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Vote d'orientation FSU 2018

Formulaire de candidature - liste Front Unique

(à télécharger, renseigner et envoyer à Front Unique, 46 rue de Trémonteix, 63100 Clermont Ferrand / ou à : mel@frontunique.com)

 

Texte d'appel à candidatures pour la liste Front Unique


Compte-rendu de la Commission administrative nationale du SNASUB-FSU des 14 et 15 novembre 2017 par les élus Front Unique

Contre l'avis de la direction du syndicat, notre CAN a voté massivement un amendement à la motion générale qui demande à la direction de la FSU de quitter la concertation en cours sur la réforme de la Fonction publique, "le grand forum de l'action publique", à l'image de la position prise par les fédérations CGT-FO et SUD ce lundi 13 novembre.

 


Lettre de liaison N° 276 - 4 décembre 2017       [Version pdf]

Le gouvernement Macron-Philippe-Blanquer lance une offensive visant à liquider le bac comme diplôme national et une réforme du lycée et permettant de supprimer des milliers d’heures et de postes.

La responsabilité des dirigeants syndicaux, en premier lieu de ceux du SNES, c’est de se prononcer contre la liquidation du bac comme examen national, et de cesser toute participation à la mission Mathiot.

 

Liquidation du bac, l’objectif du gouvernement.

Le bac comme examen national anonyme et premier grade universitaire, a permis à des générations de lycéens d’entrer à l’université et d’accéder aux études supérieures. C’est à cela que s’attaque le gouvernement. Après le plan étudiant, qui introduit les prérequis, et donc rompt dans la réalité avec le principe du bac donnant accès de droit à l’université, le gouvernement a lancé une nouvelle concertation, ouverte le 13 novembre : la mission Mathiot, dont le but est de réduire les épreuves dites « terminales » à quatre, et de mettre en place le contrôle en cours de formation pour toutes les autres. Les comptes-rendus des audiences des organisations syndicales, mais surtout des associations de professeurs de matière permettent d’y voir plus clair. Deux épreuves dites de « spécialité » seraient passées en février, et prises en compte dans l’orientation et « parcoursup », l’outil de sélection du plan étudiant. En fin d’année, deux épreuves dites « universelles », seraient organisées, une épreuve de philosophie, et un grand oral, sorte de méga-TPE, pluridisciplinaire. Le reste serait donc en Contrôle en cours de formation (CCF). Cette organisation ouvre à la semestrialisation des enseignements, et à l’annualisation des services des enseignants. Elle aurait pour conséquence une énorme surcharge de travail pour les enseignants, et les exposerait à toutes les pressions sur l’évaluation, de la hiérarchie ou des familles. Le contenu de l’examen est drastiquement déqualifié, notamment son contenu disciplinaire, et tout ce qui est remis au CCF rompt le caractère national de l’examen. La valeur de l’examen dépendrait plus du lycée dans lequel on est inscrit que des résultats eux-mêmes, il en va de même pour la possibilité de s’inscrire dans le supérieur. La concurrence généralisée entre établissements, entre public et privé, est l’horizon de cette réforme.

Objectif, suppressions de postes.

Les audiences, notamment des associations, et le compte-rendu qu’elles en font, montrent les enjeux : le rang des matières, leurs horaires, les postes. L’association des professeurs de philosophie crie victoire, en disant faire partie des épreuves « universelles ». Celle des professeurs de biologie et de géologie annonce que la SVT est maintenue en seconde, tandis que celle des professeurs de SES croit savoir que les filières sont maintenues, ce que personne ne peut encore affirmer à cette date. C’est la foire d’empoigne entre les matières. Le lycée général et technologique, avec ses filières, ses options, le nombre de matières passées à l’examen, donc enseignées, est le niveau d’enseignement le plus coûteux. La réforme du lycée qui accompagne le nouvel examen est donc un plan de suppression d’heures d’enseignement et de postes. D’ailleurs le budget 2018 est le concentré de cette politique : le Café pédagogique du 29 novembre annonce l'« effondrement » des postes ouverts à tous les concours, capes, agrégation. La semestrialisation et l’annualisation ouvrent aussi des perspectives en gains de postes, et cette dernière est réclamée depuis très longtemps par la cour des comptes afin de faire faire les remplacements aux enseignants en poste. Enfin, la fin des filières permettrait de « rationnaliser » les « classes » en les bourrant au maximum. Quant aux séries technologiques, on ne sait rien actuellement. Pour autant la mission Mathiot aura des conséquences sur l’ensemble du lycée.

 

Une méthode : la concertation.

Comme toutes les mesures prises par le gouvernement Macron-Philippe, la liquidation du bac comme examen national passe par la concertation. Après les 55 réunions du mois de septembre et d’octobre ayant accouché du plan étudiant, la mission Mathiot ouverte le 13 novembre doit rendre un rapport en janvier. S’ouvrira alors une dernière phase de concertation avant adoption, et mise en œuvre à la rentrée 2018. Mathiot l’a indiqué lui-même à certaines associations qui participent à la concertation : on peut discuter de tout, mais il y a deux impératifs, quatre épreuves terminales et le contrôle en cours de formation. Bref, on peut discuter de ce que l’on veut, à partir du moment où les décisions prises s’appliquent. Il n’est donc pas besoin d’être devin pour savoir que le rapport Mathiot en janvier conclura à la nécessité de remplacer l’examen actuel par un examen avec entre « trois et cinq » épreuves terminales et du contrôle en cours de formation. D’ailleurs Claire Guéville, chargée du dossier au Snes, a déclaré à propos de la concertation « tout semble fermé ou presque » (L’étudiant, Educpros.fr). La marche inexorable du gouvernement passe par la préparation de ses contre-réformes ravageuses dans le cadre feutré des rencontres avec les directions syndicales, tandis que les enseignants sont maintenus dans l’ignorance de ce qui se prépare, jusqu’au moment de l’annonce, voire de l’application. C’est le cas pour le plan étudiant, même pas voté, mais déjà appliqué par la mise en œuvre des fiches avenir, la nomination d’un deuxième professeur principal en terminale. Il faut rompre avec cette mécanique bien huilée.

La responsabilité des directions syndicales : rompre avec le gouvernement.

La position de la direction d’une organisation syndicale prétendant défendre l’enseignement public et les enseignants, ne peut être de réclamer plus de temps pour faire ses propositions, quand on connaît à l’avance le résultat de la concertation. La position de la direction d’une organisation syndicale ne peut être, comme le fait la direction du Snes, le 30 novembre, dans une conférence de presse avec les dirigeants du Snuep et du Snetap, de faire elle-même la proposition de simplifier le bac, en tirant au sort les épreuves, ou en les raccourcissant, ce qui revient à légitimer par avance l'offensive du gouvernement. Si le bac a été dévalorisé depuis des années, il s’agit cette fois de liquider tout ce qui le caractérise depuis des décennies, donc la responsabilité de la direction des syndicats d’enseignants, devant l’offensive qui est menée, est de le défendre inconditionnellement ! Il faut défendre le bac, parce que c’est un examen national anonyme. Il faut défendre le bac car c'est son existence comme examen terminal constitué d'épreuves disciplinaires qui détermine l'existence même des disciplines auxquelles sont affectés des horaires et des programmes nationaux. Qui peut croire une seconde que le gouvernement veut « muscler » le bac, ou revaloriser l’examen ?  Il s’agit au contraire de le transformer en un super-brevet. Dans ces conditions les dirigeants syndicaux, en particulier ceux du Snes, doivent donc déclarer publiquement : défense inconditionnelle du bac !

Dans ces conditions il ne peut être question de continuer à jouer la pantomime du dialogue social, dont le résultat est connu d’avance. Les dirigeants syndicaux, en particulier ceux du Snes, doivent donc rompre avant la fin de la commission le 13 décembre, ils doivent mener campagne en direction des enseignants, afin de permettre de préparer les conditions de la mobilisation nécessaire à la mise en échec d’un tel plan.

Les militants du courant Front Unique  agiront partout pour contribuer à l'organisation des collègues visant à  imposer aux directions syndicales :

- qu'elles se prononcent pour la défense inconditionnelle du bac comme premier diplôme universitaire, examen national terminal anonyme sur la base d'épreuves disciplinaires

- pour la défense des programmes et horaires nationaux de toutes les disciplines, contre toute suppression de postes

- pour la rupture immédiate  de la participation à la mission Mathiot, contre toute concertation avec le gouvernement visant à la liquidation du bac.

Le courant Front Unique constitue une liste pour le renouvellement des instances nationales de la FSU, intégrant en particulier les objectifs ci-dessus. Le règlement  intérieur de la FSU tend à ériger un obstacle  considérable à la présentation d'une telle liste en imposant un nombre minimum de 150 noms. Si vous êtes syndiqué d'un syndicat de la FSU, et que vous pensez que le point de vue ci-dessus doit pouvoir s'exprimer, vous pouvez nous aider en vous portant candidat sur notre liste. Prenez contact avec un militant Front Unique de votre connaissance ou remplissez l'acte de candidature, et renvoyez nous le à l'adresse indiquée.

Lettre de liaison N° 275 - 29 novembre 2017       [Version pdf]

Conseil national de la FSU des 21 et 22 novembre 2017

Si le gouvernement Macron-Philippe peut porter de terribles coups contre les acquis des travailleurs et de la jeunesse, c’est que depuis sa constitution, il peut bénéficier du plein concours des directions syndicales aux concertations qu’il a convoquées pour mettre en œuvre ses contre-réformes.

Au conseil national de la FSU les 21 et 22 novembre, les représentants du courant Front Unique ont combattu pour que la direction de la FSU se prononce pour :

            - le boycott des forums « action publique »

            - pour le retrait pur et simple du projet de loi de sélection à l’entrée de l’université

            - pour la rupture de la concertation sur le bac et la réforme du lycée

            Introduction :

Ce conseil national de la FSU se tenait alors que le gouvernement Macron-Philippe multiplie les coups contre les acquis du mouvement ouvrier et de la jeunesse. Macron bénéficie encore du soutien que tous les dirigeants syndicaux, chacun à sa manière, lui ont apporté au moment des élections présidentielles. Depuis lors, ce soutien a été sans cesse réaffirmé par tous ces dirigeants qui ont accepté de s’associer aux concertations convoquées pas le gouvernement. Ces concertations ont joué un rôle essentiel pour lui permettre d’imposer ses contre-réformes, à commencer par les ordonnances de casse du code du travail.

Un des enjeux majeurs de ce Conseil national concernait la fonction publique. Le gouvernement depuis sa constitution a multiplié les attaques contre les fonctionnaires : instauration d’une journée de carence, blocage de la valeur du point d’indice, hausse de la CSG au 1er janvier, report des maigres avantages de PPCR... Mais plus encore, il a clairement énoncé ses objectifs de baisse de la dépense publique à réaliser par la suppression et la privatisation de missions publiques et par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d’ici 2022. Pour réaliser ces objectifs, le gouvernement veut à nouveau associer les responsables des syndicats au travers de forums « action publique ». Si les dirigeants des syndicats de la fonction publique de la CGT, de FO et de Solidaires ont été amenés à quitter les groupes de travail préparatoires à ces forums, la direction de la FSU, pour sa part, est bien déterminée à prendre toute sa part aux côtés du gouvernement dans ces forums.

Cette volonté a été réaffirmée tout au long du Conseil national en particulier par les secrétaires générales de la FSU et du SNES, membres du courant Unité et Action. Dans son intervention, la responsable de l’École Émancipée, courant qui co-dirige la FSU et le SNUipp avec Unité et Action, a été très loquace pour dénoncer le gouvernement mais a été totalement muette sur la question de la participation de la FSU aux forums « action publique ». Et on a très vite compris qu’un accord secret avait été scellé entre ces deux courants. Le texte action du CDFN ne mentionne pas explicitement la participation de la FSU aux forums « action publique » laissant la voie libre à la direction pour une telle participation. Et la direction de l’EE s’est appuyée sur ce silence pour obtenir de ses délégués qu’ils ne votent pas en faveur du boycott de ces forums.

Les deux autres sujets majeurs du Conseil national concernaient le projet de loi sélection à l’université et la concertation sur le bac et la réforme du lycée.

Sur le projet de loi Vidal, tous les dirigeants syndicaux ont participé aux concertations qui ont permis au gouvernement de présenter son projet contre le droit aux bacheliers de s’inscrire librement en licence. Les dirigeants de la FSU, comme ceux du SNESup et du SNES, critiquent formellement le projet de loi et parfois en demandent l’abandon. Mais en même temps, ils demandent à être associés aux concertations pour son application. Notre courant a combattu pour que notre fédération se prononce clairement pour le retrait pur et simple de ce projet de loi et s’adresse aux autres organisations syndicales pour réaliser un front uni pour obtenir ce retrait. Hélas en vain.

Pour la concertation sur le bac et le lycée, nous avons combattu pour que les représentants de la FSU et de de ses syndicats concernés rompent leur participation à cette concertation et défendent le bac comme diplôme national et anonyme et 1er grade universitaire. Et pour qu’ils se dressent aussi contre la réforme du lycée qui vise à réduire drastiquement le nombre de postes d’enseignants en supprimant l’enseignement de disciplines et en réduisant massivement les horaires d’enseignement. Là aussi, la direction UA-EE a refusé tout pas dans la rupture avec le gouvernement.

Les dirigeants nationaux de la FSU (Unité et Action, École Émancipée) sont parvenus à maintenir leur unité dans leur soutien au gouvernement par la participation aux concertations. Pour autant, des voix dissonantes se sont exprimées contre cette participation. Et il est à noter que parmi les motions que nous avons présentées, celle qui a obtenu le plus de votes favorables est celle prônant le boycott des forums « action publique », avec 27,6% des suffrages exprimés.

Combattre pour que la direction de la FSU rompe son soutien au gouvernement et engage le combat contre lui, tel est l’orientation du courant Front Unique. Nous appelons nos collègues et lecteurs à soutenir ce combat en acceptant de figurer sur notre liste pour le renouvellement en 2018 des instances de la FSU. Voir les formalités en haut de la page d’accueil de notre site (frontunique.com)

Intervention du courant Front Unique dans le débat général

En compagnie du ministre de l’intérieur, Macron a signé devant les caméras la loi dite « anti-terroriste » qui instaure dans le droit commun les principales mesures d’exception de l’état d’urgence.

C’est aussi devant les caméras que Macron avait signé les ordonnances contre le code du travail. Il savourait d’avoir réalisé sans accroc ce qu’il avait prévu. Et il était sans doute fier d’avoir obtenu la pleine collaboration de tous les dirigeants syndicaux qui avaient participé à l’intégralité des 55 réunions de concertation cet été.

Fort de cette victoire éclatante, il a pu aussi facilement imposer un budget scélérat accordant des avantages faramineux aux milliardaires et s’en prenant sans vergogne aux plus faibles. La hausse de la CSG a comme seul objectif de dynamiter la Sécurité sociale. Et ceux qui ont refusé de se dresser contre cette attaque frontale, se contentant de demander une « bonne compensation » de la hausse de la CSG, ont participé de cette attaque historique contre le salaire différé.

Après le code du travail, ce sont toutes les conquêtes ouvrières que le gouvernement Macron-Philippe veut détruire. Droit à la santé, au logement, au chômage, à la retraite, droit aux études, sélection à la fac, enseignement professionnel, fonction publique… On en oublie certainement tant les objectifs du gouvernement sont ambitieux et menés au pas de charge.

Pour la fonction publique, il affiche des objectifs de réduction drastique de la dépense publique par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat. Pour ce faire, il veut en particulier supprimer ou privatiser de nombreuses missions de service public. Et puisque ça lui a si bien réussi avec les ordonnances, il veut rééditer l’opération concertation pour associer les responsables syndicaux à cette attaque. C’est l’objet des forums « action publique ».

Bernadette Groison nous a indiqué qu’elle tenait absolument à ce que notre fédération participe à ces forums tout en disant qu’elle n’était pas dupe de la volonté gouvernementale contre la fonction publique. Elle nous a aussi indiqué que CGT-FO-Solidaires fonction publique ont annoncé que leurs représentants quittaient les groupes de travail préparatoires aux forums de l’action publique. Je suis loin de partager l’ensemble des considérants du communiqué de ces organisations. Mais comment pourrait-on être en désaccord quand il affirme que la consultation du forum action publique « n’est destinée en réalité qu’à légitimer les réformes structurelles d'ores et déjà décidées par le gouvernement par le programme Action Publique 2022. »

Comment pourrait-on accepter que notre fédération maintienne sa participation, alors que les fonctionnaires subissent chaque jour de nouveaux coups. Notre CDFN doit donc clairement se prononcer contre le programme « action publique 2022 » et bien sûr décider de boycotter le volet forum « action publique ».

En voulant instaurer la sélection à l’entrée de l’université, le gouvernement a décidé d’atteindre un des objectifs majeurs de la bourgeoisie. Il faut rappeler que tant en 1968 qu’en 1986, les gouvernements à son service avaient échoué. En finir avec la possibilité pour tous les bacheliers de pouvoir accéder à l’enseignement supérieur, tel est le contenu essentiel du projet de réforme. Comme pour les ordonnances, la concertation avec les ministres Vidal et Blanquer, à laquelle les responsables de toutes les organisations syndicales ont participé, a permis au gouvernement de pouvoir présenter son projet de loi de sélection.

En respect des mandats essentiels de notre fédération, réaffirmés dans le texte action de septembre, notre CDFN doit clairement exiger le retrait du projet de loi qui sera présenté demain en conseil des ministres. Il doit aussi condamner les pressions qui commencent à s’exercer sur les enseignants de lycée pour qu’ils appliquent par anticipation ce qui n’est encore nullement une loi.

Avec son projet de loi de sélection, le gouvernement veut annuler la valeur de 1er grade universitaire attaché au baccalauréat. Mais il veut aller plus loin contre ce diplôme dont il veut supprimer le caractère national et anonyme.

C’est ce qu’il entreprend avec la concertation sur le bac et la contre-réforme du lycée. Il veut en effet se saisir de la modification du bac pour en amont procéder à une réforme du lycée qui commencerait dès la prochaine rentrée en seconde jusqu’à atteindre la terminale à la rentrée 2021. Bien sûr, qui peut douter des objectifs en termes de réduction de matières enseignées, d’heures d’enseignement et de suppression d’options pour le bac ?

La responsabilité de notre conseil national est d’appeler au boycott de cette concertation sur le bac.

Pour conclure, B. Groison nous dit qu’il faut pratiquer le « dedans-dehors » c’est-à-dire d’être « avec » et « contre » le gouvernement. Mais quand on est avec le gouvernement, on est bien avec lui… certes tout contre… Au contraire, il n’y a pas de meilleure manière de combattre le gouvernement que de rompre avec lui et c’est en engageant le combat contre lui qu’on pourra envisager de le mettre dehors.

Présentation de la motion

« Pour le boycott des forums "action publique" »

Le fait est incontestable et personne ne l’a contesté ici : le gouvernement Macron-Philippe avance tous les jours un peu plus dans son programme d’agression contre les fonctionnaires et de remise en cause du statut de la Fonction publique : rétablissement du jour de carence, gel du point d’indice, augmentation de la CSG… on pourrait rallonger la liste !

Le gouvernement entend aller plus loin, et rapidement, en s’appuyant sur l’effet anesthésiant de la violence des premières attaques. Le plan Action Publique dit CAP 2022 qui se décline en trois grands volets, avec l’ouverture de concertations sur le plan national et dans les régions, ne laisse planer aucun doute sur les objectifs à atteindre.

Dès le 26 septembre, le premier ministre Philippe l’a indiqué dans sa lettre de mission adressée aux ministres : « la transformation de l’Action publique est une priorité du gouvernement ».

Je cite : « revoir profondément et durablement les missions de l’ensemble des acteurs publics ». Philippe demande des « réformes structurelles, et des économies significatives et durables », « des transferts entre les différents niveaux de collectivités publiques, des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions ».

Nombre d’intervenants ont indiqué que l’on connaît déjà les conclusions de la concertation (parvenir à l’objectif des 120 000 suppressions de postes, baisse des dépenses publiques, transfert de nombre de missions au secteur privé, mutualisation des services, etc).

Alors même que les directions de la CGT, de FO et de Solidaires ont déjà indiqué qu’elles quittaient les groupes de travail préparatoires aux forums Action publique ;

Alors que plusieurs secrétaires nationaux et même notre secrétaire générale indiquent « Nous ne sommes pas dupes » sur les objectifs affichés par le gouvernement et que plusieurs d’entre nous ont expliqué dans le débat général ou en commission que les « dés étaient pipés » ;

Alors que le texte action présenté par la direction indique que « la démarche Action publique 2022 est une machine de guerre contre le service public » en en donnant les principaux axes ;

Se pose donc avec la plus grande acuité la question de la participation de notre fédération syndicale à cette nouvelle série de concertations.

On ne peut pas écrire cela et ne pas donner de position claire quant à la position de la FSU sur la participation aux Forums Actions publique.

Siéger ou ne pas siéger aux concertations n’est pas un « épiphénomène » pour reprendre l’expression d’une intervenante en commission hier ! Bien au contraire. Siéger, c’est continuer d’apporter au gouvernement la caution du dialogue social, méthode qui lui a permis d’engranger les succès depuis 6 mois, à commencer par la loi travail. Ne pas siéger, c’est rompre avec ce même gouvernement, en indiquant  clairement qu’il n’est aucunement question d’apporter la moindre caution à sa nouvelle offensive destructrice.

En répondant largement à l’appel du 10 octobre, les personnels de la Fonction publique ont montré leur disponibilité à défendre leur statut, à combattre le gouvernement. Aujourd’hui, ce n’est pas d’une énième journée d’action, comme annoncé par la direction, dont ont besoin les fonctionnaires. La première étape pour défendre le statut de la Fonction publique, pour combattre le gouvernement, est de rompre la concertation.

Cela implique, pratiquement, que ce CDFN prenne la position la plus nette pour le boycott des forums Action publique.

Notre secrétaire générale disait hier « ne pas pouvoir rater ce rendez-vous Fonction publique au début de ce quinquennat ». Ne pas le rater, c’est infliger une défaite au gouvernement !

C’est le sens de la motion que le courant Front unique dépose sur cette question.

Motion : Pour le boycott des forums « action publique »

Le gouvernement Macron-Philippe a clairement exprimé les objectifs du programme action publique 2022. Il s’agit en particulier de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat de Macron en supprimant ou en privatisant de nombreuses missions de la fonction publique.

Le CDFN est déterminé à contribuer à faire échouer cette politique de casse de la fonction publique.

Le CDFN décide que notre fédération boycottera tous les volets du programme action publique 2022, à commencer par les groupes de travail et les forums « action publique ».

(Pour : 21 / Contre : 55 / Abst : 0 / Refus de vote : 36)

 

Présentation de la motion

« Pour le retrait du projet de loi de sélection à l’entrée de l’Université »

Le « plan étudiant » était présenté ce matin même par Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, en conseil des ministres. Ce plan, comme ses prédécesseurs, réformes Fouchet, Peyrefitte et Devaquet en 65, 68 et 86, n'a qu'un seul objectif : exclure massivement la jeunesse de l'université.

Étudier est un droit et ce droit est inscrit dans le code de l'Éducation. Le Figaro d'aujourd'hui, sûrement bien renseigné, nous informe que l'alinéa de l'article L 612.3 indiquant que « tout candidat est libre de s'inscrire dans l'établissement de son choix » disparaît. Dans le cadre du respect de nos mandats, la FSU doit affirmer publiquement que ce projet n'est ni amendable, ni négociable.

La sélection qui ne dit pas son nom se décline dans toutes les filières.

Que ce soit dans les licences dites en tension ou ailleurs, les universités pourront soit diriger les étudiants qui n'ont pas les prérequis vers des parcours de remise à niveau soit les refuser purement et simplement.

La ministre prétend élaborer les attendus au niveau national, pour éviter l'arbitraire. Mais tout le monde sait bien que l'autonomie des universités leur permettra de ne pas s'y soumettre et de déterminer leurs propres prérequis.

On constate donc que le « oui si » avancé pour éviter le terme de sélection est en fait un « non » possible, déguisé puisque l'autonomie des établissements leur permet de ne pas se soumettre à un cadrage national.

La ministre prétend obliger les universités à mettre en place des parcours de remise à niveau extrêmement coûteux dans un temps record, dans un contexte de sous dotation chronique des universités. Tout cela dans l'objectif d'améliorer les conditions d'étude à l'université.

Il faut le dire : c'est une supercherie.

La loi de sélection en Master, adoptée l'année dernière, ne devait concerner qu'une petite partie des formations. Dans les faits, ce sont des milliers d'étudiants qui ont été mis sur la touche, obligés de s'inscrire dans des universités à l'autre bout de la France ou d'attendre presque deux mois pour pouvoir s'inscrire dans leur formation. Voilà ce qu'il en est du « droit à la poursuite d'études ». De la même manière, nous pouvons avoir la certitude, qu'à la rentrée prochaine, la situation des étudiants en première année sera apocalyptique.

Dans Le Monde d'aujourd'hui, Laurent Jeanpierre, professeur de sciences politiques à Paris 8, indique que l'année de transition, de remise à niveau, sous couvert d'égalité des chances, peut parfaitement servir à une réorientation sélective. Cela a le mérite d'être clair.

Pour compléter le tableau, il faut évoquer le contrat de réussite pédagogique qui lie le versement des aides sociales, et en premier lieu la bourse des étudiants les plus pauvres, à la réussite de leur cursus.

Tout est fait pour empêcher l'accès des jeunes les plus fragiles à l'enseignement supérieur, ceux qui sont très souvent obligés de travailler pour pouvoir étudier.

Il faut donc déterminer quelle ligne adopter face à cette attaque en règle. Notre fédération demande l'abandon de la réforme. Dans le langage syndical, il faut que les choses soient bien définies. L'abandon est un terme bien fade face au mot d'ordre de retrait. Si, comme l'ont dit un certain nombre d'intervenants, nous sommes farouchement opposés à cette réforme, il faut avancer publiquement, pour montrer aux collègues ce que l'on veut véritablement, le mot d'ordre de retrait, c'est-à-dire une ligne permettant de combattre ce projet en organisant un front uni de toutes les organisations syndicales pour imposer effectivement le retrait du texte.

Motion : Pour le retrait du projet de loi de sélection à l’entrée de l’Université

Le projet de loi présenté en conseil des ministres ce 22 novembre instaure la sélection à l’entrée de l’université et remet en cause le baccalauréat comme 1er grade universitaire.

Le CDFN en exige le retrait immédiat.

Il mandate la direction de notre fédération pour qu’elle s’adresse aux autres organisations syndicales concernées d’enseignants, de lycéens et d’étudiants et aux confédérations pour que se constitue un front uni pour obtenir ce retrait.

(Pour : 16 / Contre : 52 / Abst : 0 / Refus de vote : 44)

Présentation des motions

« Pour le retrait de la lettre de Blanquer du 13 novembre »

« Pour la rupture de la concertation sur le bac et le lycée »

Après sa participation aux 55 réunions de concertation qui ont préparé le projet de loi de sélection à l’université, le SNES-FSU a rencontré la mission Mathiot sur le baccalauréat le 13 novembre et se dispose à discuter des projets du gouvernement de suppression du bac et de réforme du lycée.

Réduire massivement le nombre d’étudiants implique effectivement d’ôter au bac sa valeur de porte d’entrée à l’université, d’où le projet Macron qui vise à casser son caractère national et anonyme par le contrôle continu. Après la liquidation du bac, ce sera au tour de la réforme du lycée qui s’appliquerait dès 2018 en seconde.

Cette réforme permettrait de faire des coupes budgétaires massives sur les lycées, en supprimant des disciplines, en réduisant des heures d’enseignement pour réduire drastiquement le nombre de postes et diminuer les dépenses de l’État. Et ceci préparerait les attaques statutaires annoncées par Blanquer cet été : annualisation du temps de service, remplacements à l’interne, recrutement par le chef d’établissement.

Dans un communiqué du 16 octobre titré « Quel baccalauréat voulons-nous ? » le Snes rappelle son attachement au bac comme premier grade universitaire pour conclure, je cite : « Réformer le baccalauréat ? C’est nécessaire ! Le SNES-FSU est porteur de propositions d’évolution, ou plus précisément d’améliorations, de cet examen qui reste un élément central du système scolaire français ».

En indiquant au gouvernement qu’il y aurait accord du SNES pour réformer le bac, la direction du SNES justifie par avance l’offensive liquidatrice menée par le gouvernement.

Le lendemain, dans son communiqué du 17 novembre, la direction du SNES se dit pour l’abandon du projet de sélection à l’entrée en université mais demande à participer à la commission chargée de l’élaboration de la nouvelle plate-forme APB alors que c’est précisément par ce dispositif que la sélection à l’entrée à l’université est organisée.

Cette participation, non seulement permet de légitimer la politique du gouvernement, mais en lui indiquant qu’aucun affrontement ne sera opposé à ses projets, elle lui permet d’aller très vite et même d’appliquer ses contre-réformes avant que les textes ne soient votés.

C’est le sens de la lettre du ministre Blanquer exigeant des professeurs de terminale qu’ils appliquent la mise en œuvre de la sélection à l’université dès les conseils de classe du premier trimestre. Depuis ce week-end, les deuxièmes professeurs principaux sont déjà nommés dans mon lycée (à Metz) et partout des réunions sont programmées par les chefs d’établissement pour préparer l’application de la lettre de Blanquer.

Ainsi, pour l’application immédiate de la réforme, le gouvernement n’hésite pas à bafouer sa propre légalité, à savoir qu’une loi ne peut s’appliquer qu’une fois votée, et fait porter aux professeurs la responsabilité de barrer la route aux études supérieures des lycéens.

Dans ces conditions la responsabilité de la direction du SNES et de la FSU, est d’enjoindre le gouvernement de retirer la lettre de Blanquer et d’appeler les professeurs de lycée à ne pas opérer le « pré-tri » des dossiers dès les conseils de classe du premier trimestre.

De même, le CDFN et ses syndicats doivent quitter au plus vite le dispositif de concertation sur le baccalauréat et la réforme du lycée.


 

 

Motion : Pour le retrait de la lettre de Blanquer du 13 novembre

Le CDFN exige que le ministre de l’Education nationale retire la lettre du 13 novembre par laquelle il demande aux enseignants de lycée d’appliquer dès le conseil de classe du 1er trimestre, donc par anticipation, le projet de loi de sélection à l’Université dont le CDFN rappelle qu’il n’a pas été voté.

(Pour : 13 / Contre : 53 / Abst : 0 / Refus de vote : 46)

Motion : Pour la rupture de la concertation sur le baccalauréat et le lycée

Le CDFN sait parfaitement que le projet du gouvernement sur le baccalauréat et le lycée a pour axes essentiels :

            - la liquidation du baccalauréat comme diplôme national et anonyme

            - une réforme du lycée qui se traduirait par la disparition de l’enseignement de disciplines et la diminution des horaires d’enseignement

Pour s’opposer à ces projets dont seraient victimes les personnels et leurs élèves,

le CDFN condamne les concertations qui les préparent et s’adressent aux directions des syndicats concernés pour qu’elles quittent sans délai ces concertations.

(Pour : 14 / Contre : 58 / Abst : 0 / Refus de vote : 40)

Présentation de la motion

« Pour la libération des prisonniers politiques en Espagne »

Les développements récents en Catalogne posent la question du droit des peuples à leur autodétermination et celle des libertés démocratiques. Pour ceux qui l’auraient oublié, cette situation rappelle ce que signifie la continuité entre l’État franquiste et la Monarchie espagnole. Cette monarchie avec ses attributs parlementaires a été greffée sur la souche de l’État franquiste. Et à chaque situation de crise, se manifestent certains traits réactionnaires de l’ancien État franquiste.

On ne peut qu’apprécier les dernières avancées de notre fédération sur la question de la Catalogne car on est parti de très loin. Au bureau national, il y a 2 semaines, la demande de libération des emprisonnés n’allait vraiment pas de soi pour certains.

Trois choses qui étaient jugées simplement « inquiétantes » dans la version initiale du texte « action » sont devenues « inacceptables » dans celle qui vient de nous être remise. C’est un indéniable progrès. Il s’agit de :

- l’utilisation de la force contre le vote du 1er octobre

- la destitution de l’exécutif catalan

- l’emprisonnement des élus

La motion présentée par Front Unique propose de condamner et de dénoncer ce que nous semblons d’accord pour caractériser comme inacceptables. Enfin nous devons affirmer que le peuple catalan doit pouvoir exercer librement et démocratiquement son droit à l’autodétermination.

Motion : Pour la libération des prisonniers politiques en Espagne

Le CDFN de la FSU affirme que le peuple catalan doit pouvoir exercer librement et démocratiquement son droit à l’autodétermination.
Le CDFN condamne la violente répression policière du gouvernement espagnol contre les manifestants pacifiques de Catalogne le 1er octobre.

Il dénonce les arrestations arbitraires des dirigeants officiels des autorités catalanes et de deux dirigeants d’associations indépendantistes.

Il exige du gouvernement espagnol la libération immédiate de ces prisonniers politiques.

(Pour : 11 / Contre : 53 / Abst : 1 / Refus de vote : 47)


 

Lettre de liaison N° 274 - 12 novembre 2017       [Version pdf]

Après la casse du code du travail, le gouvernement Macron-Philippe entreprend une offensive en règle contre la jeunesse. Avec son projet de loi instaurant la sélection à l’université, il veut remettre en cause le bac comme 1er grade universitaire. Comme pour les ordonnances, il s’appuie sur de larges concertations auxquelles les dirigeants syndicaux ont accepté de participer. Dès à présent, deux nouvelles séries de concertations s’ouvrent.

La 1ère pour promouvoir l’apprentissage et liquider l’enseignement professionnel.

La 2nde pour en finir avec le caractère national et anonyme du bac et pour instaurer une contre-réforme du lycée.

 

La responsabilité de la FSU, du SNESup, du SNES, du SNUEP, du SNEP,

c’est d’exiger le retrait du projet de loi instaurant la sélection à l’université

et d’œuvrer à la réalisation d’un front uni pour obtenir ce retrait.

 

C’est aussi de refuser de participer aux concertations dont le seul objectif

est de permettre au gouvernement d’atteindre ses objectifs contre la jeunesse

et contre l’enseignement public.

 

 

Voici l’intervention en ce sens du représentant du courant Front Unique au Bureau national de la FSU le 9 novembre.

Le gouvernement Macron-Philippe veut atteindre des objectifs historiques de la bourgeoisie. Après la casse du code du travail par ordonnances, il a décidé de porter des coups majeurs contre la jeunesse en instaurant la sélection dès l’entrée de l’Université.

Son projet prévoit que le bac cesse d’être le premier grade universitaire permettant l’accès en licence. Il ne serait plus qu’un des prérequis parmi d’autres pour accéder ou pas à l’Université.

Pour les filières dites en tension, ce sont les présidents d’Université ou leurs délégués qui choisiraient parmi les bacheliers candidats ceux qui seraient acceptés sur la base de leurs dossiers. Fini, le bac diplôme national et anonyme et place aux avis des conseils de classe dont la valeur dépendra du lycée où ils auront été émis. Ce système ferait porter aux professeurs de lycée une responsabilité écrasante pour l’avenir de leurs élèves et altérerait la relation de confiance avec eux. Il est vraisemblable que les responsables universitaires profiteraient de cette loi pour multiplier le nombre de formations aux capacités d’accueil limitées comme ils l’ont déjà fait à cette rentrée pour les masters.

Pour les filières qui ne sont pas en tension, les autorités universitaires auraient la possibilité de conditionner l’inscription des bacheliers dont elles jugeraient le niveau insuffisant. Seuls ceux qui accepteraient de suivre une mise à niveau pouvant durer une année entière seraient acceptés. Ceux qui refuseraient, estimant que leur bac doit leur permettre d’entamer une licence, resteraient à la porte. On sait que ce sont surtout les lycéens des lycées professionnels et des lycées des quartiers populaires qui sont visés.

Comme on le voit, la formule du Code de l’Éducation « Le premier cycle est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat (…) » deviendrait purement factice.

La première responsabilité de la FSU est bien sûr d’exiger le retrait pur et simple de ce projet de loi instaurant la sélection dès l’entrée de l’Université.

Encore une fois, c’est par la concertation que le gouvernement se fait fort d’aboutir. C’est ainsi qu’il a réussi à faire passer la casse du code du travail. Et la concertation a été tout autant intense pour le projet de sélection à l’université. On ne peut que partager l’avis de Claire Guéville, secrétaire nationale du secteur lycée du SNES, qui a participé à cette concertation. Elle écrit dans l’US mag (journal du SNES) : « La méthode ministérielle rejoint ainsi une pratique de gouvernement éprouvée qui consiste à noyer le débat dans une large consultation pour finalement s’en affranchir et imposer des décisions tout en se parant de la légitimité du dialogue social. » Et elle poursuit en écrivant : « Le SNES avec la FSU dénonce avec force le fond comme la forme de ces pseudo-concertations. »

Cette leçon tirée de l’expérience doit s’appliquer dans l’actualité. Après le code du travail et la sélection à la fac, c’est contre le bac et le lycée que le gouvernement veut rééditer sa méthode de la concertation. Déjà la loi de sélection à l’Université ôte de fait au bac sa valeur de 1er grade universitaire. Mais le gouvernement veut en plus liquider le bac comme diplôme national et anonyme. C’est l’objet de la concertation qu’il a initiée. En finir avec les filières, remplacer les épreuves écrites par le contrôle continu, instaurer le bac modulaire ou à la carte, autant de mesures pour le dynamiter.

Le projet de réforme du bac induit celle du lycée. En s’appuyant sur les préconisations de la Cour des comptes et par le levier de la réforme du bac, c’est des coups majeurs qu’il veut porter contre les options, contre les enseignements. Réformes structurelles et attaques contre les statuts enseignants devant permettre une baisse considérable du budget du secondaire. Pour donner le ton, ce sont déjà 2600 suppressions d’emplois de stagiaires du 2nd degré qui sont programmées pour la rentrée 2018.

La responsabilité de la FSU, du SNES, du SNEP et du SNUEP est donc de boycotter les concertations et les groupes de travail sur le bac et le lycée que le gouvernement veut utiliser pour atteindre ses objectifs.

Pour finir, le gouvernement a multiplié les coups contre les fonctionnaires dans l’objectif de réduire drastiquement les dépenses publiques. Les fonctionnaires ont été nombreux à faire grève le 10 octobre contre la politique gouvernementale. Mais l’objectif du gouvernement est de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Pour ce faire, il a mis en chantier le plan « action publique 2022 » dont les « forums action publique » sont le 1er acte. Bien sûr il veut associer les syndicats à son offensive en obtenant leur participation à ces forums.

Pour la défense des services publics et des fonctionnaires, la responsabilité de la FSU est de boycotter ces forums « action publique » et de s’adresser aux autres directions syndicales pour qu’elles fassent de même.

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Motion proposée par FU :

Le Bdfn de la FSU, réuni le 9 novembre 2017, exige le retrait pur et simple du projet de loi instaurant la sélection à l’entrée de l’Université.

Le Bdfn mandate la direction de la FSU pour qu’elle propose aux organisations syndicales de constituer un front uni pour imposer au gouvernement ce retrait.

 Résultat du vote : Pour : 1 / Contre : 0 / Abst : 8 / Refus de vote : 8

Appel à candidatures (Vote orientation national FSU-2018)

Le courant Front Unique défend en toutes circonstances une orientation en défense de l’enseignement public et des personnels. Ses militants combattent dans les réunions au sein des établissements, dans les instances syndicales pour que la direction de la FSU et celles de ses syndicats rompent avec le gouvernement et réalisent le front uni des organisations syndicales pour faire obstacle aux contre-réformes gouvernementales.

Pour que Front Unique puisse continuer ce combat y compris dans les instances nationales de la FSU, nous devons constituer une liste de 150 syndiqués pour pouvoir soumettre au vote notre orientation.

Pour surmonter cet obstacle, nous en appelons aux syndiqués en accord avec notre orientation – mais aussi à ceux qui estiment que nous devons avoir le droit de soumettre au vote notre orientation – d’accepter de figurer sur notre liste. Le formulaire peut être téléchargé sur notre site (frontunique.com) et envoyé à l’adresse suivante (Front Unique, 46 rue de Trémonteix, 63100 Clermont-Ferrand) ou remis à un militant de notre courant.


Lettre de liaison N° 273 - 16 octobre 2017       [Version pdf]

LA COUR DES COMPTES BALISE LE CHEMIN DU GOUVERNEMENT POUR LA DESTRUCTION DES STATUTS DES ENSEIGNANTS

 

BLANQUER APPROUVE ET SE FAIT FORT

DE LA FAIRE PASSER PAR LA CONCERTATION

 

EXIGEONS DES DIRECTIONS SYNDICALES

QU’ELLES ROMPENT AVEC LE GOUVERNEMENT ET D’ABORD

BOYCOTTENT LE "FORUM SUR LES SERVICES PUBLICS"

 

 

A la demande du gouvernement Macron-Philippe, la Cour des comptes vient de publier (octobre 2017) un rapport sur la gestion des enseignants. Son titre vaut programme : "Gérer les enseignants autrement : une réforme qui reste à faire".

La réforme voulue, c'est la destruction du statut, ce qui est développé précisément dans la partie du document intitulée "Le métier d'enseignant : adapter le cadre d'exercice" avec le sous titre : "Les obligations de service : des réformes partielles aux effets peu tangibles".

Nouvelles obligations de service et annualisation

Premier pilier du statut, comme le rappelle la Cour elle-même, les obligations de service :

"Les enseignants disposent d’un régime dérogatoire au sein de la fonction publique d’État pour définir et quantifier leur temps de travail. Des décrets fixent ainsi leurs obligations réglementaires de service (ORS). Celles-ci ont été pendant longtemps limitées, selon les décrets du 25 mai 1950, au temps passé devant élèves. Ces dispositions ont été réformées par le décret du 30 juillet 2008 dans le premier degré et celui du 20 août 2014 dans le second degré, seuls les enseignants de classe préparatoire restant soumis au régime antérieur. Ces décrets ne modifient pas cependant le nombre d’heures obligatoires devant élèves. (…) Dans le secondaire, le décret du 20 août 2014 indique que les obligations de service s’inscrivent « dans le cadre de la réglementation applicable à l'ensemble des fonctionnaires en matière de temps de travail » (article 2). Cette mention utile peut constituer un levier ultérieur pour mieux appréhender la mesure du service fait par les enseignants (contrairement à la position défendue à l'époque par la direction du SNES pour justifier de ne pas s'opposer au décret et poursuivre la concertation). Elle s’accompagne cependant d’une référence aux « statuts particuliers respectifs » des enseignants, qui dans le second degré ne prévoient d’obligations horaires précises que sur une base hebdomadaire et devant la classe, et non de façon globale au sein de l’établissement. (…). Plusieurs missions liées directement au service d’enseignement effectuées hors la classe sont certes reconnues, ce qui est bienvenu : la préparation des cours, le suivi, l’évaluation et l’aide à l’orientation des élèves, le travail en équipe pédagogique ou pluri-professionnelle, les relations avec les parents d’élèves. Mais elles ne font pas l’objet d’un forfait horaire précis et annualisé comme dans le premier degré.

En outre plusieurs missions ne sont toujours pas prises en compte dans ce cadre rénové, alors qu’elles constituent des aspects majeurs ou du bon fonctionnement du service public scolaire, le remplacement, ou de l’exercice du métier, la formation continue (page 49).

Contrairement aux recommandations de la Cour dans son rapport de 2013, aucune souplesse nouvelle n’a ainsi été introduite concernant le rythme hebdomadaire d’heures passées devant élèves, permettant de les moduler et de progresser vers l’annualisation des horaires. En l’état, cette réforme n’a et ne devrait avoir que peu d’effets tangibles."

S'en prendre à la définition du service par la durée du temps passé à enseigner aux élèves, c'est ce qui est nécessaire pour faire de l'enseignant le bon à tout faire dans l'établissement, en premier lieu pour les remplacements, comme il est explicitement précisé. Mais pour qu'enseigner ne soit plus qu'une tâche parmi d'autres, il faut aussi défaire l'évaluation des enseignants, ce à quoi les précédents gouvernements ont commencé à travailler, mais dans la voie tracée, il faut aller plus loin, comme indiqué ci-dessous :

Un nouveau système d’évaluation : le prof évalué par les parents, par les élèves eux-mêmes...

"Le nouveau dispositif d’évaluation des enseignants arrêté en 2016

(…) Il est trop tôt pour évaluer précisément ce nouveau système, qui ne modifie pas en profondeur les fondements du dispositif actuel mais en rationalise les procédures. Rien ne garantit que le critère d’ancienneté qui prévaut jusqu’à présent ne continue pas à jouer un rôle majeur. Tous les enseignants se voient en outre garantir de terminer leur carrière dans le grade de la « hors classe ». Les conséquences d’une bonne ou d’une mauvaise appréciation demeurent ainsi limitées au rythme d’avancement et au plan financier. (…) Le système d’évaluation des enseignants demeure atypique au plan international. Contrairement à ce qui se pratique dans de nombreux pays, il reste un dispositif administratif qui n’incorpore aucun paramètre tenant aux résultats des élèves, et n’associe pas les membres de la communauté éducative (parents d’élèves, élèves eux-mêmes).(…)”

...et surtout par le chef d’établissement

L'attachement de l'enseignant à intéresser les élèves à la discipline qu'il enseigne est le cadet des soucis des rédacteurs du rapport. Ainsi, à propos des prérogatives des chefs d'établissement, ils soulignent : "(…) Si son statut est plus affirmé, le chef d’établissement voit lui aussi sa légitimité partagée, voire contestée, par celle accordée aux inspecteurs qui demeurent aux yeux de nombreux enseignants la seule autorité réelle en raison de leurs compétences disciplinaires. La liberté pédagogique des enseignants devant leur classe est souvent invoquée pour expliquer cette situation."

Aussi énorme que cela puisse paraître, enseigner ne doit plus être le métier de l'enseignant, comme il est signifié ici à propos de la notation : "Dans le second degré, le chef d’établissement contribue à la note à hauteur de 40 % mais les seuls critères limitatifs sur lesquels il se fonde portent sur le comportement de l’enseignant dans la classe (ponctualité et assiduité, activité et efficacité, autorité et rayonnement). La proposition de note peut en outre être modifiée ultérieurement du fait des péréquations académiques puis nationales et peut enfin, selon le droit commun, être contestée par l’enseignant devant une commission administrative paritaire. Malgré l’intérêt de l’entretien d’évaluation, l’exercice a donc une portée limitée. La récente réforme de l’évaluation supprime la notation mais ne modifie pas fondamentalement cette situation, où la hiérarchie fonctionnelle pèse dans le processus de gestion de l’enseignant.".

La remarque sur les CAP en dit long sur la place qui resterait pour les syndicats dans les établissements ainsi réformés.

Dans le secondaire, en finir avec la monovalence

Pour les laquais du MEDEF "l'enseignement disciplinaire c'est l'ennemi" se conjugue aussi sur le thème de la polyvalence :

"La prédominance de la monovalence présente l’inconvénient de rendre plus difficile la transition entre le CM2 et la 6ème et plus largement entre le premier cycle et le collège. La continuité de l’organisation de la scolarité est assez brutalement rompue. La logique du socle commun aurait pourtant voulu que soient aménagés des enchainements pratiques, notamment au bénéfice des élèves en difficulté dans les réseaux de l’éducation prioritaire (REP +).

Le choix quasi intangible dans la façon de répartir les disciplines entre les enseignants rigidifie la gestion des affectations et l’organisation des emplois du temps, par exemple pour les remplacements. La préférence pour la monovalence contribue à l’existence de surnombres ou de déficits disciplinaires et aux pertes de service (en particulier pour les établissements de petite taille)."

Encore et toujours, le recrutement des enseignants par le chef d’établissement

Mais la clef de voûte du démantèlement du statut, c'est le recrutement des enseignants par les chefs d'établissement :

"La capacité des chefs d’établissement à s’imposer et à piloter repose dès lors pour l’essentiel sur leur autorité « naturelle », la bonne volonté de leurs collaborateurs, et la possibilité de s’appuyer sur une relation constructive avec les autorités rectorales.(…)

(...)Des marges de manœuvre trop restreintes vis-à-vis des enseignants

Les directeurs d’école et les chefs d’établissement ne disposent pas de moyens solides pour animer une équipe alors qu’ils sont les seuls en situation de le faire.

Un pouvoir inexistant dans les affectations (1), très encadré dans l’évaluation

Le directeur d’école ou le chef d’établissement ne peut d’abord pas choisir l’équipe enseignante de l’établissement, ni participer aux décisions d’affectation. Même pour les postes à profil, la décision est prise au niveau ministériel ou rectoral et pour le premier degré, au niveau de l’inspection de l’éducation nationale, la direction de l’établissement ou de l’école n’étant pas sollicitée.

La seule expérimentation donnant aux chefs d’établissement une véritable responsabilité en matière de recrutement des enseignants est intervenue dans le cadre du programme d’éducation prioritaire ECLAIR mis en place en 2011: les décisions d’affectation y étaient prises par le recteur sur avis du chef d’établissement. Cette disposition n’a pas été reconduite à partir de 2012 et aucun véritable bilan n’en a été fait.

Comme cela a déjà été indiqué (cf. supra), le directeur d’école ne joue aucun rôle dans l’évaluation et la notation des enseignants."

On ne peut ignorer la note de bas de page (1) qui donne en exemple l'enseignement privé ! :

"Sauf dans l’enseignement catholique privé sous contrat, où le candidat enseignant est sélectionné par le directeur de l’établissement pour le premier comme pour le second degré, le recteur validant dans la quasi-totalité des cas ce choix."

Pour les profs d’école, transformer les directeurs d’école en fonctionnaires d’autorité

Les enseignants des écoles ne sont nullement épargnés par les rédacteurs du rapport :

“Le statut du directeur d’école : un débat non tranché

Depuis une vingtaine d’années, de nombreux rapports (de la Commission Fauroux en 1996 au rapport de concertation pour la refondation de l’école de 2012) se sont prononcés  en faveur d’un statut des directeurs d’école.

Plusieurs tentatives ont échoué et les facteurs de blocage sont nombreux. Le premier, d’ordre financier, est lié aux coûts qui en résulteraient. Mais surtout, l’octroi d’un statut impliquerait que les enseignants acceptent de reconnaître une forme de prééminence de leur ancien collègue. Les directeurs d’école eux-mêmes se montrent circonspects, craignant qu’un statut ne leur fasse perdre leur légitimité auprès de leurs collègues enseignants.

La question du statut se heurte aussi à l’hétérogénéité des écoles, et à leur nombre. Il parait évident que la création de postes de directeur est liée à la rationalisation de la carte des unités du premier degré et/ou l’application d’un seuil démographique. Nombre d’écoles (à partir de 10 classes) atteignent d’ores et déjà la taille de certains collèges."

A l’évidence, une inquiétude perce chez les rédacteurs quand ils écrivent : "Mais surtout, l’octroi d’un statut impliquerait que les enseignants acceptent de reconnaître une forme de prééminence de leur ancien collègue." Ils savent fort bien que les enseignants des écoles, opposés au caporalisme, se sont mobilisés à plusieurs reprises contre la transformation des directeurs en chefs d’établissement. Mais si cet objectif a été différé, il n’a jamais été abandonné.

Blanquer reprend à son compte les préconisations de la Cour des Comptes

C'est pourquoi le premier devoir des organisations syndicales serait de diffuser largement ces projets que le ministre a pris le soin de faire sien dans une réponse officielle (communiqué du 4/10) :

"(…) Le rapport de la Cour des comptes examine précisément les modalités de recrutement et de remplacement des enseignants, de leur formation initiale et continue, des dispositifs d'incitation au travail en équipe et de leurs affectations dans les écoles et les établissements scolaires. Il émet plusieurs recommandations, notamment sur le développement du travail en équipe et le renforcement de l'attractivité des postes.

Ces recommandations viennent nourrir la réflexion actuelle en matière de ressources humaines dans l'Éducation nationale.

Pour Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, la politique des ressources humaines nécessite en effet une vision globale et systémique, permettant de valoriser le métier d'enseignant et portant aussi bien sur le recrutement et la formation, initiale et continue, que sur la gestion et la diversification des carrières.(…)"

Un communiqué de camouflage

La direction de la FSU a publié un communiqué à la suite de ce rapport. Sous le titre : "Le compte n’y est pas" (sic!), ce communiqué ne dit pas un mot du contenu réel de la réforme proposée au ministre par la Cour des Comptes : que ce soit sur le recrutement, les remplacements, la polyvalence !!! Le mot "statut" ne figure pas dans ce communiqué ainsi introduit : "La FSU a pris connaissance du rapport de la Cour des Comptes sur la gestion des enseignants. Si nombre de questions méritent effectivement d’être mesurées et si la FSU est elle aussi soucieuse de la bonne utilisation des deniers publics, elle alerte le gouvernement et particulièrement le Ministre de l’Éducation Nationale sur la manière de traiter des questions d’Education et des personnels qui en ont la charge."

Dans les développements qui suivent, pas un mot sur l’annualisation, l’imposition de nouvelles tâches, le rôle des chefs d’établissements, la transformation du statut des directeurs dans le primaire. Tout ce qui constitue autant de violentes attaques contre le statut est méthodiquement camouflé, comme le fait que Blanquer a déjà réagi sous forme d’approbation à ce rapport.

Par contre le communiqué de Bernadette Groison du 11 octobre, suite à la journée d'actions du 10, se conclut : "Quant au débat sur le rôle des services publics et les missions des agents, la FSU a déjà dit qu’elle y était prête !"

Autrement dit, Bernadette Groison se prononce pour une concertation dont l’objet ne peut être autre que l’organisation de la privatisation des services publics et la liquidation du statut. La concertation, c’est la méthode qui a permis au gouvernement Macron-Philippe de faire passer les ordonnances contre le Code du travail et qui aujourd’hui se met en place pour la généralisation de l’apprentissage en partciculier contre l’enseignement professionnel public.

Le mandat des enseignants aux dirigeants de la FSU ne peut être que :

Le statut ne se discute pas, il se défend !

Retrait de toutes les instances de concertation avec le gouvernement, à commencer par le "forum sur les services publics"!

 

Pour la défense du statut, pour la rupture de l’association des dirigeants syndicaux à la politique de Macron Philippe via le "dialogue social", les militants du courant Front Unique en appellent à la constitution d’une liste pour le renouvellement des instances dirigeantes de la FSU. Portez-vous candidats en vous adressant à des militants Front Unique de votre connaissance ou en remplissant le bulletin de candidature que vous trouverez sur ce site et en nous le faisant parvenir à l’adresse indiquée. Merci.