FRONT UNIQUE

Bienvenue sur le site des militants combattant
pour le FRONT UNIQUE
des syndicats de l'enseignement public



Motions présentées à la CA du SNES Clermont le 19 juin 2017 

Motion FU loi de sécurité publique

 

La CA du Snes de Clermont, réunie le 19 juin, considérant que la nouvelle prolongation de l’état d’urgence constitue une atteinte aux libertés fondamentales) qui n’a que trop duré, renouvelle sa position : levée immédiate de l’état d’urgence.

La CA du snes de Clermont, considère que le projet de loi de sécurité publique, annoncé par le gouvernement Macron-Philippe, qui consiste à faire passer les mesures d’exception de l’état d’urgence dans le droit courant, à ce titre, la condamne et la rejette.

La Ca du Snes, se prononce pour que le syndicat reprenne mène une campagne publique à ce sujet

Adoptée à l’unanimité

 

 

Motion  FU Maroc

La Ca du Snes de Clermont condamne les arrestations des dirigeants et militants du mouvement du Rif au Maroc, et se prononce pour leur mise en liberté immédiate, en particulier Nasser Zefzafi. La Ca du snes de Clermont se prononce pour que le demande qu’un rassemblement soit organisé l’unité à l’ambassade du Maroc, pour la libération immédiate des militants arrêtés.

Adoptée à l’unanimité

 

 

Motion Collège

La CA du Snes de Clermont, considère que les annonces faites par le ministre Blanquer sur la réforme des collèges sont en réalité l’approfondissement de la logique même de la réforme des collèges, qui casse le cadre national des horaires et des programmes.

Pour toutes ces raisons, la CA du Snes de Clermont, en défense du caractère national des horaires et des programmes, rappelle que sa position reste l’abrogation de la réforme des collèges et se prononce pour contre « l’aménagement de la réforme » annoncé par le gouvernement.

Pour 2, contre 10, NPPV 2


Motion du conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réunit le 13 juin 2017

Le conseil syndical du SNUipp-FSU 63 réunit le 13 juin 2017 se prononce :

- pour une véritable définition nationale des obligations de service des enseignants et des horaires des élèves.

- pour la fin des APC et la fin de la mise sous la tutelle des collectivités territoriales des enseignants du primaire,

- pour que le SNUipp-FSU retire son soutien au projet de décret Blanquer et en exige le retrait.

Adopté à l'unanimité des 9 présents.


Compte rendu de la CAN de mai 2017 par les représentants front Unique

 

Cette CAN se tenait au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence. Il faut d’abord noter que ces élections marquent une profonde défaite pour les travailleurs, le deuxième tour opposant l'extrême droite à Macron. Jamais les voix des organisations d'origine ouvrière n'ont été aussi basse depuis plus d'un siècle. On peut noter en particulier que Hamon, le candidat du PS, perd 8 millions de voix par rapport à Hollande en 2012. Et c’est bien la politique au service des intérêts du patronat mené par les gouvernements Hollande qui peut l’expliquer.

De la même manière la progression du Front National de plus d’un million de voix s’explique par l’approfondissement de la misère, du chômage, de l’absence totale de perspective politique face à la crise systémique que traverse le capitalisme. Mais ce désarroi politique s’exprime aussi par une forte abstention dans les secteurs où le FN fait un bon score.

Devant la défaite du représentant de Les Républicains, l’essentiel de l’électorat « de droite » s’est regroupé derrière le vote pour Macron, celui-ci étant qualifié comme le candidat par défaut du grand patronat. Par ailleurs la crise ouverte au sein du PS a vu confirmer un nombre significatif de soutien à sa candidature.

La question qui est posée est, comment défendre nos revendications dans ce contexte de grand désarroi politique soldé par une défaite ?

La 1ere chose qu’ont exprimé les représentants Front Unique c’est la qualification de ce que représente le président Macron et son programme. Celui-ci, profitant au 2nd tour, de ce qu’il est convenu d’appeler un « front républicain » en faveur de son élection, a obtenu une grande latitude pour engager une offensive d’importance contre les conquêtes sociales. Macron se sent libre pour développer un programme qui entend prolonger et intensifier les contre-réformes engagées par Hollande. Comme un symbole, c’est le code du travail qui revient sur la sellette avec le plafonnement des indemnités prud’homales, avec davantage de dérogations aux accords de branches pour les entreprises, et la possibilité au patronat d’organiser des référendums pour contourner l’avis des syndicats majoritaires. Le chantage à l’emploi a de beaux jours devant lui !

Mais son programme pour l’Education nationale inquiète tout autant :

Programmation de 120 000 nouvelles suppressions de postes ; après le RIFSEEP, une nouvelle étape vers la généralisation du salaire au mérite ; l'autonomie accrue des chefs d'établissements, du primaire au supérieur, pour recruter et gérer la carrière des personnels ; l’explosion des droits d'inscription à l’université et le renforcement de la sélection ; la priorité à la recherche appliquée en lien avec les industries locales au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines, etc.

 

La ligne de conduite de Macron est la même que celle de Sarkozy ou Hollande. Il s’agit de répondre aux besoins du patronat français confronté à sa perte de puissance face aux autres pays. Le journal patronal Les Echos, du 7 mai, précise notamment : « sa réforme de l'assurance-chômage - conduisant à sa généralisation à toutes les catégories de travailleurs - est aussi une façon de mettre fin aux statuts qui entraveraient l'adaptation à ce monde changeant. Emmanuel Macron veut une société française plus mobile et plus fluide, plus flexible aussi, pour répondre à la mondialisation »

Défendre demain nos revendications impose d’ores et déjà une délimitation claire des organisations syndicales vis-à-vis du futur gouvernement. Or Macron, à plusieurs reprises, a déclaré vouloir s’appuyer sur les syndicats. Les Echos du 9 mai rapporte : « En rencontrant aussi vite patronat et syndicats, le nouveau président veut montrer qu'être déterminé n'est pas être fermé au dialogue. » Et Jean Pisani-Ferry, responsable du projet du candidat, conseillait  que la réforme du droit du travail s'appuie sur une « phase de concertation suffisante  avec les partenaires sociaux ».

Effectivement Macron, comme Hollande hier, sait qu’il ne peut s’en prendre frontalement aux travailleurs, sans au préalable s’assurer du concours des directions syndicales. Vous lirez ci-dessous la motion que nous avons présentée qui visait à offrir une ligne à même de combattre demain les contre-réformes.

Les commentaires apportés durant cette CAN, notre motion, ne peuvent qu'être confortés par la nomination du gouvernement et du pedigré dont peuvent se prévaloir certains ministres, à commencer par celui de l’Éducation nationale ou la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur.

Voci quelques extraits d'une interview de Blanquer, le nouveau ministre, donnée à l'Express en janvier 2017 :

autonomie accrue des établissements, nouvelle déconcentration de la gestion des carrières, liquidation du Bac, renforcement de la sélection en fac, hausse des droits d'inscriptions... une vaste contre-réforme de l'éducation et du Supérieur est à l’œuvre.

 

 

« Vous prônez davantage d'autonomie pour les établissements. N'est-ce pas la porte ouverte à encore plus d'inégalités entre les écoles?  

« Cette grande liberté peut aller jusqu'au recrutement des professeurs. L'idéal à terme est que le chef d'établissement recrute lui-même ses professeurs certifiés sur la base du projet qu'il souhaite mener. Cela signifie aussi que les ressources humaines doivent être gérées à l'échelle locale, aux antipodes de la gestion "par ordinateur" d'aujourd'hui. »

Pour inverser les choses, l'idée est d'avoir un volume horaire garanti à l'échelle nationale en français et en mathématiques et fonctionner ensuite en laissant une autonomie accrue aux équipes pédagogiques pour fixer elles-mêmes la dotation horaire pour les autres matières et mettre en place un vrai projet d'établissement.

Faites-vous partie de ceux qui défendent la suppression du bac, un rite initiatique extrêmement coûteux?

il faut le faire évoluer pour qu'il soit à la fois plus fin et plus musclé. L'épreuve finale pourrait ne concerner que quatre matières, dont le français et les mathématiques. Toutes les autres feraient l'objet d'un contrôle continu.  

La loi sur l'autonomie des universités va bientôt fêter ses dix ans, avec des résultats contrastés: certaines se portent bien, d'autres sont proches de la faillite. Quel bilan en dressez-vous?  

Un pas a été fait dans la bonne direction, mais beaucoup reste à faire. Il faut distinguer les deux missions de l'université. D'une part, l'accueil d'un nombre croissant de jeunes étudiants après le bac. De l'autre, le développement de l'excellence académique, qui passe par la recherche et des diplômes sélectifs. Quand on les confond, ces deux objectifs peuvent s'annihiler. Il faut donc distinguer ce qui se passe jusqu'à la licence de ce qui se passe après. Il est normal qu'il existe un enseignement supérieur gratuit ou très peu cher après le bac.  

Mais il est scandaleux que, au nom de la non-sélection à l'entrée, on aboutisse à la fin de la première année à une sélection par l'échec. L'université doit donc se focaliser sur la réussite en première année en s'inspirant de ce qui fait le succès des classes préparatoires. Par la suite, l'entrée sélective dans les masters est une bonne chose. Mais il faudrait aller plus loin, en augmentant les droits d'inscription en master tout en développant en parallèle un vrai système de bourse. Une telle politique bénéficierait aux plus défavorisés et irait dans le sens de la qualité de l'enseignement supérieur. »

 

On comprend derrière le langage politicien qu’il s’agit d’instaurer un enseignement supérieur à deux niveaux avec une sélection à l’entrée du master réservé à l’élite de « l’excellence académique ». Cela s’oppose radicalement au droit aux études pour tous.

Il faut revenir à la question qui se pose toujours : comment réussir à gagner pour nos revendications ? Or force est de constater que la motion d’actualité que la direction du snasub a fait adopter (nous avons voté contre) est un copié-collé de celle proposée depuis des années par cette direction, comme un hochet qu'on agite, sans aucunement tenir compte de la situation, des rapports de force en présence. Il est rappelé que le Snasub défendra les revendications. Mais comment est caractérisée la situation politique ouverte par l’élection de Macron ? Comment peut-on combattre dans cette nouvelle situation ? pas de réponse ! On voit le résultat de cette orientation depuis des années, avec autant de reculs !

Mais quoi d’étonnant à cela puisque cette motion passe sous silence le fait majeur de ces élections, à savoir la défaite majeure subie par les travailleurs  Cette atténuation de la portée de la défaite électorale répond à un objectif précis : elle a pour but de camoufler la responsabilité des directions syndicales, dont celles de la FSU et du SNASUB dans cette défaite. Leur intense collaboration  avec les différents gouvernements dirigés par Hollande a bouché toute perspective d’affrontement contre une politique de défense des capitalistes français , contribuant ainsi à leur niveau à démoraliser et à déboussoler de larges fractions des travailleurs et de la jeunesse, ce dont témoigne l’importante abstention ouvrière au premier tour, désarroi dont a profité Marine Le Pen. Les dirigeants syndicaux ont également contribué à aggraver la défaite du 1er tour, en prenant une place centrale dans le Front républicain en faveur de l’appel direct ou indirect à voter Macron,  reproduisant ainsi l’orientation qui a conduit aux résultats du premier tour, à savoir une soumission aux intérêts du capital financier.

La motion soumise par la direction disait ainsi que la défense vitale de nos acquis sociaux, des droits démocratiques exigeait de faire barrage contre Le Pen au 2éme tour, ce qui revient implicitement à dire que le vote Macron constituait un point d'appui pour défendre ces droits ! Quelques voix, à côté de la nôtre, ce sont élevés avec force contre une telle position.

Pour aider les travailleurs à trouver la voie du combat contre le gouvernement Philippe-Macron, il est essentiel de ne pas masquer la portée de la défaite afin de pouvoir en tirer les leçons en rompant avec l’orientation qui a conduit au désastre électoral des présidentielles.  C’est pourquoi, il est nécessaire de réaffirmer que l’essentiel des contre-réformes de ces dernières années sont passées après l’utilisation de la méthode du « dialogue social », suivant un « agenda social ». Macron malgré sa volonté d’aller vite, d’utiliser le recours aux ordonnances ne compte pas faire autrement de s’assurer de la bienveillance des directions syndicales.

Avec un certain succès pour l’instant.  Jean-Claude Mailly de la CGT-FO ne vient-il pas de déclarer le 18 mai sur Europe 1 : « "Il faut qu'on rencontre assez rapidement et le président de la République et le Premier ministre et la ministre du Travail" Muriel Pénicaud, (…) il ne faut pas que ça traîne trop, il faudrait qu'on le voit rapidement parce qu'il y a un cap à définir." Martinez, pour la CGT, a lui aussi déclaré sa totale disponibilité pour discuter avec Macron, bien que celui-ci venait d'annoncer sa volonté de passer par ordonnance une série de mesures allant beaucoup plus loin que la loi Travail, une loi que la direction de la CGT dit vouloir rejeter !

Rappelons le, l’objectif de Macron, ce n’est pas l’ouverture de négociations sur nos revendications, c’est la mise en place d’une concertation à même de faire avancer ses contre-réformes, à commencer par celle engagée pour liquider le code du travail : toute avancée du gouvernement sur ce plan lui servira de point d’appui pour s’attaquer aux fonctionnaires et à leurs statuts

Dans ces conditions, une première condition s’impose pour défendre nos acquis et engager le combat contre ces contre-réformes : c’est le rejet de ces projets et la discussion à leur propos a par les directions syndicales, en premier lieu sur la « réforme » du code du travail. Dans nos secteurs, cette orientation implique   le refus de toute discussion visant à avancée encore plus loin vers l'autonomie des établissements, la généralisation du travail au mérite ou la casse programmée des statuts.

C’est le sens de la motion que nous avons présentée et défendue.

 

Motion Front Unique

Combattre pour nos revendications implique de combattre le programme de Macron

Le programme d'Emmanuel Macron, nouvellement élu Président de la République, c'est la poursuite et l'aggravation de la politique menée depuis des années au service des intérêts du patronat et des banques et de l'Union européenne !

C'est en particulier le recours aux ordonnances et une nouvelle loi Travail qui entend réaliser ce qui n'avait pu l'être avec la loi El Khomri : plafonnement des indemnités prud’homales, libérant ainsi les possibilités de licenciements, généralisation du référendum d'entreprise qui revient à nier l'existence des organisations syndicales, possibilité nouvelles de dérogations aux accords de branches, etc.

Macron, c'est aussi la remise en cause des droits des chômeurs, etc.

Ce à quoi doivent se préparer les fonctionnaires c'est à une nouvelle offensive contre leurs statuts et leurs conditions de travail, en particulier :

La programmation de 120 000 nouvelles suppressions de postes ;

après le RIFSEEP, une nouvelle étape vers la généralisation du salaire au mérite ;

l'autonomie accrue des chefs d'établissements, du primaire au supérieur, pour recruter et gérer la carrière des personnels ;

l’explosion des droits d'inscription à l’université et le renforcement de la sélection ;

la priorité à la recherche appliquée en lien avec les industries locales au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines, etc.

Et Macron entend moderniser le statut et « mettre fin aux rentes », comprendre mettre fin aux droits s'attachant aux statuts et vider ceux-ci de leur contenu.

Ce programme tourne le dos à nos revendications, en particulier :

Le dégel du point d'indice et rattrapage du pouvoir d'achat ;

un plan de vaste requalification des emplois dans nos filières ;

le rétablissement des postes supprimés et créations en fonction des besoins, en particulier pour résorber la précarité ;

le refus de la mise en place du Rifseep pour les filières ITRF et Bibliothèques, retour sur celle-ci dans la filière Aenes, etc.

La 1ere condition pour nous préparer à combattre la politique annoncée par Macron, c’est de refuser l’offre qu’il défend : « Le modèle auquel je crois, d'un dialogue social extrêmement vivace, qui va jusqu'à la cogestion et c'est ce que je souhaite dans les prochaines années développer» (4 mai à Albi).

La CAN du SNASUB-FSU réunie le 11 mai 2017 s'oppose aux projets de Macron, en particulier ceux concernant les fonctionnaires et la fonction publique. Elle refuse d'en discuter le contenu et leur mise en œuvre et en demande le retrait. Elle rejette les propositions de cogestion faites par Macron.

Elle s'adresse en ce sens à la FSU pour que l'ensemble des syndicats reprennent cette position.

 

Vote : 2 Pour, 16 contre, 2 abstentions

 

 

 Lettre de liaison N° 270 - 25 mai 2017  [Version pdf] 

Conseil national de la FSU des 16 et 17 mai 2017

 

Au CDFN de la FSU, les représentants du courant Front Unique ont combattu pour que la direction de la FSU refuse toute concertation, tout dialogue social avec le gouvernement Macron-Philippe, gouvernement de guerre contre les acquis des travailleurs.

 

Introduction

C’est à la fin du CDFN que la composition du gouvernement Macron-Philippe a été annoncée. Bien sûr, tant le programme de Macron que le choix de Philippe, membre du parti LR, donnaient clairement la nature du nouveau gouvernement : un gouvernement au service de la bourgeoisie ayant comme tâche de s’en prendre aux acquis des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des retraités… Il est éclairant que la première tâche que se fixe le nouveau pouvoir est d’accentuer la liquidation du Code du travail, c’est-à-dire de parachever la loi El Khomri. La composition du gouvernement n’a fait que confirmer ces objectifs. Confier Bercy à Le Maire, celui qui lors des primaires des partis LR et UDI, avait voulu doubler Fillon sur « sa droite », choisir Blanquer, bras droit de De Robien et Chatel à l’Education nationale, nommer une patronne au ministère du travail, autant de symboles des objectifs de ce nouveau gouvernement.

Macron avait annoncé pendant sa campagne qu’il gouvernerait par ordonnances pour porter ses coups contre le Code du travail. On a vu depuis que cela n’excluait pas une dose de dialogue social et de concertation. Les dirigeants syndicaux, et en particulier ceux de la CGT et de FO, se sont empressés de participer à ces séances de dialogue social qui doivent permettre au gouvernement de mieux accomplir ses objectifs.

Même si la FSU, n’est pas directement concernée par la réforme du Code du travail, il est bien sûr évident que les coups portés contre les travailleurs du secteur privé faciliteraient ceux destinés aux fonctionnaires. Macron a affirmé sa volonté de réduire le nombre de fonctionnaires. En supprimant le ministère de la fonction publique et en confiant au sarkozyste Darmanin la gestion des fonctionnaires, Macron a voulu donner un signal fort de ses objectifs contre eux.

Au CDFN, B. Groison et les dirigeants de la FSU feignaient d’être plus préoccupés par le Front national que par la constitution d’un gouvernement ennemi des travailleurs. Révélateur d’une disposition « bienveillante » vis-à-vis du nouveau pouvoir, F. Rolet, secrétaire du SNES, a envoyé au nom de son syndicat, une lettre à Macron ou elle souhaite un « quinquennat fructueux ». Dans une interview donnée à l’agence AEF, elle a indiqué que tant pour la réforme du bac que pour l’autonomie des établissements, elle était disposée à rentrer dans une concertation. Et c’est dès le 25 mai que la direction de la FSU a rencontré Darmanin, ministre de « l’Action et des comptes publics » qui a confirmé la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires en indiquant qu’il s’agissait d’un engagement du président qui « sera tenu, mais pas de manière comptable (…) c’est-à-dire en discutant avec les syndicats ». Il réaffirme ainsi clairement le rôle de la concertation.

Ce qui est apparu nettement au cours du CDFN, c’est surtout une mise en ordre des représentants des courants Unité et Action et École Émancipée qui co-dirigent la FSU. Ainsi pour deux motions proposées par Front Unique (pour l’abrogation de la loi sécurité publique et contre la sélection à l’Université), aucun représentant de l’École Émancipée n’a voté pour alors qu’ils avaient été assez nombreux à le faire lors du précédent CDFN. Il y a donc une nette volonté de la direction de la FSU de resserrer ses rangs pour collaborer pleinement avec le gouvernement Macron-Philippe à travers le dialogue social et la concertation.

Notons que les faits démontrent la nécessité des motions de notre courant : Macron engage une nouvelle prolongation de l’état d’urgence et sa ministre de l’enseignement supérieur a annoncé que l’un de ses premiers chantiers serait l’instauration de la sélection à l’entrée de la licence.

Comme les représentants de notre courant l’ont fait au cours de ce CDFN, les militants du courant Front Unique combattront pour que les directions des syndicats rompent avec le gouvernement et s’opposent à ses projets de contre-réformes.

 

1ère intervention du courant Front Unique dans le débat général

Comme il était prévisible, c’est dès le 1er tour des présidentielles que les travailleurs ont subi une défaite politique majeure avec la qualification pour le 2nd tour de deux candidats ennemis acharnés de la classe ouvrière et de ses conquêtes sociales. Macron en étant qualifié face à Marine Le Pen avait son élection acquise.

L’élimination de Hamon, candidat du parti socialiste est principalement due à la politique menée par Hollande et ses gouvernements contre les travailleurs avec en point d’orgue – il y a un an – l’adoption de la loi travail par le 49-ter. Mais il faut souligner que tant à l’extérieur qu’au sein même du PS, des forces se liguent pour en finir avec l’existence de ce parti.

Les dirigeants syndicaux portent une responsabilité écrasante dans la défaite du 1er tour, eux qui ont pratiqué jusqu’au bout la concertation-collaboration avec les gouvernements présidés par Hollande. Et en particulier, eux qui se sont dressés, il y a un an, contre l’appel à une manifestation centrale à l’Assemblée nationale pour imposer à la majorité PS-PCF le retrait du projet de loi El Khomri.

Si des millions de travailleurs ont voté pour Mélenchon, ils l’ont fait pour un candidat qui s’est présenté au-dessus des partis dans une volonté de rassembler toutes les classes sociales.

Et la défaite du 1er tour a encore été amplifiée au second par la campagne menée par les dirigeants des partis issus du mouvement ouvriers qui ont appelé à voter Macron au nom d’un front républicain contre le Front National. Dans ce front républicain, les dirigeants syndicaux ont pris toute leur place. Même s’ils n’ont pas pu en général appeler clairement à voter pour Macron, toutes leurs déclarations allaient dans ce sens.

Le lendemain du 1er tour, le courant Front Unique a combattu au Bureau national de la FSU pour que notre fédération se prononce pour « Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron ! ». Mais notre motion n’a recueilli que notre vote. La résistance à l’escroquerie qui consiste à demander aux travailleurs de voter pour leur ennemi a été plus développée qu’en 2002. Ainsi des syndicats et même une fédération CGT ont appelé à ne voter ni pour Le Pen, ni pour Macron. Et même si ce mouvement est resté limité, de nombreux lycéens ont manifesté sous le mot d’ordre : « Ni Le Pen, ni Macron, ni patrie, ni patron »

Macron est donc élu et a bien l’intention de porter les coups les plus durs contre les acquis ouvriers.

Il est significatif qu’une de ses priorités est de porter à nouveau le fer contre ce qui subsiste du code de travail après la loi El Khomri. Il prévoit : le plafonnement impératif des indemnités prud’homales lors des licenciements pour les faciliter ; la généralisation du référendum d’entreprise contre les organisations syndicales ; la possibilité de nouvelles dérogations aux accords de branche etc.

Et pour aller plus vite, il veut procéder par ordonnance. En réplique, c’est d’abord Berger de la CFDT qui a donné le ton en défendant la nécessité du dialogue social. Mailly pour FO demande à Macron « que l’on débatte, que l’on discute à tous les niveaux » et la commission exécutive de la CGT l’appelle « à renoncer à imposer de nouveaux reculs sociaux par ordonnance ou 49.3 ». Ainsi, ils sont  disposés à envisager de nouveaux reculs sociaux si c’est dans les règles du dialogue social et de la concertation. Macron vient de leur répondre que les ordonnances n’empêchaient pas le dialogue social.

Au contraire, la défense des acquis sociaux implique de les défendre en commençant par refuser toute concertation ou dialogue social sur leur destruction avec le pouvoir qui veut les mettre en pièces.

Pour le reste son programme est aussi explicite :

- Il veut en finir avec la retraite par répartition en lui substituant un système de capitalisation par points.

- Il veut la réduction de 15 milliards pour la Sécurité sociale, de 25 milliards sur le budget de l’Etat, de 10 milliards sur l’Assurance chômage, et de 10 milliards pour les collectivités territoriales. Il veut substituer aux cotisations ouvrières pour la Sécurité sociale l’impôt par la hausse de la CSG. Il veut libérer les patrons de toute contrainte et généraliser l’ubérisation de la société. On comprend qu’avec un tel programme autant de représentants des partis traditionnels de la bourgeoisie veulent être de l’aventure à ses côtés. Et le choix d’un premier ministre LR vaut feuille de route.

Il veut généraliser la sélection dès l’entrée à l’Université en réformant le bac qui perdrait sa valeur de 1er grade universitaire. Il veut octroyer aux chefs d’établissement le recrutement des enseignants. Il envisage un redéploiement massif et autoritaire des enseignants des écoles peut-être dès la rentrée de septembre.

Et bien sûr comme chantre d’une union nationale au service de l’impérialisme et de la bourgeoisie française, il soutient pleinement les interventions impérialistes de la France et veut la progression du budget militaire. Et sa volonté de promouvoir l’Etat policier est attestée l’augmentation du nombre de policiers qu’il prévoit alors qu’il veut supprimer 120 000 postes de fonctionnaires.

La responsabilité des directions syndicales est écrasante face aux coups redoublés contre les travailleurs et la jeunesse que Macron veut porter.

Notre fédération doit clairement indiquer qu’elle refuse toute concertation, tout dialogue social avec ce pouvoir dont les objectifs anti-ouvriers sont clairement énoncés. Et elle doit œuvrer auprès des autres confédérations et fédérations syndicales pour qu’elles adoptent une position analogue et pour la réalisation d’un front uni contre le gouvernement présidé par Macron.

 

2nde intervention du courant Front Unique dans le débat général

C’est sous le régime de l’état d’urgence que les élections présidentielles ont eu lieu. Entre les deux tours, on a entendu des responsables politiques mettre en avant qu’il serait extrêmement dangereux que le Front national accède au pouvoir compte tenu des institutions de la Vème république et l’état d’urgence.

Evidemment le FN est un parti ultra-réactionnaire et raciste qui doit être vigoureusement combattu par le front unique ouvrier et par le combat contre les politiques au service de la bourgeoisie. Au contraire le front républicain et les politiques au service de la bourgeoisie ont favorisé la croissance électorale du FN.

Le « danger fasciste » a été invoqué une fois de plus pour légitimer l’adhésion honteuse de nos dirigeants syndicaux au « front républicain » contre le FN, c’est à dire le soutien à Macron, candidat du capital financier. Ce « danger » n’est qu’un leurre : il n’existe pas, aujourd’hui, autour du Front National de bandes organisées du type de ce qu’ont été les SA en Allemagne dans les années 30.

Ce qui existe par contre c’est une menace vitale et bien réelle pour le mouvement ouvrier et pour les libertés démocratiques : celle de la marche à l’Etat policier engagée depuis plus d’un an. Avancer dans ce sens, c’est le « programme commun » de tous les représentants politiques de la bourgeoisie. Et il en est ainsi, parce que la liquidation des libertés démocratiques est indispensable aux capitalistes français pour mettre en œuvre le « remède » de choc à la crise du capitalisme en France : la liquidation de tous les droits et acquis des travailleurs, ce qui est précisément au cœur du programme de Macron aujourd’hui.

Depuis son élection, Macron n’a pas cessé de multiplier les signes pour indiquer sa volonté d’avancer à grands pas dans le sens de l’Etat policier : annonce de la poursuite et de l’intensification de la « lutte contre le terrorisme » et des dispositifs liés, défilé en véhicule militaire sur les Champs Elysées. Il vient de nommer l’ancien préfet de Rennes, celui qui a fait preuve du plus grand zèle dans les répressions des manifestations contre la loi El Khomri, comme son directeur de cabinet.

La vraie menace pour les travailleurs et la jeunesse, pour le mouvement ouvrier en tant que tel, la voilà : il est de la responsabilité urgente de la FSU de s’y opposer, et plutôt que d’un « front républicain », d’appeler à la constitution du front unique ouvrier contre la répression.

Ces dernières années et ces derniers mois nous ont montré que cette menace est bien réelle. Surtout quand les gouvernements, UMP et encore plus sous Hollande, reprennent des pans entiers du programme du FN

La traque des migrants, la destruction brutale et répétées de leurs abris de fortune, la persécution systématique de tous ceux qui tentent par humanité de leur venir en aide.

Les contrôles au faciès pratiqués et revendiqués par l’Etat. La restriction des libertés démocratiques en particulier du droit de manifestation et de réunion. Les assignations à résidence hors demande judiciaire. La banalisation de la présence de soldats en armes de guerre. N’est-ce pas là des éléments du programme du front national mis en œuvre sans que celui-ci exerce le pouvoir ?

Lors de la manifestation du 1er mai, le gouvernement Hollande-Cazeneuve en sursis a déchaîné la répression policière comme il le fait systématiquement depuis de nombreux mois. Les forces policières ont pris l’habitude de se placer au sein même des manifestations pour en prendre le contrôle. Qu’elles puissent le faire parfois avec l’assentiment voire la complicité de dirigeants syndicaux est scandaleux. Si la propagande gouvernementale a mis en avant les quelques policiers blessés dont un l’avait été par l’utilisation d’une grenade qu’il destinait aux manifestants, ce sont des dizaines de blessés qu’on compte parmi les manifestants ignorés par les journalistes qui préféraient se référer aux seuls communiqués gouvernementaux.

Il faut ajouter les arrestations massives de jeunes lycéens, leur garde à vue, leur fichage pour avoir simplement manifesté leur point de vue. Il est vrai que proclamer « Ni Le Pen ! Ni Macron ! Ni Patrie ! Ni patron » doit être considéré comme criminel par le gouvernement et par les policiers républicains qui voteraient à plus de 50% pour le front national selon des sondages

Depuis le CDFN de mars, il faut ajouter un nom à la longue liste non exhaustive des victimes de la répression policière. Après le meurtre de Rémi Fraisse et l’homicide d’Adama Traoré, après les innombrables violences infligées à des manifestants ou à des migrants, après le viol du jeune Théo, c’est le meurtre de Shaoyo Liu qui a été perpétré par des policiers alors que ce père de famille devait penser se trouver en sécurité à son domicile. C’est devant les membres de sa famille qu’il a été tué par des policiers. L’avocat de la famille a déclaré qu’il était sans doute la 1ère victime de la loi sécurité publique adoptée en procédure d’urgence en février.

Lors de notre CDFN de mars, notre courant a proposé d’exiger l’abrogation de cette loi qui octroie un véritable permis de tuer aux policiers. Notre motion a recueilli 43% des exprimés.

Nous persistons à penser qu’il est de la responsabilité et de l’honneur de notre fédération d’exiger l’abrogation de cette loi scélérate pleinement inscrite dans la marche à l’Etat policier.

Nous présenterons à nouveau une motion en ce sens demain.

 

Présentation de la motion « contre la nouvelle contre-réforme du Code du travail »

Chacun parmi nous est conscient de la signification du projet d’ordonnances sur le Code du travail.

Il s’agit pour Macron, à la demande de la bourgeoisie française, de tailler en pièces dans le Code du travail ce que la loi El Khomri n’avait pu réaliser.

Macron et son 1er ministre ont été clairs : ils veulent procéder par des ordonnances préparées par la concertation avec les représentants des organisations syndicales.

S’opposer à cette contre-réforme implique d’exiger le retrait du projet d’ordonnances mais aussi de refuser toute concertation sur ce projet, concertation dont le seul but  est de permettre la publication des ordonnances.


Motion contre la nouvelle contre-réforme du Code du travail

Après la loi El Khomri, Macron veut procéder à une nouvelle contre-réforme du Code du travail en procédant par ordonnances.

Celle-ci prévoit en particulier :

- l’imposition d’un plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse

- la généralisation de l’inversion de la hiérarchie des normes

Comme il s’était prononcé pour le retrait du projet de loi travail il y a un an, le CDFN de la FSU se prononce pour le retrait du projet d’ordonnances de réforme du Code du travail.

Le CDFN se prononce contre toute participation syndicale à la concertation devant permettre la publication de ces ordonnances.

6 pour ; 63 contre ; 1 abstention ; 31 refus de vote

 

Présentation de la motion « contre la sélection à l’Université »

Dans un communiqué du 2 mai concernant le tirage au sort  des futurs étudiants à leur entrée à l’Université, le SNESup indique à juste titre que cette circulaire est « le 1er pas vers la sélection à l’entrée en L1. »

Cette mesure s’inscrit pleinement dans toute la politique mise en œuvre par les gouvernements présidés par Hollande pour restreindre le droit aux études dans l’enseignement supérieur.

Le responsable du SNESup nous a dit que la loi de sélection en master est une assez bonne loi mais qui selon lui serait mal appliquée.

La réalité, c’est qu’avec cette loi, la réussite en licence ne suffit plus pour pouvoir s’inscrire dans un master correspondant à son cursus et dans sa faculté.

De plus la sélection à l’entrée du master ne restreint pas celle pratiquée à l’entrée en M2 puisqu’un projet de décret prévoit d’augmenter encore le nombre de masters qui pratiquent cette sélection entre M1 et M2.

Macron à qui le relais est passé a bien l’intention de pousser encore plus loin la sélection généralisée à l’Université. C’est le sens de sa volonté d’exiger des pré-requis pour entrer en L1 et de réformer le bac.

Bien sûr un réel droit aux études implique de combattre pour que l’Enseignement supérieur soit doté des moyens nécessaires (financiers et en personnels) pour qu’il puisse assurer ses missions.

Mais notre fédération doit exiger le retrait des mesures de sélection en particulier l’abrogation de la loi de sélection en master. Elle doit se prononcer contre le projet de Macron d’instaurer la sélection en L1 par le biais des pré-requis. Elle doit réaffirmer sa défense inconditionnelle du bac comme 1er grade universitaire.

 

Motion contre la sélection à l’Université

La loi réformant les masters entre en application. Elle instaure la sélection à l’entrée en M1. De plus la sélection à l’entrée en M2 se voit encore amplifiée.

Le CDFN de la FSU réuni le 17 mai 2017 s’oppose à toute forme de sélection, tant à l’entrée en licence qu’à l’entrée en master ou entre M1 et M2. Tout étudiant qui a validé une licence doit pouvoir accéder de droit à un master correspondant à son parcours antérieur et dans son université.

Le CDFN se prononce pour l’abrogation de la loi de sélection en master.

Le CDFN s’oppose au projet de Macron d’instaurer la sélection dès l’entrée à l’université par l’exigence de « pré-requis ».

Le CDFN défend et défendra inconditionnellement le baccalauréat comme 1er grade universitaire donnant accès à l’enseignement supérieur.

10 pour ; 59 contre ; 1 abstention ; 31 refus de vote

 

Présentation motion «pour l’abrogation loi dite de sécurité publique »

Depuis des années, la restriction des libertés démocratiques et le développement de la répression policière et judiciaire sont à l’œuvre. Les travailleurs français et la jeunesse expérimentent au quotidien l’état d’urgence, comme en Turquie ou en Tunisie. Aujourd’hui, sortir d’une manifestation en ayant inhalé du gaz lacrymogène, pris des coups de matraque ou de flash-ball, voire en ayant perdu l’usage d’un œil est devenu monnaie courante.

Un nouveau président a été élu mais qui pourrait croire que la politique sécuritaire sera adoucie dans les cinq prochaines années ? Emmanuel Macron a été très clair. En matière de sécurité, sa politique sera « implacable » et pour illustrer cette posture, il a nommé comme directeur de cabinet l’ancien préfet de Bretagne qui n’a jamais eu de scrupule à faire molester les travailleurs et la jeunesse lors des manifestations contre la loi El Khomri.

Il faut le marteler :

-                      c’est aujourd’hui que la répression bat son plein.

-                      C’est aujourd’hui que des manifestants se font malmener par des agents de police qui donnent libre cours à leur violence avec la bénédiction des pouvoirs publics

-                      C’est aujourd’hui que le nombre d’incarcérations bat tous les records, quand la majorité d’entre elles sont des courtes peines et qu’elles concernent essentiellement la jeunesse des quartiers populaires

C’est donc bien aujourd’hui qu’il faut combattre cette marche à l’État policier.

Combien faudra-t-il encore de Rémi Fraisse, d’Adama Traoré ? Et pour la dernière victime en date, Shaoyo Liu, on ne peut qu’être d’accord avec l’avocat de la famille qui combat pour que justice lui soit rendue qui a déclaré : « aucun des principes de légitime défense n’a été respecté. On est face à la première manifestation des conséquences de la loi sur la légitime défense. »

Le texte action explique à juste titre que « la loi sécurité publique promulguée le 28 février dernier constitue un échelon supplémentaire dans la montée des lois sécuritaires ». Alors il faut en tirer toutes les conséquences en exigeant l’abrogation de cette loi scélérate.

 

Motion pour l’abrogation de la loi dite de sécurité publique

La loi « sécurité publique » accroît l’impunité dont bénéficient les forces de l’ordre alors que la liste des victimes de la répression policière s’allonge de semaine en semaine et compte un mort de plus, Shaoyo Liu.

Cette loi permet aux policiers d’utiliser leur arme à feu en dehors des situations de légitime défense et aggrave les peines encourues pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique.

Le CDFN se prononce donc pour l’abrogation de la loi dite de sécurité publique.

10 pour ; 59 contre ; 2 abstention ; 30 refus de vote


Motion Front Unique présentée à la CAN du SNASUB le 11 mai

 

Combattre pour nos revendications implique de combattre le programme de Macron

 

 

Le programme d'Emmanuel Macron, nouvellement élu Président de la République, c'est la poursuite et l'aggravation de la politique menée depuis des années au service des intérêts du patronat et des banques et de l'Union européenne!

C'est en particulier le recours aux ordonnances et une nouvelle loi Travail qui entend réaliser ce qui n'avait pu l'être avec la loi El Khomri : plafonnement des indemnités prud’homales, libérant ainsi les possibilités de licenciements, généralisation du référendum d'entreprise qui revient à nier l'existence des organisations syndicales, possibilité nouvelles de dérogations aux accords de branches, etc.

Macron, c'est aussi la remise en cause des droits des chômeurs, etc.

Ce à quoi doivent se préparer les fonctionnaires c'est à une nouvelle offensive contre leurs statuts et leurs conditions de travail, en particulier :

La programmation de 120 000 nouvelles suppressions de postes ;

après le RIFSEEP, une nouvelle étape vers la généralisation du salaire au mérite ;

l'autonomie accrue des chefs d'établissements, du primaire au supérieur, pour recruter et gérer la carrière des personnels ;

l’explosion des droits d'inscription à l’université et le renforcement de la sélection ;

la priorité à la recherche appliquée en lien avec les industries locales au détriment de la recherche fondamentale et des sciences humaines, etc.

Et Macron entend moderniser le statuts et « mettre fin aux rentes », comprendre mettre fin aux droits s'attachant aux statuts et vider ceux-ci de leur contenu.

Ce programme tourne le dos à nos revendications, en particulier :

Le dégel du point d'indice et rattrapage du pouvoir d'achat ;

un plan de vaste requalification des emplois dans nos filières ;

le rétablissement des postes supprimés et créations en fonction des besoins, en particulier pour résorber la précarité ;

le refus de la mise en place du Rifseep pour les filières ITRF et Bibliothèques, retour sur celle-ci dans la filière Aenes, etc.

La 1ere condition pour nous préparer à combattre la politique annoncée par Macron, c’est de refuser l’offre qu’il défend  : « Le modèle auquel je crois, d'un dialogue social extrêmement vivace, qui va jusqu'à la cogestion et c'est ce que je souhaite dans les prochaines années développer» (4 mai à Albi).

La CAN du SNASUB-FSU réunie le 11 mai 2017 s'oppose aux projets de Macron, en particulier ceux concernant les fonctionnaires et la fonction publique. Elle refuse d'en discuter le contenu et leur mise en œuvre et en demande le retrait. Elle rejette les propositions de cogestion faites par Macron.

Elle s'adresse en ce sens à la FSU pour que l'ensemble des syndicats reprennent cette position.

 

2 pour, 2 abstentions, 16 contre.


On nous informe :

 

Motion adoptée par le bureau de la section FSU-BnF le 25 avril 2017

 

Le Bureau de la section FSU-BnF, réuni le 25 avril 2017, constate que le second tour des présidentielles met face à face deux candidats, qui au-delà de leurs différences, ont pour point commun d’être des ennemis des salariés, chômeurs, retraités, jeunes et de leurs droits :

- La fille Le Pen, chef d’un parti xénophobe, raciste, nationaliste et au discours ouvertement anti-syndical

- Le banquier Macron dont le programme réactionnaire comporte, entre autres, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, la poursuite du démantèlement du statut de la Fonction publique et du code du travail, menacé par l’extension du champ d’application des « négociations d’entreprises », c'est-à-dire une aggravation de la loi El Khomri.

Dans ces conditions, le Bureau de la section FSU-BnF se prononce pour :

-Pas une voix pour Le Pen ; pas une voix pour Macron.

Il s’adresse à la direction du SNASUB pour qu’elle défende cette position au sein de la FSU.

4 voix pour, 1 abstention, 1 contre

Lettre de liaison N° 269 - 27 avril 2017  [Version pdf] 

Au Bureau National de la FSU du 24 avril 2017,

le représentant du courant Front Unique a combattu pour que la FSU se prononce pour :

Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron !

au second tour des élections présidentielles

 

Voici sa déclaration, et la motion soumise au vote

 

« Camarades,

 

Réunis au lendemain du premier tour des présidentielles, il nous faut faire un constat net et sans faux-semblant. Les candidats de la bourgeoisie ont remporté hier une victoire nette et sans bavure. La simple addition des principaux candidats bourgeois, Macron, Le Pen, Fillon, Dupont-Aignan aboutit à plus de 70% des suffrages exprimés – alors même que la participation n'a pas été significativement plus basse qu'aux élections présidentielles antérieures. Il faut ajouter à cela que si incontestablement des millions de travailleurs et de jeunes ont voté pour Mélenchon, ils l'ont fait au profit d'un candidat qui se présentait lui-même "au-dessus des partis" sur le terrain du patriotisme rassemblant toutes les classes.

Quant au candidat du PS, Hamon, il essuie une cuisante défaite. La première raison tient sans doute dans le fait qu'une bonne partie des dirigeants du PS lui ont consciencieusement savonné la planche, appelant ouvertement à sa défaite au profit de Macron, et parmi eux Valls, Le Drian, et dans le style jésuitique qui est le sien, Hollande lui-même. Mais elle tient aussi au fait que Hamon élu contre le représentant du gouvernement Valls, n'a eu de cesse durant toute sa campagne de faire acclamer ces mêmes Hollande, Cazeneuve, Le Drian, honnis à juste titre par les travailleurs du fait de 5 ans de politique anti-ouvrière.

Au total, le résultat électoral exprime le profond désarroi des travailleurs, écœurés par les 5 ans de gouvernement Hollande et dénués de toute véritable issue politique.

Ce résultat ne laisse en présence que deux candidats, représentant de la bourgeoisie, qui, quelles que soient leurs différences, ont en commun d'être des ennemis résolus de la classe ouvrière, de la jeunesse, de leurs droits.

D'une part, Le Pen, chef d'un parti raciste, qui promet d'interdire l'accès de l'Hôpital aux immigrés et de l'École à leurs enfants, qui félicite ouvertement les flics violeurs de Théo, qui "promet" un budget militaire à 3%, qui fait l'apologie de la colonisation etc.

D'autre part, le banquier Macron qui a annoncé la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, la chasse aux chômeurs pour les priver de leurs indemnités, la "refondation de l'École" qui commence par la nomination des enseignants par les chefs d'établissement, la "libération du travail", c'est à dire la liquidation totale du code du travail, remplacé par la "négociation d'entreprise", c'est-à-dire la loi El Khomri portée à la puissance 10.

Dans ces conditions, nous savons que face à la déferlante qui s'annonce au lendemain des élections, les travailleurs auront un besoin vital que se réalise le Front Uni des organisations syndicales pour repousser ces attaques. Ils auront besoin que les organisations syndicales refusent de prêter la main à ces attaques à travers le "dialogue social".

Ils ne peuvent le faire qu'en commençant par caractériser la candidate xénophobe Le Pen et le banquier Macron pour ce qu'ils sont : des ennemis des travailleurs.

Ils ne peuvent le faire qu'en en tirant les conclusions – et en appelant les travailleurs à le faire avec eux :

Pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron !

Camarades,

La question se pose sérieusement quand on voit, au nom du prétendu "moindre mal", Cambadélis, premier secrétaire du PS, Laurent, secrétaire général du PCF appeler à voter Macron.
La question se pose quand bien évidemment Berger de la CFDT – précédé par Notat de sinistre mémoire - appelle à voter Macron.

La question se pose quand on voit Hamon appeler à voter Macron (Mélenchon s'en remettant quant à lui au "vote" électronique de ses partisans – parmi ces derniers, pourtant, Autain s'est déjà prononcée pour Macron).

Rappelons-le : nous avons tous une expérience antérieure. En 2002, au lendemain du premier tour, ce même Bureau National appelait (contre la proposition du seul représentant Front Unique) à voter Chirac. On se rappelle la misérable argumentation qui était alors fournie en faveur de ce vote. "Si Chirac est élu grâce aux voix ‘de gauche’, il n'aura pas les mains libres pour faire une politique réactionnaire". Quelques mois plus tard nous avions la plus violente offensive contre le Code des pensions de la Fonction Publique : la contre-réforme Chirac-Raffarin-Fillon des retraites !

Quant au vote "pour faire barrage à l'extrême droite" – contre laquelle d'ailleurs Macron n'a pas dit un mot hier soir ! – on sait ce qu'il en est. Nourri par la politique de défense du grand capital successivement menée par Chirac, Sarkozy, Hollande, le Front National n'a cessé de progresser !

Créer les conditions du Front Uni des organisations syndicales contre les offensives anti-ouvrières à venir, je le répète, c'est se prononcer : pas une voix pour Le Pen ! Pas une voix pour Macron ! C'est en appeler aux organisations syndicales ouvrières (CGT, FO), au syndicat étudiant (UNEF) pour qu'ils se prononcent dans le même sens.


Tel est le sens de la motion que je soumets à ce Bureau National. »

 

Motion du courant Front Unique soumise au vote

 

Le Bureau National de la FSU au lendemain du premier tour constate que ne restent en lice que deux candidats clairement ennemis des intérêts des travailleurs, de leurs droits, de leurs organisations : la candidate raciste Le Pen et le banquier Macron.

En conséquence de quoi, le Bureau National de la FSU fait connaître aux travailleurs sa position :

Pas une voix pour Le Pen ; pas une voix pour Macron.

 

Il s'adresse immédiatement aux dirigeants nationaux de la CGT, de Force Ouvrière, de l'UNEF pour qu'ils adoptent la même position.

 

Résultat du vote : 1 pour, 27 contre, 1 abstention, 3 refus de vote