peuple ukrainien et à sa souveraineté doit s’accompagner de la solidarité  à tous ceux qui, en Russie et en Biélorussie,  combattent la guerre d'agression de Poutine en Ukraine.

Le congrès estime que les organisations syndicales doivent engager une mobilisation pour la libération des manifestants russes et des syndicalistes biélorusses emprisonnés pour leur engagement contre la guerre.

(résultat du vote : 4 Pour, 4 Contre ; 13 abstentions)

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Modification statutaire visant à restreindre l’intervention de FU au congrès national

(résultat du vote : 20 Contre ; 1 refus de vote)

 

 

 


 

Interventions et motions du courant Front Unique au Conseil National de la FSU des 17 et 18 mai 2022

 

Intervention du représentant Front Unique dans le débat général (17 mai)

Castex n’a pas manqué de le signifier hier à son successeur : aujourd’hui, toute la situation, y compris notre situation de travailleurs, de fonctionnaires, est dominée par la question de la guerre.

Car cette guerre, au-delà de la catastrophe pour les peuples qui en subissent directement les conséquences, signifie d’ores et déjà à l’échelle mondiale une brutale dégradation des conditions d’existence pour des centaines de millions de personnes, des menaces de famine, de pénurie de produits vitaux. Dans les pays occidentaux, elle signifie une accélération de l’inflation et une rapide baisse du pouvoir d’achat. Et elle signifiera demain de nouvelles coupes des dépenses publiques pour compenser la hausse des budgets militaires, parfois vertigineuse.

Mais la catastrophe est peut-être devant nous avec la décision des puissances impérialistes dont la France, sous la houlette de Biden, de gaver l’Ukraine d’armes lourdes, faisant courir le risque de généralisation du conflit. C’était une chose, fort juste, que de condamner et de combattre l’invasion de l’Ukraine par Poutine. C’en serait une autre, en réalité parfaitement contradictoire, que de se ranger de manière affichée ou tacite du côté des nouveaux belligérants.

Les organisations syndicales et celles attachées aux libertés démocratiques doivent prendre toutes initiatives unitaires visant à arrêter de telles livraisons [d’armes lourdes] et se prononcer contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’est de l’Europe, à commencer par les troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.

Pour nous, le combat contre la guerre et pour la souveraineté du peuple ukrainien implique le soutien à tous ceux qui en Russie, en Biélorussie combattent la guerre d’agression de Poutine, ce qui suppose concrètement de prendre toutes initiatives en direction des ambassades des pays concernés pour exiger la libération des personnes arrêtées. C’est aussi de dénoncer les « sanctions » qui affligent les étudiants et les travailleurs russes jusqu’en France.

La crise du capitalisme, aggravée par l’épidémie de Covid, les menaces d’extension de la guerre en Ukraine vont pousser les gouvernements en place et celui de Macron en particulier à porter les coups les plus graves aux travailleurs et à la jeunesse. La défense des intérêts des capitalistes l’exige.

Macron avec son programme de guerre contre les conquêtes des travailleurs et de la jeunesse a été élu d’autant plus confortablement que les dirigeants du PS, du PCF, de l’Union populaire et des syndicats, y compris la FSU, ont appelé sous une forme ou sous une autre à voter pour lui. La nomination de Borne au poste de 1er ministre, elle qui a déjà à son actif le saccage du statut des cheminots ou celui de l’assurance-chômage, en est la première expression.

Il a donc tous les moyens pour mettre en œuvre la politique qu’il a annoncée avant les élections : passage à 65 ans des retraites, obligation de travailler gratuitement 20 heures pour les bénéficiaires du RSA, remise en cause brutale des obligations de service des enseignants et soumission totale de ces derniers aux chefs d’établissement, y compris dans leur recrutement, instauration du salaire au mérite dans la Fonction Publique, expulsion de centaines de milliers de jeunes du droit aux études via l’augmentation des frais d’inscription à l’université, menaces de transfert de pans entiers des prestations de la sécu vers les mutuelles, etc.

Et ceux qui s’imaginent qu’il peut y avoir une majorité de la NUPES au soir du 19 juin risquent fort de se réveiller le 20 au matin avec la gueule de bois. Peut-on vraiment imaginer que Macron et son programme soient empêchés par la désignation d’un premier ministre, nouvel homme providentiel, Mélenchon, cohabitant avec le Bonaparte élu à la présidence ? Qui plus est quand on sait que le programme de la NUPES ne touche pas un cheveu du système capitaliste.

Le rôle du syndicat est donc de se disposer par rapport à l’inévitable offensive qui vient et qu’a annoncée Bruno Le Maire : « Nous allons vers des difficultés économiques considérables, le pire est devant nous. »

D’ores et déjà, nous sommes confrontés à une brutale baisse du pouvoir d’achat, en particulier chez les fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué. Alors que le patron du Medef s’est déclaré hostile jeudi 12 mai à une hausse générale des salaires, les fédérations de fonctionnaires doivent combattre pour une augmentation du point d’indice à minima équivalente à celle du SMIC, soit 6% et bien sûr pour l’échelle mobile des salaires. C’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires indexée sur les prix, un mot d’ordre qui permet de combattre l’écrasement des grilles.

Se disposer face à l’offensive qui vient, c’est se déterminer d’ores et déjà par rapport aux projets Macron :

  • Rejet total du projet de réforme Macron des retraites

  • Défense inconditionnelle du statut de la FP. Ce qui suppose le rejet des projets de Montchalin, confirmés par Macron dans l’entre-deux tours, de « réforme complète des grilles et de l’organisation » de la Fonction Publlique.

Et non seulement il faut rejeter tous ces projets de casse, mais il faut rejeter toute concertation sur leur élaboration et leur mise en œuvre.

Car oui camarades, si Macron a pu avancer aussi rapidement, a pu infliger des défaites aussi importantes, parfois sans combat, c’est parce qu’il s’est appuyé sur une méthode : le dialogue social.

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Intervention de présentation de la motion Front Unique sur les salaires (18 mai)

Tous les travailleurs le mesurent au quotidien : l’inflation s’est envolée entraînant une forte baisse de leur pouvoir d’achat.

Pour les fonctionnaires la situation est aggravée par le blocage du point d’indice depuis 10 ans. Comme seuls les agents au-dessous du Smic obtiennent l'ajout de points, on assiste à un tassement incroyable des carrières. Ainsi, les enseignants qui sont au-dessus du Smic n’ont eu aucun gain de points. Les PE ou certifiés débutent désormais à 1,11 % du Smic après PPCR et "revalorisation".

Ces salaires de misère contribuent à diminuer l’attractivité des concours, aubaine pour Macron qui veut liquider les statuts et les grilles indiciaires qui leur sont attachées.

Le seul moyen de lutter contre la baisse récurrente du pouvoir d’achat c’est l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires sur la hausse des prix calculée par les syndicats.

Motion salaires

Depuis 2010, en tant que fonctionnaires, nous subissons le blocage de notre point d’indice. Avec l’envolée de l’inflation (près de 6% en un an), notre pouvoir d’achat connaît une forte baisse.

C’est pourquoi, le CDFN de la FSU exige :

- l’augmentation générale des salaires au moins à hauteur de l’augmentation du SMIC (presque 6% depuis le début de l’année)

- et, bien sûr, l’échelle mobile des salaires, c’est-à-dire l’augmentation automatique des salaires sur la hausse des prix calculée par les syndicats, seul moyen de garantir le pouvoir d’achat des fonctionnaires.

(résultat du vote : 3 Pour ; 61 Contre ; 16 abstentions ; 18 refus de vote)

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Intervention de présentation de la motion Front Unique sur l’Ukraine (18 mai)

Le 24 février ,la Russie de Poutine envahissait l’Ukraine causant des dégâts considérables avec des millions de morts civils et militaires, des infrastructures détruites. Mais les conséquences sont encore plus considérables avec une dégradation d’existence de centaines de millions de personnes, des famines, une baisse du pouvoir d’achat etc… Mais hélas ce n’est qu’un début : la volonté des impérialistes occidentaux avec Biden en tête (il accorde 40 milliards d’aide soit la moitié du budget de l’armée russe), mais aussi de Macron, de faire plier les Russes, de ramener le peuple russe des années en arrière, de le mettre à genoux. De plus, cela va entraîner une nouvelle dégradation du niveau de vie du prolétariat et de la jeunesse en Europe et aux USA (car c’est eux qui vont payer la hausse des budgets militaires en plus du reste).

Oui il faut aider le peuple ukrainien, oui il faut aider le peuple russe à se débarrasser de Poutine mais qui peut le faire ?

Sûrement pas les impérialistes occidentaux avec leurs livraisons d armes lourdes qui vont détruire encore plus. Biden et Macron qui massent des troupes à l’est de l’Europe seraient les libérateurs de

l’Ukraine : c’est une farce, c’est un mensonge !

Oui il faut aider les peuples russes, biélorusses, ukrainien et pour cela il faut soutenir les cheminots ukrainiens qui sabotent les chemins de fer pour empêcher l’acheminement des troupes et du matériel russe vers l’Ukraine, oui il faut aider le syndicat russe Solidarité Universitaire qui combat la censure, la guerre et la répression en Russie avec des risques considérables .

Oui il faut aider les étudiants russes en France qui n’ont plus de ressources.

C’est le sens de la motion Front Unique qui propose de combattre le militarisme de l ´OTAN, d’exiger le retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie et qui considère que le soutien à la souveraineté du peuple ukrainien passe par le soutien à tous ceux qui, en Russie, en Biélorussie, combattent la guerre d’agression de Poutine en Ukraine.

La FSU doit prendre l’initiative d’un rassemblement devant l’ambassade biélorusse pour exiger la libération des syndicalistes emprisonnés.

 

Motion Ukraine

La décision prise sous la houlette de Biden, auquel se sont associés les représentants de toutes les puissances impérialistes occidentales dont Macron, de livrer des armes lourdes à l'Ukraine constitue un pas en avant inquiétant vers la généralisation de la guerre.

C’est pourquoi, le CDFN se prononce contre la livraison d'armes lourdes à l'Ukraine et pour l'arrêt immédiat de la livraison de telles armes par la France. Il se prononce pour toute initiative unitaire des organisations du mouvement ouvrier et organisations attachées aux libertés démocratiques et à la paix  visant à arrêter de telles livraisons. Il se prononce contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’Est de l’Europe et pour le retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.

Le CDFN considère que le soutien à la souveraineté du peuple ukrainien passe par le soutien  à tous ceux qui, en Russie, en Biélorussie,  combattent la guerre d'agression de Poutine en Ukraine.

Informé par le secrétariat de la FSU de l'arrestation de militants syndicalistes biélorusses  pour leur combat contre l'engagement de leur gouvernement dans la guerre d'agression contre l'Ukraine, en particulier Alexandre Yaroshuk, il propose que la FSU prenne l'initiative d'un rassemblement et d'une délégation à l'ambassade biélorusse pour exiger leur libération.

(résultat du vote : 5 Pour ; 84 Contre ; 2 abstentions ; 7 refus de vote)

 

 


 

Communiqué du courant Front Unique du 27 mai 2022

Pour une organisation syndicale,

informer les personnels des attaques qui les menacent est une obligation impérative, pas une option.



Le courant Front Unique est amené à s’exprimer sur des faits ayant eu lieu au sein du Syndicat national des chercheurs scientifiques (SNCS) affilié à la Fédération syndicale unitaire (FSU).

En décembre 2020, lors des élections internes qui précédaient le 47ème congrès national du SNCS, Front Unique a obtenu 16,5 % des suffrages exprimés. Depuis, notre courant occupe 4 des 24 sièges de la Commission Administrative (CA) qui est, entre deux congrès nationaux, l’instance délibérative de ce syndicat.

Nos représentants ont appris, il y a quelques semaines, que les doctorants étaient menacés par un projet d’arrêté gouvernemental. Lors de la CA du SNCS du 18 mars, l’existence de ce projet d’arrêté a été confirmée par les dirigeants de ce syndicat qui ont reconnu en discuter avec les représentants du gouvernement. FU a sommé les dirigeants du SNCS d’informer les doctorants du contenu de cet arrêté qui les menace et de se prononcer pour son retrait pur et simple. Ceux-ci bafouant leur devoir d’informer et d’organiser la défense des étudiants menacés – futurs chercheurs – ont refusé de le faire.

Pour le courant Front Unique, pour ses militants et représentants, la loyauté envers les personnels est la première des vertus d’une organisation syndicale. Cette loyauté devrait donc être pleinement respectée par celles et ceux qui assument la direction du syndicat.

Bien entendu, notre courant a aussitôt informé les doctorants des menaces qui les concernaient en publiant une Lettre de liaison de notre courant (N° 327, spéciale ESR du 24 mars 2022 sur le site frontunique.com : http://www.frontunique.com/ll_327_ESR.pdf).

Des dirigeants du SNCS ont exigé de nos représentants, au cours de la CA du 13 mai, qu’ils fassent retirer de notre site cette Lettre de liaison au prétexte qu’elle comporterait « des informations fausses ». Ceux qui prétendent l’existence d’informations fausses dans notre publication ont la possibilité d’en apporter la preuve à notre courant qui, le cas échéant, rectifierait. Bien sûr, en aucun cas, cette Lettre de liaison ne sera retirée du site Front Unique.

Le courant Front Unique exprime sa pleine solidarité et son entière confiance à ses représentants au sein de la CA du SNCS en butte à des attaques inadmissibles et inacceptables. Nous condamnons vigoureusement de tels agissements de la part des dirigeants qui les perpètrent.

Ces dirigeants devraient plutôt se concentrer – enfin – sur leur responsabilité première : la défense intransigeante des personnels face aux assauts constants des gouvernements qui se succèdent.

 

 

 

 

 


 

Lettre de Liaison N° 330 - 16 mai 2022 :

[Version pdf]

 

Intervention au titre de la liste Front Unique

à l’ouverture du 10ème Congrès national du SNASUB-FSU, le 16 mai 2022

 

Ce n’est que quelques jours avant que les deux listes de ce congrès aient dû rendre leur motion d’orientation que les troupes russes de Vladimir Poutine ont envahi l’Ukraine, causant déjà au moins 3000 morts civiles et des dégâts considérables. Aujourd’hui toute la situation, y compris notre situation de personnels non enseignants de l’Éducation nationale ou de la Culture, est dominée par cette question.

Car cette guerre, au-delà de la catastrophe pour les peuples qui en subissent directement les conséquences, signifie, d’ores et déjà à l’échelle mondiale, une brutale dégradation des conditions d’existence pour des centaines de millions de personnes, des menaces de famine, de pénurie de produits vitaux. Dans les pays occidentaux, elle signifie une accélération de l’inflation et une rapide baisse du pouvoir d’achat. Et elle signifiera demain de nouvelles restrictions pour compenser la hausse des budgets militaires, parfois vertigineuse.

Mais la catastrophe est peut-être devant nous avec la décision des puissances impérialistes, dont la France, et sous la houlette de Biden, de gaver l'Ukraine d'armes lourdes, faisant courir le risque de la généralisation de la guerre.

Les organisations syndicales et celles attachées aux libertés démocratiques doivent prendre toutes initiatives unitaires visant à arrêter de telles livraisons. Il est indispensable également de se prononcer contre l’accumulation des troupes de l’OTAN à l’Est de l’Europe, ce qui signifie en premier lieu, l’exigence du retrait des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie.

La crise du capitalisme, aggravée par l’épidémie de Covid, les menaces d’extension de la guerre en Ukraine vont pousser les gouvernements en place, et celui de Macron en particulier, à porter les coups les plus graves aux travailleurs et à la jeunesse. La défense des intérêts des capitalistes l’exige.

Macron avec son programme de guerre contre les conquêtes des travailleurs de la jeunesse a été élu d'autant plus confortablement que les dirigeants du PS, du PCF, de l’Union populaire et des syndicats, y compris la FSU, ont appelé sous une forme ou une autre à voter pour lui.

Il a donc tous les moyens sur le plan des institutions de mettre en œuvre la politique qu'il a annoncée avant les élections, un programme d’une brutalité inouïe : passage à 65 ans des retraites, obligation de travailler gratuitement 20 heures pour les bénéficiaires du RSA, remise en cause brutale des obligations de service des enseignants, instauration du salaire au mérite dans la Fonction publique, expulsion de centaines de milliers de jeunes du droit aux études via l’augmentation des frais d’inscriptions à l’université, menaces de transferts de pans entiers de prestations de la Sécu vers les mutuelles, etc.

Se disposer à combattre ce programme de guerre exigeait en premier lieu de se prononcer au second tour pour « Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron ! », ce que seul le courant Front Unique a défendu dans la FSU et le SNASUB.

Et ceux qui s'imaginent qu'il peut y avoir une majorité de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, au soir du 19 juin risquent fort de se réveiller le 20 au matin avec la gueule de bois. Et peut-on vraiment imaginer que Macron et son programme soient empêchés par la désignation d’un premier ministre, nouvel homme providentiel – Mélenchon – cohabitant avec le Bonaparte élu à la présidence ? Qui plus est quand on sait que le programme de la NUPES ne touche pas un cheveu du système capitaliste comme l'indiquent ses supporters eux-mêmes.

Le rôle du syndicat est donc de se disposer par rapport à l'inévitable offensive qui vient et qu'a annoncé Bruno Le Maire cité dans Le Monde du 10 mai : « Nous allons vers des difficultés économiques considérables. Le pire est devant nous. »

 

D'ores et déjà, nous sommes confrontés à une brutale baisse du pouvoir d'achat. Alors que le patron du Medef s’est déclaré hostile, jeudi 12 mai, à une hausse générale des salaires, les fédérations de fonctionnaires doivent combattre pour une augmentation générale du point d'indice à minima équivalente dès maintenant à celle du SMIC, soit 6% et bien sûr pour l'échelle mobile des salaires. C'est-à-dire l'augmentation automatique des salaires indexée sur les prix, augmentation qui doit être appréciée par les organisations syndicales. Un mot d'ordre qui permet de combattre contre l'écrasement des grilles.

Se disposer face à l'offensive qui vient, c'est se déterminer d'ores et déjà par rapport aux projets Macron :

- rejet total du projet de réforme Macron des retraites

- défense inconditionnelle du statut de la FP.

 

Ce qui suppose le rejet des projets de « réforme complète des grilles et de l’organisation » de la Fonction publique annoncée par Macron dans l’entre-deux-tours, ce qu’Acteurs Publics a qualifié de Big bang pour les carrières et les rémunérations ! Ces projets comprennent l’instauration du salaire au mérite, préconisé par le rapport Peny-Simonpoli issu de la Conférence salariale, rapport explosif dont les syndiqués n’ont pour l’instant pas entendu parler. Mais l’attaque entend aller plus loin, Macron disant vouloir remettre en cause l’existence des catégories A, B, et C et les principes de progression de carrière. Regardons ce qui se fait dans le privé où les conventions collectives ont fait disparaître la notion de progression par ancienneté pour ne prendre en compte que les compétences.

Non seulement il faut rejeter tous ces projets de casse, mais il faut rejeter toute concertation sur leur élaboration et leur mise en œuvre.

Car oui camarades, si Macron a pu avancer aussi rapidement, a pu infliger des défaites aussi importantes, parfois sans combats, c’est parce qu’il s’est appuyé sur une méthode : le dialogue social.

Au lendemain des élections, Macron n’a renoncé à aucun point de son programme, il a au contraire dit que pour que celui-ci passe, il fallait qu’il soit lui-même moins vertical, plus horizontal, bref, qu’il renforce les concertations.

Il faut dénoncer ces manœuvres !

Car, qu’y a-t-il à négocier sur un projet de retraite à 65 ans et de liquidation du Code des pensions  ou sur la mise en place du salaire au mérite ?

Camarades, il est impératif de tirer les enseignements de la méthode Macron, en particulier pour ce qui a été le coup le plus sévère porté à nos droits durant ce quinquennat, la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la FP.

Or, si le rapport d’activité et la motion d’orientation de la liste « Rassembler » reviennent sur les conséquences destructrices de cette loi, ils évacuent totalement pourquoi une telle défaite et pourquoi il n’y eut pas combat.

Durant près d’un an, les directions syndicales, celle du SNASUB et de la FSU en particulier, ont accepté de concerter sur un projet dont chacun connaissait la brutalité sans précédent, plutôt que d’appeler à son retrait. Au final, une défaite majeure, sans combat !

C’est grâce à cette méthode associant de façon toujours plus étroite les directions syndicales à des diagnostics partagés sur la nécessité des réformes, à des concertations voire à la mise en place de ces contre-réformes suite à la signature d’accord, que le gouvernement a pu emporter de telles victoires.

Après la loi du 6 août 2019, l’exemple le plus frappant, celui qui aura des conséquences sans doute considérables puisque touchant aux droits liés à la Sécurité sociale, est l’accord sur la protection sociale complémentaire (PSC) signé par l’unanimité des syndicats fin janvier 2022.

Quel syndiqué a été informé du contenu de cet accord puis consulté avant la CAN du SNASUB de janvier puis le congrès FSU de février ?

Derrière la carotte d’une prise en charge mensuelle de 15 € par l’État employeur de nos cotisations de mutuelle, cet accord ouvre la voie à la liquidation de la Sécu puisqu’il place à côté de l’Assurance maladie obligatoire, une complémentaire santé obligatoire privée. En signant, les syndicats permettent au gouvernement d’opérer demain un transfert des prises en charge de la Sécu vers les Mutuelles qui augmenteraient leurs tarifs et réduiraient leurs prestations. Tout cela est aux antipodes de nos mandats de congrès en faveur du 100% Sécu !

Le projet de motion revendicative justifie cette signature, en rupture totale de notre mandat de congrès qui est pour le 100% Sécu, au motif d’éviter le pire promis par un chantage de Macron. Mais depuis quand, une organisation syndicale, constituée pour défendre les intérêts et la dignité des personnels, devrait céder au chantage au lieu de le dénoncer publiquement et le combattre ?

Va-t-on demain signer tous les accords au motif qu’il faudrait éviter le pire ? Continuer sur cette ligne, cela s’appelle l’accompagnement.

 

Nous entendons lors de ce congrès et ensuite à la CAN défendre une autre orientation, ouvrir d’autres perspectives car inévitablement les travailleurs ou la jeunesse de ce pays vont se dresser contre cette politique de casse systématique.

Pour que Macron soit affronté, il faut rompre ce dialogue social, exiger le retrait pur et simple des réformes, refuser d’en discuter le contenu.

C’est à cette nécessité que tournent le dos les directions syndicales comme l’atteste une nouvelle fois le projet de lettre de l’intersyndicale fonction publique à Macron qui se conclut ainsi :

« Cette mandature étant annoncée avec une large dimension sociale, nous ne pourrions comprendre que cette lettre n'ait pas de réponse concrète dans les délais les plus brefs. Pour notre part, nous sommes d'ores et déjà disponibles afin de définir ensemble les réponses positives qui ne sauraient être différées. »

 

C’est cette soumission à l’arme du dialogue social qui est le 1er obstacle à la volonté des personnels, des travailleurs d’affronter Macron et sa politique.

Dans un contexte d’une crise sans précédent de la représentation politique des intérêts du prolétariat et de la jeunesse, la place occupée par les organisations syndicales revêt une importance majeure.

Notre congrès n’a pas à lui seul les moyens de renverser les rapports de force. Mais il peut prendre les mesures immédiates de rupture avec le gouvernement Macron.

Il peut de manière immédiate se disposer contre l’offensive qui se prépare en prenant position, en rejetant l’ensemble des projets de contre-réformes d’ores et déjà annoncées.

 

C’est cette perspective que les délégués Front unique défendront dans ce congrès.

 

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 329 - 13 avril 2022 :

[Version pdf]

 

 
Avant le 2ème tour des présidentielles, la responsabilité de la FSU est de se prononcer sans la moindre ambiguïté pour :

- Pas une voix pour Macron, pas une voix pour le Pen !
- Rejet intégral des programmes des deux candidats !
- Refus de s’associer sous quelque forme que ce soit à la mise en œuvre de ces programmes : ce qui signifie refus de tout « dialogue social » sur ce terrain !

 

Intervention du représentant du courant Front Unique

au Bureau national de la FSU, le 13 avril 2022

Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle ne laissent en présence pour le second tour que Macron et Le Pen : deux candidats bourgeois, deux ennemis jurés des travailleurs et de la jeunesse, deux partisans affirmés de la marche à l’État policier, de la liquidation des libertés démocratiques, des lois et dispositifs anti-immigrés, de la stigmatisation des travailleurs et jeunes issus de l’immigration sous prétexte de « séparatisme ».

En conséquence de l’état de décomposition des partis traditionnels issus du mouvement ouvrier, de la politique d’autodestruction de ces partis par leurs dirigeants, de décennies de prise en charge des contre-réformes par ces partis, les travailleurs et la jeunesse ont été dépossédés par avance de la possibilité de s’exprimer sur leur terrain de classe dans le cadre de cette élection. Une fraction significative s’est réfugiée dans l’abstention, qui atteint un niveau historique dépassé uniquement en 2002. Une autre fraction a cherché à se saisir du vote Mélenchon : mais ce dernier s’est assis sur ces votes dès le soir du premier tour en appelant à refuser toute voix à Le Pen… sans dire mot de la candidature Macron.

Il revient aujourd’hui aux organisations syndicales de sortir les travailleurs et la jeunesse de cette impasse mortifère, en les appelant non pas à choisir quelle corde servira à les pendre, mais bien en préparant le combat contre l’un et l’autre des deux bourreaux.

Pour les travailleurs et la jeunesse, la victoire de l’un ou l’autre des candidats restés en lice est également glaçante : sur aucun point fondamental, les programmes énoncés par l’un ou par l’autre ne s’opposent du point de vue ouvrier ; ils se recoupent sur l’essentiel. C’est le programme commun de toute la bourgeoisie, sur lequel les deux candidats sont en concurrence : à tel point que le ministre de l’Intérieur de Macron, Darmanin, a pu déclarer que Marine Le Pen était « trop molle » à ses yeux.

 

Le projet de déclaration soumis à ce BDFN par le secrétariat fédéral commence pourtant par isoler la seule candidature dite d’ « extrême-droite » pour la présenter comme un danger vital pour « la république ». Est-ce bien le rôle d’une organisation de défense des travailleurs que de revendiquer la défense de la Vème République, ce régime où tout l’exercice du pouvoir politique est subordonné à la volonté d’un président-Bonaparte ? Et en quoi ce régime serait-il menacé par l’extrême-droite, qui en tire au contraire profit au point de se retrouver aujourd’hui aux portes de l’Élysée ? C’est une forfaiture.

En 2002, puis en 2017, c’est sur le terrain du « front républicain » que les dirigeants des partis et organisations issus du mouvement ouvrier ont accepté de s’effacer, d’appeler à voter pour des ennemis des travailleurs, de leur servir la soupe électorale sous prétexte de « faire barrage » à l’extrême-droite : le résultat, c’est qu’en vingt ans le score de l’extrême-droite a progressé de 14 points. Au cours de ces années, tous les acquis ouvriers ont été mis à mal, la chasse aux immigrés n’a cessé de s’intensifier, la marche à l’État policier n’a cessé de s’accélérer. Voilà les fruits pourris du « front républicain » ; voilà les fruits pourris du « dialogue social » avec la bourgeoisie, sur le terrain de la bourgeoisie, que le « front républicain » prolonge. Et voilà aussi le « terreau » de l’extrême-droite.

Aujourd’hui, tous les travailleurs et jeunes le savent pertinemment : le programme de Macron, c’est le parachèvement de ce travail de destruction des acquis. La retraite à 65 ans ; le pillage de la Sécurité Sociale, la liquidation des droits des chômeurs, le travail obligatoire gratuit pour les bénéficiaires du RSA ; la destruction de la Fonction Publique, des statuts, de l’enseignement public ; la fin du droit aux études etc. Or, la ministre de Macron pour la Fonction Publique, de Montchalin, l’a déclaré sans détour : « la logique (…) c’est de rassembler », il n’y aura « pas de compromis sur les programmes ».

Dès lors, la question est simple : chaque voix supplémentaire portée sur la candidature Macron sera une balle dans le pied de tous les travailleurs ; moins le président élu pourra se prévaloir d’un vaste soutien électoral, meilleures – ou plutôt moins mauvaises – seront les conditions dans lesquelles nous pourrons tenter d’y faire face.

La seule responsabilité des organisations syndicales, c’est de préparer les travailleurs à ces affrontements inévitables.

C’est pourquoi la responsabilité de la FSU est de se prononcer sans la moindre ambiguïté :

- Pas une voix pour Macron, pas une voix pour le Pen ;

- La FSU doit rejeter intégralement les programmes des deux candidats ;

- La FSU doit annoncer dès maintenant qu’elle refusera de s’associer sous quelque forme que ce soit à la mise en œuvre de ces programmes : ce qui signifie refus de tout « dialogue social » sur ce terrain ;

Et ce afin de créer les conditions d’un front uni des organisations syndicales pour permettre aux travailleurs et à la jeunesse de faire face à l’offensive à venir.

 

 


 

 

Déclaration du courant Front Unique :

A 6 jours des présidentielles, la direction de la FSU signe un accord avec le gouvernement !

Assez du soutien à Macron et à son gouvernement de liquidation des acquis des travailleurs !

Que la direction de la FSU se prononce pour :

Pas une voix pour Macron-Pécresse-Le Pen-Zemmour, aux deux tours de la présidentielle !

 

Toute honte bue, la direction de la FSU (avec également celles de l’UNSA, de la CGT, de Solidaires, de la CFDT et de la CGC) a signé ce 4 avril un nouvel accord avec la ministre de la FP (le 5ème en moins d’un an). Pourtant, Amélie de Montchalin, au nom du gouvernement Macron-Castex, applique avec le plus grand zèle la loi de transformation de la FP qui anéantit les prérogatives des CAP et aggrave, en particulier, les conditions de travail des agents de la FP territoriale. Et alors que l’inflation atteint des sommets, elle maintient résolument le blocage du point d’indice.

Amélie de Montchalin qui mène une campagne active pour la réélection de Macron, s’est déclarée « très heureuse » de cette signature dans un tweet (ici) avec photo où elle se montre ravie au milieu des signataires. Ce tweet se trouve sur la page d’accueil du ministère de la FP.

Indépendamment du contenu de cet accord de méthode, il faut souligner la volonté des dirigeants syndicaux signataires d’apporter jusqu’au bout – à 6 jours du 1er tour des élections présidentielles ! – leur soutien au gouvernement et à Macron. Et cela, alors que celui-ci affiche ostensiblement un programme de guerre contre les travailleurs, et contre les enseignants en particulier.

Lors du Bureau national de la FSU du 30 mars, les deux tendances qui co-dirigent notre fédération (UA et EE) ont validé cette signature. Au contraire, le courant Front Unique (tout comme les courants URIS et Émancipation) s’y est vigoureusement opposé. Nous publions ci-dessous l’intervention de notre représentant lors de ce Bureau national.

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Intervention du représentant du courant FU au Bureau national de la FSU, le 30 mars 2022

Le projet de texte d’appréciation sur l’accord de méthode prévoyance anticipe sur « des négociations ministérielles (…) dès janvier 2023 pour une mise en œuvre en janvier 2024 ».

Voilà qui a le mérite d’être clair : c’est une véritable profession de foi en faveur de la réélection de Macron qu’il s’agit de signer. On nous dit que la signature d’un accord de méthode n’apporte « aucune garantie » : mais en signant cet accord, au contraire, les directions syndicales apporteraient à Macron toutes les garanties sur le fait qu’elles s’inscrivent par avance dans l’accompagnement de la mise en œuvre de son programme.

Le même Macron a annoncé son projet le 17 mars dernier, au lendemain même du dernier CDFN. Chacun a pu mesurer depuis à quel point il s’agit d’un plan de guerre contre les acquis ouvriers, en même temps qu’un plan complet de démantèlement de l’Éducation Nationale et du statut des enseignants :

- jusqu’à 20h de travaux obligatoires pour les bénéficiaires du RSA, et donc création d’un sous-prolétariat en concurrence avec les travailleurs qui sont encore protégés par ce qui reste de code du travail ;

- recul de l’âge légal du départ en retraite jusque 65 ans

- université payante pour la jeunesse et liquidation des filières non rentables

- feu sur les statuts des fonctionnaires avec l’annonce d’un nouveau « contrat » intégrant une multitude de nouvelles tâches ; liquidation des règles nationales de rémunération et de progression de carrière ;

- liquidation des horaires et des programmes nationaux renvoyés « au local »

- mise en concurrence des établissements et utilisation des parents d’élèves comme masse de manœuvre dirigée contre les enseignants et personnels ;

- un pouvoir de recrutement octroyé aux chefs d’établissement ;

- la liquidation pure et simple de l’enseignement professionnel public.

Dans ces conditions, l’urgence pour la FSU devrait être de rejeter en bloc ce plan de guerre : et ce faisant, de dénoncer les manœuvres de Macron pour engager dès aujourd’hui les concertations sur le terrain de ce programme !

La direction fédérale nous demande au contraire, aujourd’hui, de signer un nouvel accord, « accord de méthode » dont la signification première est de constituer un accord politique avec Macron.

Pour le courant Front Unique, la seule place de ce texte est à la poubelle.

 

 

 


 

 

Lettre de Liaison N° 328 - 28 mars 2022 :

[Version pdf]

Le programme du candidat Macron :

un plan complet de démantèlement de l’Éducation Nationale et du statut des enseignants, dans la continuité des dernières contre-réformes 

Dès maintenant, il faut imposer aux directions syndicales :

- qu’elles affirment publiquement leur rejet total du programme Macron ;
- qu’elles annoncent dès maintenant qu’elles refuseront toute concertation sur ce programme et organiseront le combat pour l’empêcher ;
- qu’elles prennent position aux élections : aucune voix, ni au premier ni au second tour,
quel que soit le cas de figure, pour Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour.

 

Macron a annoncé son « programme ». Pécresse a crié « au vol ». C’est dire que les deux programmes sont strictement identiques. Identiques aussi ceux de Le Pen et de Zemmour qui se contentent d’épicer le plat avec abondance de propos racistes, d’annonces de chasse aux immigrés (chasse que Darmanin organise déjà par ailleurs).

La plus grande probabilité est du côté de la reconduction de Macron. Il est donc nécessaire d’apprécier très exactement ce qu’il annonce

Dans le cadre d’une offensive généralisée contre les acquis sociaux ...

« Les Français devront travailler plus ». Macron veut parachever la liquidation des droits des chômeurs. Il entend imposer jusqu’à 20 heures de travail aux bénéficiaires du RSA, c’est-à-dire constituer un sous-prolétariat surexploité rentrant en concurrence avec les travailleurs encore protégés par ce qui reste du code du travail. Il veut repousser à 65 ans, l’âge légal de départ à la retraite, liquider les régimes spéciaux et le code de la fonction publique. Pour la jeunesse, il a annoncé le projet de rendre l’université payante, de liquider toutes les filières jugées non rentables par le patronat etc.

La liste des attaques programmées est loin d’être complète…

...Un plan complet de démantèlement de l’Éducation Nationale

Macron déclare la guerre au corps enseignant . Il indique : « Cela ne va pas plaire à tout le monde ».

- Il s’agit de faire feu sur le statut des fonctionnaires  dans le cadre d’une nouvelle étape du démantèlement de la Fonction Publique. Contre le traitement indiciaire et la fonction publique de carrière, Macron affirme sa volonté de « rebattre les cartes de l’organisation de la rémunération » et d’aller vers « des progressions plus différenciées » en s’appuyant sur les conclusions du rapport Peny-Simonpoli issu de la conférence sur les perspectives salariales. « On propose un pacte aux enseignants : on vous demande de nouvelles missions qu'on est prêts à mieux payer comme le remplacement des profs absents, ça doit être une obligation, le suivi individualisé des élèves, l'accompagnement sur le temps périscolaire. Pour les enseignants en place je propose un nouveau contrat. On augmente leur rémunération s'ils sont prêts à changer leur organisation. Toutes les nouvelles embauches sont sur la base de ces nouveaux contrats »... (toutes les citations de Macron proviennent du site Le Café pédagogique).

Le pacte de Macron, c’est la destruction du statut, de la qualification disciplinaire. L’enseignant devra désormais être animateur, conseiller d’orientation. Son horaire pourra être indéfiniment augmenté au gré du remplacement des professeurs absents.

Quant à l’augmentation des salaires (les enseignants débutent actuellement à moins d’1,2 SMIC !), la réponse est claire : « La revalorisation nationale compte tenu de la masse salariale, n'est pas la plus efficace » et « On ne va donc pas payer les professeurs de façon uniforme dans le pays ». C’est la liquidation des règles nationales de rémunération et de progression de carrière.

- Il s’agit de parachever la liquidation des programmes et des horaires nationaux

« On renvoie au local. La réforme ne sera pas la même dans les quartiers nord de Marseille, à Troyes et dans les Hautes Alpes... on donne la liberté aux acteurs locaux. » Des programmes différents selon la population scolaire : les écoles pour riches et les écoles pour pauvres…

- La mise en concurrence des établissements, les enseignants sous contrôle

« On sait bien que dans une école on va avoir un professeur qui va changer les résultats des élèves et un autre non. On doit se donner les moyens de le mesurer. Cette transparence est bonne. Je veux la généraliser. Comme cela on pourra aussi comparer les méthodes pédagogiques »

Les associations de parents d’élève seront élevés au rang de juges de la qualité des enseignants, de leurs méthodes pédagogiques, et évidemment au bout du compte du contenu de l’enseignement. On sait ce que cela donne aux États Unis par exemple où ici ou là, telle ou telle association évangéliste interdit que Darwin soit enseigné dans l’école.

- Des chefs d’établissements dotés du pouvoir de recrutement

« Je veux que les directeurs aient la possibilité de récuser des profils et participent à la décision ». Pour être affecté dans un établissement, il faudra faire allégeance au « projet » de l’établissement.

- Liquidation totale de l’enseignement professionnel

Macron promet « une rémunération des lycéens professionnels, en changeant totalement de logique de formation, en s'inspirant de ce que nous avons réussi sur l'apprentissage ».

A juste titre, Le SNUEP-FSU (syndicat des lycées professionnels) analyse :  « [Macron] a aussi annoncé le 15 mars dans la presse la nécessité « d'un outil de gestion des compétences qui sonne la fin de l'hégémonie des diplômes » En les supprimant, il s’attaque aux conventions collectives, jugées gênantes et contraignantes par les organisations patronales. »

Deux questions auxquelles les directions syndicales doivent répondre clairement :

 

Ce programme est à rejeter en bloc, c’est ce que doivent dire les directions des organisations syndicales. En conséquence, elles doivent dénoncer les manœuvres de Macron pour les engager dans une concertation sur ses objectifs et donc annoncer qu'elles n'y participeront sous aucune forme !

La nécessité de cette rupture est d'actualité : il est par exemple inacceptable que les dirigeants syndicaux participent à la mise en œuvre de l’« expérimentation » de Marseille qui prévoit la nomination des enseignants par les chefs d’établissement. Il faut d’ores et déjà exiger : sortez sans délai de cette concertation pour la liquidation de notre statut ! Rien ne sera possible si les enseignants eux-mêmes n’imposent pas aux dirigeants syndicaux une telle rupture !

Mais qui pourrait croire que les directions syndicales se disposent à faire front contre le programme Macron si, comme cela s'est fait en 2017, elles appelaient, sous une forme ou sous une autre, à voter Macron, par exemple, sous prétexte de « lutte contre l’extrême droite » au deuxième tour ?

Il faut que, dès maintenant, les directions syndicales FSU, CGT, FO indiquent avec la plus grande clarté : pas une voix pour Macron , et pas une voix pour Pécresse, le Pen, Zemmour qui défendent le même programme !

 


 

 Lettre de Liaison N° 327 - 24 mars 2022 :

[Version pdf]

 
Alerte aux doctorants :

EN JUIN, LE NOUVEAU PROJET DU GOUVERNEMENT OU COMMENT DÉGAGER LES DOCTORANTS AVANT LEUR DIPLÔME ?

La responsabilité des dirigeants du SNCS et du SNESUP :

APPELER À L’UNITÉ POUR LE RETRAIT DU PROJET
SORTIR DES CONCERTATIONS
S’ADRESSER AUX DOCTORANTS POUR ORGANISER LE COMBAT !

 

TheMetaNews, « journal pro chercheur », rapporte dans sa newsletter du 28 janvier qu’un avant-projet de modification de l’arrêté codifiant le doctorat est en cours de discussion et précise le calendrier : « L’objectif est d’avoir une circulaire en juin pour que tout soit opérationnel en septembre. »


Sur le site Academia, l’avant-projet a été publié. Nous communiquons le lien : https://academia.hypotheses.org/33617


Il prévoit principalement deux mesures :


  • La modification du rôle du comité de suivi qui se réunira et donnera son avis pour l’inscription en 2ème année (Article 13), ce qui signifie dans l’absolu que les doctorants pourront être congédiés sans aucune défense. Plus encore, dans le cadre de la LPR, du pseudo-doctorat de droit privé, des thèses CIFFRE et ANR, cela signifie : « Remplis tes objectifs ou tu dégages ! » ;

  • Une pré-soutenance à huis clos, avec une commission fixée par le directeur de l’école doctorale sur proposition du directeur de thèse qui accordera ou non l’autorisation de soutenance. Les doctorants, notamment ceux qui auraient des désaccords avec leurs encadrants ou l’université, se retrouveraient à ne pas pouvoir soutenir, ou à intégrer obligatoirement des modifications exigées.

C’est également la consécration du pseudo-doctorat de droit privé, la participation totale des entreprises privées aux écoles doctorales et donc la soumission de ces dernières aux prérogatives des premières (Article 5). C’est aussi un serment, en cas d’admission, à respecter les « principes et les exigences » de l’intégrité scientifique tels que définis par le ministère dans le cadre des restrictions des libertés académiques (Article 20). C’est enfin, le « doctorat » par la validation d’acquis, qui remet en cause ce diplôme, socle commun des qualifications dans la recherche et des statuts des enseignants-chercheurs (Article 11).


Il n’y a donc rien à discuter dans ce projet.


Pour autant, dans les échanges de la Commission Administrative du SNCS, le Secrétaire général du SNCS avoue :


« le SNCS, avec le SNESUP, a fait et continuera de faire le maximum pour faire modifier les articles 13 et 17, et aussi d'autres points problématiques. »


Depuis des mois donc, les dirigeants du SNCS et du SNESUP élaborent avec le gouvernement, dans le dos des doctorants et des syndiqués, ce projet contre les doctorants, ce qui ne peut amener qu’à son application.


L’expérience le prouve : discuter sur la LORE (avec Parcoursup), sur la LPR et ses décrets d’application n’a eu comme seule conclusion que l’application de ces lois, défaites historiques pour la jeunesse et les travailleurs.


La Secrétaire générale adjointe du SNCS ajoute :


« Donc en attendant la nouvelle version, nous ne voyons pas l’intérêt de faire peur à nos collègues doctorants avec des trucs qui vont, on espère, retourner dans un fond de tiroir… »


Prétendre ne pas vouloir « faire peur à nos collègues doctorants » c’est leur cacher ce qui les menace et protéger le gouvernement, d’une colère justifiée. Car, chacun le sait d’expérience, avec lui rien « ne retourne dans un fond de tiroir ». En fait, elle cherche à justifier que les dirigeants du SNCS et du SNESUP ont sciemment caché le projet aux doctorants et aux syndiqués pour éviter toute opposition dans les syndicats qui les aurait amenés à exiger le retrait et donc à rompre la concertation, contradictoire avec cette exigence.


Par ce fait, les dirigeants illustrent ce qu’est la « concertation » avec le gouvernement : ni une discussion, ni un moyen d’obtenir les informations sur les projets du gouvernement, mais bien une aide à l’application de ses plans privant les travailleurs de leurs syndicats en tant qu’instruments de défense de leurs intérêts.


Il n’y a pas à attendre ! C’est pourquoi Front Unique informe nos collègues doctorants et les syndiqués du projet.

La responsabilité immédiate des directions du SNCS et du SNESUP  est :


  • qu’elles appellent nationalement au retrait de ce projet,

  • sortent des concertations

  • et s’adressent à nos collègues doctorants pour organiser le combat pour le retrait de ce projet !

Et qu’elles appellent l’ensemble des organisations syndicales de l’enseignement supérieur (CGT FERC-Sup, FO ESR, SUD Education) et étudiantes (en premier lieu l’UNEF) à faire l’unité sur cet objectif.

 

 

 


 

 Lettre de Liaison N° 326 - 15 mars 2022 :

[Version pdf]

Intervention Front Unique dans le débat général (Cdfn FSU 15 et 16 mars 2022) 

 

Depuis le début de la guerre engagée par Poutine, l’Ukraine est dévastée sans répit par les bombes. On compte déjà des dizaines de milliers de morts et de blessés. Et des millions de civils ont fui leur foyer. 

Il faut dénoncer et condamner la guerre de la Russie contre l’Ukraine, exiger l’arrêt immédiat des bombardements et le retrait total des troupes russes d’occupation. 

Il faut défendre inconditionnellement le droit du peuple ukrainien à disposer de lui-même. 

Mais aujourd'hui, au nom de la "solidarité avec le peuple ukrainien", on essaie de faire croire aux travailleurs que l'issue serait dans le renforcement de l'OTAN, dans le militarisme à tout crin avec la progression des budgets militaires en Allemagne, en France. 

Mais l’Otan est une coalition impérialiste instrument de guerre contre les peuples comme en Corée, ou en Afghanistan. Et souvenons-nous que c’est l’OTAN qui en mars 1999 a dévasté la Serbie sous un tapis de bombes. 

L’OTAN a méthodiquement conduit son expansion dans toute l’Europe orientale pour exercer une constante pression sur la Russie et la menacer militairement. 

Nous devons exiger le retrait des troupes de l’OTAN de l’Europe et en particulier des troupes françaises d’Estonie et de Roumanie. 

Si notre solidarité est pleine et entière envers le peuple ukrainien, l’issue contre cette guerre ne peut venir que de la mobilisation internationale du mouvement ouvrier et de la jeunesse. Et en premier lieu des travailleurs et des jeunes Russes qui, chaque jour, se dressent héroïquement contre Poutine et sa guerre criminelle. Ils sont brutalement réprimés, arrêtés, emprisonnés, jugés et condamnés. 

La responsabilité de notre fédération est d’organiser au plus vite une manifestation à l’Ambassade de Russie pour exiger la fin de la guerre contre l’Ukraine, pour que cesse la répression contre les manifestants russes et que soient libérés sans délai ceux qui sont emprisonnés. 

Et il faut s’opposer aux sanctions contre la Russie qui affectent sa population civile comme ce fut le cas pour les peuples d’Irak et d’Iran. 

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Macron, à la faveur de la guerre cherche à bénéficier d’un effet d’union nationale. Et hélas, jusqu’à présent, partis et syndicats liés au mouvement ouvrier ont pleinement répondu à ses attentes. 

Macron en profite pour formuler ouvertement un programme de choc contre des pans entiers des conquêtes ouvrières : 

Sécurité sociale et système de santé. 

Enseignement supérieur avec facs payantes. 

Feu sur l’enseignement public, son fonctionnement, ses personnels et leur statut. 

Et surtout sans aucune retenue, il annonce la couleur quant aux retraites : 

Travailler plus longtemps avec un recul de 3 ans de l’âge de départ à la retraite. Et la suppression annoncée des régimes spéciaux. 

Il veut poursuivre et amplifier la démolition de la fonction publique et des acquis statutaires des fonctionnaires, remettre en cause leur rémunération liée à des grilles de carrière basées sur le point d’indice. 

Point d’indice bloqué depuis plus de 10 ans qui a fait reculer dramatiquement le pouvoir d’achat d’autant plus avec l’envolée actuelle de l’inflation. 

La responsabilité de notre fédération est de dénoncer l’ensemble du programme de Macron qui est la poursuite et l’amplification considérable de celui mis en œuvre depuis 5 ans. 

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Nous sommes à moins d’un mois du 1er tour des élections présidentielles et les organisations se réclamant de la défense des travailleurs ne peuvent être neutres vis-à-vis des principaux candidats des partis de la bourgeoisie, les Macron, Pécresse, Le Pen et Zemmour. 

Notre fédération doit clairement condamner leur programme et appeler à empêcher leur élection. 

Mais dès à présent dans deux domaines, avant même les élections, il est possible pour notre fédération de combattre concrètement Macron et son gouvernement. 

Sur les retraites, Macron, tout en mettant en avant sa volonté déterminée de reculer à 65 ans l’âge de départ à la retraite et de liquider les régimes spéciaux, en appelle déjà à la concertation sur son plan destructeur. Il veut s’appuyer sur des discussions-cautions avec les représentants syndicaux pour faire aboutir sa contre-réforme. 

Dès à présent, notre fédération doit indiquer qu’elle refusera toute discussion sur cette contre-réforme et qu’elle se battra bec et ongles pour l’interdire

D’ores et déjà, le gouvernement veut s’appuyer sur le Conseil d’orientation des retraites pour justifier ses mauvais coups. Le COR, s’appuyant sur la participation des représentants syndicaux, a pour ADN le soutien aux gouvernements et à leurs projets contre les travailleurs. 

Notre fédération doit donc décider de quitter enfin et sans délai le COR et s’adresser aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même. 

Ce jeudi, une grève est convoquée pour des augmentations de rémunérations et en particulier la fin du gel du point d’indice et sa substantielle revalorisation. Elle fait suite à celle du 27 janvier sur les mêmes revendications. Or rappelons que la veille, le 26 janvier, tous les représentants syndicaux avaient signé avec la ministre du blocage du point d’indice l’accord PSC qualifiée par elle de « victoire historique ». Un nouvel accord dit de méthode est en préparation sur le volet prévoyance de la PSC, accord soumis à signature avant la fin du mois. 

Il serait donc envisagé de signer, 10 jours avant le 1er tour des élections, un 5ème accord en moins d’un an avec la ministre De Montchalin. Ministre qui met en œuvre la loi de destruction de la FP et le blocage sans fin du point d’indice, tout en annonçant, comble du cynisme, son augmentation lors du prochain quinquennat. 

Il faut le dire nettement : signer avec ce gouvernement juste avant les présidentielles vaudrait appel à voter Macron et blanc-seing accordé à son programme de choc. 

Ce serait une nouvelle forfaiture contre les personnels, contre le syndicalisme, contre notre fédération. 

Cela ne peut se faire ! 

 


 

Conseil national de la FSU, le 15 mars 2022

Intervention du courant Front Unique dans le débat « Place des femmes dans la FSU »

 

Le 8 mars, La FSU était parmi les signataires de l’appel à une « grève féministe », « une déferlante pour l’égalité » ! On ne peut pas dire qu’il y ait eu une déferlante !

Car les femmes travailleuses savent très bien que tous leurs droits sont en train de régresser sous le feu des contre-réformes du gouvernement, ce dont le texte d’appel au 8 mars ne dit mot !

Par contre, c’est en masse qu’elles ont fait grève le 13 janvier contre Blanquer, le porte flingue de Macron, dont les réformes saccagent l’Éducation nationale, les statuts, et maltraitent les enseignants qui sont, dans leur grande majorité, des enseignantes.

Car que vaut le droit à l’IVG, à la contraception sans l’hôpital public ? Rappelons que ce gouvernement a réussi l’exploit de fermer des milliers de lits d’hôpitaux en pleine crise sanitaire.

Que vaut l’exigence d’un salaire égal, d’un travail moins précaire, quand le droit du travail et les statuts sont détruits et que le salaire est « au mérite » ?

Les premières victimes de la remise en cause du droit aux études, ce sont les jeunes filles issues des couches populaires, cela s’applique déjà avec Parcoursup, la réforme du lycée.

Les femmes travailleuses savent que ce gouvernement n’hésite pas à utiliser la matraque contre elles quand elles manifestent contre sa politique comme les aides-soignantes, ou le 7 mai à Paris.

Le texte d’appel au 8 mars ciblait ses attaques contre l’extrême droite. Qu’est-ce que cela signifie, à la veille des présidentielles, sinon appeler à voter pour Macron ou Pécresse ?

Et maintenant que Macron est quasiment assuré d’être réélu, il déploie un programme de choc pour accélérer la destruction de pans entiers des conquêtes ouvrières.

Le combat pour l’émancipation des femmes ne peut pas être dissocié de celui de l’ensemble des travailleurs contre la remise en cause des conquêtes sociales qui vise à ramener l’ensemble du prolétariat des dizaines d’années en arrière.

Alors pourquoi faire de la précarité, des bas salaires, de la violence, du travail déconsidéré, … une affaire de femmes ?

Et je voudrais citer cette adresse de l’organisation de femme qui fut la plus importante pendant la Commune l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés :

« La Commune, représentante du grand principe proclamant l'anéantissement de tout privilège, de toute inégalité, par là même est engagée à tenir compte des justes réclamations de la population entière sans distinction de sexe, distinction créée et maintenue par le besoin de l'antagonisme sur lequel reposent les privilèges des classes gouvernementales ».

Louise Michel, dans ses Mémoires, disait aussi :

« Parmi les plus implacables lutteurs qui combattirent l’invasion et défendirent la République comme l’aurore de la liberté, les femmes sont en nombre. » « On ne s'inquiétait guère à quel sexe on appartenait pour faire son devoir. Cette bête de question était finie » « On a voulu faire des femmes une caste, et sous la force qui les écrase à travers les événements, la sélection s’est faite ; on ne nous a pas consultées pour cela, et nous n’avons à consulter personne. Le monde nouveau nous réunira à l’humanité libre dans laquelle chaque être aura sa place. »

150 ans plus tard, les mots de ces femmes exceptionnelles doivent nous servir de guide, à nous militantes de la FSU.

Nous devons être les plus implacables combattantes pour défendre les conquêtes ouvrières que les partis bourgeois veulent réduire à néant et donc faire en sorte que notre fédération soit l’instrument de cette défense :

  • qu’elle rejette clairement les objectifs communs des Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour

  • qu’elle les rejette, pas seulement en parole, mais en acte en refusant de participer à toute instance de « dialogue social » visant à mettre en œuvre leur programme ;

Parce que c’est par là que passe aujourd’hui le combat pour l’émancipation des femmes.

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Ci-dessous les motions du courant Front Unique au Conseil National de la FSU, le 16 mars 2022

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Présentation de la motion Pour l’arrêt de la guerre russe contre l’Ukraine

Depuis 21 jours en Ukraine, les troupes du Kremlin bombardent sans répit la population. Alors qu’il pensait réussir une offensive éclair, Poutine se heurte à la résistance héroïque des masses qui tentent de faire refluer l’offensive, souvent à mains nues.

Il faut aussi souligner Les différentes formes d’opposition russe à la guerre, avec comme exemple récent le passage à l’antenne de la journaliste Marina Ovsiannikova, brandissant des mots d’ordre contre la guerre et contre la propagande officielle. Le terme « courage » ne suffit pas à qualifier les actes de tous les opposants en Russie puisqu’ils risquent jusqu’à 15 ans de prison depuis la promulgation d’une loi, il y a deux semaines, suite à l’interdiction des médias officiels russes par l’Union Européenne.

En sanctionnant la Russie, les puissances occidentales ne font que rendre la résistance intérieure à Poutine plus difficile. Les sanctions ne pèsent pas sur le Kremlin. Pour s’en convaincre, il suffit de constater que les exportations d’hydrocarbures sont exclues en partie des sanctions puisque la plupart des bourgeoisies européennes ne peuvent pas se passer de la production russe.

Aujourd’hui la politique de l’UE et de la France, malgré les gesticulations de Macron, consiste à se situer à la remorque de la politique de l’OTAN, notamment par l’envoi de troupes aux frontières de l’Ukraine et une augmentation spectaculaire des budgets consacrés à l’armement et à la défense, en particulier en Allemagne.

Dans le texte action, on peut lire « La FSU milite pour une solution dans le cadre multilatéral de l’ONU ». Dans le cadre de l’ONU, aucune solution pour les masses ukrainiennes ne pourra émerger. N'ayons pas la mémoire courte : l’intervention française en Lybie a eu lieu sous l’égide de l’ONU. Pour quel résultat ? Une catastrophe humanitaire et sociale.

Il faut donc dès à présent que le CDFN mandate notre fédération pour qu’elle organise avec les autres syndicats du mouvement ouvrier une manifestation en direction de l’ambassade de Russie pour exiger le retrait des troupes russes d’Ukraine, l’arrêt de la répression contre les manifestants qui s’opposent à l’intervention du Kremlin et la libération sans délai de tous les opposants à la guerre déjà emprisonnés.

Le CDFN doit également exiger du gouvernement français le retrait des troupes françaises en Estonie et en Roumanie.

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Motion : Pour l’arrêt de la guerre russe contre l’Ukraine

L’Ukraine subit depuis trois semaines l’invasion russe avec des milliers de morts et de blessés et des millions de déplacés.

La responsabilité de la FSU est d’organiser une manifestation en lien avec les autres syndicats issus du mouvement ouvrier en direction de l’ambassade de Russie pour exiger :

  • Le retrait des troupes russes du sol ukrainien

  • L’arrêt de la répression contre les manifestants russes qui s’opposent à l’intervention du Kremlin

  • La libération sans délai de tous les manifestants et opposants à la guerre déjà emprisonnés

Il est également de la responsabilité de notre fédération d’exiger du gouvernement Macron-Castex le retrait des troupes françaises stationnées en Estonie et en Roumanie en soutien à la politique expansionniste de l’OTAN.

(Pour : 8 / Contre : 54 / Abstention : 0 / Refus de vote : 23)

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Présentation de la motion

Pour le refus de toute concertation sur la contre-réforme annoncée des retraites

et pour le départ immédiat du Conseil d’orientation des retraites

C’est pour répondre au besoin du capital, donc du MEDEF, que Macron a annoncé le report de l’âge de la retraite à 65 ans et la suppression des régimes spéciaux. Le recul de l’impérialisme français sur l’échiquier mondial et européen rend absolument nécessaire pour les capitalistes le démantèlement de tous les acquis du prolétariat.

D’où Macron tire-t-il sa confiance pour annoncer son programme réactionnaire ?

De l’union nationale ouverte à la faveur de la guerre en Ukraine.

Du soutien des directions des organisations syndicales à sa politique. Pour preuve, la signature envisagée d’un nouvel accord avec le ministre de la FP, 10 jours avant les présidentielles.

D’un appel à voter contre l’extrême-droite qui épargne les autres candidats de la bourgeoisie, entre autres, Macron et Pécresse.

Sur les retraites, le gouvernement veut s’appuyer sur le Conseil d’orientation des retraites, organisme d’expertise et de concertation missionné par le premier ministre pour élaborer « un diagnostic partagé » et « formuler des propositions de nature à éclairer ses choix » (Sources : site du COR).

Des milliards d’exonérations de cotisations sociales ont été offertes aux patrons pour soutenir l’économie. Le diagnostic partagé avec eux ne peut donc qu’aboutir à la réforme du système de retraite. Pour les patrons, les cotisations sociales doivent retourner au capital pour continuer à engranger leur profit malgré la crise !

Participer au COR c’est donc bien apporter un soutien à un coup majeur contre les travailleurs. Coup qui est au programme de tous les partis de la bourgeoisie. 

C’est pourquoi, notre fédération doit indiquer qu’elle refusera toute discussion sur cette contre-réforme, quel que soit le cadre de concertation, et qu’elle portera le fer pour l’interdire. 

Le CDFN décide donc de la sortie de la FSU du COR et s’adresse aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.

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Motion : Face à la nouvelle attaque annoncée par Macron contre les retraites,

refus de toute concertation de cette contre-réforme et départ immédiat du COR

Macron a annoncé une contre-réforme des retraites prévoyant en particulier le recul de l’âge de départ à la retraite à 65 ans et la liquidation des régimes spéciaux.

Pour cela le gouvernement veut s’appuyer à la fois sur la concertation avec les représentants syndicaux et sur le Conseil d’orientation des retraites pour justifier son projet.

Le CDFN de la FSU, réuni le 16 mars se prononce :

  • pour le retrait pur et simple du projet Macron de passage de l'âge légal à 65 ans, de liquidation du code des pensions et des régimes spéciaux. Ce qui implique le refus de toute concertation de cette contre-réforme.

  • pour quitter, dès aujourd’hui, le conseil d’orientation des retraites

  • pour s’adresser aux autres organisations syndicales pour qu’elles fassent de même.

(Pour : 4 / Contre : 73 / Abstention : 0 / Refus de vote : 8)

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Présentation de la motion

Non à la signature sur le projet d’accord de méthode sur la prévoyance

La question qui est posée à travers la signature de cet accord de méthode est : Est-ce que la FSU va signer un accord avec le gouvernement quelques jours avant les élections ?

On nous explique que cette négociation sur la prévoyance est indispensable parce qu’elle re-couple la prévoyance avec la complémentaire santé qui ont été découplées par l’accord PSC et que ce découplage est une catastrophe !

Comme on nous avait expliqué qu’il fallait signer PSC à cause de l’ordonnance de février 2021. Ordonnance prise en application de la loi de transformation de la fonction publique !

Bref, La FSU serait condamnée à appliquer une loi dont elle demande l’abrogation.

Comment notre fédération peut-elle accepter de se faire dicter sa politique par le gouvernement ?

Alors à quoi sert cet accord ? C’est un accord de méthode sur les conditions dans lesquelles devront se mener les négociations sur la prévoyance. Un tel accord de méthode n’a pas de portée juridique. C’est donc une sorte de pacte entre le gouvernement et les organisations syndicales pour que se poursuive après les élections la même politique que nous avons subie depuis 5 ans avec Macron !

Et pourtant le texte Action en tire un bilan catastrophique : Démantèlement des services publics, gestion catastrophique de la crise sanitaire, atteinte aux libertés, répression, … toutes choses « qui nourrissent la progression des idées d’extrêmes droite. » 

Le texte Action explique ensuite comment Macron veut encore durcir cette politique : retraite à 65 ans, explosion de tout cadre national du service public, etc.

On pourrait s’attendre à ce qu’en conclusion, la FSU appelle à voter contre Macron, et tous les candidats qui ont le même programme.

Or le texte se conclut par … « pas une voie ne doit se porter pour l’extrême droite ! » En clair, cela signifie voter pour Macron ou Pécresse s’ils sont face à Le Pen ou Zemmour au second tour. C’est dire aux travailleurs et la jeunesse qu’ils sont condamnés à subir de nouvelles offensives anti-ouvrières

Quelle est la responsabilité de la FSU dans ce contexte ? C’est d’ouvrir une perspective.

C’est de clairement rejeter le programme de Macron qui est aussi celui de Pécresse, de Le Pen et de Zemmour. Et le rejeter pas seulement en parole mais en acte.

Et cela commence par le refus de signer ce projet d’accord de méthode sur la prévoyance.

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Motion : Non à la signature du projet d’accord de méthode sur la prévoyance

Le CDFN de la FSU se prononce contre la signature du projet d’accord de méthode sur la prévoyance. La signature avec le gouvernement d’un tel accord, à quelques jours des élections présidentielles, vaudrait soutien à Macron, président sortant et candidat.

(Pour : 8 / Contre : 62 / Abstention : 0 / Refus de vote : 15)

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Présentation de la motion

Pour l’annulation de la dissolution des associations « Palestine Vaincra » et « Action Palestine »

Le 24 février, Poutine lançait sa guerre contre l’Ukraine et ce même jour, Darmanin, à la demande de Macron, annonçait son intention de dissoudre deux associations de soutien au peuple palestinien.

Le texte Action condamne, dénonce, s’oppose à cette menace.

Mais aujourd’hui, on n’est plus face à une menace mais devant un fait tangible et avéré.

En effet, il y a tout juste une semaine, le 9 mars, le gouvernement a annoncé la dissolution du Collectif Palestine Vaincra et du Comité Action Palestine.

La responsabilité de notre fédération est donc d’exiger l’annulation immédiate de la dissolution de ces deux associations.

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Motion : Pour l’annulation de la dissolution du Collectif Palestine Vaincra et du Comité Action Palestine

Le 9 mars, le ministre de l’Intérieur a annoncé la dissolution des associations « Collectif Palestine Vaincra » basée à Toulouse et « Comité Action Palestine » à Bordeaux.

Le CDFN de la FSU réuni les 15 et 16 mars dénonce vigoureusement cette dissolution qui s’inscrit dans une offensive récurrente du gouvernement contre les libertés démocratiques, d’opinion, d’expression et d’organisation.

Le gouvernement Macron-Castex exprime ainsi encore une fois son soutien inconditionnel et indéfectible à l’État colonial d’Israël et exerce sa répression systématique contre tous ceux qui militent en défense du peuple palestinien et de ses droits nationaux.

Le CDFN de la FSU exige l’annulation immédiate de la dissolution du « Collectif Palestine Vaincra » et du « Comité Action Palestine ».

(Pour : 7 / Contre : 62 / Abstention : 0 / Refus de vote : 16)

 

 


 

 Lettre de Liaison N° 325 - 10 février 2022 :

[Version pdf]

 

 

 
Au 10ème congrès national de la FSU à Metz (début février 2022), une très large majorité de délégués (*) a entériné la signature de l’accord PSC (protection sociale complémentaire) le 26 janvier, signature qui ouvre la voie à la destruction de la Sécurité sociale, acquis historique du mouvement ouvrier.
A l’opposé du quasi appel de la direction de la FSU à voter Macron (ou Pécresse) sous prétexte de « lutter contre l’extrême-droite », les travailleurs devront chercher à se saisir des organisations syndicales – dont la FSU – contre le gouvernement et les objectifs communs des candidats de la bourgeoisie (les Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour…).
C’est dans cette voie que peut être ouverte une issue politique conforme aux aspirations des travailleurs.

 

Intervention du représentant du courant Front Unique

à la clôture du congrès national de la FSU, le 4 février 2022

« Le congrès national de la FSU s’est tenu.

En entérinant la signature de l’accord PSC, il a renié ses positions antérieures, qui étaient les positions de toujours du mouvement ouvrier de défense de la Sécurité Sociale : « Chacun contribue selon ses moyens et a recours selon ses besoins ». Il a entériné un accord qui porte un coup de première importance à notre Sécurité Sociale fondée sur le salaire différé et socialisé.

Cette signature unanime des directions syndicales intervient quelques semaines avant les élections présidentielles.

Chacun le sait : les représentants du capital entendent utiliser le boulevard de ces élections pour porter des coups d’une brutalité inédite contre les travailleurs et la jeunesse. C’est ce qui ressort clairement des dernières déclarations du président du MEDEF.

Face à cette déferlante, malgré la signature de l’accord PSC, qui ne peut que dégoûter et décourager les travailleurs, il est inévitable que ces derniers cherchent demain à résister. Dans ce but, ils devront se saisir de leurs organisations syndicales, donc de la FSU.

Ils chercheront par conséquent à mettre ces organisations à leur service.

C’est pourquoi il est nécessaire de dire avant le terme de ce congrès, ce qu’ils sont en droit d’exiger d’elles.

C’est la responsabilité de la FSU de rejeter l’objectif affirmé du MEDEF de « réduire le coût du travail ».

C’est la responsabilité de la FSU de rejeter les déclarations de Macron indiquant que « la protection sociale doit moins peser sur le travail », mais aussi celles de Pécresse qui martèle que pour augmenter les salaires, il faut diminuer les cotisations sociales.

C’est sa responsabilité de rejeter l’exigence du MEDEF de diminution massive de l’impôt sur le capital, et de réduction de l’ensemble des budgets sociaux qui en est la conséquence inévitable.

Mais c’est aussi sa responsabilité :

  • de se prononcer contre la « réforme » des retraites en préparation, qui prévoit le passage de l’âge légal à 64, 65 ou 67 ans. Et donc, de quitter le Conseil d’Orientation des Retraites, qui prépare le terrain à cette contre-réforme.

  • C’est aussi de rejeter la déclaration de guerre à la jeunesse, faite par Macron annonçant l’université payante, l’expulsion de l’université de tous les jeunes d’origine populaire, la soumission totale de l’université et de la recherche au patronat.

  • S’agissant de l’enseignement, c’est tout particulièrement de rejeter les objectifs affirmés par Macron de destruction du statut des enseignants par l’annualisation, entre autres, et le recrutement des enseignants par les chefs d’établissement.

C’est la responsabilité de la FSU de rejeter les objectifs communs des Macron, Pécresse, Le Pen, Zemmour :

  • de renforcement de l’État policier, par exemple en doublant le nombre de policiers en 5 ans.

  • d’expulsions massives des immigrés, parqués dans de véritables camps, condamnés à mort par noyade, comme dans la Manche récemment.

C’est la responsabilité de la FSU de se prononcer pour le retrait immédiat de toutes les troupes impérialistes françaises des pays où elles stationnent.

Rejeter, autrement que dans les mots, ce programme commun de tous les candidats du capital, c’est dire dès maintenant que la FSU ne participera à aucune des instances de « dialogue social » visant à mettre en œuvre ce programme. C’est dès maintenant : quitter les concertations, que ce soit le COR, les groupes de travail d’application de la loi Rilhac ou l’« expérimentation » de Marseille), qui avant même les élections commencent à mettre en œuvre ce programme.

Une question immédiate est posée, celle de l’inflation, qui lamine le pouvoir d’achat des travailleurs.

La responsabilité de la FSU est d’indiquer que le combat pour l’augmentation massive des salaires passe par la défense inconditionnelle de la grille de la fonction publique et du point d’indice. C’est donc de revendiquer l’augmentation massive de la valeur du point, à l’exclusion de toute forme d’individualisation des rémunérations, et d’œuvrer à ce que se constitue le front uni des organisations syndicales pour faire valoir ces revendications.

C’est à condition d’adopter une telle orientation que la FSU peut contribuer à ce que soit ouverte, pour les travailleurs de ce pays, une issue politique conforme à leurs aspirations. »


(*) Une motion commune des courants Émancipation-URIS-Front Unique (« La FSU retire sa signature de l’accord interministériel sur la PSC. ») a été soumise au congrès le mercredi 2 février. Elle a recueilli 52 voix pour (522 contre ; 8 abstentions ; 17 refus de vote).

 

Toutes les motions du courant Front Unique et leur présentation ci-dessous

 

 

 


 

Toutes les motions du courant Front Unique et leur présentation

au 10ème congrès national de la FSU (Metz du 31 janvier au 4 février 2022)

 

Présentation de la motion Front Unique

Pour la défense de l’université publique contre l’université-entreprise payante

Macron, le 13 janvier, face aux présidents d'université déclarait : « On ne pourra pas rester durablement dans un système où l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants. » Il jubilait : enfin, la bourgeoisie française est en passe de réaliser son programme défini depuis les années 60, de rattraper son retard vis-à-vis de ses concurrents anglais ou américains, avec des frais d'inscription prohibitifs, des étudiants endettés à vie avant même d'être entrés dans la vie active...

D'où vient l'assurance de Macron ? Du dialogue social. Après Parcoursup, la LPR a été longuement discutée avec les dirigeants syndicaux : si les syndiqués ont en définitive empêché la signature par la FSU du protocole d'accord, les dirigeants des syndicats de notre fédération se sont rués sur les discussions portant sur les décrets d'application : et maintenant, les décrets s'appliquent !

Et chaque fois que la jeunesse a cherché les voies du combat contre ces contre-réformes, elle a eu droit à la répression : les flics dans les facs, c'est pour ma génération une réalité systématique. Et pour les jeunes qui cherchent à s'organiser, très vite, ils sont chassés de leurs propres lieux d'études : par les flics, par les nervis d'extrême-droite comme à Montpellier. Et les dirigeants syndicaux, n'étaient pas là pour nous défendre ! Pendant qu’ils discutent avec le gouvernement, lui, il nous somme de nous taire et de nous mettre à genoux, comme les lycéens de Mantes-La-Jolie. On ne peut pas dialoguer avec le gouvernement et en même temps défendre la jeunesse face à lui et sa police.

Alors, face à l'offensive qu'annonce Macron, mais qui est aussi bien celle de la ministre de la LRU Pécresse, nous attendons de nos organisations syndicales qu'elles soient claires : que Macron ravale ses provocations, que la FSU et ses syndicats rejettent son programme ! Elles refuseront toute association à ce programme sous couvert de « dialogue social ».

C'est le sens de la motion Front Unique.


Motion : Pour la défense de l’université publique contre l’université-entreprise payante

Le 13 Janvier, devant les présidents d’université, Macron a annoncé le programme de la bourgeoisie menant à son terme l’œuvre de destruction de l’ESR entreprise par la LRU, Parcoursup et la LPR :
- L’université payante qui contraindrait les étudiants à s’endetter, et qui aurait pour premier effet l’exclusion de la jeunesse des couches populaires ;
- La généralisation de Parcoursup qui organiserait le tri sélectif des étudiants du collège jusqu’au master ;
- L’apprentissage et la « formation tout au long de la vie », destructeurs du caractère national des diplômes, privant la jeunesse de qualification, pour en faire une main-d’œuvre taillable et corvéable à merci pour le patronat ;

  • - La transformation de l’université publique en université-entreprise dont les allocations de moyens devraient dépendre des critères de rentabilité définis par la LPR (contrats, bibliométrie, mobilité vers le privé, création de startups, embauche de précaires …) ;

  • La transformation des organismes de recherche (CNRS, INSERM…) en agences de moyens avec le transfert du personnel de ces organismes aux universités. Le congrès de la FSU rejette, sans appel, ce programme. Il décide que la fédération ne participera d’aucune manière à la mise en œuvre d’un tel programme, et rendra publique sa position.

    (Pour : 49 / Contre : 384 / Abst : 51 / Refus de vote : 84) 
     

    Présentation de la motion Front Unique

    Pour l’abrogation de la loi Rilhac et le retrait de l’expérimentation de Marseille

    Avec la promulgation de la loi Rilhac le 21 décembre 2021, le gouvernement Macron-Castex-Blanquer concrétise un objectif poursuivi depuis de nombreuses années par les gouvernements précédents : instaurer un supérieur hiérarchique au sein des écoles.

    En effet, la loi opère un changement radical dans le fonctionnement des écoles primaires en dotant leur directrice et directeur d’une « autorité » dite « fonctionnelle ». Si ce caractère « fonctionnel » est encore mal défini, ce qui compte, c’est l’instauration de cette « autorité » qui sera précisée par décrets.

    C’est un bouleversement historique.

    Mais le gouvernement n’a pas attendu la promulgation de cette loi pour la mettre en pratique.

    L’annonce, en septembre dernier, du lancement de l’expérimentation de Marseille nous éclaire sur les véritables objectifs de ce gouvernement :

    - gérer l’école publique comme les écoles privées en les dotant d’un directeur ou d’une directrice « supérieur(e) hiérarchique » ;

    - permettre aux directrices et directeurs de recruter les enseignants sur postes à exigences particulières autrement dit des postes à profil ...

    Le gouvernement exprime ainsi un double objectif : détruire l’école publique et par conséquent en finir avec les statuts des enseignants du primaire.

    La Fsu écrit qu’elle exige l’abrogation de la loi Rilhac. Dont acte.

    Le SNUipp-FSU précise dans sa lettre aux adhérents directeurs et directrices que bien que les décrets ne soient pas encore publiés, la loi est déjà assez limpide... Et pourtant, elle précise qu’elle pèsera de tout son poids sur l’écriture des décrets d’application de cette même loi.

    Camarades, on ne peut exiger l’abrogation d’une loi et, en même temps, discuter de ses décrets d’applications car discuter des décrets c’est accepter ladite loi.

    On ne peut s’opposer à cette loi tout en laissant l’expérimentation de Marseille prendre corps !

    Camarades, la FSU doit refuser de participer aux discussions sur les décrets d’applications et exiger l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille, expérimentation qui concerne l’ensemble de la profession et pas seulement les collègues de Marseille comme cela a été rappelé tout à l’heure.

    C’est le sens de la motion que nous soumettons au vote.


     

    Motion : Pour l’abrogation de la loi Rilhac et le retrait de l’expérimentation de Marseille

    La loi Rilhac sur la direction d’école a été promulguée le 21 décembre 2021. L’étape suivante est la rédaction des décrets d’application.

    Parallèlement, la mise en place de l’expérimentation de Marseille se poursuit malgré l’opposition des collègues, expérimentation qui anticipe l’application de la loi Rilhac.

    Le congrès national de la FSU, réuni le 3 février 2022 se prononce :

    - pour l’abrogation de la loi Rilhac, et donc pour refuser toutes discussions concernant ses décrets d’application ;

    - pour l’arrêt immédiat de l’expérimentation de Marseille et pour refuser toutes discussions sur sa mise en œuvre.

    (Pour : 46 / Contre : 416 / Abstention : 30 / Refus de vote : 76)


     

    Présentation de la motion

    Pour la défense des garanties statutaires et l’augmentation massive du point d’indice

    Les fonctionnaires sont aujourd’hui confrontés à une diminution brutale de leur pouvoir d’achat :

    - blocage quasi total du point d’indice depuis 10 ans

    - reprise de l’inflation qui touche plus violemment les petits salaires à travers l’augmentation des dépenses incompressibles.

    La revendication d’augmentation générale des salaires est donc urgente. Mais il faut préciser.

    Lorsque le gouvernement, ses ministres Montchalin ou Blanquer parlent d’augmentation de salaire, ils expliquent : il faut « personnaliser les carrières. Le Grenelle de l’Éducation disait la même chose. 

    Montchalin avait convoqué la Conférence salariale en expliquant d’emblée : le système d’augmentation par la hausse du point d’indice est « à bout de souffle ».

    C’est à juste titre que la FSU avec la CGT et Solidaires, comme l’avait déjà fait FO, a décidé de quitter cette conférence. Néanmoins, Macron président comme le quasi candidat Macron n’a pas renoncé. Dans sa dernière déclaration, début janvier, il annonçait : « Il faut sans doute revaloriser les enseignants mais il faut surtout redéfinir leur service : annualisation, contribution aux tâches périscolaires, formation pendant les vacances. »

    Alors, si la « revalorisation générale des salaires et des pensions relève d’une revendication d’urgence » comme il est écrit dans le texte soumis au congrès ;

    Si, encore une fois comme indiqué, « la FSU refuse le conditionnement de la revalorisation à toute forme de contrepartie », notre congrès doit se prononcer clairement :

    - contre toute individualisation des salaires, contre le « salaire au mérite » ;

    - contre la soumission de la progression de carrière à l’arbitraire de la hiérarchie ;

    - pour la défense du point d’indice comme élément déterminant du salaire et pour la défense de la grille de la fonction publique.

    Il doit donc dénoncer les propos provocateurs de Macron visant à la destruction des garanties statutaires des enseignants.

    Il doit, en conséquence, et dans la continuité de sa décision de quitter la « conférence salariale », refuser de participer à toute concertation sur l’objectif de détruire les garanties statutaires.

    Il doit au contraire rechercher tous les moyens de l’action efficace dans l’unité des organisations syndicales pour l’augmentation des salaires de tous les fonctionnaires par l’augmentation massive de la valeur du point d’indice.


     

    Motion : Pour la défense des garanties statutaires et l’augmentation massive du point d’indice

    Le congrès de la FSU se prononce :

    - contre toute individualisation des salaires, contre le « salaire au mérite »

    - contre la soumission de la progression de carrière à l’arbitraire de la hiérarchie

    - pour la défense du point d’indice comme élément déterminant du salaire et pour la défense de la grille de la fonction publique

    Il dénonce les propos provocateurs de Macron visant à la destruction des garanties statutaires des enseignants

    Il indique, dans la continuité de sa décision de quitter la « conférence salariale », refuser de participer à toute concertation sur l’objectif de détruire les garanties statutaires.

    Il recherche, au contraire, tous les moyens de l’action efficace dans l’unité des organisations syndicales pour l’augmentation des salaires de tous les fonctionnaires par l’augmentation massive de la valeur du point d’indice.

    (Pour : 41 / Contre : 481 / Abst : 8 / Refus de vote : 69)


     

    Présentation de la motion commune Émancipation-URIS-Front Unique

    Pour que la FSU retire sa signature de l’accord interministériel sur la PSC

    Le texte du thème 2 sur la PSC (protection sociale complémentaire) indique que la « réforme s’inscrit dans le cadre d’une politique qui accroît les inégalités et affaiblit les services publics tout en diminuant le droit des personnels ».

    Le texte initial indiquait « que la FSU agirait pour que les agents conservent leur liberté de choix » et que « la participation de l’employeur ne justifiait pas la contrainte ».

    En effet comme d’autres camarades l’ont montré, la réforme de la PSC, c’est le cheval de Troie pour liquider la sécurité sociale.

    Le texte initial se proposait d’informer les agents de l’enjeu de la réforme de la PSC. Mais alors que les congrès départementaux se tenaient, 4 jours avant notre congrès national, les directions syndicales, dont celle de la FSU, se sont rendues à l’injonction gouvernementale. Elles ont signé l’accord la veille d’une journée d’action pour les salaires.

    Les congrès départementaux se sont tenus sans que les syndiqués disposent des éléments nécessaires pour se prononcer.

    Le congrès du Gard auquel j’ai participé et qui a examiné les enjeux de la réforme s’est prononcé unanimement contre la signature.

    Quant aux personnels, ils n’en ont pas entendu parler.

    La réforme de la PSC, c’est aussi une offensive contre l’existence de syndicats indépendants :

    Elle prévoit la mise en place de comités ministériels de « suivi et de pilotage » des contrats collectifs dans lesquels les organisations syndicales seraient associées à la mise en œuvre de la réforme, c’est-à-dire au démantèlement de la sécurité sociale.

    Rien n’oblige les organisations syndicales à se soumettre au chantage gouvernemental. Elles doivent au contraire le dénoncer et le combattre, ce qui signifie aujourd’hui le retrait de la signature de la FSU.


     

    Motion commune des courants Émancipation-URIS-Front Unique

    « La FSU retire sa signature de l’accord interministériel sur la PSC. »

    (Pour : 52 voix / Contre : 522 / Abst : 8 / Refus de vote : 17)


     

    Présentation de la motion Front Unique

    Pour le retrait des troupes française du Sahel

    Lorsqu’un enfant, armé d’un lance-pierre, abat un drone de l’armée française lors d’une manifestation visant à empêcher les convois militaires de l’opération Barkhane de circuler, le droit des peuples à disposer d’eux-même se manifeste de la manière la plus concrète et la plus immédiate.

    C’est ce qui s’est produit en novembre dernier au Burkina Faso.

    Depuis 2013, l’État français intervient au Mali pour préserver les intérêts du capitalisme français qu’ils se nomment, Bolloré, Areva, Orange ou même Dassault, qui se frotte les mains dès qu’un Rafale peut faire la démonstration de son efficacité.

    Malgré la constance de la politique française au Sahel, incarnée par Jean-Yves Le Drian, passé du gouvernement Hollande au gouvernement Macron, l’État français n’a toujours pas réussi à stabiliser la situation à son profit.

    Il est même dans la plus grande difficulté à mesure que ses hommes de paille au Tchad, au Mali, au Burkina Faso lui font défaut et que ses concurrents russes tentent de lui damer le pion.

    L’expulsion de l’ambassadeur de France au Mali est un revers cinglant pour le gouvernement Macron.

    Mais surtout, c’est le rejet massif par les peuples du Sahel de la présence militaire française qui empêche le gouvernement français d’espérer se maintenir sous la même forme.

    Dans ces conditions, le chargé d’affaires des intérêts du capitalisme français, E. Macron tente de sauver les meubles en rhabillant l’opération Barkhane sous les habits du multilatéralisme en tentant d’agréger autour des troupes françaises les forces de ses alliés de l’Union européenne ou de la Cédéao. Mais le moins qu’on puisse dire c’est que ses alliés renâclent à mettre les pieds dans le bourbier du pré carré français qui ressemble de plus en plus à un champ de patates. Bien mal en a pris aux forces spéciales danoises de la force Takuba qui ont annoncé qu’elles se retiraient du Mali.

    Mais peut-être, certains croient aux sornettes de la lutte contre le djihadisme. Il suffit de porter son regard sur la situation de l’Afghanistan, après 20 ans d’intervention militaire impérialiste dans le plus parfait multilatéralisme et avec la sanction de l’ONU, pour comprendre ce qu’il en est réellement.

    D’autres croient peut-être à l’alibi de la défense de la démocratie, l’adoubement par E. Macron du fils du renommé dictateur du Tchad Idriss Deby suffit à y répondre.

    C’est pourquoi, en soutien aux peuples du Sahel, notre congrès doit se prononcer clairement et sans équivoque  pour le retrait immédiat et sans condition des troupes françaises au Sahel.

    C’est le sens de la motion Front Unique.


     
    Motion : Pour le retrait des troupes françaises du Sahel
    Considérant que la présence militaire française au Sahel n’a d’autres objectifs que la préservation des intérêts du capitalisme français.

    Le congrès de la F.S.U. se prononce pour le retrait immédiat et sans condition des troupes françaises du Sahel.

    (Pour : 49 / Contre : 366 / Abst : 10 / Refus de vote : 160)


     

    Présentation de la motion Front Unique

    Contre la répression dans les territoires d’Outre-mer

    J’interviens au titre du courant front unique et je défends la motion adoptée à l’unanimité par le congrès du SD 63 que nous reprenons à notre compte.

    En novembre 2021, un mouvement de classe d’une certaine importance dans les territoires d’outre-mer et notamment en Guadeloupe. C’est d’ailleurs un mouvement qui répond à l’appel à la grève générale de plusieurs organisations syndicales, ce qui n’est pas si courant avouons-nous-le, et cela fait écho à la grève historique de 2009.

    Face à cela, le gouvernement a répondu par l’envoi de renforts de police, le GIGN, le RAID. C’est dans ce cadre que certains militants ou syndicalistes ont été arrêtés, et poursuivis en justice, comme c’est le cas d’Éli Domota., qui précisément représente la grève de 2009.

    Si on regarde la plateforme de l’appel à la grève, on remarque qu’elle dénonce la suspension sans salaire des travailleurs de la santé non vaccinés, alors que depuis les soignants positifs ont été envoyés au travail.

    Quant à la situation économique et sociale elle n’a guère changé depuis plus de dix ans, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons adopté à l’unanimité la motion présentée ce matin par les sections d’outre-mer.

    On pourrait ajouter bien des choses sur la question de la répression outre-mer, mais l’arrestation et la poursuite en justice de militants et de syndicalistes, n’est pas une question guadeloupéenne, mais une question qui concerne l’ensemble du syndicalisme.

    C’est pour cette raison que nous nous adressons au congrès pour qu’il reprenne à son compte la position du congrès du SD 63.


     

    Motion unanime du congrès départemental FSU 63

    contre la répression dans les territoires d’outre-mer,

    soumise par le courant Front Unique au vote du congrès national

    « Face aux mouvements et à l’appel à la grève générale dans les territoires et collectivités d’outre-mer, et en particulier la Guadeloupe, le gouvernement Macron-Castex a répondu par la répression : envoi de troupes supplémentaires, arrestations, dont celle d’Éli Domota le 31 décembre, et mises en garde à vue.

    Le congrès départemental de la FSU, exige l’arrêt de la répression dans les territoires ultramarins, et la levée de toutes les poursuites contre les militants syndicaux, les grévistes, dont Éli Domota. »

    (Pour : 50 / Contre : 463 / Abst : 3 / Refus de vote : 69)


     

    Présentation de la motion Front Unique

    Pour l’arrêt immédiat de la répression en Algérie

    Il y a un manque dans le texte : c’est la question de la répression en Algérie.

    Cela nous concerne, pour une question de solidarité comme pour notre propre combat.

    Car notre gouvernement est au premier rang du soutien apporté à la dictature algérienne, qu’il conforte et légitime à travers sa politique.

      - Maintien des contrats économiques et militaires ;

      - Initiatives dites mémorielles de normalisation des relations ;

      - Dénonciation de Papon couvrant la responsabilité de l’ensemble de l’État français au service de la colonisation ;

      - Relations diplomatiques, qui apparaissent parfois conflictuelles mais qui couvrent toujours le pouvoir militaire algérien.

    Certes, le Hirak ne fait plus l’actualité.

    Pour autant, le gouvernement Tebboune plie toujours sur les coups de la mobilisation des jeunes et des travailleurs.

    A l’heure où sont supprimées en Algérie les subventions aux produits de première nécessité, plongeant un peu plus dans la misère la population, le pouvoir algérien a besoin de museler son peuple et la jeunesse, d’empêcher par la force que s’exprime son rejet et les revendications. Il compte sur l’accentuation de la répression.

      - 6 mois de prison pour huit ouvriers de Numilog, en grève pour constituer une section syndicale ;

      - Adoption d’une nouvelle Constitution et nouvelle loi sur les syndicats, antidémocratique ;

      - Emprisonnement pour deux ans de Fethi Gheras (MDS) et d’autres dirigeants politiques ;

      - Suspension et poursuites contre le PST.

    Le mouvement syndical français doit rompre le silence et exprimer de toute urgence la solidarité avec les travailleurs et jeunes algériens, pour les libertés démocratiques et les droits à s’organiser. Nous présentons la mention à cet effet.


     

    Motion : Pour l’arrêt immédiat de la répression en Algérie

    Le congrès national de la FSU exprime sa totale solidarité avec les travailleurs et les jeunes algériens en lutte permanente pour les libertés démocratiques et le droit à s’organiser. En conséquence le congrès se prononce pour :

    - La libération de Fetih Gheras, dirigeant du MDS, qui vient d’être condamné à deux ans de prison, et des autres militants emprisonnés.

    - La levée de la suspension prise contre le PST, et de l’interdiction de création de sections syndicales, pour le libre droit d’organisation syndicale et politique

    - L’annulation des peines prononcées contre les travailleurs et syndicalistes de Numilog.

    A cet effet le congrès mandate la direction de la FSU pour envoyer une délégation à l’ambassade d’Algérie pour défendre ces exigences.

    (Pour : 48 / Contre : 359 / Abst : 12 / Refus de vote : 166)


     

    Motion Front Unique

    Pour l’arrêt des procédures engagées par le gouvernement contre « Nantes Révoltée »

    Le congrès national de la FSU exige solennellement l’arrêt de la procédure de dissolution annoncée par G. Darmanin, ministre de l’Intérieur, à l’encontre du média « Nantes Révoltée ».

    (Pour : 127 / Contre : 274 / Abst : 16 / Refus de vote : 168)

     

     


     

     Lettre de Liaison N° 324 - 31 janvier 2022 :

    [Version pdf]

     

     
    Pour que le congrès national de la FSU décide de retirer la signature sur l’accord dit de protection sociale complémentaire (PSC)

     

    Intervention de la représentante du courant Front unique

    à l’ouverture du 10ème congrès de la FSU à Metz, le 31 janvier 2022

     

    Camarades,

     

    Le 26 janvier, la ministre de la fonction publique et du blocage du point d’indice, Amélie de Montchalin, a recueilli la signature de toutes les organisations syndicales sur l’accord dit de protection sociale complémentaire.

    Par un tweet, elle a célébré l'événement en le qualifiant de "victoire historique" et a fait publier une photo où on voit cette ex-cadre d'AXA entourée par tous les représentants syndicaux.

    Oui, camarades ! Jour d’allégresse pour De Montchalin, pour le gouvernement Macron, pour le MEDEF. Jour de sinistre défaite pour la classe ouvrière et le prolétariat dans son ensemble. Mais une défaite singulière puisque les travailleurs n’ont pas même eu leur mot à dire ou la possibilité de combattre, la défaite étant scellée par la signature des dirigeants syndicaux unanimes.

    Il faut d’ailleurs le dire : cette signature s’est faite dans le dos des syndiqués qui pour leur immense majorité n’ont pas été informés des enjeux et qui ont souvent découvert, lorsque des militants les en ont informés, la signature de leur organisation dans la manifestation du 27 Janvier

    Il est inutile de rentrer dans le menu détail de l’accord.

    Il suffit de dire qu’instaurant l’obligation de contracter une protection sociale complémentaire, il pose le cadre indispensable pour le transfert jusqu’à liquidation complète de la Sécurité Sociale au profit des assurances privées.

    Il suffit de dire qu’il pose le principe de la rupture du lien intergénérationnel puisque la cotisation des retraités – à laquelle l’État ne contribuera pas - pourra se monter jusqu’à 175 % de la « cotisation d’équilibre ».

    Il suffit de dire que l’accord instaure non seulement une inégalité entre actifs et retraités mais même entre fonctionnaires des différents ministères, puisque le montant de la dite cotisation dépendra du contrat particulier passé dans tel ou tel ministère avec tel ou tel assureur en fonction de la pyramide des âges, du ratio actifs/ retraités.

    Avec cet accord une nouvelle vanne est ouverte pour le flot ininterrompu d’attaques pour la destruction complète de la Sécurité sociale, notre Sécu, cette institution ouvrière résultat du combat glorieux de la classe ouvrière de ce pays à la libération.

    Il n’est pas étonnant que le 24 Janvier, quelques jours après l’annonce de la signature de la direction de la CGT, Geoffroy de Roux de Bézieux présente le « programme » du Medef pour l’après présidentielles.

    Dans ce programme, le maître mot : baisser le coût du travail, c’est-à-dire augmenter l’exploitation de la force de travail.

    Et pour ce faire, encore et toujours, en finir avec les cotisations patronales, avec le salaire différé ; Ainsi en rend compte Le Monde :

    « Le mouvement d’employeurs milite également pour un allègement du coût du travail, l’idée étant de remplacer des contributions patronales par des « prélèvements fiscaux » (CSG ou TVA) »

    Les candidats aux présidentielles favoris du MEDEF avaient comme de juste précédé les désirs de celui-ci.

    Macron avait lui même déclaré qu’il fallait « cesser de faire porter la protection sociale sur le travail » (il faut comprendre cesser de faire financer la protection sociale sur les cotisations patronales, salaire différé et socialisé).

    Pécresse propose, quant à elle, d’augmenter les salaires par diminution des cotisations.

    Pour tous , leur seul mot d’ordre : « La Sécurité Sociale doit être détruite »

     

    Il n’est pas étonnant non plus que dans le même temps, le Conseil d’orientation des retraites – avec l’ensemble des directions syndicales – soit saisi de l’étude « des conséquences du passage de l’âge légal de la retraite à 64 ans ».

    Le chemin des prochaines contre-réformes doit être dès maintenant pavé, et pour ce faire, il faut associer étroitement les directions syndicales.

     

    Alors, camarades, nous avons entendu cette rhétorique consternante :

    « Nous signons, mais nous sommes contre ! » « Nous signons, mais nous continuerons le combat ». « Nous signons mais nous conservons notre objectif du 100 % Sécu ».

     

    Quelle mascarade !

    L’accord, c’est l’accord 100 % destruction de la Sécurité Sociale.

    Les travailleurs jugent sur les faits : les dirigeants signent, c’est-à-dire qu’ils approuvent.

    Tout le reste est littérature.

    Dans un peu plus de deux mois, auront lieu les présidentielles.

    Tous les travailleurs savent qu’ils ne peuvent rien espérer de ces élections car c’est le produit de décennies de trahisons des partis qu’ils ont dans le passé portés au pouvoir et qui ont avec constance pris en charge les exigences de la bourgeoisie.

    Mais les travailleurs savent aussi que ces élections vont constituer une rampe de lancement pour porter à un niveau inédit les attaques tous azimuts contre leurs acquis, comme contre ceux de la jeunesse.

    Notre congrès n’a pas à lui seul les moyens de renverser les rapports de force.

    Mais il peut prendre les mesures immédiates de rupture avec le gouvernement Macron.

    Il peut de manière immédiate se disposer contre l’offensive qui se prépare en prenant position, en rejetant l’ensemble des projets de contre réformes d’ores et déjà annoncées.

    Il peut, pour ce faire, s’appuyer sur la volonté des travailleurs de résister, dont par exemple témoigne la participation massive au 13 Janvier

    Il est scandaleux que quelques jours avant l'ouverture de notre congrès, instance souveraine de notre fédération, la direction, pour apporter au gouvernement sa signature, ait court-circuité notre congrès et bafoué les mandats fédéraux adoptés à Clermont-Ferrand en décembre 2019.

    Le congrès peut et doit légitimement décider que la FSU retire sa signature de l’accord PSC !

     

     


     

     

     Lettre de Liaison N° 323 - 26 janvier 2022 :

    [Version pdf]

     

     
    Le gouvernement a obtenu la signature de toutes les organisations syndicales de fonctionnaires sur son accord scélérat

     « protection sociale complémentaire », véritable cheval de Troie pour la destruction de la sécurité sociale.

    Dès à présent, il faut combattre à tous les niveaux pour le retrait des signatures de la FSU, de la CGT et de FO.

     

    Au Conseil national de la FSU du 25 janvier 2022,

    interventions du courant Front Unique contre la signature de l’accord PSC ::

    « Le projet d’accord PSC (Protection sociale complémentaire) découle notamment de la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la Fonction publique.« Le projet d’accord PSC (Protection sociale complémentaire) découle notamment de la loi du 6 août 2019 dite de transformation de la Fonction publique.

    Celle-ci a liquidé les prérogatives des Commissions paritaires pour les mutations et les promotions. Et elle a permis d’augmenter drastiquement le temps de travail des agents des collectivités territoriales et de restreindre fortement leur droit de grève. Notre fédération s’est clairement prononcée pour son abrogation.

    Avec le projet PSC, le gouvernement Macron-Castex veut franchir un palier décisif vers la destruction de la sécurité sociale. Beaucoup a déjà été fait dans cette voie :

    Avec les exonérations massives des cotisations patronales – qui sont du salaire différé – et le tarissement du budget de la sécurité sociale qui en résulte.

    Et avec la montée en puissance de la CSG qui a permis au gouvernement de mettre la main sur le budget de la Sécu.

    L’accord PSC marquerait un saut qualitatif contre la Sécu.

    Tant que la complémentaire santé a un caractère facultatif et que son choix reste libre, l’Assurance maladie de la Sécurité sociale demeure la seule institution de Santé ayant un caractère obligatoire.

    Avec son principe « chacun participe selon ses moyens et bénéficie selon ses besoins », la Sécu s’oppose totalement à la logique du marché et des profits.

    La volonté exorbitante du gouvernement d’imposer la souscription obligatoire au contrat collectif choisi par les ministères prouve ses intentions.

    En voulant placer à côté de l’Assurance maladie obligatoire, une complémentaire santé obligatoire privée qu’il choisirait, le gouvernement pourrait à sa guise opérer un transfert des prises en charge de la première, en asséchant ses moyens, à la seconde qui augmenterait ses tarifs et réduirait ses prestations.

    De plus cette complémentaire briserait les solidarités intergénérationnelles avec pour les retraités des tarifs prohibitifs sans commune mesure avec ceux des actifs, en particulier pour les plus petites pensions.

    Tout cela est aux antipodes de nos mandats de congrès de 2019 comme notre direction fédérale est obligée de le reconnaître.

    Il n’y a donc qu’une conclusion à en tirer : le respect de notre congrès, instance souveraine de notre fédération, le respect des mandats en vigueur ne peut que nous conduire à refuser la signature demandée par le gouvernement.

    Mais notre direction veut s’affranchir de nos principes démocratiques. Alors que notre congrès ouvre ses travaux dans moins d’une semaine, elle voudrait décider à sa place, considérant qu’il doit devenir une simple chambre d’enregistrement de décisions illégitimes.

    Quels sont les arguments de notre direction pour justifier un tel forfait ?

    On peut les résumer ainsi :

    Le gouvernement nous demande de signer un accord qui bafoue nos mandats mais si nous refusons, il appliquerait une version encore pire. Notre direction fédérale évoque de la part du gouvernement « une sorte de chantage ».

    Et depuis quand une organisation syndicale constituée pour défendre les intérêts et la dignité des personnels devrait céder au chantage au lieu de le dénoncer publiquement ?

    Pourquoi notre direction n’engage-t-elle pas la mobilisation contre les maîtres-chanteurs ?

    Pourquoi n’œuvre-t-elle pas à constituer un front uni des syndicats pour la défense inconditionnelle de la sécurité sociale ?

    Dans tous les domaines, les gouvernements présidés par Macron ont porté des coups majeurs aux travailleurs, à la jeunesse, aux chômeurs, aux retraités, aux manifestants et aux migrants.

    Toutes ces arguments convergent vers la seule conclusion possible : le refus de signer !

    Mais il y a des éléments supplémentaires de contexte.

    Le 13 janvier, les enseignants, et en particulier ceux des écoles, se sont dressés contre le gouvernement et son ministre Blanquer.

    Comment appeler à la grève le 27 janvier contre le gouvernement en envisageant de signer la veille avec la ministre de Montchalin, ancienne cadre du groupe d’assurance AXA ?

    Chacun sait comment le gouvernement mettra en scène devant les medias la cérémonie de signature.

    Et nous pouvons imaginer comment les fonctionnaires dont les traitements sont dramatiquement bloqués depuis 10 ans ressentiraient une telle trahison qui plus est au moment où l’inflation galope.

    A 2 mois et demi du 1er tour des présidentielles, signer un accord dont l’application est prévue en 2024 ne pourrait que signifier le soutien au gouvernement et le souhait de la réélection de Macron. Et ce alors que ce dernier vient de formuler son programme à venir contre les enseignants et les Universités.

    Les directions de la CGT et de FO fonction publique ont décidé de bafouer leurs positions de congrès. Elles devront en rendre compte.

    Notre fédération, au contraire, doit pleinement respecter nos mandats fédéraux et refuser de signer l’inacceptable projet PSC. »

    -------------------------------------------------------------------

    Après le vote sur la signature (101 pour ; 21 contre ; 9 abst ; 9 refus de vote), le courant Front Unique a fait la déclaration suivante :

    « Des camarades ont utilisé un vocabulaire très explicite pour qualifier les agissements du gouvernement sur l’accord PSC : chantage ; pistolet sur la tempe ; couteau sous la gorge.

    Mais en 2022, me semble-t-il, il est encore possible de résister au gouvernement sans risquer l’emprisonnement et la torture !

    Nous savons que ce sont les actes qui comptent. L’unique signification de la signature, c’est l’approbation du texte proposé. Prétendre le contraire, c’est se payer de mots : il n’y a pas de signature d’opposition, de mobilisation ou de combat.

    Certains ont indiqué qu’il ne faudrait pas s’isoler des autres organisations syndicales et qu’il faut constituer avec elles un front syndical.

    Mais demain, avec la ministre lors de la signature, ce n’est pas un front syndical qu’on verra au ministère mais une association avec le gouvernement, gouvernement de guerre contre les travailleurs.

    Dans ces conditions, refuser la signature aurait valu refus de s’associer avec le gouvernement sur son projet scélérat. Et aurait sauvé l’honneur du syndicalisme, ce qui par les temps présents aurait été appréciable.

    Comme je l’ai dit au Bureau national du 17 janvier, le courant Front Unique considère que ce Conseil national n’avait pas la légitimité pour remettre en cause les mandats du congrès de Clermont-Ferrand. Nous combattrons donc au congrès de Metz pour le retrait de la signature sur l’accord PSC. »

     



    Congrès départemental de la FSU du Gard (Nîmes – le 11 janvier 2022)

    Motion adoptée à l’unanimité des 20 votants

    Non à la signature du protocole sur la protection sociale complémentaire

     

    Le congrès départemental de la FSU du Gard, réuni les 10 et 11 janvier 2022 :

     

    -attaché à la défense de la Sécurité Sociale : « Chacun contribue en fonction de ses moyens et a recours à la Sécurité Sociale en fonction de ses besoins »

    -considérant que le protocole d’accord sur la Protection sociale complémentaire se situe à l’inverse de ses principes (différence de contribution actif, retraité, et selon l’âge des retraités) ;

    -considérant que l’obligation d’affiliation s’inscrit dans une stratégie du gouvernement de liquider progressivement la prise en charge par la Sécurité Sociale au profit des assurances privées ;

    se prononce contre la signature par la fédération du protocole d’accord sur la protection sociale complémentaire.

    La FSU s’adressera aux autres fédérations de fonctionnaires pour que cette position soit la position commune des fédérations.

     

     Lettre de Liaison N° 322 - 8 janvier 2022 :

    [Version pdf]

     

    Le projet gouvernemental sur la « protection sociale complémentaire » FP est un véritable cheval de Troie pour la destruction de la sécurité sociale.

    Dirigeants syndicaux des fédérations de fonctionnaires (CGT, FO, FSU), ne signez pas cet accord ! Multiplions les initiatives pour empêcher cette signature !

     

    Le gouvernement Macron-Castex-Véran somme les directions syndicales de signer l’accord sur la « protection sociale complémentaire » dans la fonction publique (PSC) avec la date butoir du 26 janvier.

    De quoi s’agit il ?

    A la suite de l’« accord national interprofessionnel » de 2013, négocié par l’ensemble des directions syndicales (la CGT et FO n’ont pas signé), la loi dite de « Sécurisation de l’emploi » a instauré l’obligation pour les entreprises d’affilier les salariés à une mutuelle ou assurance privée complémentaire santé. En vertu de cette loi, le patron doit financer ladite complémentaire à hauteur de 50 %, le reste étant à charge du travailleur.

    C’est cette même mesure que le gouvernement Macron entend étendre aux fonctionnaires d’État, via cet accord négocié pendant de longs mois par toutes les directions syndicales.

     

    L’objectif : détruire la Sécurité Sociale

    Dans le même temps, les caisses de la Sécurité Sociale ont été systématiquement vidées par l’exonération des cotisations patronales. Entre 2013 et 2018, la hausse des exonérations patronales a atteint 44,2 %, celles-ci se montant à 37,1 milliards (source ACOSS). A partir de 2019, une nouvelle réduction de 6 points est accordée aux patrons sur tous les salaires jusqu’à 2,5 % du SMIC. Les exonérations se multiplient (sur les « zones de revitalisation rurale », les « bassins d’emploi à revitaliser », les contrats d’apprentissage etc.). La liste des exonérations est sans fin.

    L’objectif du gouvernement est clair, c’est la destruction de la Sécurité Sociale – conquête ouvrière à laquelle la bourgeoisie ne s’est jamais résignée – en tarissant méthodiquement son financement : les cotisations sociales qui ne sont rien d’autre que du salaire différé.

     

    L’insistance sur l’affiliation obligatoire

    Si à ce jour, la Sécurité Sociale est durement frappée, elle n’est pas détruite. Tant que l’affiliation aux mutuelles et assurances privées n’est pas obligatoire, la Sécurité Sociale demeure la principale institution de l’assurance maladie, de celle des accidents du travail, du financement des retraites (pour les salariés du privé), du versement des allocations familiales.

    On ne peut donc liquider totalement la Sécurité Sociale qu’en rendant obligatoire l’affiliation à une mutuelle ou assurance privée complémentaire. A partir de là, la voie sera ouverte à la substitution progressive de la prise en charge par des mutuelles et assurances privées à la prise en charge par la SS.

    C’est pourquoi le gouvernement Macron a fait de l’affiliation obligatoire le cœur de son offensive.

     

    Les « principes » de la protection sociale complémentaire : l’exact contraire de ceux de la Sécurité Sociale

    Le principe de la Sécurité Sociale est connu : « Chacun participe au financement selon ses moyens et bénéficie de la Sécurité Sociale selon ses besoins ». Conquête ouvrière, elle constitue un système de solidarité entre travailleurs, des actifs envers les retraités, des valides envers les malades, etc.

    La Sécurité Sociale est aux antipodes de tous les systèmes d’assurances privés où le montant de la cotisation dépend de l’âge, voire de l’appréciation de l’état de santé, et où le montant des remboursements dépend de la hauteur de la contribution individuelle de l’assuré.

    L’accord que le gouvernement soumet aux directions syndicales s’inscrit totalement dans cette logique :

    - La contribution de l’État à hauteur de 50 % (voir plus loin) ne vaut que pour les actifs. Il n’y a pas de contribution pour les retraités  Donc, ils paient davantage.

    - Mais en plus, la contribution des retraités augmente avec l’âge : 100% de la cotisation d’équilibre la première année de retraite (soit 60€), 125% au maximum la deuxième année , 150% les troisième, quatrième et cinquième années, 175% les années suivantes.

    - Les enfants mineurs sans activité professionnelle qui sont ayant droit de la couverture de l’assurance maladie via leur parent, devront s’acquitter d’une cotisation de 50% pour bénéficier de cette couverture collective.

    La variation de la contribution avec l’âge en particulier, c’est la porte ouverte à la généralisation d’une cotisation selon le caractère « à risque » de l’assuré, d’un principe généralisé de « bonus malus ».

     

    Il faut empêcher la signature de cet accord inique. Il faut interdire que ne pénètre, dans nos garanties collectives en matière de santé, ce véritable cheval de Troie qu’est l’accord PSC

    L’heure est grave. Au sommet des appareils syndicaux, se font entendre des voix pour la signature :

    « L’État va financer à hauteur de 50 % pour les actifs. Ce n’est pas à négliger ». Oui, l’État, le gouvernement Macron sont prêts à payer – grâce au blocage du point d’indice, la diminution constante des salaires réels, c’est-à-dire avec les économies faites sur nos salaires – pour la liquidation de la Sécurité Sociale. Ce n’est donc pas un cadeau, ou alors comme le dit très bien l’US Retraités « un cadeau empoisonné ».

    « La variation de la cotisation selon l’âge est sans doute regrettable, mais elle existait déjà avec les mutuelles ». Personne ne doute que les dirigeants des mutuelles, y compris ceux de la MGEN, ont, par les mesures qu’ils ont prises ces dernières années, pavé la voie de la réforme gouvernementale. Jusqu’à ce jour, ces mesures (niveaux différents de garanties selon la contribution, selon l’âge, etc.) étaient condamnées par les organisations syndicales. En demandant aux directions syndicales de signer l’accord, le gouvernement demande justement que celles-ci prennent en charge de telles mesures.

    L’accord sur la PSC doit prendre effet en 2024. La date butoir fixée par le gouvernement pour la signature est le 26 janvier, à la veille du congrès de la FSU, l’une des principales fédérations de la fonction publique d’État concernées par cet accord. Accepter de signer, ce serait placer le congrès de la FSU sous le signe du soutien à Macron et de toutes les attaques passées et en projet contre les conquêtes sociales (retraites, assurance chômage,  pillage de la Sécurité Sociale, loi de destruction de la Fonction Publique, saccage de l'hôpital et de l'enseignement public…). Et ce, au moment même où le quasi candidat Macron vient d’annoncer la suite, en se prononçant ouvertement pour la destruction du statut des enseignants (annualisation de leur temps de travail, stages obligatoires pendant les « vacances », nouvelles obligations de service comme les activités périscolaires au mépris de leur qualification, etc).

     

    Signer cet accord, ce serait à la fois porter un coup de poignard dans le dos de la Sécurité Sociale et se prononcer par avance pour le maintien de Macron au pouvoir.

    Il faut tout faire pour empêcher que cet accord soit signé. Partout avant le 26 janvier, prenons des initiatives dans ce sens ! (motions locales, pétitions, prises de position d’AG, de congrès départementaux, …)

     




     

     

     Lettre de Liaison N° 321 - 6 décembre 2021 :

    [Version pdf]

     

    Congrès de la FSU : contributions du courant Front Unique


    Les directions de la FSU et du SNUipp ont refusé de combattre la loi Rilhac

    Après un long parcours législatif, la proposition de loi sur la direction d’école pourrait être adoptée dès le 13 décembre permettant sa promulgation. Son principal objectif : opérer un changement radical dans le fonctionnement des écoles primaires en dotant leur directrice d’une « autorité » dite « fonctionnelle ». Si ce caractère « fonctionnel » est encore mal défini, ce qui compte, c’est l’instauration de cette « autorité » qui sera précisée par décrets.

    Ce serait un bouleversement historique, avec désormais, des directeurs supérieurs hiérarchiques de leurs collègues.

    Et ainsi, un objectif de longue date des gouvernements successifs pourrait se réaliser. Mais surtout, contrairement aux offensives précédentes, celle-ci n’aurait provoqué aucune mobilisation à la mesure de l’attaque.

    Qui porterait la responsabilité de cette défaite sans combat ?

    C’est bien sûr ceux chargés de susciter la mobilisation : les responsables du SNUipp, principal syndicat des instits et les dirigeants de notre fédération. A aucun moment, n’a été envisagée une réelle mobilisation à la hauteur des enjeux. La direction du SNUipp s’est contentée, pour l’essentiel, de s’adresser aux parlementaires pour leur demander de ne pas voter la loi « en l’état », bref d’améliorer une loi de guerre contre les enseignants. Aucune campagne de mobilisation pour le retrait de la loi Rilhac (le mot « retrait » étant banni), aucune perspective de manifestation nationale pour empêcher le vote de la loi comme le courant Front unique l’avait proposé en mars au CN de la FSU. Et, in extremis, et comme si la division parmi les équipes enseignantes était déjà anticipée, une pétition réservée aux seuls directeurs, et destinée, à propos de la loi, à « peser sur les discussions à venir sur sa déclinaison concrète par le ministère ».

    A Marseille, contre l’expérimentation de Macron, plus de 80 équipes d’écoles ont annoncé boycotter ce dispositif. Les instits de Marseille ont ainsi prouvé qu’ils étaient disposés à se mobiliser.

    Alors, face aux violentes déclarations de guerre du gouvernement contre les enseignants des écoles (loi Rilhac et expérimentation-Macron à Marseille),

    les responsables du SNUipp et de la FSU doivent enfin :

    - rompre avec le gouvernement,

    - quitter les groupes de travail sur la direction

    - et engager la mobilisation de toute la profession pour le retrait (l’abrogation) de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille.

    Yannick Blégent, Front Unique SNUipp 63

    Sans appel national au boycott des projets locaux d’évaluation (PLE),

    les enseignants sont restés isolés dans leur établissement

    Avec le PLE, Blanquer parachève la liquidation du baccalauréat, dans le cadre d’une autonomie toujours plus grande des établissements. Les enseignants doivent en effet élaborer eux-mêmes, lycée par lycée, les nouvelles modalités d’évaluation dans le cadre du contrôle continu. Celles-ci seront donc propres à chaque lycée. Tout le monde comprend que le caractère national du diplôme n’existe plus, transformé en « diplôme maison ». Le PLE a aussi pour effet de liquider la liberté pédagogique des enseignants, en les soumettant étroitement au ministère et aux autorités locales.

    Dans de nombreux établissements, les enseignants ont manifesté leur volonté de voir le projet rejeté. Dans certains, ils sont allés jusqu’à boycotter les demi-journées de concertation pour l’élaboration du PLE (au lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand notamment). Mais sans appel national au boycott permettant de mener un combat uni, ces boycotts sont restés cantonnés à certains établissements.

    Refusant d’appeler à ce boycott, la direction nationale du Snes y a opposé un « Guide syndical pratique sur le projet d’évaluation locale ». On peut y lire justement que le PLE est « un outil de plus pour la casse engagée de l’Éducation nationale », « … de contractualisation », « … de casse du diplôme national », etc… Pourtant, le guide propose ses propres « préconisations à faire valoir dans les réunions des lycées ». En d’autres termes, obtenir un bon PLE, et non le retrait de celui-ci, de manière parfaitement contradictoire avec l’affirmation dans les publications du SNES d’une volonté de « retour à des épreuves nationales, terminales et anonymes » (L’US n° 811 p.4) !

    Aujourd’hui, alors que les collègues subissent quotidiennement les effets de la réforme Blanquer, et pas seulement concernant le contrôle continu, la direction nationale du SNES poursuit sa participation au « Comité de suivi de la Réforme ».

      - Comment écrire d’un côté, retour au bac national, et pratiquement, de l’autre, demander aux collègues d’écrire eux-mêmes de bonnes modalités de contrôle continu dans chaque établissement ?

      - Comment prétendre combattre la réforme, se prononcer pour son abrogation, et continuer de participer à une instance qui n’a d’autre but que suivre son application ?

    Une exigence s’impose : rompre avec le gouvernement, c'est-à-dire quitter immédiatement le Comité de suivi de la Réforme !

    Olivier Rougerie, Front Unique SNES 63

    Comment enrayer la marche à la destruction de l’ESR ?

    Les conditions d’étude et de travail à l’université se dégradent à grande vitesse. Les universités accumulent les plans d’austérité et profitent du distanciel pour gérer la pénurie.

    Le budget 2022 vient d’être adopté, il entérine un sous financement chronique, destructeur de l’ESR. Ainsi il ne couvre pas l’augmentation de salaire lié à la progression de carrière (le GVT), mais prévoit de financer la montée en puissance des primes. Il n’y aura pas de création de titulaires mais des milliers de contrats précaires. L’ANR, qui orchestre le financement par appels à projet, se paie la part du lion. A aucun moment nos syndicats n’ont combattu ce budget, qui est tel que la LPR l’a programmé. Cette loi a été massivement rejetée car son objectif est d’en finir avec notre statut de fonctionnaire, ses emplois pérennes, les grilles indiciaires, les dotations récurrentes à la recherche et aux formations, d’en finir avec les diplômes nationaux et toute référence au financement des universités sur la base du nombre d’étudiants.

    Ses décrets d’application se multiplient et ne laissent aucune illusion, le gouvernement veut aller très vite au bout de ses plans :

    • Création du contrat doctoral de droit privé, du contrat de projet qui pourra être rompu à tout moment, des chaires de professeur junior ;

    • Instauration du salaire au mérite avec le RIPEC ;

    • Vérification par l’HCERES du respect des critères de la LPR dans toutes les évaluations des labos, des personnels, des formations pour en faire dépendre les allocations de moyens ;

    • Création d’un comité pour « intégrité scientifique » sous la coupe de l’HCERES, nouvelle menace contre les libertés académiques ; … .

    Les textes défilent à un train d’enfer dans les instances de dialogue social : CNESER, Comités Techniques, bilatérales, CA …, et ce, dans le plus grand silence des directions syndicales. Celles-ci s’offusquent parfois d’un détail, mais peu importe au gouvernement : que ces instances approuvent, amendent ou refusent, ce qui compte, c’est que les représentants syndicaux jouent le jeu, fassent comme s’il s’agissait de discuter des revendications.

    Comment combattre dans ces conditions ?


    Les directions syndicales doivent rompre ce silence complice, quitter les instances qui valident les projets de décrets, et en exiger le retrait. Ainsi s’ouvrirait une perspective de mobilisation dans l’ESR contre ces plans destructeurs.

    Marie-Claire Saint-Lager, Front Unique SNCS 38

    La direction de la FSU doit quitter sans délai la « conférence salariale FP » qui vise à liquider la grille de rémunération basée sur le point d’indice

    Rien dans Pour de septembre et d’octobre sur cette « conférence » qui débutait le 17 septembre. A peine évoquée en novembre ainsi  : «  La ministre (…) a initié un processus de « conférence salariale », mais en affirmant qu’il n’était pas destiné à produire d’effets concrets avant 2023. La FSU estime donc que ce processus ne saurait rendre inutiles ou caduques des mesures urgentes destinées à améliorer le pouvoir d’achat (…) ». Circulez y a rien à voir !!!

    Or dans un communiqué intersyndical ,  le 16 novembre, qui évoque un possible retrait de la conférence, on trouve cet aveu : «  Il n’est donc pas question que nous abandonnions aussi peu que ce soit notre exigence d’une revalorisation forte et urgente du point d’indice, ce que la conférence exclut complètement de ses compétences ».

    Mais l’intersyndicale omet de décliner le contenu des « compétences » liées au blocage du point d’indice : la destruction de la grille et la liquidation du point d’indice bases de l’unité des fonctionnaires.

    La ministre répond : " Je vous réunirai le 9 décembre (...) pour aborder les enjeux de pouvoir d’achat de court terme » concluant : «  Je sais donc pouvoir compter pleinement sur votre engagement dans ces travaux (...) ». La confiance de la ministre dans ses « partenaires »   n’était pas usurpée : B.Teste s’empresse d’annoncer la participation à la réunion du 9 : «  Dans l'intersyndicale CGT-Solidaires-FSU, l'idée semble se dessiner d'annoncer un départ du processus à l'occasion de cette réunion du 9 décembre ». On ira donc le 9 et peut être alors ?...

    Quoi qu’il en soit, à l’issue de la rencontre du 9, la ministre pourra se targuer d’avoir pu réaliser l’essentiel de ses travaux, dont la conclusion était comme d’habitude connue à l’avance, avec la participation des « partenaires sociaux », plus que jamais « partenaires ».

    Il appartiendra aux congrès (départementaux et national) de tirer les enseignements de la contradiction désastreuse entre les affirmations de principe que l’on lit par exemple dans le thème 2 : « La FSU continue de revendiquer une revalorisation des agent-es de la FP par l’intermédiaire des grilles de carrière et de la valeur du point d’indice, seules garanties contre l’arbitraire » et la participation à une conférence dont les objectifs assumés sont la mise à mort de cette pièce maîtresse de notre statut.

    Jean-Michel Spinazze, Front Unique SNES 30

    Le soutien à la manifestation policière du 19 Mai : inacceptable !

    Le 19 Mai, à l’appel de tous les syndicats de flics, se tenait une manifestation à l’Assemblée Nationale. Au premier rang Darmanin, le ministre de l’intérieur. Parmi les manifestants, Faure, Roussel, Jadot côtoyaient Bardella du RN. La manifestation y a flétri le « laxisme de la justice » et réclamé davantage de moyens.

    La direction nationale de la FSU sous le titre « Communique de la la FSU du 14 Mai 2021 » a appelé à cette manifestation aux relents caractéristiques, sous couvert de reproduction du « communiqué de la branche intérieure du SNUITAM » :

    « ...nous nous joindrons (…) au rassemblement Citoyen de soutien à la Police Républicaine du 19 Mai prochain. (...). De même, nous invitons tous nos collègues, d’initiative, avec les citoyens, solidaires, à se rassembler sur l’ensemble du territoire ... »

    C’est inadmissible !

    Depuis, les « revendications » des syndicats de police ont été largement satisfaites dans le budget 2022.

    Le rapporteur LREM à l’Assemblée nationale déclare :

     Les crédits demandés pour la mission Sécurités connaissent une progression sensible en 2022, atteignant 22,7 milliards d’euros en autorisations d’engagement, en hausse de 6,8 %, et 21,6 milliards d’euros en crédits de paiement, en hausse de 4,2 %. La programmation 2022 marque ainsi une accélération de la tendance haussière (…). Les efforts auront été particulièrement massifs en termes de recrutement. ... le Président de la République a ainsi appelé à un doublement, en dix ans, de la présence des policiers et gendarmes sur la voie publique. »

    A l’inverse dans le même budget, Le Monde du 21/09 « En euros, (le) coût moyen par étudiant pour l’État, (est) en baisse pour la sixième année d’affilée (- 7,9 % depuis 2009). 1935 : Nombre de postes d’enseignants-chercheurs ouvert au recrutement en 2021 (3613 en 2011, soit - 46%) »

    Tel est le budget Macron. La place de la FSU est du côté d’Adama Traoré et de toutes les victimes des violences policières et non du côté de l’appareil policier qui les perpétue, du côté des travailleurs et de la jeunesse antillaise en révolte contre l’État colonial et non du côté du GIGN et du RAID, du côté des migrants noyés au large de Calais et non de ceux qui les matraquent et détruisent leur campement.

    60 ans après que la police « républicaine » ait balancé par dessus Seine et assassiné des centaines de travailleurs algériens qui manifestaient contre le couvre feu, cela doit être dit.

    Roland Michel, Front Unique SNES 63

    Antilles : pour le retrait des forces de répression coloniales et la réintégration

    immédiate des personnels suspendus

    Les Antilles françaises connaissent depuis plusieurs semaines une mobilisation très importante contre l’obligation vaccinale des professionnels de secours et de santé. D’abord en Guadeloupe puis en Martinique, les travailleurs se sont mobilisés pour exiger la réintégration des agents non vaccinés mis à pied alors même que le délabrement de l’Hôpital public dépasse largement celui subi en métropole.

    Malgré un niveau de vaccination des soignants approchant de 90%, comment comprendre cette mobilisation contre les conséquences de la loi du 5 août 2021 ? Parce que la santé des Antillais a été sacrifiée sur l’autel des profits des propriétaires de bananeraies jusqu’au milieu des années 1990, par l’utilisation de l’insecticide hautement cancérogène Chlordécone, près de 20 ans après son interdiction ailleurs dans le monde. La crainte d’un nouvel empoisonnement est palpable.

    Depuis le 22 novembre, le gouvernement Macron-Castex-Darmanin a envoyé le RAID et le GIGN, forces anti-terroristes, pour réprimer le mouvement de grève.

    L’État français est responsable de la situation et de son pourrissement par son mépris tout colonial envers les Antilles. Taux de chômage de 60% chez les moins de 30 ans, délabrement des services publics et du réseau d’eau potable, non remboursement par la Sécurité Sociale d’une partie des examens de suivi lié aux conséquences de l’empoisonnement au Chlordécone.

    Le 25 novembre, la FSU a tourné le dos aux travailleurs antillais en appelant à l’ouverture de négociations dans le cadre de la répression engagée par le gouvernement.

    Après avoir appelé à la levée des barrages, l’intersyndicale a signé, le 27 novembre, un « accord de méthode » avec l’État colonial français qui n’a rien lâché et dont la seule réponse est la répression.

    Pour permettre la satisfaction des exigences des travailleurs de Guadeloupe et de Martinique, il faut combattre pour que, en Métropole, le soutien aux travailleurs et à la jeunesse antillaise se traduise par le combat pour que les organisations du mouvement ouvrier se prononcent dans l’unité :

    Pour le retrait de l’appareil de répression de l’État colonial en particulier le RAID et le GIGN

    Pour la réintégration immédiate et sans condition des personnels suspendus

    Edouard CHUZEVILLE, Front Unique SNES 69

    Face à la menace d’une nouvelle « Nakba » en Palestine, la FSU doit se placer du côté du peuple palestinien, peuple opprimé, contre l’Etat colonial et raciste d’Israël

    Le 18 mai dernier, les masses de toute la Palestine historique sont parvenues malgré tous les obstacles à exprimer leur unité historique à travers une journée de grève générale massive : pour la libération de toute la Palestine, pour le droit au retour de tous les réfugiés.

    De son côté, l’État d’Israël, en organisant l’expulsion des palestiniens de Jérusalem-Est, en permettant à des centaines de milliers de colons de s’installer en Cisjordanie, en meurtrissant toujours plus la bande de Gaza, ne cache pas son objectif : provoquer une nouvelle Naqba (« catastrophe » de 1948).

    Que le gouvernement israélien ait changé récemment, après des élections qui ont conforté une large majorité parlementaire au Likoud et aux partis situés à sa droite, ne modifie rien à cet égard.

    Cette offensive n’est pas davantage en contradiction avec le défunt « processus » d’Oslo/Washington : elle en constitue le prolongement. Ce « processus » a permis de liquider largement l’OLP et le Fatah dans une « Autorité » et une police palestiniennes conçues dès l’origine comme des supplétifs d’Israël. Aucun accord n’a jamais mentionné la possibilité que fût proclamé un « Etat palestinien ».

    En juillet, l’assassinat d’un opposant à Mahmoud Abbas par la police de ce dernier a provoqué des manifestations à Ramallah : Abbas les a violemment réprimées. Pas un jour, la « coopération sécuritaire » entre l’Autorité palestinienne et Israël n’a, elle, cessé.

    Quant à la « communauté internationale », celle des parrains et alliés impérialistes d’Israël, il n’est pas nécessaire de longs développements pour constater quelle est sa position invariable : celle du soutien continu à l’Etat sioniste, martelé en toutes occasions.

    Dans cette situation dramatique, le rôle de la FSU n’est pas de déplorer que le « processus de paix » serait devenu « caduc » (thème 3)… pour aussitôt vouloir le faire renaître de ses cendres.

    Au contraire, le congrès doit renouer avec les traditions de la lutte anticoloniale en affirmant que la FSU se place inconditionnellement du côté du peuple palestinien, peuple opprimé, contre l’État d’Israël, raciste et colonial. Une position dont le prolongement pratique doit être, pour commencer, de soutenir et d’appeler au boycott de l’État d’Israël.

    Yvon Bréda, Front Unique SNES 59

     




    Conseil syndical du Snuipp 63 (8 novembre 2021)

    Motion direction d’école

    Le projet de loi Rilhac sur la direction d’école est à présent dans son étape finale avant adoption.

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 08 novembre 2021

    - exige à nouveau le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac (ou son abrogation si elle devait être promulguée),

    - refuse toutes discussions concernant les décrets d’application de la future loi sur la direction d’école ;

    - appelle à quitter les groupes de travail sur la direction d’école;

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à reprendre ces positions à son compte et à tout mettre en œuvre afin de réaliser le front uni des organisations syndicales concernées sur ces positions.



    POUR : 3 / CONTRE : 5 / ABSTENTION : 2

    Motion Conférence salariale

    L’objectif de la « Conférence salariale fonction publique » convoquée par la ministre De Montchalin est de remettre en cause la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice, d’en finir avec les corps et les déroulements de carrière. La ministre veut parvenir à un diagnostic commun avec les représentants des organisations syndicales de fonctionnaires pour définir le programme que le gouvernement mettrait en œuvre afin d’atteindre cet objectif.

    Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réuni le 08 novembre 2021 :

    - condamne les objectifs du gouvernement contre les fonctionnaires et demande que les représentants de la FSU boycottent la conférence salariale et les groupes de discussions en lien avec le Grenelle et notamment le groupe de travail sur la « personnalisation » des carrières,

    - appelle le Conseil national du SNUipp-FSU à adopter cette position et à agir pour obtenir de la direction de la FSU ce boycott immédiat.

    En obtenant que ce boycott soit partagé en particulier par CGT, FO et Solidaires, cela permettrait qu'une forte mobilisation unitaire soit enclenchée pour arracher d'importantes augmentations du point d'indice pour rattraper le pouvoir d'achat perdu depuis 10 ans et pour faire face au rebond de l'inflation.


    POUR : 8 / CONTRE : 0 / ABSTENTION : 2





    Collège Alphonse Taven à Montfavet : Adresse à la direction de la FSU

    Les personnels du collège A. Tavan, réunis en HIS le 18.10.21 à l’initiative de la section SNES, ont pris connaissance de l’ouverture par le gouvernement d’une conférence dite sur « les perspectives salariales dans la Fonction Publique », dans laquelle celui-ci veut associer les directions syndicales de la Fonction Publique à un chantier consistant à mettre à bas nos garanties statutaires en matière de rémunération - point d’indice, déroulements automatiques de carrières et grille unique Fonction Publique - pour leur substituer un système où « le travail paye davantage, où la progression soit plus rapide », en clair un système dit au mérite, pour faire baisser la masse salariale fonction publique.

    Aujourd’hui le gouvernement veut détruire la grille unique Fonction Publique au profit d’un système d’avancement et de rémunérations totalement individualisé.

    C’est pourquoi nous nous adressons à la direction de la FSU pour lui demander de quitter sans délai cette conférence, ainsi que les discussions du Grenelle de l’Education, qui poursuit le même objectif que la « conférence sur les perspectives salariales », par exemple à travers le groupe de travail sur la « personnalisation » des carrières.

    POUR : 9 - CONTRE : 0 – ABST : 0



     

     Lettre de Liaison N° 320 - 18 octobre 2021 :

    [Version pdf]

    Macron veut avancer dans la destruction du statut de la Fonction Publique avant la fin du quinquennat. Pour cela, son gouvernement a besoin que les dirigeants des syndicats participent à sa «  Conférence salariale de la FP ».

    Défendre les fonctionnaires impose d’affronter le gouvernement.

    La direction de la FSU doit rompre la concertation avec lui et quitter, sans délai, sa « conférence salariale » !

    A ce jour, les syndiqués de la FSU ne trouveront aucune information sur les objectifs de la conférence salariale convoquée par la ministre de la FP, dans la presse de leur fédération FSU ou de leur syndicat. Pourtant ces objectifs ne souffrent d’aucune ambiguïté !

    Selon la ministre De Montchalin elle-même, il s’agit de « porter un diagnostic transparent »   et des propositions pour réformer «  un système de rémunérations et de progression des carrières à bout de souffle », sur la base de « la rupture assumée avec les augmentations générales du point d’indice [...] à la fois inéquitables et coûteuses  ».

    Le gouvernement veut en finir avec la grille unique des rémunérations, individualiser les salaires selon les fonctions et la manière de « servir », et, plus fondamentalement, remettre en cause l’existence des corps à travers la transformation de la fonction publique de carrière en fonction publique d’emplois ! C’est la continuité des objectifs de la loi Dussopt d’août 2019. On retrouve également ce à quoi le Grenelle de l’éducation a ouvert la voie avec, par exemple, le groupe de travail  : «  Personnalisation : revalorisation des rémunérations et mobilités » qui s’est réuni le 14 septembre avec… la participation de la direction du SNES (Université syndicaliste du 28 août, p 2) !

    Le secrétaire fédéral, B.Teste, dans l’éditorial de Pour  d’octobre, ne se trompe pas lorsqu’il écrit : « Le gel de la valeur du point d’indice est en outre destructeur de la notion même de carrière quand le traitement qui est censé être « principal » tend à devenir accessoire au bénéfice de régimes indemnitaires beaucoup plus aléatoires ». Mais il écrit, deux phrases plus loin : « ce sera un enjeu dans le cadre du débat électoral », comme si les mois qui viennent (fin de la conférence en février) n’allaient pas être décisifs pour l’avenir de la base matérielle de notre statut qui garantit le cadre collectif de défense des fonctionnaires et fonde l’existence même de nos syndicats. « Débat électoral » et « journées d’action » ont pour fonction de cacher aux syndiqués la réalité de ce qui se trame dans la conférence avec, par la caution de nos représentants.

    L’inflation connaît un rebond spectaculaire qui accentue la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué depuis 10 ans. Que les représentants syndicaux osent participer à une conférence dite salariale qui fait du blocage, ad vitam æternam, du point d’indice un axe intangible est proprement scandaleux ! Raison de plus pour leur imposer de quitter cette conférence et d’exiger de massives augmentations du point d’indice.

    L’acharnement de la direction de la FSU à accompagner les contre-réformes, via le dialogue social, se décline aussi dans ses syndicats nationaux. Ainsi la loi Rilhac a été adoptée sans que la direction nationale du SNUipp ne lève le petit doigt ! Et après avoir   participé docilement à tous les groupes de travail sur la direction d’école, elle se cache derrière une pétition réservée aux seuls directeurs d’école, comme si le fonctionnement   des écoles était déjà considéré comme leur domaine réservé. Pétition dont elle déclare que son objet est : « (…) peser sur les discussions à venir sur sa déclinaison concrète par le ministère » témoignant donc de sa volonté de travailler dans le cadre d’une loi qu’elle prétend pourtant rejete!

    A Marseille, plus de 80 équipes pédagogiques d’écoles refusent, et ont décidé de boycotter, l’expérimentation Macron attribuant aux directeurs le recrutement de « leurs » enseignants. Mais cet appel au boycott ne saurait rester local. Il doit être repris par notre fédération et plus particulièrement par le SNUipp, pour lui donner la dimension nationale qui s’impose.

    Même chose dans le secondaire où la direction du SNES, dans ses communiqués, continue de « revendiquer » l’abrogation de la réforme du Bac. Mais, face aux collègues scandalisés par la mise en place du contrôle continu (qui signifie la fin de leur indépendance pédagogique) et qui ont voulu s’y opposer en boycottant la mise en place des projets locaux d’évaluation (PLE),  elle publie un guide de mise en œuvre des PLE. Quel que soit son contenu, il laisse les collègues isolés, établissement par établissement, et se situe dans le cadre de la mise en œuvre des PLE.   A l’inverse, la responsabilité de la direction du SNES était d’exiger le retrait des PLE et d’appeler au boycott national des réunions pour leur mise en œuvre.

    Le projet de budget 2022 se situe totalement dans l’objectif de réduction massive des dépenses publiques (hors police et armée !). Il fait litière aussi bien des besoins des personnels – en nombre, en formation comme en rémunération – que de ceux de la majorité de la population et plus particulièrement de la jeunesse.

    La situation dans les universités, déjà dramatique pour les étudiants, va encore s’aggraver. Le recrutement d’enseignants titulaires est à l’arrêt, et les contractuels sont en passe de devenir majoritaires parmi les personnels.

    Pour notre syndicat l’heure n’est pas à on ne sait trop quel débat électoral ! Elle est au combat pour la défense du statut et contre le budget de misère. Pour cela une urgence : rompre le dialogue social.

    En particulier il est tout à fait décisif :

    1) D’informer pleinement et sans délai les collègues du contenu mortifère des projets gouvernementaux portés   dans la Conférence salariale de la FP.

    2) En conséquence de se retirer de cette conférence et appeler les autres fédération à faire de même.

    3) Préparer et organiser l’affrontement avec le gouvernement contre le projet de budget 2022.

    C’est ce combat dont les représentants du courant Front Unique seront porteurs dans toutes les instances de la FSU comme aux prochains congrès (départementaux et national).

    Du 5 au 25 novembre, renforcez notre combat en votant Front Unique !

     

    Adresse à la direction de la FSU
    (adoptée par les enseignants du collège Tavan d’Avignon réunis en heure d’information syndicale)


    Les personnels du collège A. Tavan réunis en HIS le 18.10.21 à l’initiative de la section SNES ont pris connaissance de l’ouverture par le gouvernement d’une conférence dite sur « les perspectives salariales dans la Fonction Publique », dans laquelle celui-ci veut associer les directions syndicales de la Fonction Publique à un chantier consistant à mettre à bas nos garanties statutaires en matière de rémunération – point d’indice, déroulements automatiques de carrières et grille unique Fonction Publique – pour leur substituer un système où « le travail paye davantage, où la progression soit plus rapide », en clair un système dit au mérite, pour faire baisser la masse salariale fonction publique.

    Aujourd’hui le gouvernement veut détruire la grille unique Fonction Publique au profit d’un système d’avancement et de rémunérations totalement individualisé.

    C’est pourquoi nous nous adressons à la direction de la FSU pour lui demander de quitter sans délai cette conférence, ainsi que les discussions du Grenelle de l’éducation, qui poursuit le même objectif que la « conférence sur les perspectives salariales », par exemple à travers le groupe de travail sur la « personnalisation des carrières ».

    (unanimité des 9 présents)

     


     

    Conseil national de la FSU des 12 et 13 octobre 2021

     

    Le courant Front Unique est intervenu pour que la FSU (en lien avec ses syndicats concernés) :

    - exige le retrait de la loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille

    - appelle au boycott national des projet locaux d’évaluation (PLE)

    - ouvre la perspective d’une manifestation nationale à l’AN contre le projet de budget de l’ESR

    - annonce son départ immédiat de la conférence salariale FP et exige d’importantes augmentations du point d’indice

     

    Intervention du courant Front Unique au Conseil national de la FSU, le 12 octobre 2021 (débat général)

    Le gouvernement Macron-Castex redouble ses attaques contre les travailleurs, les jeunes, les chômeurs, les fonctionnaires

    Contre les chômeurs durement frappés depuis ce 1er octobre avec la contre-réforme de l’assurance chômage.

    Contre l’ensemble des travailleurs, en remettant sur le tapis sa contre-réforme des retraites avec Edouard Philippe qui n’hésite pas à préconiser un départ à la retraite à 67 ans.

    Contre tous les jeunes. Les étudiants d’abord qui malgré l’allègement des mesures sanitaires ne voient pas leurs conditions d’études s’améliorer avec les budgets de misère de l’ESR qui depuis 10 ans ont cumulé leurs restrictions. Finis les repas à 1 euro pour tous.

    Et de plus en plus de jeunes sont évincés des études universitaires. Et le gouvernement, avec l’apprentissage et l’alternance, leur dénie le droit d’obtenir une formation qualifiante assurée par l’enseignement public. Il veut livrer tous ces jeunes aux besoins stricts des patrons et, avec son plan compétence, il veut leur fournir une main d’œuvre quasi gratuite.

    Et pour des centaines de milliers de jeunes, la contre-réforme des APL a signifié une baisse drastique de leurs allocations logement.

    Le rebond de l’inflation affecte toute la population mais ce sont les plus pauvres qui en subissent les effets les plus dramatiques L’explosion des prix de l’énergie, les augmentations des loyers et des denrées alimentaires et plus généralement de toutes les dépenses contraintes, les plongent dans l’angoisse d’un hiver froid.

    Si les salaires ont dans certains secteurs et de manière limitée connu des augmentations, rien pour les fonctionnaires dont le point d’indice est bloqué depuis 10 ans.

    Avec le rebondissement de l’inflation, comment les dirigeants des organisations de fonctionnaires peuvent-ils accepter de se concerter avec les responsables de ce blocage ?

    Comment peuvent-ils prêter un précieux concours au gouvernement, à sa ministre De Montchalin qui veut dans le cadre de sa conférence salariale en finir avec la grille de rémunération de la fonction publique basée sur le point d’indice.

    Il ne suffit pas au gouvernement que les indemnités soient en partie individualisées, il veut que la rémunération principale le soit aussi. Défendre ce qui subsiste du statut des fonctionnaires, préserver la grille de rémunération basée sur le point d’indice conduit à une seule conclusion : le boycott pur et simple de cette conférence.

    Dans les lycées, le gouvernement, dans le cadre de la liquidation définitive du bac comme diplôme national et l’instauration généralisée du contrôle continu, essaie d’imposer la mise en place de projets locaux d’évaluation. La seule réponse à la hauteur de l’attaque gouvernementale c’est de lancer la consigne nationale de boycott des PLE. C’est la responsabilité de la FSU et du SNES de lancer un tel mot d’ordre dans l’unité avec toutes les autres organisations d’enseignants du 2nd degré.

    Mais incontestablement, c’est contre le premier degré que le gouvernement concentre ses coups. Des annonces de Macron à Marseille à la loi Rilhac adoptée il y a 2 semaines, le gouvernement veut en finir avec le fonctionnement traditionnel dans les écoles primaires. Un fonctionnement démocratique où tous les enseignants, même le directeur, sont à égalité, on comprend que le gouvernement veuille instaurer la division au lieu de la solidarité et la hiérarchie à la place de l’égalité. Rien de nouveau dans cela.

    Mais ce qui est ahurissant, c’est la réaction de notre fédération et celle du Snuipp face à de tels assauts. Aucune campagne de mobilisation sérieuse contre la loi Rilhac n’a été envisagée pas plus que la perspective de manifestation nationale pour empêcher son adoption. Et maintenant une pétition réservée aux seuls directeurs comme si le fonctionnement des écoles était déjà considéré comme leur domaine réservé.

    Pour conclure, dans tous les domaines, le gouvernement se vante de faire aboutir tous ses projets destructeurs à grand renfort de concertation et de dialogue social. Et c’est un fait que tous les représentants syndicaux ont accepté de collaborer aux plus grands reculs sociaux de ces dernières années, au travers des concertations avec le gouvernement. Les justifications avancées telle : « On y va pour porter les revendications des personnels » sont totalement cyniques et fallacieuses. Car c’est, assuré de la présence des représentants des syndicats, que le gouvernement peut se permettre d’aller encore plus loin, encore plus fort par rapport à ses projets initiaux. Alors si on veut appliquer à bon escient la formule « Plus jamais ça ! », c’est bien concernant l’accompagnement des projets du gouvernement au travers de la concertation-collaboration. Notre fédération doit enfin rompre les concertations mortifères avec le gouvernement et engager une réelle mobilisation pour l’empêcher de nuire. Et cela commence par le boycott de la conférence « De Montchalin ».

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    Intervention de présentation de la motion FU sur la direction d’école

    Il n’aura suffi que d’une demi-journée pour que la loi Rilhac soit adoptée.

    Il est inutile de faire la liste des conséquences néfastes de cette loi sur l’enseignement primaire.

    En mars 2021, le courant Front Unique alertait déjà sur cette loi et appelait notre fédération à ouvrir la perspective d’une manifestation nationale à l’Assemblée nationale quand serait connue la date de son examen en 2nde lecture.

    Le 5 juillet, le SNUipp-FSU clamait haut et fort qu’une ligne rouge était franchie avec l’annonce de la création d’emploi fonctionnel de directeur pour ceux totalement déchargés.

    Le 2 septembre, Macron annonçait à Marseille son expérimentation sur l’école, annonce faite quelques semaines avant le passage en deuxième lecture de la loi Rilhac à l’Assemblée nationale.

    Toutes ces attaques sont dénoncées dans divers textes de la FSU et plus précisément du SNUipp-FSU.

    Et pourtant, les concertations dans le cadre des groupes de travail sur la direction d’école continuent.

    Et pourtant, le 29 septembre , aucun appel national et central n’était lancé pour empêcher le vote de la loi Rilhac. Les jours précédents ce vote, les sections départementales du SNuipp étaient invitées à rencontrer les députés dans le but « de les amener à renforcer certains articles pour obtenir des avancées concrètes » tandis que les syndiqués étaient invités à les alerter pour qu’ils ne votent pas  cette loi « en l’état ».

    Tout comme l’appel des 50 directeurs et directrices contre la loi Rilhac, ce que subissent nos collègues marseillais concerne toute la profession, directrices, directeurs, adjointes et adjoints.

    Déjà, plus de 80 équipes pédagogiques de Marseille refusent l’expérimentation Macron et ont décidé de la boycotter. Cet appel au boycott ne saurait rester cantonner sur un plan local. Il doit être repris par notre fédération et plus particulièrement par le SNUipp, pour lui donner la dimension nationale qui s’impose.

    Des signaux fort peuvent être envoyés non seulement à la profession mais aussi au gouvernement :

    - quitter les groupes de travail sur la direction d’école,

    - exiger le retrait de la proposition de loi Rilhac et de l’expérimentation de Marseille,

    - appeler nationalement au boycott de l’expérimentation marseillaise qui a vocation à être généralisée.

    C’est le sens de la motion que nous présentons.

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    Motion Front Unique :

    Direction d’école : Pour le retrait de la loi Rilhac

    Pour le boycott et l’arrêt de l’expérimentation de Marseille

    Le gouvernement, avec l’adoption de la loi Rilhac en deuxième lecture à l’Assemblée nationale et l’expérimentation de Marseille, veut porter un coup décisif à l’enseignement primaire en mettant en place un nouvel échelon hiérarchique au sein des écoles primaires.

    Le CDFN de la FSU, réuni les 12 et 13 octobre 2021, exige le retrait pur et simple de la proposition de loi Rilhac.

    Le CDFN de la FSU soutient et reprend à son compte l’appel au boycott des équipes enseignantes de 80 écoles marseillaises et exige l’arrêt immédiat et le retrait définitif de l’expérimentation de Marseille.

    (Pour : 6 / Contre : 57 / Abstentions : 14 / Refus de vote : 22)

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    Intervention de présentation de la motion FU sur les projets locaux d’évaluation

    Le projet local d’évaluation met en œuvre la destruction du caractère national du baccalauréat. Il normalise les modalités de notation des équipes pédagogiques au sein d’un même établissement dans le cadre de la mise en œuvre du contrôle continu du baccalauréat.

    Et c’est aux enseignants eux-mêmes, qu’il est demandé d’édicter les règles locales qui mettront en cause leurs libertés pédagogiques et baliseront leur soumission à leur hiérarchie locale.

    A juste titre, le SNES, et les autres syndicats de la FSU, demandent l’abrogation du baccalauréat Blanquer et le retour à un diplôme national et anonyme. Dans ces conditions, ce n’est certainement pas en adressant un guide de mise en œuvre du projet local d’évaluation, même de façon édulcorée, qu’on y contribuera. C’est au contraire en dressant tous les enseignants contre le projet local d’évaluation qu’on peut réussir à revenir sur la destruction du baccalauréat.

    C’est pourquoi :

    Le CDFN de la FSU, en lien avec les différents syndicats nationaux concernés, SNES, SNEP, SNETAP entr’autres, répond favorablement aux enseignants du lycée Blaise Pascal de Clermont Ferrand, qui après avoir boycotté la réunion de mise en place du projet local d’évaluation, le 30 septembre, se sont réunis en AG pour adopter une motion (30 voix pour et 2 abstentions) qui demande aux directions syndicales :

    - de prendre de prendre position pour le retrait pur et simple du PLE